*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (13)*N’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel…


Purgatory AVEC MARIE

101e APPARITION

La Sainte* Écriture nous raconte que plusieurs fois, des légions d’anges volèrent à la défense des Israélites, contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie. De même, dans les annales de l’Église, nous lisons plus d’un miracle de ce genre, de la part des âmes du purgatoire, en faveur des princes qui les soulageaient. Eusèbe, duc de Sardaigne, fut un de ces protégés.
Ce prince était si dévoué aux âmes du purgatoire, que, à part les aumônes considérables qu’il faisait à leur intention, il leur avait consacré tous les revenus d’une ville entière, où la piété était en honneur. On l’appelait pour cela : Ville de Dieu ”. Tout l’argent qui en provenait, taxes, etc., servait à l’entretien d’un certain nombre de prêtres, chargés de célébrer tous les jours des messes en faveur des défunts.
Le démon ne put souffrir une si sainte chose, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de vains prétextes. Ostorge assiégea la Ville de Dieu et s’en empara. Dès que le duc apprit cette nouvelle, il en éprouva un aussi grand chagrin que s’il eût perdu la moitié de ses états. Aussitôt, il se résout à tout entreprendre pour chasser l’ennemi de cette place.

FLEUR

Son armée était beaucoup moins nombreuse que celle des Siciliens ; mais il se mit cependant en marche. Tout à coup, les sentinelles avancées aperçoivent, au loin, de nombreuses légions de cavalerie et d’infanterie, vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit. D’une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens ; de l’autre, il lui semblait comprendre que Dieu lui envoyait du secours. Il se décide à envoyer quatre hérauts d’armes pour voir ce que c’était.

Dès qu’ils furent à peu près à égale distance entre les deux armées, quatre hérauts des nouveaux venus vinrent à leur rencontre et les saluèrent en disant: N’ayez pas de crainte : nous sommes l’armée du Roi du ciel, et nous accourons au secours de votre prince : qu’il s’avance avec confiance.”
Le duc s’avança et joignit ses soldats à ceux que le ciel lui envoyait miraculeusement. Dès qu’Ostorge aperçut ces troupes inconnues et si extraordinaires, il fut saisi de terreur. Ses éclaireurs lui rapportèrent que ces nouveaux soldats ne pouvaient venir que par miracle, personne dans le pays ne pouvant dire qui ils étaient, d’où ils venaient, ni comment ils étaient venus. En même temps, des hérauts du duc vinrent le sommer de rendre la Ville de Dieu.
Il s’empressa d’en sortir, de réparer les dommages et de se retirer en toute hâte. Eusèbe rendit ses actions de grâces au bon Dieu et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : “ Sachez, prince, que ces soldats, que vous voyez, sont les âmes que vous avez tirées du purgatoire, par vos prières et vos bonnes oeuvres.
Le Seigneur leur a confié le soin de vous protéger dans ce besoin.

Continuez donc cette charitable dévotion et n’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel.” Puis tout disparut. Le duc se jeta à genoux et bénit Dieu, qui n’abandonne jamais ses serviteurs.
Faisons donc beaucoup, nous aussi, pour les défunts, puisque nous en serons si heureux surtout à la mort, où ils nous protégeront certainement.


PROCHE DE L ENFER
102e APPARITION

Le démon poursuit les âmes avec une cruelle instance, jusqu’au tribunal de Dieu. S’il ne peut les entraîner en enfer, il essaie, au moins, de les faire condamner au purgatoire. On va voir son acharnement, d’après ce récit de saint Anselme, au sujet d’un de ses religieux, appelé Osbera. Ce saint avait réussi à ramener ce moine au bien, après une vie peu édifiante.

A la grande joie d’Anselme, le converti vécut plusieurs années dans de meilleures dispositions. Au bout de ce temps, il eut une maladie qui le conduisit rapidement au tombeau. Anselme l’avait soigné comme un père ; puis, le voyant près d’expirer, il lui avait demandé de lui faire savoir l’état où il serait après la mort. Le mourant l’avait promis. Or, pendant que les religieux priaient autour de son corps, Anselme s’était retiré dans un coin, afin de prier avec plus de recueillement.

