Quelques extraits * Du Mystère de l’Incarnation et de la Noël selon Maria Valtorta*…(7) Nous arrivons à Bethléem *


Auberge

Marie et Joseph rencontre sur la route un berger…

(….) « C’est bien ennuyeux  : Bethléem est pleine de gens venus de partout pour se faire inscrire ou pour aller ailleurs faire la même démarche. Je ne sais si vous trouverez un logement. Connaissez. vous l’endroit  ? »

 

166-« Pas beaucoup. »

 

« Eh  ! bien… je te renseigne… à cause d’elle (et il désigne Marie). Cherchez l’auberge. Elle sera pleine, mais je vous l’indique pour vous donner un point de repère. Elle est dans une place, la plus grande. Vous partez de la rue principale. Vous ne pouvez pas vous tromper. Il y a une fontaine devant l’auberge, qui est grande et passe avec un portail. Elle sera pleine.

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Mais si vous ne trouvez rien à l’auberge et dans les maisons, passez par derrière de l’auberge dans la direction de la campagne. Il y a des écuries dans la montagne, qui parfois servent aux marchands allant à Jérusalem pour y mettre leurs animaux quand il n’y a pas de place à l’auberge. Ce sont des écuries, vous comprenez, dans la montagne  : elles sont humides, froides et sans portes. Mais c’est toujours un refuge parce que la femme… ne peut rester sur la route.

 

Peut-être là vous trouverez une place avec du foin pour dormir et aussi pour l’âne. Et que Dieu vous accompagne. »

« Et que Dieu te donne joie » répond Marie. Joseph à son tour lui dit  : « La paix soit avec toi. »

Ils reprennent la route. Une dépression plus vaste apparaît de l’escarpement qu’ils ont franchi. Dans la dépression, en haut et en bas des pentes qui l’entourent, il y a des maisons et encore des maisons. C’est Bethléem.

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« Nous voici sur la terre de David, Marie. Maintenant tu vas te reposer. Tu me semble tellement fatiguée… »

« Non. Je pensais… Je pense… » Marie prend la main de Joseph et lui dit avec un sourire radieux  : « Je crois vraiment que le moment est venu. »

« Dieu de miséricorde  ! Comment allons-nous faire  ? »

« Ne crains pas, Joseph. Ne te laisse pas troubler. Vois comme je suis calme, moi  ? »

« Mais tu souffres beaucoup  ? »

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« Oh  ! non. Je suis remplie de joie. Une telle joie, si forte, si belle, si irrésistible, que mon cœur bat fort, fort et me dit  : « Il naît  ! Il naît  ! » Il le dit à chaque battement. C’est mon Petit qui frappe à la porte de mon cœur et qui me dit  : « Maman, me voici pour te donner le baiser de Dieu ». Oh  ! quelle joie, mon Joseph  ! »

 

Mais Joseph n’est pas à la joie. Il pense à l’urgence de trouver un abri et il hâte le pas. Porte après porte, il demande un abri.

Auberge

167- Rien. Tout est occupé. Ils arrivent à l’auberge. Elle est pleine jusque sous les portiques rustiques, qui entourent la grande cour intérieure, de gens qui bivouaquent.

 

Joseph laisse Marie sur l’âne à l’intérieur de la cour et il sort pour chercher dans d’autres maisons. Il revient découragé. Il n’y a rien. Le précoce crépuscule d’hiver commence à étendre ses voiles. Joseph supplie l’aubergiste. Il supplie des voyageurs. Eux sont des hommes en bonne santé.

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Ici c’est une femme sur le point de mettre au monde un enfant. Qu’ils aient pitié  ! Rien. Voici un riche pharisien qui le regarde avec un mépris visible, et, quand Marie s’approche, il s’écarte comme s’il s’était approché d’une lépreuse. Joseph le regarde et la rougeur de l’indignation lui monte au visage. Marie met la main sur le poignet de Joseph, pour le calmer et dit  : « N’insiste pas. Partons. Dieu y pourvoira. »

 

Ils sortent, ils suivent le mur de l’auberge. Ils tournent par une ruelle encastrée entre elle et de pauvres maisons. Ils contournent l’auberge. Ils cherchent. Voilà des espèces de grottes, de caves, dirai-je, plutôt que des écuries, tant elles sont basses et humides. Les plus belles sont déjà occupées. Joseph est accablé.

