♥ SAINTE PHILOMÈNE ET LE SAINT CURÉ D’ARS…UNE BELLE HISTOIRE VRAIE !!! ♥ Mais quand même Philomène sut bien toucher ce ♥ cœur de pierre…♥


Catherine Lassagne, director of I'ancienne Providence

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Vers la fin de juillet 1838, Catherine Lassagne était à toute extrémité. Le médecin, M. Timécour, de Trévoux, déclara qu’elle était perdue. On songeait déjà à préparer tout ce qu’il fallait pour les funérailles. Mais M. le Curé pria sainte Philomène pour elle. Le saint homme était bien angoissé: que deviendrait sans cette directrice dévouée l’œuvre nécessaire de la Providence?… 

Tout à coup, l’agonisante rouvre les yeux. « Je suis guérie, s’écrie-t-elle... Je veux me lever. » Elle se lève en effet et se jette à genoux devant une image de sainte Philomène. La fièvre avait complètement disparu. La veille, au chevet de la mourante, M. le Curé avait fait pressentir cette guérison, qu’il semblait toutefois trouver un peu tardive. « Je gronderais presque sainte Philomène, disait-il. Je suis tenté de lui reprocher la chapelle que j’ai bâtie en son honneur. »

Si de notre part une telle réflexion n’était irrespectueuse, ne pourrait-on dire que « la chargée d’affaires » du saint Curé fut quelquefois assez embarrassée? On lui demandait d’intercéder pour la guérison des corps. La guérison était obtenue, et voici ce qu’elle entendait dire à son grand ami d’Ars:

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« J’ai bonne envie (confiait-il un jour à Catherine Lassagne) de défendre à sainte Philomène de faire des miracles pour les corps. Il faut qu’elle guérisse surtout les âmes. Ce pauvre cadavre, qui doit pourrir, n’est pas grand-chose. – Mais, répliquait Catherine, elle ne vous écoutera pas. » Et lui de répondre en souriant: « Oh! Si, elle fait bien à peu près ce que je veux. »

Seulement, il y avait des variations dans les volontés du Curé d’Ars; si bien que sa petite Sainte et lui n’étaient pas toujours parfaitement d’accord: Philomène opérait-elle coup sur coup des prodiges, l’humble prêtre trouvait qu’il y en avait trop. Mais, par contre, cessait-elle de guérir les corps pour s’occuper sans doute uniquement des âmes–- comme elle en était priée – M. Vianney ne tardait pas à s’en plaindre.

Une jeune fille de douze à quatorze ans, rapporte l’abbé Raymond, avait perdu l’usage de ses jambes à la suite d’une fièvre typhoïde. Elle vint à Ars et communia, assise sur une chaise, à la messe que M. le Curé célébrait dans la chapelle de sainte Philomène. Après la communion, la jeune fille se lève, se jette à genoux et s’écrie: « Je suis guérie! » Un mouvement se produisit parmi la foule. M. Vianney ne s’en aperçut pas et, pendant qu’il était à la sacristie, occupé à signer des images, je lui dis: « Il y avait bien longtemps que sainte Philomène se reposait. – C’est pour cela, me répondit-il, que, pendant la messe, je l’ai grondée en lui disant: ‘Grande Sainte, si vous n’accomplissez plus de miracles, vous allez perdre votre réputation.' »

« Moi, je ne fais pas de miracles »

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Pratiquement, on le voit, les miracles dépendaient de la prière du saint Curé. Il déclarait lui-même « n’avoir jamais rien demandé par l’intercession de sa petite Sainte sans avoir été exaucé ». Mais c’est en vain qu’il se défendait tant qu’il pouvait d’avoir une part quelconque en ces prodiges. « Malgré cela, on avait autant de confiance en ses prières, à lui, qu’en l’intercession de sainte Philomène. »

Il avait beau dire: « Il y a tant de Saints et de Saintes dans notre église!..? Moi, je ne fais pas de miracles… Je ne suis qu’un pauvre ignorant qui a gardé les moutons: c’est le bon Dieu et sainte Philomène qui font tout cela. » On ne le croyait plus autant que les premiers temps.

Un pénitent et ami du serviteur de Dieu, Jean-Claude Viret, de Cousance (Jura), a raconté, avec sa naïveté de paysan, dans un vieux cahier déchiffré à grand-peine, comment il embarrasse M. Vianney et quelles réponses il en reçut. « Un jour, raconte-t-il, mon confesseur de Cousance me prie de demander au saint Curé d’Ars ce qui se faisait d’extraordinaire dans sa paroisse.

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« Mais que se fait-il d’extraordinaire dans ma paroisse?

