*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (12)*Les peines de cette vie, légères ou graves, ne devraient pas nous abattre, parce qu’elles ne durent pas assez longtemps. Mais on ne peut en dire autant de celles du purgatoire//


 91e APPARITION

Gratien Ponzoni avait un zèle infatigable pour le salut des vivants et le soulagement des défunts. Devenu archiprêtre d’Arona, il se livrait tout entier au soulagement des âmes du purgatoire, par toute sorte de prières, pénitences, aumônes, etc. Il ensevelissait de ses propres mains les pauvres, les abandonnés, tous ceux que le monde méprise jusque dans le tombeau. Une maladie contagieuse se déclara à Arona, fit surtout mourir un grand nombre de soldats napolitains, en garnison en cette ville.

 Le fossoyeur s’éloigna avec terreur, redoutant la contagion. Le bon archiprêtre le fit venir, l’encouragea, et réussit à l’amener avec lui, durant la nuit, enterrer ces cadavres.

∫ Ce saint prêtre avait assisté un grand nombre de ces malheureux, à l’heure de la mort. Un jour, comme il passait près du cimetière, accompagné de Don Alphonse Sanchez, alors gouverneur d’Arona, il s’arrêta tout à coup, les yeux fixés du côté des tombes, comme absorbé par un spectacle étrange.

 

 Le gouverneur regardait de la même façon et également terrifié. L’archiprêtre lui demanda : “ Voyez-vous cette procession de morts s’avançant vers l’église, bien qu’elle soit fermée ? — Oui, répondit le gouverneur ; comme vous, je vois tout cela, et je n’en puis croire mes yeux Le bon prêtre comprit que ces âmes avaient besoin de prières, et aussitôt, il fit sonner les cloches pour faire réunir les fidèles à l’église. Il leur annonça, pour le lendemain, un office solennel en faveur des morts, et leur recommanda de faire beaucoup de prières et de bonnes oeuvres pour eux.

 

 Leur ayant raconté la vision qu’il avait eue, il leur dit que ces âmes devaient être celles des soldats défunts. Ce saint prêtre ne se contentait pas d’être lui-même plein de dévotion pour les défunts, il s’efforçait de la répandre partout, recueillait de l’argent pour faire dire des messes pour eux, exhortait aux prières, bonnes oeuvres, pénitences, aumônes, etc., en leur faveur.

Pourquoi ne suivons-nous pas l’exemple de ce prêtre ? Pourquoi tant de chrétiens sont-ils toujours si insensibles aux maux de leurs parents et amis défunts ? Si nous ne secourons pas les morts, nous languirons à notre tour dans les feux du purgatoire. Ne l’oublions pas, dans notre intérêt.


92e, 93e et 94e Apparitions

 Dieu a souvent permis que les cris et supplications des âmes du purgatoire soient entendus des saints de la terre. Le P. Jacques Rem, religieux d’une grande vertu, se faisait remarquer pour sa grande dévotion pour les pauvres âmes. Il demeurait au collège d’Ingolstadt, et il se livrait constamment à la prière, au jeûne et à toute sorte d’autres pénitences pour elles.

 Bien des fois, il reçut la visite des défunts, qui le conjuraient d’intercéder pour eux. Les âmes souffrantes s’approchaient de son lit durant la nuit, et l’appelant à haute voix, l’engageaient à se mettre en prière : ce qu’il faisait avec l’empressement le plus dévoué, et sans un regret pour son sommeil interrompu.

 De plus, beaucoup de personnes de la ville ont affirmé, sous serment, avoir entendu, de temps à autre, dans le cimetière voisin du collège, des cris sortant du fond des tombes : “ Père Jacques, ayez compassion de nous! Nos souffrances sont horribles! Obtenez-en la fin ! Procurez-nous ce soulagement au nom de la charité ! ” On peut conclure de là en quel crédit étaient ses prières auprès de Dieu. Il avait principalement recours à l’auguste Marie, qui montra par plus d’une merveille, combien ce bon serviteur lui était agréable. Parmi les nombreuses apparitions qu’il eût, on cite celle du P. François d’Asti, qui vint le visiter. Le P. Jacques lui demanda dans quel état il se trouvait. Il répondit : “ Dans une joie ineffable. ” Ce qui causa une telle consolation au bon Père Jacques, qu’il n’en parlait jamais sans se sentir transporté.