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« Ohé  ! Galiléen  ! » lui crie par derrière un vieil homme. « Là au fond, sous ces ruines, il y a une tanière. Peut-être n’y a-t-il encore personne. »

 

Ils s’approchent de cette « tanière. » C’est vraiment une tanière. Parmi les décombres d’un bâtiment en ruines, il y a un refuge, au-delà duquel se trouve une grotte, un trou dans la montagne plutôt qu’une grotte. On dirait que ce sont les fondations d’une ancienne construction auxquelles servent de toit les matériaux étayés par ces troncs d’arbre à peine équarris.

 

Pour y voir plus clair, car il y a très peu de jour, Joseph sort de l’amadou et un briquet, et allume une petite lampe qu’il sort de la besace qu’il porte en bandoulière. Il entre, Un mugissement le salue. « Viens. Marie, elle est vide, il n’y a qu’un bœuf. » Joseph sourit  : « Ça vaut mieux que rien  ! … »

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Marie met pied à terre et entre.

Joseph a fixé la petite lampe à un clou dans l’un des troncs qui servent de pilier. On voit la voûte couverte de toiles d’araignées, le sol en terre battue et tout disloqué avec des trous, des cailloux, des détritus et des excréments et couvert de tiges de paille.

 

Au fond, un bœuf se retourne et regarde avec ses grands yeux tranquilles pendant que du foin lui pend des lèvres. Il y a un siège grossier et deux pierres dans un coin, près d’une fente. Le noir de ce recoin indique que c’est là qu’on fait du feu.

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168> Marie s’approche du bœuf. Elle a froid. Elle lui met les mains sur le cou pour en sentir la tiédeur. Le bœuf mugit et se laisse faire. Il semble comprendre. De même quand Joseph le pousse plus loin pour enlever beaucoup de foin au râtelier et faire un lit pour Marie.

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Le râtelier est double  : celui où mange le bœuf et par-dessus une sorte d’étagère où se trouve une provision de foin. C’est celle-là que prend Joseph. Le bœuf laisse faire. Il fait aussi une place pour l’âne qui, fatigué et affamé, se met tout de suite à manger. Joseph découvre aussi un seau renversé tout cabossé. Il sort parce que dehors il y a un ruisseau et revient avec de l’eau pour l’âne. Puis il s’empare d’une botte formée de branches, déposée dans un coin et essaye de balayer le sol.

 

Ensuite il étend du foin, en fait un lit, près du bœuf dans l’angle le plus sec et le plus abrité. Mais, il le trouve humide ce pauvre foin, et il soupire. Il allume le feu et, avec une patience de chartreux, il sèche le foin par poignées en le tenant près du feu.

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Marie, assise sur un tabouret, fatiguée, regarde et sourit. C’est fini. Marie s’installe de son mieux sur le foin moelleux avec les épaules appuyées sur un tronc. Joseph complète… l’ameublement en étendant son manteau qui fait office de tente sur le trou qui sert d’entrée.

 

Un abri très relatif. Puis il offre du pain et du fromage à la Vierge et lui donne à boire de l’eau d’une gourde. « Dors maintenant » lui dit-il après. « Moi, je veillerai pour que le feu ne s’éteigne pas. Il y a du bois, heureusement. Espérons qu’il dure et brûle. Je pourrai épargner l’huile de la lampe. »

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Marie s’allonge, obéissante. Joseph la couvre avec le manteau même de Marie et la couverture qu’elle avait d’abord aux pieds.

