Vidéo-Comme vous ne l’avez jamais entendu.. 23 Minutes de communion avec le Saint Pape Jean-Paul II*…par l’Abbé Fabrice Loiseau *


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Jean Paul II, mystique et ascétique

 

Extrait de la Vision de Maria Valtorta samedi 19 février 1944 *La Douleur extrême de la Vierge Marie à la mort de Jésus *


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 (Le texte est long, mais si beau…si beau !!)

La terrible angoisse spirituelle de Marie

La Mère est debout près de la pierre de l’onction et caresse, contemple, gémit et pleure. La lumière tremblante des torches éclaire par instants son visage et je vois de grosses larmes qui roulent sur les joues très pâles d’un visage dévasté. Et j’entends les paroles, toutes, bien distinctement, bien que murmurées entre les lèvres, vrai colloque de l’âme maternelle avec l’âme de son Fils. Je reçois l’ordre de les écrire.

 

« Pauvre Fils ! Que de blessures !… Comme tu as souffert ! Regarde ce qu’ils t’ont fait !… Comme tu es froid, Fils ! Tes doigts sont glacés, et comme ils sont inertes ! Ils paraissent brisés. Jamais, pas même dans le sommeil le plus abandonné de l’enfance, ni dans la lourdeur de ta fatigue d’artisan, ils n’étaient ainsi… Et comme elles sont glacées ! Pauvres mains ! Donne-les à ta Maman, mon trésor, amour saint, mon amour ! Regarde comme elles sont transpercées !

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Mais regarde, Jean, quelle déchirure ! Oh ! les cruels ! Ici, ici, donne à ta Maman cette main blessée. Que je te la soigne. Oh ! je ne te ferai pas mal… J’emploierai baisers et larmes, et de mon souffle et de mon amour je te les réchaufferai. Donne-moi une caresse, Fils ! Tu es de glace, moi je brûle de fièvre. Ma fièvre sera soulagée par ta glace et ta glace s’adoucira au contact de ma fièvre.

 

 

Une caresse, Fils ! Il y a peu d’heures que tu ne me caresses, et elles me paraissent des siècles. Il y a eu des mois sans tes caresses et ils me paraissent des heures, parce que j’attendais toujours ton arrivée et de chaque jour je faisais une heure, de chaque heure une minute, pour me dire que tu n’étais pas éloigné de une ou plusieurs lunes, mais seulement de quelques jours, mais seulement de quelques heures. Pourquoi maintenant le temps est-il si long ? Oh ! tourment inhumain !

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Parce que tu es mort. Ils t’ont tué ! Tu n’es plus sur la Terre ! Plus ! En quel qu’endroit que j’envois mon âme pour chercher la tienne et l’embrasser, puisque te trouver, te posséder, te sentir, était la vie de ma chair et de mon esprit, en quel qu’endroit que je te cherche avec le flot de mon amour, je ne te trouve plus, je ne te trouve plus ! De Toi, il ne me reste que cette dépouille froide, cette dépouille sans âme ! O âme de mon Jésus, ô âme de mon Christ, ô âme de mon Seigneur, où es-tu ? Pourquoi avez-vous enlevé l’âme à mon Fils, hyènes cruelles unies à Satan ?

 

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Et pourquoi ne m’avez-vous pas crucifiée avec Lui ? Avez-vous eu peur d’un second crime ? (Sa voix devient de plus en plus forte et déchirante.) Et qu’était-ce de tuer une pauvre femme, pour vous qui n’avez pas hésité à tuer Dieu fait Chair ? N’avez-vous pas commis un second crime ? Et n’est-ce pas le plus infâme de laisser une mère survivre à son Fils mis à mort ? »

 

 

La Mère, qui en élevant la voix avait aussi levé la tête, maintenant revient se pencher sur le visage éteint et à parler doucement pour Lui seul : « Dans la tombe, au moins ici, à l’intérieur, nous aurions été ensemble, comme nous avons été ensemble dans l’agonie sur le bois, et ensemble dans le voyage au-delà de la vie et à la rencontre de la Vie. Mais si je ne puis te suivre dans le voyage au-delà de la vie, je puis rester ici à t’attendre. »