Il implorait le soulagement de cette âme avec toute la ferveur dont il était capable. Le sommeil le surprit tout à coup, et il eut une vision : il voyait entrer dans la chambre du défunt, plusieurs vénérables personnages vêtus de blanc, qui s’asseyaient pour prononcer une sentence ; mais n’entendant rien, il se demandait tout inquiet quelle serait cette sentence, lorsque le religieux défunt lui apparut, le visage bouleversé, comme quelqu’un qui sort d’un combat ou d’un danger. — “ Qu’y a-t-il, mon fils, lui demanda Anselme ? quelle sentence a été prononcée ?”

Le défunt répondit :Le démon s’est trois fois levé contre moi ; trois fois, il a voulu m’abattre ; mais les ouvriers de Dieu m’ont délivré de ses griffes.”
Le saint s’éveilla et ne vit plus rien. Anselme comprit qu’Osbem avait été trois fois attaqué par le diable, devant le Juge suprême : la première, pour les péchés commis avant son entrée dans le couvent ; la seconde, pour ceux qu’il avait commis depuis son entrée jusqu’à ses voeux ; la troisième, depuis ses vœux jusqu’à sa mort.

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Mais le démon ne gagna rien, parce que ces péchés avaient été effacés par son entrée en religion, ses voeux de religieux et par les sacrements souvent et pieusement reçus. Par ces ouvriers du Seigneur, qui avaient délivré le défunt, Anselme entendit par-là, les bons anges, qui ont mission de lier la gueule de la bête infernale, et de l’empêcher de déchirer le troupeau de Jésus-Christ. Saint Anselme dit la messe pendant un an, en faveur d’Osbem, afin de le soulager en purgatoire, dans lequel il devait être, pour les tiédeurs et infidélités de sa vie religieuse.

Apprenons par cet exemple, à prier pour les âmes souffrantes que nous sommes toujours trop disposés à oublier. Nous serons si heureux d’être soulagés à notre tour !


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103e APPARITION

La Très Sainte Vierge s’est plusieurs fois servie des âmes du purgatoire pour convertir les pécheurs, et pour délivrer ses serviteurs de mortels périls. Dans une ville du royaume d’Aragon, Espagne, un seigneur avait épousé une femme très belle et très pieuse. Un autre seigneur se mit à lui faire la cour.
Cette femme le repoussait ; mais lui, la guettait partout, jusque devant les fenêtres de sa maison. Le mari vint à l’apprendre, et son coeur s’emplit aussitôt de jalousie. Il surveilla son épouse jour et nuit. Bien qu’il ne découvrit rien de mal en elle, il lui sembla qu’il n’aurait de repos qu’en tuant ce rival. Le matin donc, avec sa femme et un seul domestique, il s’en va à sa maison de campagne.

Le soir arrivé, il appelle celle-ci dans une chambre retirée, ferme la porte à clef, pose un papier sur la table, sort un pistolet et somme son épouse d’écrire ce qu’il va lui dicter : “ Si tu refuses, lui dit-il, je te tue à l’instant.” Troublée, terrifiée, elle se dispose à écrire. C’était une invitation à l’autre seigneur, de venir la trouver dans ce lieu, en l’absence de son mari ; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre le mur du jardin, qui le conduirait jusqu’à une fenêtre par où il entrerait en sûreté.
La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre secrètement aux mains du destinataire, comme venant de sa maîtresse.

L’imprudent seigneur en fut rempli de joie. Il lut et relut cette lettre, la baisant avec des transports de joie, comme un vrai insensé. L’heure venue, il monte sur un bon cheval et se met en route. Il allait au grand galop du cheval, lorsqu’il aperçut des condamnés suspendus à la potence, selon la coutume d’Aragon, de laisser les corps ainsi exposés, afin d’effrayer les bandits. Cette vue, lui rappelant qu’il n’avait point, ce jour-là, récité son chapelet, selon l’habitude qu’il avait de le faire, malgré ses crimes perpétuels, il commença à le dire» en faveur des âmes de ces suppliciés, pour lesquelles, sans doute, personne ne priait. La récompense ne se fit point attendre.