– Mon Père, on m’a dit là-dessus bien des choses.

– O mon enfant, il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte.

– Eh bien, mon Père, quand je serai à Cousance, je dirai donc qu’il ne se fait rien dans votre paroisse.

– En ce cas, mon enfant, vous mentirez. Il ne faut pas.

– Dites-moi donc, s’il vous plaît, ce que je dois rapporter à mon confesseur.

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– Vous lui direz qu’ici tout se fait par l’intercession de la Très Sainte Vierge et de sainte Philomène. Il se guérit des sourds, des muets, des aveugles, des paralytiques, des possédés. Il se fait des miracles et des conversions tous les jours, et des fois, il s’en fait plusieurs. Mais ce n’est que par l’intercession de la Très Sainte Vierge et de sainte Philomène. Impossible de lui tirer autre chose.

« Voici ce qui m’est arrivée à moi-même, racontait l’hôtelier d’Ars, François Pertinand. J’avais pris une maladie grave qui avait causé une enflure considérable, au point qu’elle atteignait la poitrine. On me mena soigner à Ville franche. Les médecins déclarèrent que le sang était vicié et qu’il n’y avait plus de remède. Là-dessus, mes parents voulurent absolument me ramener à la maison. M. le Curé vint me voir.

Il me dit que je n’avais pas pour deux jours de vie, mais que si je voulais avoir confiance et suivre ses conseils, je guérirais. ‘Si tu fais, me dit-il, une neuvaine à sainte Philomène avec moi et avec tes parents, à la fin tu iras à Fourvière en action de grâces.’ La chose me parut impossible, mais je me rendis à son avis. Le quatrième jour je me levai, et le neuvième, j’attelai moi-même mon cheval pour me rendre à Lyon avec ma famille. »

Une dame de Marseille, Mme Daumas, atteinte du mal de Pott, commence à Ars une neuvaine en l’honneur de la petite Sainte. Le dernier jour, elle communie dans son lit, de la main de M. Vianney. Mais elle ne ressent aucune amélioration. Elle se désole. « Partez, ma petite, lui dit le saint Curé. – Oh! Non, mon Père je veux rester près de vous, à Ars! – Partez! En restant ici, vous retardez votre guérison. »

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Elle croit à la parole du serviteur de Dieu. On la conduit en gare de Villefranche, d’où on l’embarque pour Marseille. Arrivée là, elle se sent guérie, saute seule du wagon, à la stupéfaction de sa fille qui l’accompagne et de son mari qui est venu l’attendre avec une voiture. Le lendemain, elle gravissait à pied le rude chemin de Notre-Dame de la Garde.

C’était en septembre 1857, rapporte Mlle Marie Robert, de Clermont-Ferrand. M. Vianney faisait à l’église son catéchisme de onze heures. Je le vois encore dans sa petite stalle, à côté de l’autel de la Sainte Vierge. L’omnibus arrive. Soudain, la porte de l’église s’ouvre bruyamment; ce qui nous fait détourner la tête. Trois personnes étaient là, près du bénitier: une femme et un homme, lequel tenait un enfant dans ses bras. M. Vianney, regardant ces nouveaux venus, leur dit en soupirant: « Pauvres gens! Venir de si loin chercher ici ce que vous avez chez vous! Que votre foi est grande! » Puis il continua son catéchisme.

Sur la fin, ayant récité l’angélus, il s’adressa encore d’une voix forte à ce père et à cette mère: « Portez votre enfant à sainte Philomène, là, à gauche! » Les infortunés traversèrent l’église et allèrent s’agenouiller devant la statue de sainte Philomène. Tout à coup on entendit un grand remuement, un bruit de chaises. C’était le père qui s’était évanoui en entendant son fils parler pour la première fois. Ce petit de six ans était paralysé et sourd-muet de naissance. « Joli papa, joli! … » avait dit l’enfant dans le patois de son pays, et il se mit à marcher. « Nous étions venus à Ars, nous expliqua-t-il en pleurant de joie, pour demander la guérison de notre fils qui n’avait jamais parlé ni marché. »

Voici enfin, pour clore cette série de merveilles, un fait où se révèle, peut-être mieux qu’en tout autre, l’action simultanée du Curé d’Ars et de sainte Philomène. L’événement s’est déroulé en mai 1843, au cours d’une maladie très grave qui faillit emporter l’abbé Vianney.