 

 La dévotion et les mérites du P. Joseph Anquiéta, surnommé l’apôtre du Brésil, ne furent pas moins édifiants. Pour les âmes du purgatoire, il priait et faisait sans cesse pénitence. Comme il était au collège de Babia, il fut appelé en toute hâte pour administrer un malade. Il s’empressa d’y courir.

 Mais, au retour, la nuit le surprit en route, et, arrivé près d’un lac, il entendit un concert de gémissements qui semblaient en sortir. Son compagnon en fut tellement épouvanté, qu’il tremblait de tous ses membres ; mais lui, habitué à ces manifestations, dit simplement: “ Mettons-nous à genoux, et prions pour les défunts qui font ici leur purgatoire. ” Leur prière achevée, on n’entendit plus rien. Les messes dites par le P. Anquiéta soulageaient extraordinairement les défunts.

 Ayant appris la mort de l’un de ses amis par révélation divine, dès le matin, il dit la messe pour lui, et le vit monter au ciel à la fin de cette messe. Prions pour les défunts ; faisons dire des messes pour eux : nous en délivrerons beaucoup et serons bien récompensés. Mieux vaut faire dire des messes que de dépenser son argent à des riens.


95e et 96e Apparitions

 ∫ On lit, dans l’Ancien-Testament, que le coupable paiera oeil pour oeil et dent pour dent. Ainsi, celui qui oublie les défunts, sera oublié à son tour, en purgatoire. On en voit un exemple intéressant dans les chroniques des Carmélites-Déchaussées, de Los-Angelos, dans la Nouvelle-Espagne. Dans cette ville, un religieux du monastère de Notre-Dame-du-Remède passa dans son éternité. Si pieux qu’il eût été, il avait besoin cependant de prières ; et comme on n’en offrit pas pour lui, il dut souffrir plusieurs années en purgatoire.

Au bout de ce temps, il apparut à un frère, nommé Pierre-de-Sainte-Marie, grand serviteur de Dieu. Après lui avoir fait connaître les horribles tourments qu’il endurait, il le supplia d’aller prier le supérieur de faire dire des messes pour lui. Le supérieur, frère Dominique-de-la-Mère-de-Dieu, pensant que le frère Pierre s’était fait illusion, ne fit pas dire de messes, bien que dans le doute, il eût dû être assez charitable pour les faire célébrer.

 Quelques jours après, l’âme reparaît ; elle dépeint ses tortures avec plus de tristesse au bon frère Pierre, le pressant d’aller de nouveau implorer la piété du supérieur. Celui-ci crut, cette fois, à l’apparition. Plusieurs religieux, par son ordre, célébrèrent la messe pour le défunt.

 Une nuit, que le frère se tenait à genoux, pendant l’office, et que son supérieur était à sa place, dans la chapelle, on vit briller tout à coup une grande lumière, et au milieu, l’âme resplendissante du défunt, qui s’élevait doucement vers le ciel. Avant de disparaître, elle se retourna joyeuse, d’abord vers le frère, puis du côté du supérieur et des religieux, qui avaient dit des messes pour elle, et leur fit un signe de profonde gratitude.

 Toutefois, le Père Dominique, pour ne pas avoir voulu écouter la première demande, paya oeil pour oeil et dent pour dent, et voici comment.

Il fut envoyé dans un autre couvent où il mourut après plusieurs années. Sa vie avait toujours été celle d’un bon religieux; mais, en cette vie, les imperfections salissent nos coeurs, comme la poussière, nos habits. Il fut donc, lui aussi, condamné au purgatoire.

 Après avoir souffert quelque temps, Dieu lui permit de venir réclamer les secours d’ici-bas. Il se fit voir à un frère convers, appelé Joseph-de-SaintAntoine, au moment où il coupait du bois dans la forêt. Il demanda à ce pieux frère d’avertir le supérieur que l’âme du P. Dominique souffrait depuis longtemps, en purgatoire, le terrible supplice du feu, et qu’elle avait besoin d’un certain nombre de messes, qu’elle marqua : “ Ce sont, ajouta-t-elle, des messes que j’ai négligé de dire, et que la mort m’a ensuite empêché d’acquitter.” Frère Joseph fit la commission.

