*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (8)*Sachez que je suis Malachie*


Malachie

61e APPARITION

Il  y a une vérité dont les chrétiens ne devraient pas douter, à savoir que l’expiation de l’autre vie est conforme aux péchés commis en celle-ci. On le voit bien par ce qui fut révélé à S. Corprée, évêque en Irlande. Ce prélat, s’étant arrêté à prier dans l’église, après l’office de vêpres, vit subitement se dresser devant lui un spectre pâle, ténébreux, horrible, couvert de vêtements étranges. Il portait au cou un collier de flammes, sur les épaules, un sale morceau de manteau, qui ne couvrait que l’un des deux bras.

Cette apparition n’épouvanta pas le saint, qui savait que Dieu veille sur ses serviteurs. Regardant en face le fantôme, il lui demanda qui il était. “ Je suis, répondit-il, une âme passée à l’autre vie. — Et d’où vient ta difformité affreuse? — Ce sont mes fautes, dit le défunt, qui m’ont attiré cette punition.

Bien que vous me voyiez dans un si misérable état, sachez que je suis Malachie, autrefois roi d’Irlande : je pouvais faire beaucoup de bien, dans ma haute position, et je n’ai pas su le faire.” Corprée, étonné, lui demanda encore : “ Je croyais que vous aviez fait une entière pénitence de toutes les fautes de votre vie ? — Hélas !

Répond le spectre, je n’ai pas voulu obéir à mon confesseur : j’ai prétendu le plier à mes caprices et je n’ai pas eu honte de lui offrir, dans cette intention, un anneau d’or. Et maintenant, je porte, à cause de cela, un cercle de feu à mon cou ; il me brûle cruellement et me tient captif comme un prisonnier. Ce confesseur infidèle ne saurait me secourir ; car il porte un collier encore plus douloureux et plus brûlant. ” Le saint évêque admirait la justice de Dieu, qui punit l’homme par où il a péché.

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Il désira savoir, de plus, ce que signifiait son manteau c’était un châtiment d’une charité mal faite. “ Un mendiant presque nu étant venu me demander l’aumône, je le renvoyai à la reine, qui, étant peu compatissante, ne lui donna que cette espèce de sac, dont je suis couvert, pour ma confusion.” Le saint lui demanda pourquoi il lui apparaissait et ce qu’il attendait de lui. “ J’étais tourmenté par les démons, dit-il; ils me faisaient endurer mille supplices, lorsque le chant des vêpres, dont ils ont horreur, les a mis en fuite ; ils m’ont abandonné un instant dans ce lieu, et Dieu permet que je me montre à vous, pour réclamer vos prières.”

Et aussitôt, il ajouta, avec de grands cris: “ Hélas ! hélas ! voici que les démons reviennent ! Mais, avant de vous quitter, je veux vous indiquer où j’ai caché cent onces d’or et mille d’argent ; vous en ferez ce que vous voudrez. — Non, non, répondit le saint, je ne veux pas d’autres richesses que celles du ciel.

Cela ne m’empêchera pas de faire pour vous tout ce que je pourrai.” Le fantôme s’évanouit, en disant d’une voix forte : “ Malheur ! malheur ! à celui qui ne fait pas le bien lorsque le temps lui en est donné !

 ” L’évêque, rassemblant ses prêtres, leur rapporta cette vision, et leur demanda ce qu’il convenait de faire, pour le roi et son confesseur. Il fut décidé que l’évêque intercéderait pour le prince, et que les prêtres le feraient pour le confesseur, et ils marquèrent les messes jeûnes et prières qui seraient offerts à Dieu pour apaiser sa colère.

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Depuis six mois, ils y étaient fidèles, lorsque le roi se fit voir de nouveau à l’évêque, à moitié soulagé ; il souffrait des supplices moins rigoureux ; mais encore au-dessus de tout ce qu’on peut comprendre ici-bas. On continua donc à prier, à dire des messes et à faire pénitence, jusqu’à une troisième apparition, cette fois fort consolante, puisque Malachie était tout glorieux, tout joyeux.

Il dit à son bienfaiteur qu’il montait au paradis et qu’il n’oublierait jamais ce qu’il avait fait pour lui. Il ajouta que son ancien confesseur le suivrait le lendemain, grâce aux prières et sacrifices des prêtres de la cathédrale. Le saint lui demanda pourquoi il n’y montait pas avec lui.

Il lui répondit que l’intercession du seul évêque avait été plus agréable à Dieu que celle des prêtres réunis. Donc, Dieu a des tendresses particulières envers ceux qui le servent mieux. Servons-le donc très bien, de notre mieux, puisque nous avons tant intérêt à le faire.



Saint Philippe de Néri était rempli de dévotion pour les pauvres âmes du purgatoire. Aussi, bon nombre de défunts lui apparurent-ils, en maintes circonstances, soit pour le remercier, soit pour demander ses prières. Il reçut de grandes grâces par leur intercession.

Après sa mort, un père franciscain priait dans une chapelle où l’on avait déposé son corps, lorsque le saint lui apparut triomphant, au milieu d’une troupe de bienheureux.

