Chronique de Guy Parent *La suite de »Le chemin menant à Marie Co-Rédemptrice »…*Comment la Sainte Vierge le mérite-t-elle ?


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Elle a voulu notre bonheur, comme si Ève la première femme avait voulu notre malheur. Dans cette volonté entrait sa décision d’affronter tout avec encore plus d’audace que notre première mère n’avait accueilli l’offre du serpent.

Ainsi que la première désobéissance de la femme, la race humaine s’était engagée dans le péché, ainsi c’est au nom du genre humain tout entier que Marie consent à la venue du Messie, à la réparation du crime d’Ève, au relèvement de notre nature, et aux grandes douleurs que son acquiescement comporte.[1]

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Mais, est-ce qu’entre sa tâche et notre délivrance il y a une égalité telle que cela signifie mérite, salaire, rétribution, justice ? Oui et non. Oui, si l’on songe que Dieu récompense ainsi les œuvres de sa Mère ; non, si l’on se rappelle que Dieu agit de la sorte par pure bonté et qu’en attachant une efficacité rédemptrice au rôle de sa Mère, ce sont ses dons à lui qu’il couronne.

Jésus seul, parce que Dieu, pouvant payer tout le prix de notre rachat, Jésus seul, selon une mesure absolument égale et même surabondante, nous mérite en stricte justice toutes les grâces du Salut.

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 Seules ses actions atteignent le degré auquel le péché s’élève et seules elles peuvent en effacer les tâches et en expier les peines, remplacer cette laideur et cette mort par la beauté de la vie divine. Ce sont les actions de Jésus qui ont épargné à Marie les suites de la chute et qui ont enrichi de grâces notre médiatrice. C’est pourquoi celle-ci ne peut jouir d’un droit rigoureux aux dons qu’elle nous acquiert.

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Son mérite s’appuie sur un droit d’amitié, sur une convenance de l’amitié qu’on nomme la liberté. Dieu aime sa Mère généreuse : à cause de cela, il lui donne de compter pour quelque chose dans l’acquisition de la vie surnaturelle sortie de l’éternité. Même, il la respecte. C’est pour cela qu’il la comble pour nous. Il contemple en elle une dignité proche de la sienne, un portrait éclatant de son Fils bien aimé en qui il met ses complaisances, une ravissante image de la pure beauté de l’âme.

C’est donc par un mérite de convenance et d’affection et non par un mérite réel aussi étendu que celui de Jésus, que Marie nous conquiert le bonheur éternel.

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De la même manière, elle satisfait pour nos péchés, elle les expie tous, elle calme la colère divine sur nos méchancetés. Marie, en union avec son Fils, a enduré une passion, a mené une vie où les souffrances étaient d’une cruauté incomparable, suffisante pour que fussent réparés tous les crimes du monde au cours des siècles.

 

Son pouvoir de satisfaction fit d’elle la réparatrice du genre humain.

 

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En plus du mérite et de la satisfaction qui en découle, la collaboration de Marie à l’œuvre de notre rédemption renferme la prière.

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Après tout ce qu’elle a fait, après tout l’héritage qu’elle a concouru à nous gagner, il convient que Marie intercède pour que les trésors acquis nous soient distribués.

Ses œuvres justifient son intercession.

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De plus, ayant jusqu’ici coopéré avec son Fils dans l’accumulation des grâces, elle coopère maintenant dans la communication de ces mêmes grâces. Et comme Jésus – à part les sacrements, où son humanité s’agite – remplit cette fonction au moyen de la prière où son humanité supplie, ainsi la Sainte Vierge prie Dieu d’accorder ses dons à nos âmes et de nous disposer à recevoir les sacrements.

Cela, c’est l’ordre établi : la grâce descend par trois degrés : de Dieu à Jésus. De Jésus à Marie et de Marie à nous.

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 On sait comment Dieu envoya au précurseur la grâce de la vocation, comment il affermit les Apôtres dans la foi à Cana, comment, en la personne du disciple de Jean, il les confirma, et nous avec eux, dans la grâce de l’adoption, comment il symbolisa lors du mystère de la Pentecôte le plan de ses divines opérations pour toute la suite des siècles.

C’est à la prière de la Sainte Vierge qu’il agit par son Fils, ou l’envoyé de son Fils, le Paraclet.

Mais, est-ce que tous les biens que Dieu destine à l’humanité doivent passer par la prière et les mains de Marie ? Oui. Et ceux qu’on lui demande directement, et ceux qu’on sollicite auprès d’un autre saint, lequel s’adresse naturellement à sa Reine, et ceux qui sont conférés sans aucune prière comme tant de prévenances imprévues : tous les biens, toutes les faveurs tombent sous l’influence de la médiation de Marie.

 

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[1] E. Hugon, O.P., La Mère de grâce, Paris 1904, p.218; saint Thomas, Somme théol., III, q. 30, a.l.


Comment cela se peut-il, puisqu’il faut que Marie, à cette fin, connaisse tous nos besoins, tous nos intérêts et tous nos désirs ?

À suivre dans la prochaine chronique…


Vivre la fraternité humaine

Guy Parent

Son site: www.elevationdelaconscience.com


 

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