« Mais toi… tu auras froid. »

« Non, Marie. Je reste près du feu. Tâche de te reposer. Demain ça ira mieux. »

Marie ferme les yeux sans se faire prier. Joseph se rencogne dans son coin sur le tabouret avec des brindilles à côté. Il y en a peu. Je ne pense pas qu’elles durent longtemps.

 

Voici comme ils sont situés  : Marie à droite, avec les épaules tournées vers la porte, à moitié cachée par un tronc d’arbre et par le corps du bœuf qui s’est accroupi dans la litière. Joseph à gauche, tourné vers la porte et par conséquent en diagonale, avec le visage tourné vers le feu et les épaules vers Marie.

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169- Il se retourne de temps en temps pour la regarder et la voit tranquille, comme si elle dormait. Il utilise peu à peu les branches et les jette une par une sur le feu pour qu’il ne s’éteigne pas, pour qu’il donne de la lumière et pour que ce peu de bois dure.

 

Il n’y a plus que la lueur, tantôt plus vive, tantôt presque morte du feu, car la lampe est à bout de combustible et dans la pénombre se détache seulement la blancheur du bœuf, du visage et des mains de Joseph. Tout le reste n’est qu’une masse qui se fond dans l’épaisseur e la pénombre.

 

« On ne vous dit rien » dit Marie. « La vision parle d’elle-même. À vous d’en tirer la leçon de charité, d’humilité et de pureté qui en découle. Repose-toi. Repose-toi en veillant comme j’ai veillé en attendant Jésus. Il viendra t’apporter sa paix »

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169- Je vois encore l’intérieur de ce pauvre refuge pierreux où, partageant le sort des animaux, Marie et Joseph ont trouvé asile.

Le petit feu sommeille ainsi que son gardien. Marie soulève doucement la tête de sa couche, et regarde. Elle voit Joseph, la tête inclinée sur la poitrine, comme s’il réfléchissait, et elle pense que la fatigue a triomphé de sa bonne volonté de rester éveillé. Elle sourit, d’un bon sourire.

Faisant moins de bruit que ne peut en faire un papillon qui se pose sur une rose, elle s’assied, puis s’agenouille. Elle prie avec un sourire radieux sur le visage. Elle prie, les bras étendus non pas précisément en croix, mais presque, les paumes dirigées vers le haut et en avant, et elle ne paraît pas fatiguée de cette pose pénible. Puis, elle se prosterne, le visage contre le foin, dans une prière encore plus profonde. Une prière prolongée.

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Joseph s’éveille. Il voit le feu presque mort et l’étable presque dans les ténèbres. Il jette une poignée de brindilles et la flamme se réveille. Il y ajoute des branches plus grosses, puis encore plus grosses car le froid doit être piquant, le froid de la nuit hivernale et tranquille qui pénètre partout dans ces ruines.

 

170- Le pauvre Joseph tout près comme il l’est de la porte – appelons ainsi l’ouverture que son manteau essaye d’obstruer – doit être gelé. Il approche les mains près de la flamme, défait ses sandales et approche ses pieds. Il se chauffe. Quand le feu est bien pris, et que sa clarté est assurée, il se tourne.

Il ne voit rien, pas même cette blancheur du voile de Marie qui traçait une ligne claire sur le foin obscur. Il se lève et lentement s’approche de la couchette.

« Tu ne dors pas, Marie  ? » demande-t-il. Il le demande trois fois, jusqu’à ce qu’elle en prenne conscience et réponde  : « Je prie. »

« Tu n’as besoin de rien  ? »

« Non, Joseph. »

« Essaie de dormir un peu, de reposer au moins. »

« J’essaierai, mais la prière ne me fatigue pas. »

« Adieu, Marie. »

« Adieu, Joseph. »

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Marie reprend sa position. Joseph pour ne plus céder au sommeil s’agenouille près du feu et il prie. Il prie avec les mains qui lui couvrent le visage. Il ne les enlève que pour alimenter le feu et puis il revient à sa brûlante prière. À part les crépitements du bois et le bruit du sabot de l’âne, qui de temps en temps frappe le sol, on n’entend rien.