Frappé de l’air de bonté qu’il voyait sur son visage, le franciscain osa lui demander quelle était cette troupe brillante qui l’entourait. Le bienheureux lui répondit que c’était des âmes qu’il avait délivrées du purgatoire ; elles venaient au-devant de lui pour l’introduire au paradis.

Le Père Magnanti, de l’Oratoire de S.Philippe, ne cessait pas, non plus, d’intercéder pour les défunts, et en avait souvent des apparitions. Il y avait, dans la ville d’Aquila, une fille appelée Élisabeth, qui désirait entrer dans un couvent. Le P. Magnanti lui dit que Notre-Seigneur l’appellerait bientôt à lui, et de se préparer à quitter ce monde.

En effet, elle fit une courte maladie et mourut comme une sainte. A peine avait-elle rendu le dernier soupir, que le P. Magnanti eut l’assurance surnaturelle que cette âme entrerait bientôt au ciel. Il consolait ses parents, en les assurant qu’ils auraient bientôt une céleste avocate.

La prédiction fut bientôt justifiée : la morte apparut à l’un de ses frères et lui dit : “ Grâce à l’intercession du P. Magnanti, l’heure de mon entrée au ciel a sonné.” Ce zélé religieux recevait beaucoup d’aumônes et les donnait aux pauvres, ou en faisait dire des messes pour les défunts.

De plus, pour ces chers défunts, il jeûnait, se mettait en sang à coups de discipline, faisait d’autres grandes pénitences, passait des nuits à prier, renonçait à tous les plaisirs des sens et du monde. Il poussa si loin ce zèle, qu’il supplia Dieu de lui imposer, à lui-même, une partie des châtiments mérités par certaines âmes, afin de les soulager d’autant. Il fut entendu dans cette prière héroïque : à partir de ce moment, il fut en proie à une douleur terrible qui ne lui permettait presque pas de changer de position.

Les âmes n’étaient point ingrates. Le P. Magnanti attribuait à leur intercession la plupart des faveurs qu’il recevait du ciel, entre autres, celles de savoir les choses éloignées, de découvrir les fautes cachées, de déjouer les pièges du démon et autres choses semblables.

Comme il revenait d’un pèlerinage à la sainte maison de Lorette, arrivé près de Morcia, où était une célèbre église de la très Sainte Vierge, il voulut y dire la messe, pour ses chers défunts, malgré l’avis de ses compagnons, qui craignaient de ne pouvoir traverser un lieu dangereux, avant l’arrivée des brigands, qui venaient s’y embusquer peu après le soleil levé.

Après son action de grâces, on se met en route. Arrivés à ce lieu, où beaucoup d’assassinats s’étaient commis, ils tombèrent aux mains des voleurs, qui les chargèrent de chaînes, les attachèrent à des arbres, pour les dépouiller de tout ce qu’ils avaient et les massacrer ensuite.

A ce moment, parurent, sur une montagne voisine, deux enfants inconnus, qui se mirent à pousser des cris en faveur des prisonniers, comme s’ils voulaient rassembler tout le pays pour les délivrer.

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Les bandits étaient au nombre de douze. Ils coururent au-devant de ces enfants, déchargeant sur eux leurs armes, afin de les tuer ; mais eux, sans se laisser intimider, avançaient toujours en criant plus fort, de sorte que les brigands, voyant qu’ils n’étaient pas des enfants ordinaires, furent remplis de crainte et s’enfuirent*

Les deux enfants s’approchèrent, délièrent les religieux, puis ils s’évanouirent, sans qu’on pût savoir ce qu’ils étaient devenus, ni d’où ils venaient. Le P. Magnanti crut fermement que c’était des âmes du purgatoire, à qui Dieu avait permis de prendre cette forme pour les délivrer. Donc, ne craignons pas trop les inconvénients, quand il s’agit du service de Dieu ou de secourir les défunts, et nous serons récompensés, comme ces religieux.

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 64e APPARITION

 A qui les prières et bonnes oeuvres sont-elles plus utiles ? Est-ce aux morts eux-mêmes ou à ceux qui travaillent à leur délivrance ? En effet, les âmes du purgatoire sont puissamment soulagées par nos suffrages ; mais aussi elles nous obtiennent des grâces bien précieuses.

La vie de la vénérable Françoise du Saint-Sacrement fournit d’utiles renseignements sur ce sujet. Elle avait grandi dans une grande dévotion envers les défunts. Elle était tout dévouement pour eux ; sans cesse, elle priait, jeûnait au pain et à l’eau, se donnait des disciplines jusqu’au sang, portait le cilice, et faisait bien d’autres mortifications encore.

Elle demandait des messes aux prêtres et toutes sortes de bonnes oeuvres aux fidèles. Le démon essayait de lui persuader qu’elle souffrirait longtemps au purgatoire, parce qu’elle s’oubliait elle-même pour ne penser qu’aux défunts ; mais ceux-ci lui apparaissaient et l’assuraient qu’ils lui rendraient tout, au centuple.