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Elle se redresse et dit à haute voix à ceux qui sont présents : « Éloignez-vous, tous. Moi, je reste. Enfermez-moi ici avec Lui. Je l’attends. Que dîtes-vous ? Que ce n’est pas possible ? Pourquoi n’est-ce pas possible ? Si j’étais morte, ne serais-je pas ici, couchée à son côté, en attendant d’être composée ? Je serai à son côté, mais à genoux. J’y ai été quand Lui vagissait, tendre et rosé, dans une nuit de décembre.

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J’y serai maintenant dans cette nuit du monde qui n’a plus le Christ. Oh ! vraie nuit ! La Lumière n’est plus !… Oh ! nuit glaciale ! L’Amour est mort ! Que dis-tu, Nicodème ? Je me contamine ? Son Sang n’est pas contamination. Je ne me suis pas contaminée en l’engendrant. Ah ! comme tu es sorti, Toi, Fleur de mon sein, sans déchirer des fibres, mais vraiment comme la fleur du narcisse parfumé qui éclot de l’âme du bulbe matrice et donne une fleur même si l’embrassement de la terre n’a pas été sur la matrice. Floraison virginale qui se réalise en Toi, ô Fils venu de l’embrassement céleste, et né dans l’envahissement des splendeurs célestes. »

 

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Maintenant la Mère déchirée se penche de nouveau sur son Fils, restant étrangère à tout ce qui n’est pas Lui, et elle murmure doucement : « Mais Toi, te le rappelles-tu, Fils, ce sublime revêtement de splendeurs qui revêtait toutes choses alors que ton sourire naissait au monde ? Te la rappelles-tu cette béatifiante lumière que le Père envoya des Cieux pour envelopper le mystère de ta floraison et te faire trouver moins repoussant ce monde obscur, pour Toi qui étais Lumière et venais de la Lumière du Père et de l’Esprit Paraclet ? Et maintenant ?… Maintenant nuit et froid… Quel froid ! Quel froid ! J’en tremble toute. Plus froid que cette nuit de décembre. Alors il y avait la joie de t’avoir pour me réchauffer le cœur. Et il y en avait deux pour t’aimer…

 

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Maintenant… Maintenant je suis seule et mourante moi aussi. Mais je t’aimerai pour deux : pour ceux qui t’ont si peu aimé qu’ils t’ont abandonné au moment de la douleur; je t’aimerai pour ceux qui t’ont haï; pour le monde entier, je t’aimerai, ô Fils. Tu ne sentiras pas le froid du monde. Non, tu ne le sentiras pas. Tu ne m’as pas ouvert les entrailles pour naître, mais pour que tu ne sentes pas le froid je suis prête à me les ouvrir et à t’enfermer dans l’embrassement de mon sein. Te souviens-tu comme ce sein t’a aimé, petit germe palpitant ?…

 

C’est toujours ce sein. Oh ! c’est mon droit et mon devoir de Mère. C’est mon désir. Il n’y a que la Mère qui puisse l’avoir, qui puisse avoir pour le Fils un amour aussi grand que l’univers. »

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La voix est allée en s’élevant et maintenant, avec toute sa force, elle dit : « Partez. Moi je reste. Vous reviendrez dans trois jours et nous sortirons ensemble. Oh ! revoir le monde appuyée à ton bras, ô mon Fils ! Comme il sera beau le monde à la lumière de ton sourire ressuscité ! Le monde frémissant au pas de son Seigneur ! La Terre a tremblé quand la mort t’a arraché l’âme et que de ton cœur est sorti ton esprit.

 

Mais maintenant elle va trembler… oh ! non plus d’horreur et de douleur, mais d’un suave frémissement que je ne connais pas, mais dont ma féminité a l’intuition, qui émeut une vierge quand, après une absence, elle entend le pas de son époux qui vient pour les noces.