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Un faisceau de lumière lunaire se glisse par une fissure du plafond et semble une lame immatérielle d’argent qui s’en va chercher Marie. Il s’allonge peu à peu à mesure que la lune s’élève dans le ciel et l’atteint finalement. Le voilà sur la tête de l’orante. Il la nimbe d’une blancheur éclatante.

 

Marie lève la tête comme pour un appel du ciel et elle s’agenouille de nouveau. Oh  ! comme c’est beau ici  ! Elle lève sa tête qui semble resplendir de la lumière blanche de la lune, et elle est transfigurée par un sourire qui n’est pas humain. Que voit-elle  ? Qu’entend-elle  ? Qu’éprouve-t-elle  ?

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Il n’y a qu’elle qui pourrait dire ce qu’elle vit, entendit, éprouva à l’heure fulgurante de sa Maternité. Je me rends seulement compte qu’autour d’elle la lumière croit, croit, croit. On dirait qu’elle descend du Ciel, qu’elle émane des pauvres choses qui l’environnent, qu’elle émane d’elle surtout.

 

Son vêtement, d’azur foncé, a à présent la couleur d’un bleu d’une douceur céleste de myosotis, les mains et le visage semblent devenir azurés comme s’ils étaient sous le feu d’un immense et clair saphir. Cette couleur me rappelle, bien que plus légère, celle que je découvre dans la vision du saint Paradis et aussi celle de la vision de l’arrivée des Mages.

 

Elle se diffuse surtout toujours plus sur les choses, les revêt, les purifie, leur communique sa splendeur.

171- La lumière se dégage toujours plus du corps de Marie, absorbe celle de la lune, on dirait qu’elle attire en elle tout ce qui peut arriver du ciel. Désormais, c’est elle qui est la Dépositaire de la Lumière, celle qui doit donner cette Lumière au monde.

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Et cette radieuse, irrésistible, incommensurable, éternelle, divine Lumière qui va être donnée au monde, s’annonce avec une aube, une diane, un éveil de la lumière, un chœur d’atomes lumineux qui grandit, s’étale comme une marée qui monte, monte en immenses volutes d’encens, qui descend comme un torrent, qui se déploie comme un voile…

 

La voûte, couverte de fissures, de toiles d’araignées, de décombres en saillie qui semblent miraculeusement équilibrées, noire, fumeuse, repoussante, semble la voûte d’une salle royale. Chaque pierre est un bloc d’argent, chaque fissure une clarté opaline, chaque toile d’araignée un baldaquin broché d’argent et de diamants.

 

Un gros lézard, engourdi entre deux blocs de pierre, semble un collier d’émeraude oublié là, par une reine; une grappe de chauve-souris engourdies émettent une précieuse clarté d’onyx. Le foin qui pend de la mangeoire la plus haute n’est plus de l’herbe  : ce sont des fils et des fils d’argent pur qui tremblent dans l’air avec la grâce d’une chevelure flottante.

 

La mangeoire inférieure, en bois grossier, est devenue un bloc d’argent bruni. Les murs sont couverts d’un brocart où la blancheur de la soie disparaît sous une broderie de perles en relief. Et le sol… qu’est-ce maintenant le sol  ? Un cristal illuminé par une lumière blanche.

Les saillies semblent des roses lumineuses jetées sur le sol en signe d’hommage; et les trous, des coupes précieuses, d’où se dégagent des arômes et des parfums.

 

Et la lumière croît de plus en plus. L’œil ne peut la supporter. En elle, comme absorbée par un voile de lumière incandescente, disparaît la Vierge… et en émerge la Mère….

—————————————–

jésus bébé

172- Oui, quand la lumière devient supportable pour mes yeux, je vois Marie avec son Fils nouveau-né dans ses bras.

