*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (5)


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34e Apparition

 Césaire nous apprend, par un mémorable exemple, combien les conversations dans le lieu saint déplaisent à Dieu. Dans un monastère de Citeaux, appelé Saint Sauveur, deux jeunes filles allèrent se consacrer à Dieu. On les avait placées, au choeur, l’une à côté de l’autre. La première, Gertrude, quoique très pieuse, avait le défaut du bavardage, et rompait souvent le silence : ce qui lui attira un sévère châtiment après sa mort. Une maladie l’emporta à la fleur de l’âge. On l’avait enterrée au fond de l’église.

Or, un soir, que les religieuses étaient réunies dans cette église, la voilà qui apparaît devant l’autel, y fait la génuflexion accoutumée, et va s’asseoir à côté de Marguerite, sa compagne d’entrée en religion et de bavardage, sans être vue d’aucune autre religieuse.

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Marguerite, à cette vue, est saisie de frayeur, devient pâle, tremblante, prête à défaillir. On s’empresse autour d’elle, on s’informe du mal qu’elle éprouve, on lui prodigue mille soins. Alors, elle commence à raconter ce qui lui est arrivé.

La défunte, ajoute-t-elle, aussitôt après l’office des vêpres, s’était levée, avait fait une grande inclination jusqu’à terre et avait disparu. La supérieure, craignant que tout cela ne fût que le jeu d’une imagination troublée ou quelque illusion du démon, lui dit : “ Si Gertrude vous apparaît encore, vous lui direz :

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Benedicite, à quoi elle répondra sans doute, suivant notre usage, Dominus. Vous lui demanderez alors d’où elle vient et ce qu’elle veut.” Le jour suivant, à la même heure, nouvelle apparition. Marguerite la salue:Benedicite\Dominus ! répond le fantôme. — Ma chère sœur Gertrude, poursuivit Marguerite, d’où venez-vous et que voulez-vous ? — Je viens, dit-elle, satisfaire à la Justice divine dans le même lieu où j’ai péché avec toi, lorsque j’ai tant de fois rompu le silence et te l’ai fait rompre, pour des choses inutiles, pendant les saintes cérémonies.

Le souverain Juge veut que je m’acquitte envers sa justice à l’endroit et dans les mêmes circonstances où je l’ai offensée. Oh ! Si tu savais combien je souffre ! Je suis tout environnée de flammes : ma langue surtout en est consumée, sans que je trouve le moindre soulagement. Profite de mon exemple : mets un frein à tes paroles ; oublie que je t’ai donné ce scandale et n’y entraîne personne, parce qu’un supplice pareil au mien te serait réservé.”

Elle disparut. Plusieurs fois encore, elle vint demander les prières des religieuses, jusqu’à ce que, délivrée par leurs suffrages, elle dit à son amie un tendre adieu et se dirigea vers le tombeau, où on l’avait ensevelie ; elle en souleva la pierre et s’y coucha pour toujours. Ces différentes émotions agirent si fortement sur Marguerite, qu’elle tomba dans une grande maladie et ne tarda pas à être à l’extrémité.

On la crut même morte. Mais ce n’était qu’une sorte d’extase, durant laquelle il lui fut révélé des choses admirables de l’autre vie. Elle les raconta à ses sœurs étonnées et les exhorta à marcher de plus en plus dans la voie courageuse de la mortification des sens.

De son côté, elle devint scrupuleusement fidèle à la règle du silence, ayant toujours présent à l’esprit le châtiment de sa soeur Gertrude. Veillons donc nous-mêmes sur notre langue, puisqu’elle peut être enflammée du feu de l’enfer. Celui qui ne pèche pas par sa langue est parfait, dit le Saint-Esprit. Ayons beaucoup de respect pour le lieu saint. N’y commettons jamais aucune dissipation, si nous ne voulons pas aller souffrir longtemps et cruellement en purgatoire.