Les âmes lui apparaissaient souvent. Des témoins ont assuré qu’ils les voyaient eux-mêmes, venir lui demander des suffrages, même se ranger autour de son lit, jusqu’à ce qu’elle s’éveillât.

Elles lui disaient que leurs tourments étaient adoucis rien que par sa présence. “ Ne croyez pas que dans vos apparitions, vous soyez le jouet de quelque rêve ou de l’illusion du démon,” disaient-elles.

Si ces âmes la trouvaient à réciter le chapelet, elles le prenaient et le baisaient comme un instrument de délivrance. Elles la défendaient des artifices du démon, des pièges qu’il lui tendait et de ses tentations.

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Pour la toucher davantage, elles lui apparaissaient souvent, accompagnées des instruments de leurs péchés, devenus ceux de leurs châtiments. Tantôt c’étaient des évêques vêtus des insignes de feu de leur dignité :

“ Nous souffrons, disaient-ils, pour avoir trop recherché les dignités.” D’autres fois, c’étaient des prêtres avec leurs ornements en flammes et couverts de plaies, qui s’accusaient d’avoir traité sans assez de respect le corps du Seigneur. Un religieux se fit voir entouré d’objets précieux, rougis au feu, parce qu’ils les avaient rassemblés dans sa chambre, contrairement aux règles du monastère.

Elle vit aussi un notaire de Soria, avec tous les insignes de sa profession : papiers, plumes, encriers, tout brûlants, parce qu’il avait fait des actes injustes. Il avait aussi des cartes en feu à la main, en punition de son amour des jeux à l’argent. De plus, une bourse de feu collée à ses mains, lui faisait expier ses vols.

“ A ma mort, dit-il, j’aurais été damné, si le bon Dieu ne m’avait pas donné la contrition parfaite ; mais je suis condamné à un très long et très douloureux purgatoire. Je vous en conjure, en grâce, de me soulager de vos prières et sacrifices.” Christophe de Ribéra, évêque de Pampelune, ayant appris que Françoise avait eu la révélation que les trois évêques, qui l’avaient précédé à Pampelune, étaient encore en purgatoire, il pria pour eux, et fit surtout prier Françoise.

Une nuit, ces trois évêques apparurent à cette grande servante de Dieu pour la remercier, puis s’envolèrent au ciel. Si des évêques, prêtres et religieux sont si sévèrement punis pour de légères fautes, qu’en sera-t-il pour la plupart des chrétiens ordinaires ?

Craignons pour nous-mêmes, et vivons saintement.

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65e et 66e Apparitions

Le P. Ferdinand de Castille rapporte deux prodiges opérés par le Seigneur dans le couvent de Saint  Dominique, à Zamora, ville du royaume de Léon, en Espagne. Il arrivait que la cloche du couvent sonnait d’elle- même, et l’expérience fit connaître que c’était l’avertissement de la mort prochaine de quelqu’un des religieux.

Aussi, quand on entendait ce son lugubre, chacun se préparait au redoutable passage, par la réception des sacrements, par des prières et des pénitences.

L’inquiétude générale ne cessait que lorsqu’un des religieux était frappé et quittait la terre. Cette cloche était comme la voix dont il est parlé dans Isaïe : “ Mets ordre à tes affaires, car tu vas mourir”.

Voici le second trait : Il y avait, dans ce couvent, un religieux très vertueux, uni d’amitié avec un P. Franciscain, non moins saint. Un jour, s’entretenant de cette cloche merveilleuse, ils s’engagèrent à se visiter après la mort; c’est-à-dire, que celui qui quitterait ce monde le premier apparaîtrait au survivant, afin que s’il gémissait dans le purgatoire, il pût être soulagé par les prières de son ami.

Ce fut le P. Franciscain qui mourut le premier. Peu après sa mort il apparut au Dominicain. Après l’avoir salué affectueusement, il lui apprit qu’il lui restait beaucoup à souffrir, pour des choses légères, qu’il n’avait pas expiées. Pour exciter son ami à travailler à sa délivrance, il lui fit voir les flammes cruelles dont il était dévoré.

 “ Rien sur la terre, lui dit-il, ne peut vous donner une idée de l’ardeur de ce feu. En voulez-vous une preuve?” Il posa sa main sur une table et elle s’y enfonça profondément. Cette table se conserve encore à Zamora, comme un perpétuel monument de ce miracle.

Quel ne fut pas l’étonnement du Dominicain, et avec quelle ardeur ne s’efforça-t-il pas de délivrer son ami ! Ces deux merveilles excitèrent beaucoup les Dominicains à se préparer à la mort et à soulager les âmes du purgatoire.

Encore une fois, si les saints sont si cruellement traités, après la mort, que n’ont point à craindre les chrétiens ordinaires, qui multiplient les péchés les plus graves et ne les expient presque pas ! Et comme nous n’avons pas de cloche merveilleuse pour nous avertir du moment de notre mort, soyons toujours prêts à mourir.

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À Suivre….

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