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Mieux encore : la Terre frémira d’un frémissement saint, comme moi j’en ai été bouleversé jusque dans mes profondeurs les plus profondes, quand j’eus en moi le Seigneur Un et Trin, et quand la volonté du Père avec le feu de l’Amour créa la semence dont tu es venu, ô mon saint Petit, mon Enfant, tout à moi ! Tout ! Tout de la Maman ! de la Maman !… Tout enfant a un père et une mère, même le bâtard a un père et une mère.

 

 

Mais Toi, tu as eu la Maman seule pour faire ta chair de rosé et de lys, pour te faire ces broderies de veines azurées comme nos rivières de Galilée, et ces lèvres de grenade, et ces cheveux plus gracieux que la toison blonde des chèvres de nos collines, et ces yeux, deux petits lacs de Paradis.

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Non, plutôt qui sont de l’eau d’où vient l’Unique et Quadruple Fleuve du Lieu de délices , et qui porte avec lui, dans ses quatre branches, l’or, l’onyx, le béryl et l’ivoire, et les diamants, et les palmes, et le miel, et les rosés, et les richesses infinies, ô Phison, ô Gehon , ô Tigre, ô Euphrate : chemin pour les anges qui se réjouissent en Dieu, chemin pour les rois qui t’adorent, Essence connue ou inconnue, mais Vivante, mais Présente même dans le cœur le plus obscur !

 

C’est seulement ta Maman

qui t’a fait cela avec son « oui » …

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De musique et d’amour elle t’a formé, de pureté et d’obéissance elle t’a fait, ô ma joie ! Ton cœur, qu’est-ce que c’est ? La flamme du mien qui s’est partagée pour se condenser en une couronne autour du baiser de Dieu à sa Vierge. Voilà ce qu’est ton cœur. Ah ! (le cri est déchirant au point que la Magdeleine accourt pour la secourir en même temps que Jean.

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Les autres n’osent pas et, en pleurs et voilées, elles jettent un coup d’œil par l’ouverture). Ah ! ils te l’ont brisé ! Voilà pourquoi tu es si froid et pourquoi je suis si froide ! Tu n’as plus en Toi la flamme de mon cœur et moi je ne puis plus continuer à vivre par le reflet de cette flamme qui était mienne et que je t’ai donnée pour te faire un cœur. Ici, ici, ici sur ma poitrine !

 

Avant que la mort me tue, je veux te réchauffer, je veux te bercer. Je te chantais : « Il n’y a pas de maison, il n’y a pas de nourriture, il n’y a que la douleur ». O paroles prophétiques ! Douleur, douleur, douleur pour Toi, pour moi ! Je te chantais: « Dors, dors sur mon cœur ». Même maintenant : ici, ici, ici… »

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Et s’assoyant sur le bord de la pierre, elle le prend sur ses genoux en passant un bras de son Fils sur ses épaules, en appuyant la tête du Fils sur l’épaule et en appuyant sur cette tête la sienne, en le tenant serré contre sa poitrine, en le berçant, en le baisant, déchirée et déchirante.
Nicodème et Joseph s’approchent en plaçant sur une sorte de siège, qui est de l’autre côté de la pierre, des vases et des bandes et un linceul propre et un bassin rempli d’eau, me semble-t-il, et des tampons de charpie, me semble-t-il.

 

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Marie voit et demande à haute voix : « Que faites-vous ? Que voulez-vous ? Le préparer ? Pourquoi ? Laissez-le sur les genoux de sa Maman. Si j’arrive à le réchauffer, il ressuscite plus tôt. Si j’arrive à consoler le Père et à le consoler Lui de la haine déicide, le Père pardonne plus tôt, et Lui revient plus tôt. »

 

La Douloureuse délire presque.

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« Non, je ne vous le donne pas ! Je l’ai donné une fois, une fois je l’ai donné au monde et il ne l’a pas voulu. Il l’a tué parce qu’il ne le voulait pas. Maintenant, je ne le donne plus ! Que dites-vous ? Que vous l’aimez ? Bon ! Mais pourquoi ne l’avez-vous pas défendu ? Vous avez attendu, pour Lui dire que vous l’aimiez, qu’il ne soit plus quelqu’un qui puisse vous entendre.