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35e APPARITION

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Sainte Brigitte nous apprend, dans ses révélations, que la très sainte Vierge lui dit qu’elle était la mère de ceux qui souffrent en purgatoire, et que ses prières adoucissaient leurs souffrances. Si les saints peuvent soulager ces âmes, à plus forte raison, Marie, leur Reine, le peut-elle beaucoup mieux qu’eux. Saint Pierre Damien rapporte l’apparition d’une âme sortie du purgatoire, qui assurait que, à la fête de l’Assomption de la Mère de Dieu, il avait été délivré plus d’âmes du purgatoire qu’il y avait d’habitants à Rome.

Il raconte aussi ce que vit un prêtre, dans la basilique de Sainte-Cécile. Il sembla à ce prêtre qu’il était tiré de son sommeil, par un ami défunt, et conduit dans cette église. Là, il aperçut une troupe de saintes, qui se groupèrent autour d’un trône sur lequel la très sainte Vierge était assise, entourée d’anges et de bienheureux. Marie avait un visage majestueux, qui faisait la joie de cette sainte assemblée. Alors, parut une pauvre petite femme en habits négligés ; mais ayant sur les épaules de fort belles fourrures. Elle se jeta aux pieds de la céleste Reine, les yeux pleins de larmes et lui dit, en soupirant :

** Mère des miséricordes, je vous prie d’avoir pitié du malheureux Jean Patrizzi, qui vient de mourir, et qui souffre cruellement dans le purgatoire.” Trois fois elle répéta la même prière, sans recevoir aucune réponse.

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Enfin, elle éleva la voix et ajouta : “Vous savez bien, ô très miséricordieuse Reine, que je suis cette pauvre mendiante qui demandait l’aumône à la porte de votre grande basilique, en hiver et sans autre vêtement qu’un haillon. C’est alors que Jean, imploré par moi en votre nom, ôta de sur ses épaules cette précieuse fourrure et la mit sur les miennes.

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Une si grande charité ne mérite-telle pas quelque récompense ? ” La Reine du ciel porta ses regards sur cette pauvre femme, et lui dit : “ L’homme pour lequel tu pries est condamné pour longtemps à de cruelles souffrances, à cause de ses nombreux et graves péchés. Mais, comme il a eu deux belles vertus: la bonté envers les pauvres et la dévotion envers moi, je veux user de miséricorde envers lui.” Marie ordonna d’amener Patrizzi au milieu de l’assemblée ; aussitôt, il y fut traîné par une troupe de démons.

Il était pâle, défiguré, chargé de chaînes, qui lui déchiraient les membres. La très sainte Vierge ordonna aux démons de le délier et de le mettre en liberté.

Quand cet ordre eut été exécuté, tout disparut, et l’église resta dans son silence ordinaire. Le bon prêtre, qui avait vu ce prodige, ne cessa plus de prêcher partout la bonté de Marie envers les âmes du purgatoire.

Soyons donc, nous aussi, charitables envers les pauvres, puisque tout le bien que nous leur faisons est si bien récompensé en cette vie et en l’autre.

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36e APPARITION

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 La Sainte-Écriture nous dit que ceux qui secourent les pauvres seront délivrés par Dieu, aux jours mauvais. L’Église, dans l’office des Morts, applique ces paroles à ceux qui soulagent les âmes du purgatoire.

Voici un trait qui montre la reconnaissance des défunts envers ceux qui les aident. Guillaume Freyssen, fameux libraire de Pologne, écrivait cette lettre au père Jacques de Montfort, s. j: “ Je vous écris pour vous faire part de la double et miraculeuse guérison de mon fils et de ma femme. Je lisais votre livre, touchant le zèle envers les âmes du purgatoire, lorsqu’on vint me dire qu’une maladie grave réduisait mon fils à l’agonie.

Les médecins en désespéraient et déjà, on faisait les préparatifs des funérailles. La pensée me vint que je pourrais peut-être le sauver, par un voeu en faveur des âmes du purgatoire. Dès le matin, je me rends à l’église et promets de distribuer gratuitement cent exemplaires de votre livre, qui apprend à soulager les défunts, si mon enfant guérit.