 Le supérieur, à son tour, crut à une imagination trop  excitée de la part d’un pauvre frère fort ignorant, et négligea son avertissement.

Ainsi la faute du P.Dominique était punie d’un juste retour. L’apparition se renouvela, et le frère Joseph revint à son supérieur. “ L’âme du P. Dominique, lui dit-il, supplie qu’on ait compassion de son lamentable état, et qu’on lui accorde les messes demandées ; elle en appelle au coeur de tous ses frères et à leur religion. Le supérieur se rendit alors et chargea plusieurs pères de dire ces messes. A partir de ce moment, le frère Joseph ne vit plus rien : ce qui fit penser que le P. Dominique était rendu en Paradis.

 ∫ Ne négligeons pas d’acquitter nos promesses envers Dieu ou les défunts ; car nous pourrions les oublier et le payer cher après la mort. De plus, si nous abandonnons les âmes du purgatoire à leurs tourments, nous serons à notre tour, abandonnés aux nôtres : oeil pour oeil, dent pour dent.


97e APPARITION

 ∫ Les peines de cette vie, légères ou graves, ne devraient pas nous abattre, parce qu’elles ne durent pas assez longtemps. Mais on ne peut en dire autant de celles du purgatoire, qui unissent la durée à l’intensité; là, les heures paraissent des années. “ Oui, dit Thomas à Kempis, une seule heure en purgatoire paraîtra plus longue que cent ans des pires pénitences d’ici-bas.” Nous lisons, dans les annales des pères Capucins, une histoire terrible sur ce sujet. Le P.Hippolyte de Scalvo, grand serviteur de Dieu, était animé d’un zèle très ardent pour la délivrance des âmes du purgatoire.

 Il priait et se mortifiait pour elles, et souvent, il prêchait en leur faveur, afin d’exciter les fidèles à faire comme lui. Il se levait de grand matin, afin de réciter l’office des Morts à leur intention. Toutes ses actions de la journée étaient aussi faites pour leur soulagement. Cependant, il était loin de se figurer les tourments de l’autre vie aussi terribles qu’ils le sont. Ce qui lui arriva bientôt, lui donna à cet égard, une effrayante lumière. Il fut envoyé en Flandre pour établir quelques maisons de Capucins.

 Parmi les religieux de ces maisons, il y en avait un qui avançait à grands pas dans le chemin de la vertu, lorsqu’il fut pris d’une maladie subite qui le conduisit rapidement au tombeau. La nuit suivante, le P. Hippolite resta à prier dans l’église, après l’office des Matines. Tout à coup, il voit paraître devant lui le défunt, sous la forme d’un fantôme environné de feu et de flammes horribles, qui étaient à la fois ténèbres et lumière ordinaire au feu.

 Le spectre s’accusa à son supérieur, avec mille gémissements, d’une faute légère qu’il avait commise. ** Donnez-moi, dit-il, la pénitence que vous voudrez, avec votre bénédiction, afin de me délivrer de ce manquement, pour lequel je souffre tant dans le purgatoire.”

 Le supérieur resta comme pétrifié. Telle fut sa terreur, en face de cette apparition, que, pour y échapper plus vite, il répondit précipitamment :’*

 Autant que je le puis, je vous absous et vous bénis. Quant à la pénitence, puisque vous m’assurez que j’ai aussi le pouvoir de vous la donner, vous resterez en purgatoire, jusqu’à l’office de Prime, à huit heures, ce matin.” En se limitant à ces quelques heures, le saint homme s’imaginait faire acte de grande indulgence. Ce ne fut pas l’avis du mort ; car, à cette réponse, il témoigna une sorte de désespoir, comme si la foudre l’eût frappé : il courait dans l’église en criant : “ O coeur sans pitié !