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Une voix forte lui cria : “ Arrêtez, n’allez pas plus loin ! ” Il regarda partout ; mais ne vit rien autre chose que les cadavres. Il fait partir son cheval. La même voix crie de nouveau : “ Arrêtez, vous dis-je, n’allez pas plus en avant ! ” Comme il n’était pas peureux, il descend de cheval et examine ces cadavres, à moitié mangé par les corbeaux, afin de voir s’il n’en trouverait pas un de vivant. En effet, d’une des potences, il entend cette supplication : “ Seigneur, je vous prie, par pitié, de couper cette corde, qui m’étrangle.”

Le seigneur, plus surpris que touché de compassion, donne un coup d’épée à cette corde et le corps tombe à terre, d’où il se relève aussitôt. Le ressuscité voulut le suivre ; mais naturellement, le seigneur voulut aller seul. “ Mais, reprit l’autre, ignorez-vous qu’un danger extrême vous attend, au bout de votre course, que la mort vous y guette ? Je veux vous délivrer.
Laissez-moi vous témoigner ma reconnaissance.”

Se voyant ainsi découvert, le seigneur ne fit plus d’objection. Il remonta à cheval, et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison. L’échelle était placée. Le seigneur voulut y monter tout de suite. — ” Non pas, dit son compagnon, il y a là un piège, laissez-moi monter le premier, afin que vous n’y soyez pas pris.
Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau.” Quand il les eut, il s’élança vers l’échelle, et pénétra dans la maison, par la fenêtre ouverte. Au même instant, on entendit un cliquetis d’armes, des menaces, des cris de colère, des coups, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d’épée, tombait au pied du mur.

Il se releva cependant, et dit au seigneur tout hors de lui : “ Vite ! vite à cheval, et sauvons-nous ! ” Lorsqu’ils furent à quelque distance, le ressuscité dit : ** Avez-vous vu maintenant ? Avez-vous compris la belle réception qu’on voulait vous faire ?
Le mari vous attendait pour vous tuer, à coups d’épée. Dites-moi, s’il avait réussi, où serait allée votre âme? Remerciez donc la Mère des miséricordes, qui vous a délivré, à cause de votre fidélité à dire le chapelet tous les jours. Vous devez aussi remercier les âmes du purgatoire, qui vous rendent aujourd’hui ce que vous avez fait pour elles. Changez de vie et apprenez à craindre Dieu.” Comme il finissait ces paroles, l’inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, déclare qu’il a été miraculeusement envoyé de l’autre vie pour l’empêcher d’être tué et précipité en enfer. Une minute après, ce n’était plus qu’un cadavre.

Quant au seigneur, il est facile de deviner dans quels sentiments il rentra chez lui. Le cœur tout bouleversé, il fit le sacrifice de sa vie à Dieu ; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence. Aux oeuvres de piété et devînt un modèle de sainteté.
Voilà une bien belle récompense pour ces deux faibles dévotions à la très sainte Vierge et envers les âmes du purgatoire ! Que ce trait nous encourage fortement à les pratiquer de mieux en mieux, durant toute notre vie.

Si les âmes du purgatoire ne nous sauvent pas ainsi de la mort et de l’enfer, elles nous rendront bien d’autres services, qui vaudront mille et mille fois plus que tout ce que nous aurons fait pour elles.


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104e APPARITION

Au jugement, nous rendrons compte de toutes nos pensées, paroles, actions, omissions, etc. Qui ne tremblerait à l’idée de ce terrible jugement, que nul ne pourra éviter? Faisons-nous de zélés intercesseurs, en priant et en communiant pour les défunts.

Faisons dire des messes pour eux. An Amérique, au commencement de 1860, le bruit courut qu’une âme du purgatoire était apparue à un religieux, afin de réclamer ses prières. Aussitôt, les mauvais journaux publièrent, à ce sujet, des plaisanteries et des impiétés.

Le vénérable Wimmer» affligé de ces scandales, publia, le 26 février 1860, la déclaration suivante : “ Voici la vérité : dans notre couvent de Saint Vincent, près de Latrombe, le 18 septembre 1859, un novice a vu apparaître un père bénédictin. Cette apparition s’est renouvelée chaque jour, depuis le 18 septembre jusqu’au 19 novembre, soit de onze heures à midi, soit de minuit à deux heures du matin.

