*Les Souffrances Amoureuses* de Sainte Faustine-Héléna Kolwaska *L’Apôtre de la Miséricorde du Christ !!


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  1. Au moment de ma prise d’habit, Dieu me fit connaître combien je devrais souffrir. Je voyais clairement ce à quoi je m’engageais. Ce fut un moment de douleur. Mais de nouveau, le Seigneur inonda mon âme de grandes consolations.
  1. Vers la fin de la première année de noviciat, mon âme commençait à s’assombrir. Je ne ressentais aucune consolation dans l’oraison et devait faire beaucoup d’efforts pour méditer. La peur commençait à s’emparer de moi. Rentrant profondément en moi-même, je ne voyais qu’une grande misère. Je découvrais aussi clairement l’immense sainteté de Dieu. N’osant lever les yeux vers Lui, je me jetais à ses pieds, dans la poussière, pour implorer Sa Miséricorde.

Près d’une demi-année s’écoula ainsi sans grand changement. Notre chère Mère Maîtresse m’encourageait dans ces moments difficiles, mais ma souffrance ne cessait de s’accroître. La seconde année de noviciat approchait et je me souviens qu’à l’idée de prononcer mes vœux un frisson me traversait l’âme. Je ne comprenais rien de ce que je  lisais, je ne pouvais méditer. Il me semblait que mon oraison était désagréable à Dieu et que je l’offensais plus encore en m’approchant des Saints Sacrements.

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Cependant mon confesseur ne me permit jamais d’omettre une seule Communion. Dieu agissait étrangement en moi. Je ne comprenais absolument rien des enseignements de mon confesseur. Les simples vérités de la foi devenaient incompréhensibles pour moi.

Mon âme était tourmentée et ne trouvait de satisfaction nulle part.

A un certain moment, l’idée que j’étais rejetée de Dieu s’empara de moi. Cette pensée affreuse me poursuivit au point que je crus agoniser de douleur. Je voulais mourir et je ne le pouvais pas. La tentation me vint aussi : « A quoi bon acquérir des vertus ? A quoi bon se mortifier lorsque tout déplait à Dieu ? »

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Quand j’ai parlé de cela à la chère Mère Maîtresse, elle me répondit : « Sachez ma Soeur, que Dieu vous prédestine à une grande sainteté. C’est un signe qu’Il veut vous avoir tout près de Lui au Ciel. Ayez grande confiance en Notre Seigneur Jésus. »

Cette terrible idée d’être rejeté de Dieu, est le véritable supplice des damnés. Je recouru aux Plaies de Jésus. Je répétais des mots de confiance qui ne faisait qu’ajouter à mon supplice.

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 Je suis allée devant le Saint Sacrement et j’ai commencé à parler à Jésus : « Seigneur, Vous qui avez dit qu’une mère oublierais son nourrisson plutôt que Dieu sa créature et « même si elle l’oubliait, Moi, Dieu, Je n’oublierai pas Ma créature ».

Jésus, entendez-vous mon âme? Daigniez entendre les cris de douleur et les plaintes de Votre enfant. J’ai confiance en Vous mon Dieu, parce que le ciel et la terre passeront mais Votre parole durera éternellement ». Cependant je ne trouvais pas le moindre soulagement.

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  1. Un matin à mon réveil, en me mettant en présence de Dieu, le désespoir commença à me saisir.

Dans une obscurité extrême je luttai de mon mieux jusqu’à midi. Dans l’après- midi, des frayeurs vraiment mortelles m’envahirent, mes forces physiques commencèrent à m’abandonner. Vite j’entrai dans ma cellule, me jetai à genoux devant le Crucifix pour implorer Sa Miséricorde. Mais Jésus semblait sourd à mes appels.

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Complètement épuisée, je tombai à terre, en proie au désespoir, j’endurai de véritables douleurs infernales absolument semblables à celles que l’on éprouve en enfer. Au bout de trois quarts d’heures, je voulus aller chez la Maîtresse, mais je n’en avais pas la force. Je voulus appeler, mais je n’avais pas de voix. Heureusement une Soeur entra dans ma cellule, elle en informa la Mère Maîtresse qui vint aussitôt. Dès qu’elle entra dans ma cellule elle dit « Au nom de la sainte obéissance relevez-vous. » Aussitôt, une force me souleva de terre et me tins debout près de la chère Mère Maîtresse.