Un petit Bébé rose et grassouillet qui s’agite et se débat avec ses mains grosses comme un bouton de rose et des petits pieds qui iraient bien dans le cœur d’une rose; qui vagit d’une voix tremblotante exactement comme celle d’un petit agneau qui vient de naître, ouvrant la bouche, rouge comme une petite fraise de bois, montrant sa petite langue qui bat contre son palais couleur de rose; qui remue sa petite tête si blonde qu’on la croirait sans cheveux…

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…Une petite tête ronde que la Maman soutient dans le creux de l’une de ses mains pendant qu’elle regarde son Bébé et l’adore, pleurant et riant tout ensemble et qu’elle s’incline pour y déposer un baiser, non pas sur la tête innocente, mais sur le milieu de la poitrine sous lequel se trouve le petit cœur, qui bat, qui bat pour nous… là où un jour sera la blessure. Elle la panse d’avance, cette blessure, sa Maman, avec son pur baiser d’Immaculée.

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Le bœuf éveillé par la clarté se dresse avec un grand bruit de sabots et il mugit. L’âne relève la tête et brait. C’est la lumière qui les réveille, mais j’aime penser qu’ils ont voulu saluer leur Créateur pour eux-mêmes et pour tous les animaux.

 

Joseph aussi, qui comme extasié priait avec autant d’intensité qu’il s’était abstrait de tout ce qui l’entourait, se secoue et entre ses doigts dont il se couvre le visage, il voit filtrer la lumière étrange. Il découvre le visage, lève la tête, se retourne. Le bœuf debout, lui cache Marie, mais elle l’appelle  : « Joseph, viens. »

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Joseph accourt et devant le spectacle s’arrête comme foudroyé de révérence, il va tomber à genoux là où il se trouve. Mais Marie insiste  : « Viens, Joseph. » Elle appuie la main gauche sur le foin et tenant de la main droite l’Enfant qu’Elle serre sur son cœur, elle se lève et se dirige vers Joseph qui marche hésitant, pris entre le désir d’avancer et la peur d’être irrespectueux.

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Au pied de la couche les deux époux se rencontrent et se regardent en pleurant de bonheur.

« Viens » dit Marie « offrons Jésus au Père. »
Pendant que Joseph s’agenouille, elle, debout, entre les deux poutres qui soutiennent la voûte, élève sa Créature entre ses bras et dit  : « Me voici. C’est pour Lui, ô Dieu, que je te dis cette parole.

Me voici pour faire ta volonté.Et avec Lui, moi, Marie et Joseph mon époux. Voici tes serviteurs, Seigneur. Que soit accomplie par nous, à toute heure et en toute occasion, ta volonté pour ta gloire et ton amour. » Puis Marie se penche et dit  : « Prends, Joseph » et Elle offre l’Enfant.

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« Moi  ! À Moi  ! Oh  ! Non  ! Je ne suis pas digne  ! » Joseph est tout effrayé, anéanti à l’idée de devoir toucher Dieu.

 

Mais Marie insiste en souriant  : « Tu en es bien digne. Personne ne l’est plus que toi. C’est pour cela que Dieu t’a choisi. Prends-le, Joseph, et tiens-le pendant que je cherche les langes. »
173- Joseph, rouge comme la pourpre, avance les bras et prend le petit bourgeon de chair qui crie parce qu’il a froid. Quand il l’a entre les bras, il ne persiste pas dans l’intention de le tenir par respect éloigné de lui. Il le serre contre son cœur et éclatant en sanglots  : « Oh  ! Seigneur  ! Mon Dieu  ! » et il se penche pour baiser ses petits pieds et les sent glacés.

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Alors, il s’assoit sur le sol, le serre sur son sein. Avec son habit marron, avec ses mains il s’ingénie à le couvrir, à le réchauffer, à le défendre contre la bise nocturne. Il voudrait bien aller du côté du feu, mais là il y a un courant d’air qui entre par la porte.