Je rentrai à la maison et trouvai mon enfant en meilleur état ; il demandait déjà de la nourriture, bien que, depuis plusieurs jours, il ne pouvait pas même avaler une goutte d’eau. Le lendemain, il était parfaitement guéri. Pénétré de reconnaissance, je distribuai les cent volumes promis.

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Trois semaines après, ma femme fut surprise d’un tremblement de tous ses membres. Bientôt elle perdit la parole et on jugea qu’elle ne tarderait pas à mourir. Alors, je retournai à la même église et fis le voeu, cette fois, de distribuer deux cents exemplaires du même livre, afin de répandre, par lui, la dévotion aux âmes du purgatoire en plus de personnes.

Après cet acte de piété, comme je retournais à la maison, je vis accourir au-devant de moi, mon domestique : il m’annonça que la malade était mieux, que le délire avait disparu et qu’elle parlait librement.

Très peu de temps après, elle était si bien guérie, qu’elle vint remercier le bon Dieu avec moi, à l’église. Je distribuai aussitôt les livres que j’avais promis. Vous pouvez croire entièrement à ce récit, que je signe devant Dieu. Aidez-moi, je vous prie, à remercier le Seigneur de cette double et grande faveur.” Recourons donc à Dieu, dans nos nécessités, en promettant quelque chose d’utile aux âmes du purgatoire, et nous serons sans doute secourus efficacement par ces saintes âmes.

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37e et 38e Apparitions

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 Saint Jérôme réprouve le vain luxe de ceux qui veulent la pompe des funérailles. Pourquoi cette vanité au milieu du deuil ? Hélas ! Souvent on pense plus à ces orgueilleuses splendeurs qu’à prier et à faire d’autres bonnes oeuvres pour le soulagement du défunt. Une communion, une prière, une aumône serait bien plus charitable, bien plus utile. Un grand seigneur de Venise, Italie, envoya une somme importante, en écus d’or, au P. Paul Monterfano, théatin, afin qu’il fît célébrer un service pour les ancêtres de sa famille. Le religieux fit la chose fort convenablement.

Il paraît qu’elle ne fut pas faite avec assez de vaines pompes, au goût du seigneur ; car il envoya au religieux un messager se plaindre de la trop grande simplicité de ce service. Le Père vit bien qu’il avait affaire à un homme plus orgueilleux que touché des vérités de la foi, et il chercha comment il pourrait l’amener à des sentiments plus dignes de la piété.

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Plein de son idée, il conduit le messager dans une chambre voisine, prend la somme d’or qu’il avait reçue de son maître et la dépose sur l’un des plateaux d’une balance, puis il écrit le De Profundis sur un petit papier et il met ce papier sur l’autre plateau.

O merveille! C’est le plateau de l’or qui se lève. Deux fois on tenta l’épreuve, deux fois elle donna le même résultat. L’envoyé, saisi de crainte, fait le signe de la croix et court raconté cela à son maître, qui ne fut pas moins surpris.

Dès ce moment, il bénit la Providence de lui avoir ainsi fait connaître que la moindre prière valait mieux que tous les trésors du monde.

En souvenir de ce miracle, il le fit reproduire sur un magnifique tableau. Toutefois, il ne faudrait pas conclure de ce fait, que la moindre prière suffit pour tirer une âme du purgatoire. Les prières sont bien supérieures à l’or, puisque l’or n’est rien devant Dieu.

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Ursule Benincasa, religieuse théatine, s’imposait de terribles souffrances pour le soulagement des défunts. Sa soeur Christine étant à l’agonie, Ursule s’apitoyait sur elle, à la pensée de ce qu’elle souffrirait sans doute au purgatoire. Elle conjura donc Notre-Seigneur de lui imposer à elle-même, les souffrances qui attendaient sa soeur en purgatoire.