 

Elle me rassura affectueusement, me disant que cette épreuve venait de Dieu : « Soyez très confiante. Dieu est toujours notre Père, même s’Il envoie des épreuves». Je revins à mes devoirs comme au sortir de la tombe, les sens pénétrés de ce que j’avais éprouvé. Le soir au salut, mon âme commença à agoniser dans des ténèbres affreuses. J’avais la sensation d’être livrée au pouvoir du Dieu Juste et d’être l’objet de sa fureur.

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Dans ces moments redoutables, j’ai dit au Seigneur: « Jésus qui Vous comparez dans l’Évangile à la plus tendre des mères, j’ai confiance dans vos parole, parce que Vous êtes la Vérité et la Vie. Jésus, malgré tout, j’ai confiance en Vous en dépit de ces sentiments intérieurs qui s’opposent à tout espoir. Faites ce que vous voudrez de moi. Je ne Vous quitterai jamais, car Vous êtes la source de ma vie. » Seul, celui qui a vécu de semblables moments, peu comprendre combien terrible est le tourment de l’âme.

  1. Durant la nuit la Sainte Vierge me rendit visite, tenant Jésus dans ses bras. La joie remplit mon âme et j’ai dit : « Marie ma Mère, savez-vous quelles terribles souffrances j’endure ? » Et la Mère de Dieu me répondit : « Je sais combien tu souffres, mais n’aie pas peur, j’ai et j’aurai toujours compassion de toi. » Elle me sourit affectueusement et disparut. Aussitôt mon âme se trouva emplie de force et d’un grand courage. Mais cela n’a duré qu’un jour. C’était comme si l’enfer avait conspiré contre moi. Une haine terrible fit irruption dans mon âme, la haine de tout ce qui est saint et divin.

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Il me semblait que ces tourments de l’âme seraient le partage constant de mon existence. Je me suis tournée vers le Saint Sacrement et j’ai dit : « Jésus, Époux de mon âme, ne voyez-Vous pas qu’elle agonise sans Vous?

Pourquoi Vous dérober devant un coeur qui Vous aime si sincèrement?

Pardonnez-moi, Jésus, que Votre sainte Volonté se fasse en moi ! Je souffrirai tout en silence, comme une colombe, sans me plaindre. Je ne laisserai pas mon coeur pousser un seul gémissement, une seule plainte de douleur.»

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  1. Fin de noviciat. La douleur ne diminue pas Affaiblie physiquement, je suis dispensée de tous les exercices spirituels, éventuellement remplacés par de courtes prières spontanées.

Vendredi Saint : Jésus plonge mon coeur en plein ravissement, dans le brasier même de l’amour. C’était pendant l’adoration du soir, la présence divine s’empara tout à coup de moi. J’oubliai tout. Jésus me fit connaître combien Il a souffert pour moi. Cela dura très peu de temps. J’en ressentis une nostalgie affreuse, la soif d’aimer Dieu.

  1. Premiers voeux. Fervent désir de m’anéantir pour Dieu par un amour actif, mais imperceptible, même aux Soeurs les plus proches. Après les voeux, mon âme resta encore dans les ténèbres pendant près de six mois. Puis à la faveur d’une oraison, Jésus l’envahit. Les ténèbres se retirèrent. Je perçu ces paroles : « Tu es Ma joie, tu es le délice de mon coeur ».

Depuis ce moment, j’ai senti dans mon coeur – intérieurement – la présence de la Très Sainte Trinité. J’étais inondée de lumière divine et depuis lors, mon âme est en rapport intime avec Dieu, comme un enfant avec son Père bien aimé.

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  1. Un jour, Jésus me dit « Demande à la Mère Supérieure la permission de porter un cilice pendant 7 jours ; la nuit venue, tu te lèveras et tu viendras à la chapelle. » Je répondis : « Bien », mais j’eus une certaine difficulté à aller chez la Supérieure. Le soir Jésus me demanda : « Jusqu’à quand vas-tu différer ? » – Je résolus d’en parler à la Mère Supérieure dès la première rencontre.

Le lendemain, avant midi, j’ai vu la Mère Supérieure se rendre au réfectoire. Et comme la cuisine, le réfectoire et la petite chambre de soeur Aloïse sont voisins, j’ai demandé à la Mère Supérieure d’entrer dans la petite chambre de Soeur Aloïse et là j’ai formulé la demande du Seigneur. La Supérieure répondit : « Je ne vous autorise absolument pas à porter un cilice ! Si Jésus vous donnait les forces d’un colosse, je vous permettrais cette mortification ».Après avoir demandé pardon à la mère de lui avoir pris du temps, je sortis de la chambre.