 

Mieux vaut rester où il est. Il vaut mieux même aller entre les deux animaux qui les protégeront du courant d’air et donneront un peu de chaleur. Il va se mettre entre le bœuf et l’âne avec les épaules tournées vers la porte, penché sur le Nouveau-né pour lui faire de sa poitrine une niche dont les parois sont une tête grise aux longues oreilles et un grand museau blanc aux naseaux fumants et aux bons yeux humides.

 

Marie a ouvert le coffre et en a tiré les linges et les langes. Elle est allée près du feu pour les réchauffer. La voilà qui va vers Joseph et enveloppe le Bébé dans les linges tiédis, puis elle protège la petite tête avec son voile. « Où allons-nous le mettre maintenant  ? » dit-elle.

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À suivre…

Je vous offre cette musique (Arrangement musical de Thierry Tremelet) *Stille Nacht -Sainte Nuit-Douce Nuit …Tout en douceur comme l’Enfant-Jésus * Lisez aussi l’histoire de ce Chant !!


Voici l’histoire du célèbre cantique Stille Nacht qui commence la veille de Noël 1818 dans un petit village des montagnes de l’Autriche, Obendorf.

NUIT NOEL

L’abbé Josef Mohr, curé de la paroisse Saint-Nicholas, a écrit un petit poème intitulé « Stille Nacht », qu’il voudrait bien mettre en musique pour la messe de minuit.

ABBÉ MOHR

Mais l’abbé Mohr n’est pas musicien. Aussi, demande-t-il à son ami Franz Grüber, instituteur et musicien à ses heures, de mettre son petit poème en musique.

PAROISSE ST NICOLAS

Franz Grüber est l’organiste de la paroisse. Cependant, c’est un arrangement pour guitare qu’il écrit pour le petit poème Stille Nacht de son ami le curé de la paroisse Saint Nicholas d’Oberndorf. Et c’est ainsi que fut chanté pour la première fois, le 24 décembre 1818, le célèbre Stille Nacht.

 

Désormais le Stille Nacht allait s’imposer par toute la terre comme le chant le plus symbolique de la nuit sainte de la naissance du Christ-enfant.

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Que l’on soit croyant ou non, on ne peut pas rester insensible à la beauté et surtout à la profondeur de ce chant qui a fait le tour de la terre.

Le Stille Nacht a été traduit dans toutes les langues de la terre. On le chante même en esquimau et en bantou africain. Aucun autre air de musique, profane ou religieux, n’a connu autant de renommée internationale que ce modeste cantique de Noël autrichien.

STILLE NACHT

A travers toute la chrétienté, le chant du Stille Nacht est devenu un véritable symbole du profond mystère de cette nuit de la naissance du Dieu des Chrétiens.

Peut-il être, en effet, une nuit plus douce que celle qui voit naître un enfant démuni dans une simple crèche d’étable, alors que des animaux familiers tels le bœuf et l’âne soufflent dessus pour le réchauffer?

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Légende ou vérité? Peu importe; le thème a suscité l’émotion de toute l’humanité.

Assez curieusement, alors que la musique de presque tous les chants traditionnels de Noël a été déformée, celle du Stille Nacht est demeurée pure dans sa forme et sa structure.
Fait remarquable, le Stille Nacht qui est d’origine chrétienne a été adopté par plusieurs autres religions. On le chante même dans les temples bouddhistes de l’Asie…

C’est aussi une nuit chargée de mystère alors que trois mages – ou princes – partent de l’Orient, avertis par un astre étrange de la naissance d’un enfant qui sera la roi du monde. Là aussi, s’agit-il d’une légende ou d’une réalité? Des astronomes ont affirmé que cette étoile a réellement brillé au-dessus de Bethléem…

ÉGLISE

Dès lors, il n’est pas étonnant que ce chant tout simple, mais tellement touchant du Stille Nacht ait fait la conquête de toute la terre. Mieux que tout autre air de Noël, il symbolise le mystère de cette nuit de la nativité, la venue au monde d’un enfant-dieu.

marie

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