Le 19 novembre seulement, le novice a interrogé l’Esprit. En présence d’un autre père, sur ce qu’il demandait. L’esprit a répondu qu’il souffrait depuis Soixante-dix-sept ans, pour n’avoir pas dit sept messes d’obligation ; qu’il était déjà apparu à diverses époques, à sept autres bénédictins ; qu’il n’avait pas été écouté ; qu’il serait obligé d’apparaître encore dans onze ans, si lui, le novice, ne venait pas à son secours.

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L’esprit demandait que ces sept messes fussent dites pour lui. De plus, le novice devait, pendant sept jours, demeurer en retraite et garder un profond silence ; en outre, pendant trente-trois jours, il devait réciter, trois fois par jour, le psaume Miserere met, Deus..., les pieds nus et les bras élevés au ciel. Toutes ces conditions ont été remplies, à partir du 21 novembre jusqu’au 25 décembre.

L’esprit s’était montré encore plusieurs fois, exhortant le novice, dans les termes les plus touchants, à prier pour les âmes du purgatoire, disant qu’elles souffrent affreusement et qu’elles sont profondément reconnaissantes envers ceux qui les secourent. L’esprit a ajouté, chose bien triste, que des cinq pères qui sont déjà morts dans notre couvent, aucun n’est encore au ciel ; que tous souffrent en purgatoire»

Tout ceci est exact. » Préparons-nous donc, avec tremblement, à ce sévère jugement de toute notre vie ; et si nous voulons être secourus en purgatoire, secourons nous-mêmes ceux qui souffrent et qui espèrent en notre charité.

Mais le mieux, c’est de si bien vivre, que nous puissions aller au ciel en mourant. Nous le pouvons, si nous le voulons. Nous n’avons qu’à éviter le mal, ou à le réparer convenablement.


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105e APPARITION
Le pape Benoit VIII était rempli de bienveillance pour saint Odilon et son monastère de Cluny. Il aimait surtout en lui sa dévotion aux âmes du purgatoire. Ce saint, en effet, ne se contentait pas de prier et de faire pénitence pour elles, ils les recommandaient à tout le monde. On croit que c’est à lui qu’est due la fête des morts, du 2 novembre. Benoit VIII accordait toutes sortes de précieuses faveurs à saint Odilon, et payait ses dépenses, quand il allait à Home. Il en fut bien récompensé après sa mort.

Quelques jours après qu’il eût été enseveli, il apparut à Jean, évêque de Porto, et lui ait qu’il était condamné à un terrible purgatoire ; mais qu’il espérait être soulagé par Odilon, si on lui faisait connaître ses tourments.

“ Je vous supplie donc de lui apprendre ce que je viens de vous dire. » A peine saint Odilon l’eut-il appris, que non content de ses propres prières, il commanda à tous les religieux de son monastère, de faire de grandes mortifications et beaucoup de prières pour le pape Benoit. Il fit faire la même chose dans les autres monastères, et tous se mirent à prier et à dire des messes.

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Edelbert, économe du couvent, répandit aussitôt de grandes aumônes, en faveur de l’âme du pape défunt. Après quelques jours, ce même Edelbert eut une vision : il lui sembla qu’il voyait entrer dans le monastère un personnage de belle et vénérable apparence, couvert d’un brillant manteau, couronné des plus belles pierres précieuses et de diamants magnifiques ; il était accompagné de beaucoup d’hommes vêtus de blanc.
Ce personnage se dirigea tout droit au siège de saint Odilon, comme pour lui rendre grâce, à lui et à sa communauté. Edelbert était très étonné de ce spectacle, et désirant savoir quel était ce vénérable personnage, il entendit une voix lui dire : “ Celui-ci est le pape Benoit, délivré du purgatoire par les prières de votre monastère et par celles d’Odilon.

Avant de monter au ciel, il a voulu venir vous témoigner sa reconnaissance, et vous assurer qu’à son tour, il ne vous oubliera pas devant Dieu. ” Puis tout disparut.
On ne peut donc pas douter qu’on sera très bien récompensé de tout ce qu’on aura fait pour le soulagement des âmes du purgatoire.

Que cela nous encourage à faire tout notre possible pour leur venir en aide : nous serons si heureux de l’avoir fait, quand, à notre tour, nous aurons besoin de soulagement.