 

Alors je vis le Seigneur Jésus qui se tenait debout dans l’embrasure de la porte de la cuisine et je dis : « Seigneur, Vous m’ordonnez d’aller demander cette mortification à la Mère Supérieure et elle me la refuse. » Jésus me dit : « J’étais ici pendant ta conversation avec la Supérieure. Je sais tout. Je n’exigeais, pas tes mortifications mais l’obéissance. En te soumettant, tu me rends grande gloire et tu gagnes du mérite. »

  1. Lorsqu’une des Mères apprit que je vivais dans une telle intimité avec Jésus, elle me dit : « vous êtes dans l’illusion. Le Seigneur Jésus, n’a de telles relations qu’avec les saints, pas avec les âmes pécheresses comme la vôtre, ma Soeur.» A dater de ce moment, je me mis en quelque sorte à me défier de Jésus.

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Dans notre conversation matinale je dis à Jésus : « N’êtes-Vous pas une illusion ? »Il me répondit « Mon amour ne trompe personne. »

 

  1. Un jour je réfléchissais sur la Sainte Trinité, sur l’Essence divine. Je voulais absolument approfondir et connaître ce mystère de Dieu, subitement mon esprit fut ravi dans l’autre monde. Je vis une clarté inaccessible où brillaient comme trois sources de lumière, que je ne pouvais comprendre. Il en sortait des paroles sous la forme de foudre, qui encerclaient le ciel et la terre. Ne comprenant rien, j’étais toute triste.

Soudain de cette mer de lumière inaccessible je vis apparaître notre bien-aimé Sauveur, d’une beauté inconcevable. Ses plaies étaient brillantes. Et de cette clarté une voix se fit entendre: « Ce qu’est Dieu dans son être, personne ne peut le saisir, en profondeur, ni l’esprit angélique, ni l’esprit humain » Jésus me dit : « Fais la connaissance de Dieu par la contemplation de ses attributs. » Puis Jésus, de la main, traça le signe de la croix et disparut.

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  1. Une autre fois, j’ai vu une multitude de personnes qui se pressaient dans notre chapelle, devant notre chapelle et jusque dans la rue, car il n’y avait plus de place. La chapelle était solennellement parée. Près de l’autel se tenaient de nombreux Prêtres, nos Soeurs et beaucoup de Religieuses d’autres congrégations.

Tout le monde attendait quelqu’un qui devait prendre place sur l’autel. C’est alors que j’entendis une voix : c’était moi qui devais prendre place sur l’autel. Je me dirigeais vers la chapelle en suivant la voix qui m’appelait. Mais dès que je sortis du corridor pour passer dans la cour, tous ces gens commencèrent à jeter sur moi : de la boue, des pierres, du sable, des balais, n’importe quoi ; si bien qu’au premier moment, j’hésitais à avancer mais la voix m’appelait encore plus fort.

 

Malgré tout je me mis à avancer avec plus de hardiesse. Lorsque je passai le seuil de la chapelle les Supérieures, les Soeurs, les élèves et même les parents commencèrent à me frapper avec ce qu’ils avaient en main, si bien que, bon gré mal gré, je dus vite monter à la place qui m’étais destinée sur l’autel.

Dès que j’eus occupé cette place, cette même foule, les élèves, les Soeurs, les Supérieures et les parents, tous commencèrent à tendre leurs mains en demandant des grâces. Et moi, loin de leur tenir rigueur de m’avoir jeté toutes sortes de projectiles, c’est étonnant comme je me suis mise à aimer justement tous ces gens qui m’avaient forcés à monter plus vite à la place qui m’était destinée. Alors mon âme fut inondée d’un bonheur inconcevable, et j’entendis « : Fais ce que tu veux, distribue les grâces comme tu veux, à qui tu veux et quand tu veux ! » Et la vision disparut.

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  1. Une fois j’entendis ces mots ; « Vas chez la Supérieure et demande-lui la permission de faire une heure d’adoration chaque jour pendant 9 jours. Pendant cette adoration tâche d’unir ta prière à celle de Ma Mère. Prie de tout coeur en union avec Marie. Tâche aussi pendant ce temps de faire le chemin de la croix. » J’obtins la permission, mais pas pour une heure entière, seulement pour le temps qui me resterait une fois mes devoirs accomplis. Je devais faire cette neuvaine à l’intention de ma Patrie.