Quel pauvre amour que le vôtre ! Mais si vous craigniez le monde au point de ne pas oser défendre un Innocent, vous deviez au moins me le rendre, à moi, sa Mère, pour qu’elle défende son Enfant. Elle savait qui Il était et ce qu’il méritait. Vous !… Vous l’avez eu comme Maître, mais vous n’avez rien appris. N’est-ce pas vrai, peut-être ? Je mens, peut-être ?

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Mais vous ne voyez pas que vous ne croyez pas à sa Résurrection ? Vous y croyez ? Non. Pourquoi êtes-vous là, en train de préparer des bandes et des aromates ? Parce que vous jugez que c’est un pauvre mort, aujourd’hui glacé, demain corrompu, et c’est pour cela que vous voulez l’embaumer.

 

Laissez là vos pommades. Venez adorer le Sauveur avec le cœur pur des bergers de Bethléem. Regardez : dans son sommeil, c’est seulement un fatigué qui se repose. Combien il a fatigué dans sa vie ! Il s’est fatigué toujours plus et dans ces dernières heures, ensuite !… Maintenant il repose. Pour moi, pour sa Maman, ce n’est qu’un grand Enfant fatigué qui dort. Bien misérable son lit et sa chambre ! Mais son premier berceau n’était plus beau, ni plus plaisante sa première demeure.

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Les bergers adorèrent le Sauveur dans son sommeil d’Enfant. Vous adorez le Sauveur dans son sommeil de Triomphateur de Satan. Et puis, comme les bergers, allez dire au monde : « Gloire à Dieu ! Le Péché est mort ! Satan est vaincu ! Que la paix soit sur la Terre et au Ciel entre Dieu et l’homme ! » Préparez les chemins pour son retour. Je vous envoie, Moi que la Maternité fait Prêtresse rituelle. Allez. J’ai dit que je ne veux pas.

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Je l’ai lavé de mes pleurs et cela suffit. Le reste est inutile, et ne vous imaginez pas de le mettre sur Lui. Il sera plus facile pour Lui de se relever s’il est dégagé de ces bandes funèbres et inutiles. Pourquoi me regardes-tu ainsi, Joseph ? Et toi pourquoi, Nicodème ? Mais l’horreur de cette journée vous a-t-elle rendus hébétés ? Avez-vous perdu la mémoire ? Ne vous rappelez-vous pas ? « À cette génération mauvaise et adultère qui cherche un signe, il ne sera donné que le signe de Jonas…

 

Ainsi le Fils de l’homme restera trois jours et trois nuits dans le cœur de la Terre ». Ne vous souvenez-vous pas ? « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes qui le tueront, mais le troisième jour il ressuscitera « . Ne vous rappelez-vous pas ? « Détruisez ce Temple du vrai Dieu et en trois jours je le ressusciterai « . Le Temple c’était son Corps, ô hommes. Tu secoues la tête ? Tu me plains ? Tu me crois folle ? Mais comment ? Il a ressuscité les morts, et il ne pourra pas se ressusciter Lui-même ? Jean ? »

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« Mère ! »

 

« Oui, appelle-moi « mère ». Je ne peux vivre en pensant que je ne serai pas appelée ainsi ! Jean : tu étais présent quand il ressuscita la fillette de Jaïre et le jeune homme de Naïm. Ils étaient bien morts eux, n’est-ce pas ? Ce n’était pas seulement un lourd assoupissement ? Réponds. »

 

« Ils étaient morts. La fillette depuis deux heures, le jeune homme depuis un jour et demi. »

« Et ils se sont levés à son commandement? »

« Et ils se sont levés à son commandement. »

« Vous avez entendu ? Vous deux, vous avez entendu ? Mais pourquoi secouez-vous la tête ? Ah ! peut-être vous voulez dire que la vie revient plus vite en celui qui est innocent et jeune. Mais mon Enfant, il est l’Innocent ! Il est le Toujours Jeune. Il est Dieu, mon Fils !… »

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La Mère jette un regard déchirant et fiévreux sur les deux premiers qui, accablés mais inexorables, disposent les rouleaux des bandes désormais trempées dans les aromates. Marie fait deux pas. Elle a reposé le Fils sur la pierre avec la délicatesse de quelqu’un qui dépose un nouveau-né dans son berceau.