Sa prière fut exaucée. Dès la mort de cette soeur, elle la vit monter au ciel ; mais elle fut aussitôt accablée d’horribles douleurs, qui ne la quittèrent qu’à sa mort. Les prières, souffrances, aumônes, bonnes œuvres valent beaucoup pour le soulagement des défunts ; mais les messes surpassent infiniment tout cela. Faisons-en dire : voilà la meilleure aumône.

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39e APPARITION

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 Le Seigneur, pour instruire les hommes sur les souffrances qui les attendent au purgatoire, a permis bien des révélations. Profitons-en. Au diocèse de Nocéra, dans le royaume de Naples, était mort un enfant de onze ans, nommé Biagio. Durant ses funérailles, en présence de tout le monde, il agita ses bras et tout son corps, en poussant de forts et douloureux gémissements, puis il retomba dans son insensibilité de cadavre.

On se jette à genoux, d’autres lui font respirer des sels, le frictionnent, le secouent, croyant qu’il n’est qu’évanoui; en effet, il s’agite de nouveau et respire encore. On fit venir des médecins, pour mieux essayer de rendre cet enfant à la vie.

Tout fut inutile. Le cinquième jour, ses parents prièrent S.Bernardin de Sienne de le ramener à la vie. Biagio, semblant sortir d’un profond sommeil, ouvrit les yeux et se mit à leur raconter les secrets de l’autre vie.

Il demeura immobile, comme un mort, durant quatorze jours, n’ayant de libre que la langue, pour instruire les assistants.

Il raconta qu’il avait véritablement rendu le dernier soupir ; qu’au moment de sa mort, S. Bernardin l’avait appelé à lui, lui avait recommandé de ne rien oublier de tout ce qu’il verrait, afin d’en faire le récit plus tard.

Alors, rapide comme l’éclair, il l’avait transporté en enfer, où il avait vu une troupe innombrable de damnés, parmi lesquels il y en avait de sa connaissance ; le saint lui en montrait d’autres qui expiaient leur orgueil, leur avarice, leur ivrognerie, leurs duretés, leurs habitudes impures, etc… Pendant qu’il contemplait avec horreur cet épouvantable spectacle, il vit une armée de démons entraîner violemment un damné. L’enfant reconnut que c’était un fameux usurier de sa ville, qui venait de mourir. Il fut précipité dans un brasier ardent.

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Le fils de cet usurier, qui écoutait ce récit, se hâta de donner aux pauvres tout l’argent si mal acquis de son père, et de se retirer dans un couvent, afin de se préparer à la mort par la pénitence. L’horreur que ce spectacle de l’enfer causait à l’enfant était tel, que S. Bernardin dût l’en éloigner tout de suite, et il le conduisit en paradis, où il pouvait contempler les récompenses magnifiques assurées aux élus.

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Il vit la glorieuse armée des martyrs, le choeur des vierges, la troupe innombrable des anges, la Reine du ciel, environnée de tant de splendeurs, que rien ne pouvait lui être comparé, si ce n’est la gloire de son divin Fils, bien plus grande encore. Aucune expression humaine ne pouvait donner la moindre idée de la splendeur de l’auguste Trinité. Mais Biagio fut aussi conduit au purgatoire, et y vit les différents tourments infligés aux différentes fautes.

Il vit plusieurs de ses parents et amis, tourmentés selon les fautes qu’ils avaient commises. Ces âmes, l’apercevant, le conjurèrent de réclamer, pour elles, les secours de leurs proches, de tous ceux qui les avaient aimées, ajoutant que s’ils leur appliquaient les mérites des oeuvres que l’Église recommande, elles verraient plus tôt finir leurs affreux tourments, béniraient et protégeraient leurs bienfaiteurs.

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Le jeune enfant, après avoir vu tout cela, avait été rendu à la vie, juste au moment où sa famille avait imploré

  1. Bernardin pour lui. Il raconta tout avec tant de rectitude et de sûreté, qu’il fût parfaitement cru de tous ceux qui l’entendirent. Il apprit à chacun ce qu’il devait faire pour soulager ces défunts, si affligés dans le purgatoire.

