*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (10)* Il se sent arrêté par une force invincible, qui l’empêche de faire un pas de plus.


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76e, 77e et 78e Apparitions

La vraie charité est pleine de zèle pour le soulagement des âmes du purgatoire. Marie Villani, dominicaine, (stigmatisés du 17 ème siècle) s’appliquait à inventer de nouvelles œuvres en faveur de ces pauvres âmes. Une veille d’Épiphanie, elle avait longtemps prié et médité la passion du Sauveur. La nuit suivante, le ciel lui montra combien cette sainte pratique lui était agréable.

Pendant sa prière, elle fut ravie en extase. Il lui sembla voir une longue procession de personnes vêtues de blanc, avec des manteaux éclatants, chacune portant un instrument de la passion de Notre-Seigneur :

Celle-ci, les cordes; cette autre, les fouets, une troisième, la colonne de la flagellation, d’autres, les épines, la croix, les clous, la lance, etc.

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Arrivées à un magnifique hôtel, l’une après l’autre y venait offrir son instrument, en échange duquel elle recevait, d’une glorieuse Dame, une riche couronne d’or. Le sens de cette vision lui fut révélé. Ces personnes brillantes étaient les âmes du purgatoire, dont les insignes de la passion marquaient la délivrance, par les mérites du sang de Jésus-Christ, que les prières de Villani leur avaient appliqués.

Elle voulut consacrer, plus tard, tout le jour de la fête des Morts à la prière et à la pénitence, pour le soulagement des âmes du purgatoire, au lieu d’écrire un livre de piété, comme on le lui demandait. Notre-Seigneur lui apparut et lui ordonna d’écrire, lui promettant que chaque ligne qu’elle tracerait délivrerait une âme du purgatoire, pour ce jour-là seulement.

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Aussitôt, la sainte religieuse se mit à l’ouvrage et s’efforça d’écrire beaucoup. Le démon essaya de la distraire, de l’embarrasser, de la déranger de toute façon. Malgré ces troubles, Villani s’appliqua si bien, qu’à la fin du jour, elle avait terminé son traité.

Les quatre jours suivants, elle ressentit une telle fatigue, qu’elle ne pouvait pas même remuer ses doigts. Elle offrait ses nouvelles souffrances pour ses chères âmes. Sa grande charité envers les défunts ne se bornait pas aux prières, aux jeûnes et autres pénitences ; elle désira même souffrir une partie du feu qui les consumait.

Comme elle priait un jour à cette intention, elle fut ravie en extase et conduite en purgatoire, où elle vit, parmi tant d’infortunés, un malheureux plus tourmenté que les autres, par des flammes horribles, qui l’enveloppaient de la tête aux pieds.

Touchée de compassion, elle s’approcha de lui et demanda pourquoi il était tourmenté si cruellement et s’il était quelquefois soulagé: “ Je suis ici, répondit-il, depuis bien longtemps, effroyablement puni pour mes vanités et mon luxe scandaleux.

Je n’ai jamais obtenu le moindre soulagement, parce que le Seigneur a permis que je fusse oublié de mes enfants, de tous mes parents et amis ; Ils ne font pour moi aucune prière.

Quand j’étais sur la terre, je ne songeais qu’aux toilettes, au luxe, aux fêtes et aux plaisirs ; je ne m’occupais ni de Dieu, ni de mes devoirs. Mes seules occupations sérieuses étaient d’augmenter les honneurs et les richesses des miens.

J’en suis bien puni, puisqu’ils ne m’accordent pas même la moindre prière.” La religieuse, touchée d’une douloureuse compassion, pria ce défunt de lui faire sentir quelque chose de ce qu’il endurait. A l’instant même, il lui sembla qu’on la touchait au front avec un doigt de feu, et la douleur qu’elle en éprouva fut si vive, qu’elle la fit revenir de son extase.

Or, cette marque lui resta au front, profondément gravée, et lui causa sans cesse d’insupportables douleurs. Villani offrait ces cruelles souffrances et ses  prières incessantes pour l’âme de ce pauvre défunt.