 

Elle fait deux pas, se penche au pied du lit funèbre, où la Magdeleine pleure à genoux. Elle la saisit par l’épaule, la secoue, l’appelle: « Marie, réponds. Eux pensent que Jésus ne peut pas ressusciter parce qu’il est un homme et qu’il est mort de blessures, mais ton frère n’était-il pas plus âgé que Lui ? »
« Si. »

« N’était-il pas qu’une plaie ? »

« Si. »

« N’était-il pas déjà décomposé avant de descendre au tombeau ? »

« Si. »

« Et n’est-il pas ressuscité au bout de quatre jours d’asphyxie

et de décomposition ? »

« Si. »

« Et alors ? »

Un silence grave et prolongé. Puis un cri inhumain. Marie vacille en portant une main à son cœur. Ils la soutiennent, mais elle les repousse. Elle paraît repousser les pieux. En réalité elle repousse ce qu’elle est seule à voir. Et elle crie : « Arrière ! Arrière ! cruel ! Pas cette vengeance ! Tais-toi ! Je ne veux pas t’entendre ! Tais-toi ! Ah ! il me mord le cœur ! »

 

« Qui, Mère ? »

 

« O Jean, c’est Satan ! Satan qui dit : « Il ne ressuscitera pas. Aucun prophète ne l’a dit ». O Dieu Très-Haut ! Aidez-moi tous, ô vous esprits bons, ô vous, hommes pieux ! Ma raison vacille ! Je ne me rappelle plus rien.

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Que disent les prophètes ? Que dit le psaume ? Oh ! qui va me répéter les passages qui parlent de mon Jésus ? »
C’est la Magdeleine qui avec sa voix d’orgue dit le psaume de David sur la Passion du Messie.

La Mère pleure plus fort, soutenue par Jean, et ses larmes tombent sur son Fils mort qui en est inondé. Marie le voit, elle l’essuie et elle dit à voix basse : « Tant de larmes, et quand tu avais si grand soif je n’ai pas même pu t’en donner une goutte.

 

Et maintenant… je t’inonde ! Tu ressembles à un arbuste sous une épaisse rosée. Ici, que la Maman t’essuie, Fils! Tu as goûté tant d’amertume! Que sur tes lèvres blessées ne tombe pas aussi l’amertume et le sel des larmes maternelles!… »

 

Puis elle appelle à haute voix : « Marie. David ne dit pas… Connais-tu Isaïe ? Dis-moi ses paroles… »

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La Magdeleine dit le passage sur la Passion et finit dans un sanglot: « …il a livré sa vie à la mort et on l’a compté parmi les malfaiteurs, Lui qui a enlevé les péchés du monde et a prié pour les pécheurs ».

 

« Oh ! Tais-toi ! La Mort, non ! Pas livré à la mort ! Non ! Non ! Oh ! que votre non croyance, en s’alliant à la tentation de Satan, me met le doute au cœur ! Et devrais-je ne pas te croire, ô Fils ? Ne pas croire à ta sainte Parole ?! Oh ! Dis-le à mon âme ! Parle.

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Des rives lointaines où tu es allé pour délivrer ceux qui attendent ta venue, jette ta voix d’âme à mon âme qui l’attend, à mon âme qui est ici, toute prête à recevoir ta voix. Dis à ta Mère que tu reviens. Dis : « Le troisième jour, je ressusciterai ». Je t’en supplie, Fils et Dieu ! Aide-moi à protéger ma Foi. Satan l’enroule dans ses spires pour l’étrangler.