 ∫ Ô Père qui n’avez point de pitié pour un coeur si affligé ! Quoi ! Punir si terriblement une faute que, durant ma vie, vous auriez jugée digne d’une très légère pénitence ! Vous ignorez donc l’atrocité des supplices du purgatoire ! Le cœur sans compassion ! ” Et la vision disparut. Le supérieur, sentant ses cheveux se dresser sur sa tête était rempli de regret et de crainte. Il cherchait un moyen de revenir sur sa sentence, et ne savait à quoi se résoudre, lorsque Dieu lui inspira une pensée, celle de sonner la cloche et d’appeler les religieux à l’église.

 Quand ils furent rassemblés, il leur raconta vite ce qui lui était arrivé et on commença aussitôt l’office de Prime, en sorte que le défunt fut aussitôt délivré. Pendant les vingt ans que vécut encore ce supérieur, ce souvenir ne s’effaça pas de sa mémoire, et il répétait, dans ses sermons, cette parole de saint Anselme : “ Après la mort, la moindre peine qui nous attend au purgatoire, est beaucoup plus grande que tout ce qu’on peut concevoir ici-bas.” Et dire qu’on ne songe pas à ce si terrible purgatoire, et qu’on vit comme s’il n’y en avait pas. Que de supplices on se prépare ! Quelle cruauté nous avons pour nous-mêmes* Combien nous le regretterons, à la mort !


98e APPARITION

  Gerson nous dit qu’à chaque fête de l’Assomption, la très sainte Vierge descend au purgatoire et remonte au ciel suivie d’une multitude d’âmes qu’elle en délivre.

Saint Pierre-Damien fut confirmé dans cette croyance par une vision miraculeuse. Il la raconte ainsi : “ A la fête de l’Assomption de la divine Marie, le peuple romain a coutume, pendant la nuit qui la précède, de visiter pieusement les églises, un cierge à la main. Parmi la foule, une année, une femme très pieuse se rendit avec la procession à la basilique de l’Ara-Coeli, au Capitole. Elle y aperçut à quelque distance d’elle, une dame qu’elle avait bien connue et qui était morte depuis un peu moins d’une année.

 Sa surprise fut extrême. Elle aurait voulu lui parler; mais il était fort difficile de fendre la foule pour arriver jusqu’à elle ; c’est pourquoi elle se plaça dans un coin, pendant la sortie, et dès qu’elle pût s’approcher, lui prenant la main, elle lui dit : “ N’êtes-vous pas ma marraine Marozie ? — Oui, répondit l’apparition, c’est moi-même. — Comment êtes-vous donc aujourd’hui parmi les vivants, lorsque je sais que vous êtes morte l’année dernière?

 Qu’êtes-vous devenue, de l’autre côté du tombeau ?La défunte répondit : “ Jusqu’à ce jour, je suis restée plongée dans un feu épouvantable, pour les fautes de ma jeunesse, alors que je me plaisais aux toilettes immodestes, tenant avec mes compagnes des discours inconvenants et m’abandonnant à de coupables affections. Je m’étais confessée de toutes ces iniquités ; mais je n’en fis pas assez pénitence, et le purgatoire m’attendait avec de cruelles tortures.

 Dans cette grande solennité, la Reine du ciel a prié pour nous le souverain Juge, et a obtenu pour moi et beaucoup d’autres, la faveur d’être reçues en paradis, le jour de l’Assomption. A cause de cela, moi et les autres, nous visitons les églises dédiées à la très sainte Vierge, afin de lui rendre grâce de sa grande miséricorde envers nous.”

 A ce récit, la femme restait stupéfaite, ne sachant si elle devait ajouter foi à ce qu’elle entendait. Ce que voyant, sa marraine Marozie ajouta : “ Afin que vous ne doutiez pas de ce que je vous dis, sachez que vous-même, dans un an, et à cette même fête de l’Assomption, vous mourrez. Si cela n’arrive pas, vous pourrez considérer tout ce que je viens de vous dire comme pure illusion.” Puis elle disparut.

 Cette dame, remerciant Dieu d’un si salutaire avertissement, renonça à toutes les vanités mondaines, s’habilla modestement, porta le cilice, vécut dans l’isolement du monde, dans toutes les rigueurs de la plus austère pénitence, s’approchant souvent de la sainte table, afin de diminuer son purgatoire. L’année suivante, avant-veille de l’Assomption, elle tomba malade, et fut rapidement conduite à toute extrémité.