Mme Claudine Raymond-Corcevay, de Chalon-sur-Saône, souffrait beaucoup d’une affection chronique au larynx et aux bronches. Elle ne pouvait prononcer le moindre mot sans éprouver à la gorge une douleur comparable à la brûlure d’un fer rouge. Aussi dût-elle se résigner à communiquer avec son entourage en écrivant sur une ardoise… Enfin, abandonnée des médecins, elle eut recours au thaumaturge d’Ars. Convalescente d’une grave maladie, M. Vianney avait pu ce jour-là descendre à l’église. Mais laissons la parole à la cliente du Saint:

« Je le consultai sur mon état, raconta-t-elle au Procès de canonisation. Il me dit: ‘Mon enfant, les remèdes de la terre vous sont inutiles; on vous en a déjà administré beaucoup trop. Mais le bon Dieu veut vous guérir. Adressez-vous à sainte Philomène. Déposez votre ardoise sur son autel. Faites-lui violence. Dites-lui que, si elle ne veut pas vous rendre votre voix, elle vous cède la sienne!’

« J’allai aussitôt me jeter aux pieds de la petite Sainte et, dès que j’eus fait ma prière, je fus guérie. Il y avait deux ans que je ne parlais plus, six ans que je souffrais cruellement. En retrouvant Mme Favier chez qui j’étais logée, je lus à haute voix devant plusieurs personnes quelques pages sur la confiance en la Sainte Vierge. J’étais vraiment guérie.

« Lorsque je revis M. Vianney, il me dit: ‘Mon enfant, n’oubliez pas l’action de grâces, et trouvez-vous ici pour la fête de sainte Philomène.’ Je fus fidèle à la recommandation. Pendant la messe du 11 août suivant, je chantai d’une voix forte et soutenue un cantique en l’honneur de ma chère bienfaitrice. Après l’office, M. Vianney me félicita d’avoir obtenu, par sainte Philomène, la faculté de chanter aussi bien que de parler. »

« Les âmes plutôt que les corps »

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A la petite Sainte semblait donc réservée dans Ars la guérison des infirmités corporelles. Pourtant, à maintes reprises, son allié dans le miracle la pria « de s’occuper un peu plus des âmes ». Sans doute les prodiges de conversions se produisirent-ils le plus souvent dans la chapelle de Notre-Dame d’Ars. Mais Philomène laisserait-elle toute la besogne à sa Reine des cieux? Le saint Curé ne le pensait pas. Aussi envoya-t-il plus d’un pécheur cherché lumière ou repentir au pied de son humble autel.

Il y fit s’agenouiller un savant géologue de Lyon, M. Maissiat, « professeur d’Arts », un original qui, après avoir fait sa première communion, pieusement, au temps de la Terreur, avait embrassé successivement le mahométisme et le judaïsme, pour devenir tour à tour protestant, spirite, saint-simonien et communiste… Un beau jour – c’était en juin 1841 – il quitta Lyon pour une excursion d’un mois dans les montagnes du Beaujolais. Il rencontre dans la voiture qui le mène à Villefranche-sur-Saône un vieil ami qui, de cette ville, va se diriger sur Ars.

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« Venez avec moi, lui dit cet ami, un croyant de vieille date. Vous verrez un prêtre qui fait des miracles.

– Des miracles! Ricane le géologue, je n’y crois pas.

– Venez, vous dis-je. Vous verrez et vous croirez.

– Eh bien, soit! Va pour une promenade à Ars! »

Le lendemain matin, vers sept heures, M. Maissiat assistait en curieux à la messe de l’abbé Vianney. Celui-ci fixe le pécheur endurci, en passant de la sacristie à l’autel. La messe dite, le Curé d’Ars vient à lui, pose sur son épaule sa main osseuse et le fait venir dans ce coin d’ombre où d’ordinaire se confessent les hommes. Mais M. Maissiat, lui, ne se confessera pas; il le prétend du moins. Toutefois, à la prière de M. Vianney dont le regard le gêne et le domine, il s’agenouille et, en simple narrateur, il raconte à ce vieux prêtre toute la misérable histoire de son âme. « Mon ami, conclut l’homme de Dieu, revenez me parler demain. En attendant, allez devant l’autel de sainte Philomène. Vous lui direz de demander votre conversion à Notre-Seigneur. » L’incroyant s’éloigne sans un mot de protestation.

 ST CURÉ D ARS

Ah! Il ne s’agit plus d’étudier les granits ou les marbres sur les pentes du Beaujolais! M. Maissiat obéit docilement au Curé d’Ars. Sous les regards de la foule, il se rend dans la chapelle de la petite Sainte. On l’observait. Un reste de respect humain le retint là, sans prière apparente, les bras croisés, planté comme un piquet devant l’autel.