 

Satan a enlevé sa bouche de serpent de la chair de l’homme car tu lui as arraché cette proie, et maintenant il a enfoncé ses crocs venimeux dans la chair de mon cœur et il en paralyse les palpitations, la force et la chaleur. Dieu ! Dieu ! Dieu ! Ne permets pas que je me méfie ! Ne laisse pas le doute me glacer ! Ne donne pas à Satan la liberté de m’amener au désespoir ! Fils ! Fils ! Mets ta main sur mon cœur. Elle chassera Satan.

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Mets-la sur ma tête. Elle y ramènera la Lumière. Sanctifie mes lèvres par une caresse pour qu’elles aient la force de dire : « Je crois » même contre tout un monde qui ne croit pas. Oh ! quelle douleur c’est de ne pas croire ! Père ! Il faut beaucoup pardonner à celui qui ne croit pas. Car, quand on ne croit plus… quand on ne croit plus… toute horreur devient facile. Je te le dis… moi qui éprouve cette torture.

 

Père, pitié des sans foi ! Donne-leur, Père saint, donne-leur, au nom de cette Hostie consumée et de moi, hostie qui se consume encore, donne ta foi aux sans foi ! »

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Un long silence.

Nicodème et Joseph font un signe à Jean et à la Magdeleine.

 

« Viens. Mère. » C’est la Magdeleine qui parle pour chercher à éloigner Marie de son Fils et à séparer les doigts de Jésus entrelacés dans ceux de Marie qui les baise en pleurant.

 

La Mère se redresse. Elle est solennelle. Elle étend une dernière fois les pauvres doigts exsangues, pose la main inerte le long du corps. Puis elle abaisse les bras vers la terre, et bien droite, la tête légèrement renversée, elle prie et offre. On n’entend pas de parole. Mais par toute son attitude, on comprend qu’elle prie. C’est vraiment la Prêtresse à l’autel, la Prêtresse au moment de l’offertoire. « Offerimus praeclarae majestati tuae de tuis donis, ac datis, hostiam puram, hostiam sanctam, hostiam immaculatam… »

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Puis elle se tourne : « Faites-le donc. Mais Lui ressuscitera. C’est inutilement que vous vous défiez de ma raison et que vous êtes aveugles à la vérité que Lui vous a dit. C’est inutilement que Satan cherche à attaquer ma foi. Pour racheter le monde, il manque aussi la torture que Satan vaincu donne à mon cœur. Je la subis et l’offre pour ceux qui viendront.

 

Adieu, Fils ! Adieu, mon Enfant ! Adieu, mon Petit ! Adieu… Adieu… Saint… Bon… Très aimé et aimable… Beauté… Joie… Source de salut… Adieu… Sur tes yeux… sur tes lèvres… sur tes cheveux d’or… sur tes membres glacés… sur ton cœur transpercé… oh ! sur ton cœur transpercé… mon baiser… mon baiser… mon baiser… Adieu… Adieu !… Seigneur ! Pitié pour moi ! »

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Jésus dit :

 

« Et la torture a continué avec des assauts périodiques jusqu’à l’aube du Dimanche. J’ai eu, dans la Passion, une seule tentation. Mais la Mère, la Femme, a expié pour la femme, coupable de tout mal, de très nombreuses fois. Et Satan sur la Victorieuse s’est acharné avec une férocité centuplée. Marie l’avait vaincu, Sur Marie la plus atroce tentation.

 

Tentation contre la chair de la Mère. Tentation contre le cœur de la Mère. Tentation contre l’esprit de la Mère. Le monde croit que la Rédemption prit fin avec mon dernier soupir. Non. La Mère l’a accomplie, en y ajoutant sa triple torture pour racheter la triple concupiscence, en luttant pendant trois jours contre Satan qui voulait l’amener à nier ma Parole et à ne pas croire en ma Résurrection. Marie fut la seule qui continua de croire. Elle est grande et bienheureuse aussi à cause de cette foi.