Tous s’empressèrent de lui obéir, et le pays tout entier prit, de ce miracle, un nouveau motif de beaucoup soulager les morts.

Imitons ces gens comme si nous avions nous-mêmes entendu les récits de cet enfant, et les âmes du purgatoire en seront très heureuses, très reconnaissantes.

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40e et 41e Apparitions

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 Le grand évêque S. Grégoire le Thaumaturge, voulant éviter les persécutions de l’empereur Décius, s’était retiré sur une montagne. L’empereur ayant envoyé ses satellites pour le prendre, un traître les conduisit vers le saint, qui était en prière. Dieu le rendit invisible à ses ennemis, qui s’en retournèrent sans prisonnier. Le traître, frappé de ce miracle, se convertit.

Ce fut d’une faveur analogue que fût récompensé un fidèle du siècle dernier, qu’on ne nomme pas. Il joignait à sa dévotion à la divine Marie un zèle extraordinaire pour les âmes du purgatoire, pour lesquelles il ne manquait jamais de réciter chaque soir les litanies de la très sainte Vierge. Il avait plusieurs ennemis acharnés, qui voulaient le tuer.

Un soir que ce bon chrétien s’était endormi dans son lit, ces misérables entrèrent dans sa chambre. Ils voient ses vêtements près de son lit et prennent leur poignard.

Mais à leur grand désappointement, ils ne voient personne. Ils crurent qu’il était en quelque autre pièce de la maison. Ils fouillent partout et se retirent furieux de leur insuccès.

Dieu avait rendu son serviteur invisible, sans doute pour le récompenser de sa dévotion pour les défunts. Un autre soir, fatigué, il se mit en prière, mais, à peine avait-il récité la moitié de ses litanies, qu’il s’endormit.

Ses ennemis l’épiaient encore. Us s’élancent vers son lit. Ils ne voient que la moitié d’un cadavre, dont ils n’aperçoivent pas le reste. Ce spectacle leur faisant horreur, et craignant d’être accusés d’un meurtre qu’ils n’avaient point commis, ils s’éloignèrent à la hâte. Dieu  n’avait caché que la moitié de son serviteur, parce qu’il n’avait fait que la moitié de sa prière. Quand il fut réveillé et qu’il apprit ce qui s’était passé, il promit de faire sa prière tout entière à l’avenir.

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Le lendemain, ses ennemis le rencontrant sain et sauf, croyaient voir un fantôme et étaient épouvantés. Ils se réconcilièrent avec lui, racontèrent leurs deux tentatives d’assassinat, la manière dont elles avaient échoué et demandèrent l’explication de ces deux phénomènes.

Il attribua ces merveilles à la très sainte Vierge, et aux âmes du purgatoire qu’il avait soulagées. Ses anciens ennemis, admirant la reconnaissance des défunts, se mirent, eux aussi, à pratiquer une grande dévotion pour eux» Imitons-les et nous n’aurons jamais à le regretter.

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42e APPARITION

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 La charité doit porter tous les fidèles à prier pour les pauvres âmes du purgatoire ; mais surtout pour celles de nos parents, amis et bienfaiteurs. La reine Gude, épouse de Sanche, roi de Léon, nous en donna un bel exemple. Ce prince venait de triompher d’une révolte, et les rebelles étaient domptés ; mais leur chef, ne pouvant résister à la force, eut recours à la ruse. Il vint se jeter aux pieds du roi et demanda son pardon, qu’il obtint, puis prépara une horrible trahison : il présenta au monarque un fruit empoisonné.

A peine Sanche l’eut-il goûté, que se sentant mortellement atteint, il voulut retourner dans sa capitale; mais il mourut en chemin. Comment peindre la douleur de Gude ? Elle ne cessait de pleurer cette illustre victime d’une si lâche perfidie. Mais comme elle était bonne chrétienne, elle s’employa à prier et à faire prier pour son royal époux.