Deux mois après, il lui apparut et lui dit qu’il était délivré, par son intercession, et qu’il montait au ciel. A l’instant même, la brûlure du front s’effaça pour toujours. Puisque le luxe et la vanité sont si cruellement punis, mieux vaut ne pas se laisser aller à ces défauts. Évitons-les donc avec soin et nous ne le regretterons jamais.

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79e APPARITION

Saint Thomas d’Aquin et beaucoup d’autres Pères de l’Église ont regardé comme une figure de la sainte Eucharistie, l’arbre de vie planté au milieu du ciel et dont parle S. Jean, dans l’Apocalypse.

Cet arbre donnait des fruits à tous les mois ; ses feuilles même étaient utiles au salut des nations. “ De même que la corruption et la mort nous sont venues de l’arbre de la science du bien et du mal, dit S. Thomas, de même aussi la justification et la vie doivent commencer en nous par une nourriture sainte, celle de l’arbre de vie, qui est le corps du Seigneur, dans l’Eucharistie.

Le Pape Adrien VI nous dit que quiconque prie pour les âmes du purgatoire, à plus forte raison communie pour elles, les oblige à lui rendre des services égaux. Les communions pour les morts sont très agréables à Dieu, comme l’enseignent les saints et diverses apparitions miraculeuses. L’Archange S. Michel s’est plusieurs fois montré assistant aux communions pour les défunts.

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En 1615, comme une communion générale se faisait pour les morts, dans l’église de Sainte-Marie au-delà du Tibre, à Rome, une foule de peuple y accourut. Il s’y trouvait un étranger qui visitait les monuments de la ville. Cet homme se promenant en face de l’église, en vit sortir un pauvre qui lui demanda l’aumône, pour l’amour de Dieu. Il la lui refusa. Mais le pauvre fit cette demande jusqu’à trois fois. Il reçut enfin une pièce de monnaie.

Alors, ce pauvre mendiant, changeant ses prières en des paroles de maître, lui dit : “ Gardez votre argent. Je n’en ai pas besoin, tandis que vous avez grand besoin, vous, de la divine miséricorde pour vous convertir et changer de vie ; car vous êtes un pécheur bien coupable. Sachez que je suis venu du mont Gargan, pour assister à la communion pour les morts, qui se fait dans cette église, avec le dessein de vous avertir de changer de vie.

Voici vingt ans que vous menez une existence déplorable, excitant contre vous la divine justice, sans qu’une seule confession vous ait lavé de toutes vos souillures. Hâtez-vous de faire pénitence. L’épée du souverain juge est déjà suspendue sur votre tête, et elle tirera vengeance de tant de crimes.

” Le pécheur, à ce discours, demeura tout interdit. Son étonnement fut bien plus grand encore, quand il vit ce pauvre disparaître comme une nuée qui se dissipe.

La grâce agissant en lui, il alla se confesser ; car il ne doutait pas que ce ne fut une des âmes délivrées par les communions qui se faisaient alors, qui était venue le convertir. Le mont Gargan est célèbre par une apparition de l’archange S. Michel, auquel on y a élevé une magnifique église.

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Quelques-uns ont pensé que ce mendiant, qui disait venir du mont Gargan, n’était autre que l’archange lui-même.

Quoi qu’il en soit, la conversion de ce pécheur, par un tel miracle, au même moment où l’on priait et communiait pour les âmes du purgatoire, montre que cette dévotion est sainte et qu’elle profite aux vivants comme aux morts. Communions donc très souvent pour les défunts.

Nous en retirerons un double profit : les mérites, les grâces de cette sainte action, et la protection des pauvres âmes que nous aurons secourues.

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80e APPARITION

Pardonner une offense reçue pour l’amour des âmes du purgatoire est très efficace pour les soulager.

A Bologne, Italie, une veuve noble avait un fils unique, qu’elle aimait tendrement. Cet enfant avait coutume de jouer sur la place publique avec ceux de son âge. Un jour, un étranger, qui passait par là, troubla ses jeux avec un mauvais vouloir évident.

L’enfant lui cria de rester tranquille.

L’inconnu tire aussitôt son épée et la lui passe à travers le corps. Il n’eut pas plutôt accompli ce crime, qu’il fut saisi de crainte, et, son épée sanglante à la main, se mit à courir jusqu’à ce que, voyant une porte ouverte, il se précipita dans cette maison pour s’y cacher. C’était la maison de l’enfant assassiné.