 Le jour même de l’Assomption, elle expira et alla éprouver les effets de la maternelle bonté de Marie. Comme nous ne serons probablement pas avertis du jour de notre mort, préparons-nous sans cesse ; car il peut venir plus tôt qu’on ne pense ; et malheur à nous, s’il arrive sans que nous soyons prêts à paraître devant Dieu : nous aurons le temps de regretter nos terribles négligences.

 ∫ Pensons-y, puisque c’en vaut la peine !


99e et 100e Apparitions

 Le Père Jean-Eusèbe Nieremberg, s. j. avait une grande dévotion pour les défunts. Il priait et se mortifiait beaucoup pour leur soulagement. Il avait à la cour de Madrid, parmi ses pénitentes, une dame de qualité d’une haute perfection. Cette dame tomba dangereusement malade, d’une fièvre maligne, à laquelle les médecins ne pouvaient trouver de remède.

 Avertie du péril de mort où elle se trouvait, elle en fut accablée de chagrin, surtout par la crainte du purgatoire. Le père Eusèbe fit tout son possible pour lui donner du courage, de la soumission à la volonté de Dieu. Mais elle, toute troublée et terrifiée, différait de jour en jour à recevoir les sacrements, jusqu’à ce qu’elle tomba en léthargie, privée de toute connaissance, et prête à expirer.

Le père, alarmé, se retira dans une chapelle voisine, et dit sa messe avec grande ferveur, priant Notre-Seigneur de rendre la connaissance à la malade, afin qu’elle pût recevoir les sacrements, avec de meilleures dispositions, avant de paraître devant lui.

 Il s’offrit à souffrir lui-même, durant cette vie, les tourments qui étaient réservés à la mourante au purgatoire. Dieu exauça sa prière si charitable. La messe était à peine achevée, que la dame revint à elle et si changée de dispositions, qu’elle demanda les sacrements et les reçut avec ferveur.

 Quand le père Eusèbe lui eût assuré qu’elle ne devrait plus craindre le purgatoire, elle se soumit à la mort et expira dans la plus parfaite tranquillité. A partir de cet instant, et pendant seize ans que vécut ce bon religieux, sa vie ne fut plus qu’un long martyr ; aucun remède ne pouvait soulager ses horribles douleurs.

 Ses prières continuelles n’étaient pas moins profitables aux âmes du purgatoire. Il avait un chapelet très riche en indulgences. Il eut le chagrin de le perdre. Le soir, il se mit à genoux, avec un grand désir de gagner, pour ses chères âmes, les indulgences de son chapelet tant regretté. Il priait avec ferveur, lorsqu’il entendit tout à coup, au plafond de sa chambre, un bruit singulier : il lève les yeux et voit tomber son chapelet. Il ne douta pas que ce ne fussent les âmes qu’il soulageait, qui le lui eussent rendu. Avec quelle ferveur il continua de le dire, surtout après une telle merveille. On a conservé de lui un autre trait admirable.

 Une nuit, il priait dans la chapelle du collège de Madrid, quand il vit apparaître l’âme d’un père, mort quelques jours auparavant. Le défunt réclamait une partie de ses prières et bonnes oeuvres, parce qu’il avait été condamné à de terribles tourments en purgatoire. Il avoua même qu’il souffrait surtout pour avoir dit souvent aux supérieurs, avec exagération et sans assez de charité, les défauts de ses confrères ; à cause de cela, sa langue était brûlée d’un feu très cuisant.

 Cependant, l’intercession de Marie lui avait obtenu de venir solliciter des prières et de servir d’exemple aux autres. “ J’espère donc que vous, qui avez été mon ami et qui êtes si dévoué aux âmes du purgatoire, vous aurez compassion de moi.” Le P. Eusèbe fut touché de ce discours. Le jour suivant, dès l’aube, il célébra la messe pour cette âme et continua de prier et de faire pénitence pour elle. Bientôt, elle lui apparut toute rayonnante, remplie de joie, et lui apprit que, grâce à ses suffrages, elle s’envolait au paradis.

  ∫ Soyons charitables envers le prochain. Évitons surtout les médisances et les calomnies, qui seront chèrement payées en cette vie ou en l’autre.


∫♥ À SUIVRE…………


 

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