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106 APPARITION

L’ange Raphaël, envoyé au jeune Tobie, lui recommanda l’aumône et le soin des morts. On lit, à ce sujet, un fait très intéressant, dans les annales des pères Augustins-Déchaussés. Lors de la fondation du couvent de Sainte-Marie, à Anersa, le père Hilarion-de-Saint-Antoine, religieux de grande vertu, qui présidait aux travaux, s’était retiré dans un hospice, près de l’église de Saint-François, où il célébrait la messe tous les matins.

Un jour, un bon laïc, du nom de Jean-Baptiste, employé lui-même à la construction, voulut le servir à l’autel ; il y communia pour les âmes du purgatoire. Hilarion l’invita à son modeste repas, et Jean-Baptiste accepta. Comme il entrait à l’hospice, il trouva, dans la cour intérieure, un jeune homme d’agréable aspect, richement vêtu, qui demanda à parler au P. Hilarion, sur un sujet important.

Celui-ci descendit vers lui et le jeune homme lui demanda, pour l’amour de Dieu, de lui donner à manger des aliments de sa table. Cette demande étonna le religieux, parce que celui qui la faisait paraissait plus en état de faire l’aumône qu’il mettait son pain.
Le premier pain qu’il en tira était le meilleur. Il eut la pensée d’en prendre un moins bon, mais il se dit : “ Pourquoi ne pas donner celui-ci ? Celui qui donne aux pauvres prête à Dieu.

Qui sait si ce beau jeune homme, qui est entré là, toute porte étant fermée, n’est pas un ange de Dieu ? ” Il prit donc le plus beau pain, y ajouta la meilleure partie de son repas, et lui envoya le tout, en le faisant prier de l’excuser de ce peu de chose, qui était cependant ce qu’il avait de mieux.

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Dès que Jean-Baptiste eût porté ces provisions, le père et lui se mirent à dîner ; mais sans manger beaucoup. Ils étaient inquiets, ne comprenant pas comment cet étranger, d’un air si distingué, avait pu entrer dans cette cour parfaitement fermée. “ Il est si beau disait le religieux, que ce pourrait être un ange envoyé du ciel. —

Et pourquoi, ajoutait Jean-Baptiste, ne serait-ce pas aussi bien une âme du purgatoire ? ” Quand on jugea que le jeune homme devait avoir fini de dîner,
Jean-Baptiste descendit pour le saluer et s’informer de lui. L’étranger se leva à son approche et lui dit : “ Eh bien ! mon frère, rendons grâce à Dieu : récitons (prions) un Pater et un Ave en faveur des âmes souffrantes.”

Et aussitôt, se mettant à genoux, il joignit les mains, leva les yeux au ciel, et récita ces deux prières avec une admirable piété.

Puis il se dirigea vers la il ajouta : “ Allez dire au père Hilarion que je suis son père. Qu’il cesse de prier pour moi : je n’ai plus besoin de rien ; je monte au ciel à l’instant même.” Et il s’évanouit, comme un brouillard dissipé par le soleil. Jean-Baptiste restait cloué à sa place, par l’étonnement et l’émotion. Il essaya d’appeler le P. Hilarion ; mais il ne pouvait plus parler.

Le religieux, étant descendu voir ce qui pouvait tant le retarder, il le trouva étendu sans connaissance. Il eut bien de la peine à le faire revenir, et ce ne fut pas sans une extrême émotion, qu’il entendit le récit de cette apparition.
Avec Jean-Baptiste, il bénit le Dieu de miséricorde, qui avait daigné faire un si consolant miracle, où l’âme de son père s’était fait voir avec quelque chose de la beauté des élus. Quelle fut la joie du P. Hilarion d’avoir été si généreux pour son bien-aimé père !
Il conserva précieusement les assiettes dont le défunt s’était servi. Les mêmes chroniques rapportent que la personne qui payait la construction de ce couvent, ayant un fils mourant, on lui fit prendre un léger aliment sur l’une de ces assiettes, et qu’il fut instantanément guéri.
Ne succombons pas à la tentation de donner en aumône ce que nous avons de moindre, ou en trop petite quantité. Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu. Imitons le P. Hilarion; donnons ce que nous avons de mieux ou en quantité suffisante, selon nos moyens, et tôt ou tard, nous nous réjouirons, comme lui, de l’avoir fait.

FLEUR


À SUIVRE…..


 

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