 

  1. Le Septième jour de la neuvaine, je vis la Très Sainte Vierge vêtue d’une robe claire, entre ciel et terre. Elle priait les mains jointes sur la poitrine, les yeux levés au ciel. De son coeur sortait des rayons de feu dont les uns se dirigeaient vers le ciel, les autres recouvraient notre terre. Je mis mon confesseur au courant de certaines de ces manifestations. Il me dit que cela pouvait vraiment venir de Dieu, mais que cela pouvait n’être également qu’une illusion. Et comme je changeais souvent de confesseur, je n’en avais donc pas un de permanent.
  1. Et de plus, j’avais d’incroyables difficultés à parler de ce que je vivais. Je priais ardemment que Dieu me fasse la grande grâce de me donner un directeur spirituel. Mais, cette grâce, je ne l’obtins qu’après mes voeux perpétuels, lorsque je vins à Wilno. Il s’agit de l’abbé Sopocko. Dieu me donna d’en avoir d’abord une vision intérieure, avant même d’arriver à Wilno.

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  1. Si j’avais eu un directeur de conscience depuis le début, je n’aurais pas gaspillé tant de grâces divines. Un confesseur peut beaucoup aider les âmes, comme il peut aussi leur causer beaucoup de difficultés. Oh ! Comme les confesseurs devraient être attentifs à l’action de la grâce divine dans l’âme de leurs pénitents, c’est tellement important. D’après les grâces reçues par l’âme, on peut savoir son degré d’intimité avec Dieu.
  1. Une fois je fus appelée au jugement de Dieu. Je comparus, devant le Seigneur seule à seul. Je vis Jésus tel qu’il était durant sa passion. Après un moment Ses Plaies disparurent. Il n’en resta que cinq, celles des Mains, des Pieds et du Côté. Aussitôt je vis exactement l’état de mon âme avec le regard de Dieu. Je vis clairement tout ce qui déplaît. J’ignorais qu’on doive rendre compte même de ses menues souillures. Qui décrira un tel moment où l’on se tient devant le Dieu trois fois Saint ? Jésus me demanda : « Qui es-tu ? » Je répondis « Votre servante Seigneur. »Tu es redevable d’un jour au feu du Purgatoire. » Je voulus tout de suite me jeter dans les flammes, mais Jésus me retint, disant : »

 

Préfères-tu souffrir maintenant un jour au Purgatoire ou pendant un court espace de temps sur la terre ? » Je répondis : « Jésus, je veux souffrir au Purgatoire et je veux aussi souffrir sur terre les plus grands tourments, fût-ce jusqu’à la fin du monde. » Jésus reprit : « Un jour suffira, tu descendras sur la terre où tu vas souffrir intensément mais pour peu de temps.

Tu accompliras ainsi Ma volonté et Mon souhait. Mon fidèle serviteur te viendra en aide. Maintenant pose la tête sur Ma poitrine, sur Mon Coeur et puise en lui des forces et de la vigueur pour supporter toutes les souffrances ; car ailleurs tu ne trouveras ni soulagement, ni aide, ni consolation. Sache que tu devras beaucoup, beaucoup souffrir, mais que cela ne t’effraye pas, Je suis avec toi.

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  1. Peu après je tombai malade. Les malaises physiques étaient pour moi une école de patience. Seul Jésus sait combien d’efforts j’ai pu m’imposer pour accomplir mon devoir.
  1. Voulant purifier l’âme, Jésus emploie les outils qu’Il veut. Mon âme éprouvait un délaissement complet de la part des créatures. Parfois la plus pure intention était mal interprétée par les Soeurs. Cette souffrance était très douloureuse, mais permise par Dieu, elle doit être acceptée, car de cette manière nous devenons semblables à Jésus.

Pendant longtemps, je ne pouvais comprendre une chose : c’est que Jésus m’avait ordonné de tout dire à mes Supérieures qui ne me croyaient pas ; elles me témoignaient de la pitié, comme si j’étais dans l’illusion ou bien sous l’influence de mon imagination.

Aussi, je pris la résolution d’éviter intérieurement Dieu par crainte des illusions.

Mais la grâce divine me poursuivait à chaque pas et lorsque je m’y attendais le moins, Dieu me parlait.

