Extrait-Lettre de liaison Fatima n°43 (14 janvier 2017)*Demande au Saint-Père*


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Chers amis,

La dernière lettre de liaison proposait un programme pour que l’année du centenaire voie à la fois le développement de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et le redressement de la situation de plus en plus catastrophique, notamment sur le plan moral, dans laquelle nous nous trouvons (voir précédente lettre de liaison). Mais comment croire que des actions si simples puissent opérer un tel redressement ?

L’Évangile de ce dimanche (dans le rit extraordinaire) nous apporte la réponse. Il relate le premier miracle fait par Jésus, et montre qu’avant le miracle proprement dit, il nous faut accomplir divers actes qui, dans le cas présent, ont été accomplis par Notre-Dame. Le premier de ces actes est une demande. « Ils n’ont plus de vin ». Le second est un acte de foi : « Faites tout ce qu’Il vous dira » Nous avons là un acte de foi d’une perfection sublime. Car Jésus venait de dire à sa mère : « Femme, qu’y a-t-il entre vous et moi ? Mon heure n’est pas encore venue ».

Mais Marie a la Foi. De plus, elle connaît comme personne d’autre son Jésus. Aussi, n’hésite-t-elle pas à dire aux serviteurs : « Faites tout ce qu’Il vous dira ». Le troisième acte est une action concrète en apparence peu utile pour l’objectif recherché. Jésus demande : « Remplissez d’eau ces jarres ». Les serviteurs ont dû se demander ce qui se passait dans la tête de celui qui leur donnait cet ordre. Car à quoi peut servir de remplir d’eau des jarres quand on cherche du vin ?

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Et la plupart des miracles de Notre-Seigneur se sont déroulés selon un schéma analogue, notamment la résurrection de Lazare.

Avant que Dieu intervienne, nous avons donc trois choses à faire : demander une grâce, affirmer notre foi en la puissance divine et accomplir l’action demandée par le Ciel quand bien même elle semblerait sans rapport avec l’objectif recherché. C’est ce que la devise des bénédictins résume parfaitement en unissant sous un même terme la demande et l’acte de Foi : Ora et labora. Si nous voulons redresser la situation actuelle, nous devons donc prier et agir.

(….) Mais la prière ne suffit pas. Nous devons aussi agir au niveau temporel, même si ce que nous pouvons faire semble avoir peu de chances d’aboutir. Dieu agit avec des riens, mais pas avec rien ! Il veut que nous fassions un minimum. À Cana, Jésus aurait fort bien pu directement remplir de vin les jarres sans demander à les remplir d’eau au préalable. Le miracle ne Lui aurait pas coûté davantage. De même, Il aurait pu ressusciter Lazare même si la pierre était restée devant l’ouverture du tombeau.

Il s’est bien ressuscité Lui-même alors que personne n’avait roulé la pierre de son tombeau auparavant. Mais ces demandes préalables ont pour but de nous permettre de montrer concrètement notre foi. Si nous voulons que Dieu intervienne et redresse la situation, il nous faut agir sur les deux plans : spirituel et temporel.


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Cette indispensable union entre la prière et l’action a été remarquablement illustrée par Charles Péguy :

De tous les mauvais usages que l’on peut faire de la prière et des sacrements, aucun n’est aussi odieux que cet abus de paresse qui consiste à ne pas travailler et à ne pas agir et ensuite, et pendant et avant, à faire intervenir la prière pour combler le manque…

Demander la victoire et n’avoir pas envie de se battre, je trouve que c’est mal élevé.
Les croisés, entre tous autres saint Louis, qui faisaient une guerre sainte, qui se battaient littéralement pour le corps de Dieu, pour le temporel de Dieu, puisqu’ils se battaient pour le recouvrement du tombeau de Jésus-Christ, ne s’y fiaient pourtant pas. Ils ne priaient pas comme des oies, qui attendent la pâtée.

Ils priaient, mieux que nous, et ensuite, et si je puis dire en exécution de leur prière, et presque déjà en couronnement de leur prière, ils se battaient, eux-mêmes, tant qu’ils pouvaient, de tout leur corps, et eux-mêmes de tout leur temporel. Car dans le temporel et pour la conquête du temporel, il faut aussi engager le temporel. (…)

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Pareillement Jeanne d’Arc qui assurément ne fit pas la guerre sainte mais qui certainement avait pensé à la guerre sainte, à une continuation et au couronnement de la croisade, et qui fit non seulement une guerre sacrée mais une guerre de vocation, et de vocation propre, une guerre à elle personnellement et formellement commandée. Et pourtant ces gens-là priaient mieux que nous. Mais quand ils avaient prié, ils bouclaient leur ceinturon, pour le couronnement même de leur prière et aussi obéissant ainsi à la loi de travail.

Lire la lettre au complet ICI

Yves de Lassus
            Cap Fatima 2017


 

 

 

 

 

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