Le corps fut porté au monastère de Castille, où on célébra quantité de messes pour le défunt. La pieuse veuve ne voulut point s’éloigner des restes de son époux ; elle abdiqua sa dignité de reine et se fit religieuse dans ce couvent.

La nuit aussi bien que le jour, elle faisait monter au ciel les plus ardentes prières ; mais les samedis, jours consacrés à la Mère de Dieu, elle redoublait de piété, de pénitences, de jeûnes, afin de délivrer Sanche du purgatoire, s’il y était encore. Un samedi, qu’elle était agenouillée devant l’autel de Marie et priait avec ferveur, son époux lui apparut. Il était couvert d’habits de deuil et était deux fois ceinturé d’une chaîne de feu.

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Il pria Gude de continuer de prier et de faire pénitence pour lui. “ Ah ! lui dit-il, si vous pouviez voir mes cruels tourments, combien vous auriez encore plus de zèle à me soulager ! Secourez-moi, car les flammes me dévorent ”, Gude multiplia ses prières, ses jeûnes, ses souffrances. Elle fit faire les mêmes choses par beaucoup d’autres religieuses. Pendant quarante jours, elle pria et versa sans cesse des larmes, afin d’éteindre les feux qui dévoraient son mari.

De plus, elle fit dire un grand nombre de messes. Au bout de ces quarante jours, le roi lui apparut de nouveau, environné de gloire céleste, revêtu d’un manteau précieux, que Gude avait donné autrefois à une église, et que Dieu avait miraculeusement appliqué au salut et au triomphe de Sanche. “ Me voici, dit-il à Gude, d’un air heureux ; je suis libre ; je n’ai plus à souffrir.

Méditez les peines de l’autre vie, et plus encore la gloire du paradis, où je vais vous attendre, et où je serai votre protecteur. ” Gude tendit les bras vers lui, mais elle ne put le toucher ; seulement, elle saisit le précieux manteau, qui resta en ses mains, et elle le donna de nouveau à l’église du monastère de Saint-Etienne. Il en était en effet disparu.

Ce manteau fut conservé précieusement dans ce monastère ; l’abbé et les religieux en constatèrent l’authenticité et affirmèrent, avec serment, la véracité de cette histoire.

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43e APPARITION

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Théophile, empereur de Constantinople, l’un des plus fameux destructeurs de statues et de saintes images, s’était acharné à cette destruction, surtout par la persécution ; et, afin qu’on ne songea plus à en faire de nouvelles, il avait eu la cruauté de faire couper la main au pieux peintre Lazar.

Il est vrai que cette main s’était miraculeusement rattachée au poignet, à la vue de tout le peuple.

Ce fut un bonheur pour ce prince égaré d’avoir une sainte épouse, Théodora, dont les vertus, les prières, jeûnes et aumônes finirent par arracher au ciel la grâce de sa conversion. En effet, sur la fin de sa vie, la divine justice lui ayant envoyé de nombreux revers, des défaites désastreuses sur les champs de bataille, il se convertit, résolut de rétablir les images sacrées, auxquelles il avait tant fait la guerre.

Mais il n’eut pas le temps de le faire, ayant été surpris par la mort, après avoir montré les plus vifs sentiments de contrition. La pieuse Théodora s’appliqua avec la plus grande ferveur à soulager cette âme par ses prières et surtout par celles de beaucoup de prêtres, à qui elle demandait des messes. Elle demanda aussi aux religieux toutes sortes de mortifications.

Elle eut bientôt une vision qui lui causa d’abord de la terreur, et, ensuite, de la joie. Une nuit qu’elle priait avec une grande ferveur, il lui sembla voir son époux lié de chaînes, traîné au tribunal de Dieu par une troupe d’horribles soldats.