Il monte rapidement l’escalier, et arrive dans l’appartement de la noble veuve, qu’il ne connaissait pas. A la vue de cet homme, de cette épée couverte de sang, elle demeure interdite. Entendant l’étranger lui demander, au nom de Dieu, asile contre ceux qui le poursuivaient, elle l’enferma dans une cachette en promettant de ne le point livrer.

Cependant, les officiers de la justice l’ayant vu entrer dans cette maison, ils y pénétrèrent bientôt, le cherchèrent dans tous les coins, sans le trouver. Comme ils allaient sortir, ils demandèrent à la dame si elle savait que c’était son fils qui avait été tué par cet assassin ? A ces paroles, la mère tombe évanouie.

Quand elle revint à elle, on crut qu’il serait impossible de la sauver, tant ce coup l’avait frappée au vif. Mais bientôt une grande énergie s’empara d’elle, et, s’en remettant à la Providence, elle pardonna ce si cruelle injure. Bien plus, elle résolut de faire le bien pour le mal et d’agir envers le meurtrier de son fils comme elle aurait agi pour son fils lui-même.

Sans tarder, elle va le trouver, dans sa cachette, ne lui fait pas un reproche, lui remet une bourse, avec un cheval  qu’elle avait fait seller et l’engage à se soustraire, par la fuite, aux recherches de la police. Ensuite, cette pauvre mère, toute à sa douleur, se retira dans sa chambre, devant une image de Notre-Seigneur, et y pria pour son cher défunt.

A l’instant, celui-ci se fit voir à elle, brillant comme un soleil, le visage heureux, et lui dit : “ Bonne nouvelle, chère mère ! Séchez vos larmes ; il ne faut point me plaindre, mais envier mon sort. La générosité chrétienne dont vous avez fait preuve envers mon assassin m’a tiré immédiatement du purgatoire.

La Justice Divine m’avait condamné à de longues années de souffrances pour mes fautes ; mais votre pardon a terminé, en un instant, mon expiation, et je suis auprès de mon Dieu, où je resterai pendant l’éternité.”

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Puis il disparut, laissant sa mère heureuse d’une si bonne nouvelle, pour elle. Sachons donc, nous aussi, pardonner les torts qui nous sont faits, puisque cela est si méritoire et plaît tant au bon Dieu. Les mérites ne valent-ils pas mieux que les vengeances ?


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81e APPARITION

On ne saurait jamais trop proclamer la valeur de la messe pour le soulagement des âmes du purgatoire.

Dans le monastère de Clairvaux, gouverné par S. Bernard, vivait un religieux peu observateur de la règle et qui voulait retourner dans le monde. Ce religieux mourut.

On chantait son service, lorsqu’un vieux religieux, d’une grande sainteté, vit une troupe de démons qui disaient que, jusque-là, ils n’avaient pu entraîner en enfer un seul religieux de ce monastère; mais qu’ils auraient l’âme de celui dont on faisait la sépulture. La nuit suivante, le saint vieillard vit le défunt en songe. Il lui apparut le visage abattu, poussant de tristes soupirs.

“ Vous avez eu connaissance, hier, lui dit-il, de mon supplice et de la joie des démons : voyez maintenant les tortures auxquelles je suis soumis, par la justice divine, pour les péchés que je n’ai pas expiés sur la terre.” Il le conduisit en esprit à un puits large et profond :

“ Voici, ajouta-t-il, où les démons, pleins de rage, me précipitent continuellement ; ils m’en retirent pour m’y jeter de nouveau, sans me laisser un instant de repos.”

Le bon religieux fut saisi de tristesse. De grand matin, il alla tout raconter à S. Bernard, qui avait eu une apparition semblable.

Le saint abbé assembla ses religieux et leur apprit ce qu’il avait vu et leur recommanda de se tenir en garde contre les pièges du démon.

Il leur demanda, pour cette âme infortunée, des prières, des jeûnes, surtout le saint sacrifice de la messe. On s’y mit le jour même, et plusieurs messes furent dites. Peu de jours après, le vieillard vit de nouveau le défunt, mais tout différent, cette fois.