 

Mais quand même Philomène sut bien toucher ce cœur de pierre. M. Maissiat sent les larmes qui le gagnent. Pleurera-t-il comme une fillette devant tous ces gens assemblés? Il sort brusquement de l’église. « Oh! Devait-il l’avouer plus tard, qu’il y a de bonheur en de pareilles larmes! »

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Sainte Philomène avait fait son œuvre. Le lendemain, M. Maissiat entendait de nouveau la messe, non en amateur cette fois, mais en chrétien. Plusieurs matins de suite il revint à confesse; enfin il s’inclinait sous le geste pardonnant du saint Curé et il communiait de sa main. « Le bonheur, la paix se peignaient sur son visage. »

Renonçant à son excursion scientifique, le converti de sainte Philomène voulut demeurer dans Ars neuf jours encore, le temps de remercier par une neuvaine sa céleste bienfaitrice. Il revint à Lyon entièrement transformé, et demeura chrétien fidèle. Il travailla même à la conversion de plusieurs amis et mourut deux ans après son voyage d’Ars « dans les plus beaux sentiments que puisse inspirer la piété chrétienne ».

Vers 1851,48 une jeune fille d’Épertuilly, près de Chalon-sur-Saône, Marie Niel, qui avait une sœur extrêmement souffrante, se présenta au confessionnal de M. Vianney. Ses aveux achevés, aussi complets que possible – du moins le croyait-elle – elle demanda au saint Curé la guérison de sa pauvre malade. Elle reçut cette réponse stupéfiante:

« Vous guérirez, mon enfant.Mais, mon Père, ce n’est pas moi qui suis malade; c’est ma soeur!- Vous guérirez. Mais allez près de sainte Philomène. Vous prierez, vous achèverez votre examen de conscience, car votre confession est incomplète. Et puis vous reviendrez. »

Or Marie Niel, sans être une jeune fille scandaleuse, « s’adonnait à la toilette… et elle aimait la danse ». Fendant la foule des pèlerins, elle va s’agenouiller à l’autel de la petite Sainte. Elle prie, s’examine de nouveau et retourne prendre rang au confessionnal.

Son accusation achevée, elle pose une seconde fois à son confesseur la question qui lui tenait le plus à coeur et à laquelle avait semblé se dérober M. Vianney. « Oui, vous guérirez, mon enfant. Mais retournez à la chapelle de sainte Philomène et demandez-lui avec instance qu’elle vous éclaire sur votre état de conscience, car votre confession n’est point complète. Et ensuite vous reviendrez. Je vais prier pour vous. »

Marie Niel « s’en alla de plus en plus troublée. Elle pria cette fois de tout son coeur sainte Philomène de faire la lumière dans son âme. Elle vit clairement alors ce que ses examens superficiels ne lui avaient jamais découvert, et ce fut tout en larmes – les larmes d’une vraie contrition – qu’elle se rangea humblement à la suite des personnes qui attendaient. Or il y en avait beaucoup. Mais M. le Curé, qui « la tenait à l’oeil », lui fit un signe et l’appela avant son tour. Il trouva à ses pieds une véritable pénitente: la frivolité de sa vie, à cette heure, lui était révélée. Après l’avoir entendue, le saint prêtre lui dit: « A présent, mon enfant, vous êtes guérie. »

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Alors il la conseilla sur la vie nouvelle qu’elle allait mener. Cependant, avant de quitter le Saint, elle posa pour la troisième fois la question demeurée sans réponse: « Mais, mon père, ma sœur malade? — Mon enfant, dans un an, votre sœur malade sera guérie. « 

De retour à Épertuilly, « Marie Niel parut toute transformée: elle était méconnaissable ». Non seulement elle aida une de ses cousines, Anne Flèche – auteur de ce récit – à vaincre les obstacles qui la retenaient dans le monde, mais elle-même, quelques années plus tard, entrait chez les Augustines, sous le nom de Sœur Nathalie. Quant à sa sœur malade, elle fut guérie à la date fixée prophétiquement par le Curé d’Ars, c’est-à-dire que, délivrée de toute souffrance, elle s’endormit dans le Seigneur un an après la conversion de la future religieuse.

Le saint directeur avait-il besoin, lui aussi, d’un conseil, il l’implorait de la vierge sage. « Je consulterai sainte Philomène, » disait-il.

 

Les dernières années

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L'IMMACULEE CONCEPTION LE SAINT CURE D'ARS ET SAINTE PHILOMENE

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Jusqu’à l’âge de cinquante-cinq ans, les forces de M. Vianney s’étaient soutenues au-delà de toute prévision humaine. Il n’était plus, il est vrai, à force de fatigues et de pénitences, « qu’une brassée d’os couverts d’une peau ». Les maladies, d’ailleurs, ne lui manquaient pas: il avait des douleurs d’entrailles, des maux de tête continuels; et à ces misères s’ajoutaient de cruelles infirmités. Pourtant il demeurait souriant, actif, toujours épuisé et toujours prêt au labeur des âmes. Mais un jour, force lui fut de s’arrêter.