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  1. Un jour Jésus me dit qu’Il enverrait un châtiment sur la plus belle ville de notre patrie. Cette punition devait être celle subie par Sodome et Gomorrhe. J’ai vu la grande colère de Dieu et un frisson d’angoisse me traversa le coeur. Je priai en silence et bientôt Jésus me dit : « Mon enfant, unis-toi étroitement à Moi pendant le Saint Sacrifice et offre à mon Père Mon Sang et Mes Plaies, pour obtenir le pardon des péchés de cette ville. Renouvelle ceci sans interruption pendant toute la Sainte Messe. Fais cela pendant sept jours. » Le septième jour, Jésus m’apparut dans une nuée lumineuse et je lui demandai de jeter un regard sur cette ville et sur notre pays tout entier Il le fit de bonne grâce. Sa bienveillance m’encouragea à le supplier de le bénir.

 

Alors Jésus dit : « Pour toi, Je bénis le pays tout entier. » Et il fit de la main un grand signe de croix sur notre Patrie. Cette bonté de Dieu inonda mon âme d’une grande joie.

  1. L’année 1929. Pendant la Sainte Messe, je sentis une fois d’une manière plus particulaire la proximité de Dieu, malgré mon opposition intérieure et ma fuite. Je fuyais Dieu souvent, car je craignais d’être la victime du démon comme on m’avait dit plus d’une fois que je l’étais. Cette incertitude se prolongea un certain temps.

 

Un jour de renouvellement des voeux pendant la Sainte Messe, alors que nous venions de quitter nos prie-Dieu et commencions à réciter la formule des voeux, soudain Jésus parut à côté de moi, portant une tunique blanche et une ceinture d’or.

Il me dit : « Je t’accorde un amour perpétuel pour que ta pureté soit sans tache; et tu n’éprouveras plus de tentations contre la pureté. En voici le gage ». Jésus ôta alors Sa ceinture d’or et m’en ceignit.

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A partir de cet instant je ne ressentis plus aucune tentation contre cette vertu ni dans mon coeur ni dans mon esprit. Je compris plus tard que c’est l’une des plus grandes grâces que m’avait obtenue la Très Sainte Vierge Marie, car je la lui avais demandée pendant de nombreuses années. Depuis lors, j’ai une plus grande dévotion envers la Sainte Vierge. C’est elle qui m’a appris à aimer Dieu intérieurement et m’a montré comment accomplir en tout Sa Sainte Volonté. « Marie, vous êtes la joie, car, par Vous, Dieu descendit sur la terre et dans mon coeur.

  1. Une certaine fois, je vis un serviteur de Dieu en danger de péché mortel. J’ai prié Dieu qu’il fasse descendre sur moi tous les tourments de l’enfer, toutes les douleurs qu’Il voudrait pour libérer ce prêtre et l’arracher à cette grande tentation. Je fus exaucée et au même moment je sentis sur ma tête la couronne d’épine dont les piquants pénétraient jusqu’à mon cerveau. Cela dura trois heures. Le serviteur de Dieu fut libéré et son âme fortifiée par une grâce particulière.

 

  1. Une fois, le jour de Noël, je sentis la présence et la Toute Puissance de Dieu m’envelopper. Et de nouveau j’évitai la rencontre intérieure avec le Seigneur. Je demandai à la Mère Supérieure la permission d’aller à « Jozefinek » rendre visite aux Soeurs. Elle nous l’accorda et, tout de suite après dîner, nous commençâmes à nous préparer. Les Soeurs m’attendaient déjà à la porte. Je courus à ma cellule pour prendre ma pèlerine ; en revenant, alors que je passais près de la petite chapelle, je vis Jésus sur le seuil, qui me dit : « Vas-y, mais Moi je prends ton coeur ».

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A l’instant, je sentis que je n’avais plus de coeur dans ma poitrine.

Mais les Soeurs m’appelaient, se demandant pourquoi je n’arrivais pas plus vite, car il se faisait tard. Si bien que je les rejoignis aussitôt. Mais j’étais tourmentée par le mécontentement. Une sorte de langueur envahit mon âme. Personne, hormis Dieu ne savait ce qui s’était passé dans mon âme.