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Il était joyeux et tout resplendissant de lumière. Il dit qu’il était très heureux, grâce à la bonté de Dieu et à la charité de ses confrères. Interrogé sur l’œuvre  d’expiation qui l’avait le plus soulagé, il prit le vieux moine par la main et le conduisit à l’église, où se célébrait une messe.

“ Voici, dit-il, le plus grand prix de ma rançon, ce qui a le mieux opéré ma délivrance; c’est cette hostie salutaire qui efface les péchés du monde. Rien autre chose que le coeur endurci de l’homme ne résiste à la vertu de ce divin sacrifice.

” Cette dernière vision fut annoncée à tous les religieux, auxquels elle donna une dévotion encore plus grande envers le saint sacrifice de la messe. Comprenons nous-mêmes la valeur infinie de ce divin sacrifice ; assistons-y le plus souvent possible, toujours avec la plus grande piété, et nous en serons très heureux à la mort.


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82e APPARITION

Personne, sur terre, ne peut être aussi reconnaissant pour les bienfaits reçus que les âmes du purgatoire. En Bretagne, France, un homme menait une vie fort pieuse. Il se faisait remarquer par une grande charité envers les défunts, pour lesquels il priait, faisait des aumônes et des pénitences.

Il ne passait jamais près d’un cimetière sans s’arrêter à prier pour les morts qui y reposaient. Dieu fit connaître combien ce zèle lui était agréable, par une grande merveille.

Ce bon chrétien tomba gravement malade; et aussitôt, il fit prier le prêtre de lui apporter le Saint-Viatique, afin d’accroître encore plus ses mérites et de mieux résister aux derniers et terribles assauts du démon. La cérémonie se termina par les prières des agonisants, parce que le mal empirait ; puis le prêtre se retira.

Mais, en arrivant au cimetière, il se sent arrêté par une force invincible, qui l’empêche de faire un pas de plus. Étonné, effrayé, il regarde autour de lui et aperçoit la porte de l’église ouverte, bien qu’il fût certain de l’avoir fermée à double tour, en partant; car c’était durant la nuit. Pendant qu’il se demandait ce que cela signifiait, il entendit sortir du sanctuaire une voix qui criait : “

Ossements des morts, écoutez la parole du Seigneur ; Ô morts, levez-vous, venez tous, vous qui êtes admis dans les splendeurs du ciel, prier ensemble pour votre bienfaiteur, qui vient de mourir.

La reconnaissance le demande et nous ne pourrions lui en témoigner assez pour tout le bien que sa piété généreuse nous a fait, à nous surtout, qui attendons dans ce cimetière la résurrection générale.

Aussitôt, un fracas épouvantable eut lieu autour du prêtre étonné ; il lui semblait que les ossements sortaient des tombeaux, se réunissaient formaient d’innombrables corps ressuscités.

En même temps, l’église paraissait illuminée. Les morts s’y assemblèrent et commencèrent, d’une voix céleste, à chanter l’office des défunts, qu’ils achevèrent avec solennité.

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Quand il fut fini, la même voix qui avait appelé les morts, leur ordonna de retourner dans leur demeure funèbre; ce qui se fit, pendant que toutes les lumières de l’église s’éteignirent seules et d’un même coup. Le prêtre, qui était demeuré comme cloué à sa place, osant à peine respirer, put alors rentrer librement dans l’église et mettre le ciboire dans le tabernacle ; puis il courut raconter sa vision au curé de la paroisse, aussi émerveillé que lui, mais qui doutait de la réalité d’un tel prodige.

Au moment où il disait qu’il faudrait savoir si le malade était mort, ce qui était peu probable, on frappa à la porte et un messager vint apporter la nouvelle du décès, qui avait eu    lieu à l’heure même de la vision.

 L’impression du prêtre fut si forte, qu’il alla se consacrer à Dieu dans le monastère de Saint-Martin, à Tours, où tout le reste de sa vie fut employé à prier pour les morts, assuré qu’à leur tour, ils ne l’abandonneraient pas, au jour du jugement. Prions beaucoup, nous aussi, pour les âmes du purgatoire, et nous serons très heureux de recevoir leur protection, quand nous gémirons dans les feux de l’expiation.

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Lire la Partie 9 : ICI

À Suivre…..


 

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