C’était au début de mai 1843. Tout seul pour un ministère écrasant – le nombre des pèlerins augmentait sans cesse – il eut beau essayer de « faire galoper son cadavre », cette fois il n’y put réussir. Alité malgré lui, il fut vite à l’extrémité et parla de « commencer sa préparation à la mort ». En effet, une pleuropneumonie s’était déclarée. Sur l’avis des médecins – « ils étaient là quatre qui le regardaient mourir » – fut mandé le confesseur de M. Vianney, qui lui administra les derniers sacrements.

Or, « après l’extrême-onction, il fit un voeu à sainte Philomène. Il promit de faire brûler un grand cierge et de faire dire cent messes« . M. Dubouis, curé de Fareins, eut la faveur de célébrer la première. « La messe était à peine finie, a raconté Jean Pertinand qui veillait le malade, qu’il s’écria: ‘Mon ami, il vient de s’opérer en moi un grand changement…

Je suis guéri!…’ Ma joie fut profonde. Je restai convaincu que M. Vianney venait d’avoir une vision, car je l’avais entendu murmurer plusieurs fois le nom de sa chère protectrice, ce qui me porta à croire que sainte Philomène lui était apparue, mais je n’osai pas l’interroger. »

En retour de tant de bienfaits connus et inconnus, le Curé d’Ars eut envers cette Bien-Aimée toutes les délicatesses de la reconnaissance. Et d’abord il propagea tant qu’il put sa dévotion. « Il inspira aux âmes, dit le Bréviaire romain, une tendre piété à l’égard de la bienheureuse Philomène. »

Le Curé d’Ars n’aurait-il pas son ex-voto, à lui? Ne laisserait il pas, après soi, quelque preuve éclatante de son affection exquise, de son immense gratitude? Ce dessein lui tint longtemps à cœur; la mort seule l’empêcha de l’accomplir. L’humble chapelle qu’il avait élevée à Philomène ne suffisait plus à sa reconnaissance; « il projetait, avant de mourir, de faire construire en son honneur un splendide sanctuaire ».

Seulement, il pressentit qu’il n’en verrait pas la première pierre. Aussi, en ses derniers jours, priait-il les missionnaires d’élever cette église nouvelle, tandis que, parmi les sanglots de tous, il traçait ces lignes d’une main tremblante: Je prierai le bon Dieu pour ceux qui m’aideront à bâtir une belle église à sainte Philomène pour mille f 1000 f Jean M B Vianney curé d’Ars, 2 avril 1859.

Personne ne contestera, après avoir lu ces pages, qu’à lui seul Jean-Marie-Baptiste Vianney a travaillés autant, sinon plus, pour la gloire de Filumena que tous les autres ensembles. Il l’a honorée constamment, aimée profondément.

Sans quitter sa pauvre et obscure église, il a fait connaître et invoquer dans tout l’univers la jeune vierge des catacombes. Bien plus, lui-même est devenu une preuve vivante, tangible, de l’existence et de la sainteté de cette enfant. Qui osera prétendre jamais qu’un faiseur de miracles, qu’un sage, qu’un Saint comme le Curé d’Ars ait pu vivre dans une illusion continuelle; qu’un homme qui lisait dans les coeurs n’ait pas en son propre coeur découvert cette erreur, ce mensonge?

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 Il se montra toujours homme de parfait bon sens, d’entière loyauté; il pratiqua la verra de prudence à un degré héroïque – son procès de béatification en fait foi – et, après avoir cru lui-même à des visions purement imaginaires, il aurait engagé des millions d’âmes à prier une vierge martyre indigne de ce nom, bien plus une sainte inexistante?

Non, il ne connaissait pas Ars, l’écrivain qui avait l’audace de tourner en dérision « une prétendue sainte Philomène, qui n’est en réalité ni sainte, ni martyre, ni Philomène! »

Après les décisions des Souverains Pontifes, le zèle si fervent, la dévotion si affectueuse de Jean-Marie Vianney envers sa chère petite Sainte impriment à son culte un cachet d’authenticité décisif et définitif. Pour reprendre le mot si heureux et si juste de saint Pie X, « le grand argument en faveur du culte de sainte Philomène, c’est le Curé d’Ars ».

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POURSUIVRE LA LECTURE…..D’autres grands amis de l’enfant martyre
http://maranatha.mmic.net/Philomene.html

 

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