 

Après quelques moments passés à « Josefinek », je dis aux Soeurs : « Rentrons à la maison. » Elles souhaitaient se reposer encore un peu, mais mon esprit ne pouvait s’apaiser. J’expliquais que nous devions revenir, avant qu’il ne fasse nuit, car nous avions un bon bout de chemin à faire. Nous sommes donc revenues tout de suite à la maison. Lorsque la Mère Supérieure nous rencontra dans le corridor, elle me demanda : « Est-ce que les Soeurs ne sont pas encore parties ou sont-elles déjà de retour. J’ai répondu que nous étions déjà revenues, car je ne voulais pas rentrer le soir. J’ai ôté ma pèlerine et aussitôt, je suis allée à la petite chapelle. A peine étais-je rentrée que Jésus me dit : « Vas chez la Mère Supérieure et dis-lui que tu es rentrée, non pas pour être à la maison avant le soir, mais parce que j’ai pris ton coeur. »

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Bien que cela m’en coûtât beaucoup, je suis allée chez la Supérieure et je lui ai dit avec sincérité la raison pour laquelle j’étais revenue si tôt. Et j’ai demandé pardon au Seigneur pour tout ce qui avait pu Lui déplaire. A cet instant Jésus inonda mon âme d’une grande joie. Je compris qu’il n’y a de contentement nulle part en dehors de Dieu.

 

  1. Une certaine fois, je vis deux Soeurs qui entraient en enfer. Une douleur indicible étreignit mon âme, j’intercédais pour elles auprès de Dieu et Jésus me dit ; « Va chez la supérieure et dis-lui que ces deux Soeurs ont l’occasion de commettre un péché grave ». Ce que je fis le lendemain. Aujourd’hui une de ces Soeurs vit dans une grande ferveur, l’autre mène un grand combat.

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  1. Un jour, Jésus me dit : « Je quitterai cette maison Car il y a ici des choses qui ne me plaisent pas. » Et l’Hostie sortit du tabernacle et se posa sur mes mains. Et moi, avec joie, je la remis dans le tabernacle. Ceci se répéta une seconde et même une troisième fois. Alors l’Hostie se transfigura, laissant apparaître Jésus vivant qui me dit : « Je ne resterai plus ici. » Aussitôt dans mon âme se réveilla un grand amour pour Jésus. Je répondisEt moi, je ne vous laisserai pas quitter cette maison. » Et Jésus disparut, et l’Hostie revint sur mes mains. Après l’avoir remise dans le Ciboire, j’ai fermé le tabernacle. Et Jésus est resté avec nous. Pendant trois jours, je tachai de faire une adoration expiatoire.

 

  1. Une fois Jésus me dit : « Dis à la Mère Générale que dans cette maison…se commet telle chose … Qui ne Me plaît pas et M’offense beaucoup. ». Je ne l’ai pas dit tout de suite à la Mère, mais le trouble que le Seigneur me fit sentir ne me permit point de différer plus longtemps. J’écrivis à la Mère Générale et la paix rentra dans mon âme.

 

  1. J’éprouvai souvent, mais d’une manière invisible, la Passion du Seigneur Jésus dans mon corps. Je m’en réjouissais puisque Jésus le voulait. Cela durait peu de temps. Les douleurs enflammaient mon âme du feu de l’amour de Dieu et des âmes immortelles. L’amour endure tout, l’amour n’a peur de rien, l’amour survivra à la mort.

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  1. Un soir, dans ma cellule, je vis Jésus vêtu d’une tunique blanche, une main levée pour bénir, la seconde touchait son vêtement sur la poitrine. De la tunique entr’ouverte sortaient deux grands rayons, l’un rouge, l’autre pâle. Je fixais le Seigneur en silence, l’âme saisie de crainte, mais aussi d’une grande joie. Après un moment, Jésus me dit ; « Peins un tableau de ce que tu vois, de ce que tu vois avec l’inscription « Jésus, j’ai confiance en vous ! » Je désire qu’on honore cette image, d’abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier.

 

  1. Je promets que l’âme qui honorera cette image, ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici-bas, et, spécialement à l’heure de la mort. Moi-même je la défendrai comme Ma propre gloire. »

 

  1. Lorsque j’en informai mon confesseur, il me répondit : « Oui, cela te concerne, peins l’image de Dieu dans ton âme. » Lorsque je sortis du confessionnal, j’entendis de nouveau ces paroles : « Mon image est en toi .Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques : ce dimanche doit être la Fête de la Miséricorde.

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  1. Je désire que les prêtres proclament Ma grande miséricorde envers les âmes pécheresses. Quelles n’aient pas peur de s’approcher de Moi. Les flammes de la miséricorde Me brûlent. Je veux les répandre sur les âmes. »

Jésus se plaignit ainsi: « La méfiance des âmes Me déchire le Coeur, mais la méfiance d’une âme choisie Me fait encore plus mal. Malgré la Miséricorde dont Je l’inonde, elle se méfie de Moi. Même Ma Mort ne lui suffit pas. Malheur à qui en abuse».

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Tiré du Petit Journal de Sainte Faustine – Héléna Kolwaska

 

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