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Qui portaient toutes sortes d’instruments de torture ; Théodora venait ensuite, l’âme accablée de douleur, cherchant vainement à adoucir ces soldats. Us arrivèrent devant le souverain Juge et lui présentèrent le coupable. Alors, Théodora s’approcha, se jeta aux pieds du Tout-Puissant et implora sa clémence.

Tout à coup, le visage sévère du Seigneur se radoucit et il répondit : “ O femme, ta foi est grande, j’accorde la grâce de ton époux.” Puis, se tournant vers les soldats, il leur dit : “ Déliez-le et rendez-le à sa femme.” L’impératrice fut grandement consolée de cette vision.

Cette consolation augmenta lorsqu’elle apprit que le patriarche de Constantinople, Méthode, avait eu, lui aussi, une vision non moins surprenante. Pendant la même nuit, il avait vu en songe, un ange qui lui disait que ses prières étaient exaucées, et que l’empereur Théophile avait obtenu sa grâce.

Il s’était éveillé plein de joie et s’était rendu à l’église dès le matin, et il vit que le nom de l’empereur était miraculeusement effacé de la liste des briseurs d’images saintes. Le bruit de ce miracle se répandit dans toute la ville, et fut une cause de conversion pour les hérétiques. Aimons et vénérons les pieuses images, car Dieu le veut et… Il bénit ceux qui le font.

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44e APPARITION

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 Augustin, S. Thomas, etc., nous enseigne que les élus du ciel sont très puissants pour secourir les âmes du purgatoire. Ansault, évêque de Poitiers, revenait de Sicile. Une tempête jeta le vaisseau contre une petite île presque déserte. Là vivait un fidèle serviteur de Dieu, du nom de Jean, qui était en grande réputation de sainteté. L’évêque se rendit près de lui pour l’interroger sur les choses célestes, surtout sur la gloire qui nous attend au ciel.

Après ces conversations, Jean s’informa du pays de l’évêque. Quand il eut appris qu’il était de France, il lui demanda s’il connaissait la vie édifiante du roi Dagobert. “Sans doute, répondit le prélat. —Ignorez-vous, dit-il, que ce prince est passé à une meilleure vie ? ” Comme Ansault hésitait à le croire, le saint lui raconta une vision qu’il avait eue.

Un matin, fatigué de ses longues prières de la nuit, il s’était endormi, et avait vu paraître un vénérable personnage en cheveux blancs qui, le secouant, lui dit :Levez-vous tout de suite et mettez-vous en prière, afin d’implorer la divine miséricorde en faveur du roi Dagobert, dont l’âme est sortie aujourd’hui de son corps.” Le serviteur de Dieu avait à peine commencé à prier, qu’il aperçut, sur les flots de la mer Méditerranée, une troupe de démons qui semblaient emmener le roi dans une barque.

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Ils l’entraînaient avec fureur vers l’île Stromboli, d’où s’élèvent les flammes continuelles d’un volcan célèbre. En même temps, ils le frappaient avec une grande cruauté. L’infortuné roi appelait à grand cris à son secours, les martyrs saint Denis et saint Maurice, ainsi que saint Martin, auxquels il avait bâti des églises.

Un moment après, voici que le ciel se couvre, le tonnerre gronde, d’horribles éclairs sillonnent l’air et frappent les démons au visage; puis, au milieu de la tempête, trois personnages, vêtus de blanc, brillants comme le soleil, se montrent à Dagobert et le regardent avec des marques de compassion.

“ Oh ! qui êtes-vous ? dit le roi. Venez-vous me délivrer ? ” Ils lui répondent qu’ils sont Denis, Maurice et Martin; qu’ils accourent à son appel et qu’ils viennent le tirer de son péril pour le conduire au ciel. Aussitôt, ils lèvent contre les démons un bras menaçant, leur arrachent leur victime, les mettent en fuite ; après quoi ils l’embrassent et l’emportent avec eux au ciel.

Il est donc très avantageux d’avoir de la dévotion aux saints et de recourir à eux avec confiance.

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Partie: 4 ICI

À Suivre….


 

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