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Tu as connu aussi cela. Tourment qui se retrouve dans le tourment de mon Gethsémani. Le monde ne comprendra pas cette page. Mais « ceux qui sont dans le monde sans être du monde » la comprendront et auront un amour plus fort pour la Mère Douloureuse. C’est pour cela que je te l’ai donnée. Va en paix avec notre bénédiction. »
Les deux préparateurs ont fini la préparation des bandes. Ils vont à la table et dénudent Jésus même de son voile. Ils passent une éponge, me semble-t-il, ou un morceau de lin sur les membres en une préparation très rapide des membres qui dégouttent de mille endroits. Puis ils enduisent d’onguents tout le Corps. Ils l’ensevelissent vraiment sous une couche de pommade.

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Auparavant ils l’ont soulevé pour nettoyer aussi la table de pierre sur laquelle ils posent le linceul, qui pend de la tête du lit. Ils le reposent sur la poitrine, et enduisent tout le dos, les cuisses, les jambes, toute la partie postérieure. Puis ils le tournent délicatement, en faisant attention à ce que ne s’en aille pas la couche de pommade et puis ils font aussi l’onction de la partie antérieure.

 

 

D’abord le tronc, puis les membres. D’abord les pieds, et en dernier lieu les mains qu’ils joignent sur le bas ventre. La mixture des arômes doit être collante comme de la gomme, car je vois que les mains restent en place alors qu’avant elles glissaient toujours à cause de leur poids de membres morts. Les pieds, non. Ils conservent leur position: l’un plus droit, l’autre plus allongé. Pour finir, la tête. Après l’avoir enduite avec soin, de manière que les traits disparaissent sous la couche d’onguents, ils lient le menton avec une bande pour maintenir la bouche fermée.

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Marie gémit plus fort. Puis ils soulèvent le côté du Linceul qui pend et le replient sur Jésus. Il disparaît sous la grosse toile du linceul. Ce n’est plus qu’une forme couverte par une toile.

 

Joseph regarde que tout soit bien en place et appuie encore sur le Visage un suaire de lin et d’autres linges, qui ressemblent à de courtes et larges bandes rectangulaires, qui vont de droite à gauche, au-dessus du Corps et tiennent en place le Linceul, bien adhérent au Corps. Ce n’est pas le bandage que l’on voit dans les momies, ni même dans la résurrection de Lazare. C’est un embryon de bandage.
Jésus désormais est annulé. Même sa forme est confondue sous les linges. Cela ressemble à un long paquet de toile, plus étroit aux extrémités et plus large au milieu, appuyé sur la pierre grise. Marie pleure plus fort.

 

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source: http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2009/09-030.htm

Vidéo- Chant plein d’espoir… d’un lecteur du site…*Ne me jetez pas… Non ne me jetez pas *


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Ne me jetez pas… Non ne me jetez pas… Vous ne m’aimerez jamais, Vous ne saurez qui j’serais… Je sais qu’à vos yeux je n’suis que cellules, Mais pour mon Créateur je suis chargé d’espoirs…

barrcercles

Ne me jetez pas…
Non ne me jetez pas…
Vous ne m’aimerez jamais,
Vous ne saurez qui j’serais…

Je sais qu’à vos yeux je n’suis que cellules,
Mais pour mon Créateur je suis chargé d’espoirs,
Le même espoir qu’Il a mis en vous…
Quand vous aussi, vous n’étiez que cellules.

Je sais qu’à vos yeux je n’suis qu’un problème,
Mais pour beaucoup d’entre nous je suis solution.
Nombreux sont ceux qui désirent être parents
Je vous prie du coeur, laissez-moi vivant

Je sais qu’à vos yeux je suis un accident,
Pourtant personne fut blessé; je suis un don vivant,
On doit vivre ses erreurs avec ou sans tracas,
Je vous en supplie, ne me jetez pas.

Je saurai être un rayon de soleil,
Dans toute cette terre, une unique merveille,
De toutes les fleurs, je serai la plus belle,
Je saurai vous ouvrir les portes du ciel,

Je saurai donner tout l’amour de mon cœur,
Ma joie comme ma peine, mon courage et ma peur,
Je saurai montrer comment chanter en chœur,
Nous découvrirons le seul et vrai bonheur.

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