*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (14)*En jetant de l’eau bénite sur le livre que je lisais qui déplaisait aux démons…j’ai réussis à les faire fuir*


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107e APPARITION

 Les annales des Pères Capucins contiennent beaucoup de traits admirables. En voici un : Le frère Antoine Corso fut fort célèbre par ses austérités. Il ne se contentait pas d’observer la règle, si dure, de S. François d’Assise ; mais y ajoutait d’autres mortifications si terribles, qu’on ne croirait pas le corps humain capable de les supporter sans miracle.

Durant de longues années, il porta un cilice de crin, avec les pointes tournées en dedans et qui le piquaient partout à la fois, nuit et jour. Durant toute sa vie, il ne mangea que du pain et cinq onces de figues par jour, ne but que de l’eau.

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Dans sa vieillesse, il mit les figues de côté. Chaque nuit, il ensanglantait son corps à coups de fouet. Le démon, jaloux de ses mérites, essaya en vain, plusieurs fois, de le modérer. Comme S. Pierre d’Alcantara, par de perpétuelles veilles, jeûnes, flagellations et autres austérités, il ne donnait pas de repos à son corps et était souvent enlevé de terre dans d’admirables extases. Après une telle vie, ses confrères croyaient que son âme avait été portée en paradis par les anges !

 

 Cependant, elle eut son moment de purgatoire. Dès après son heureuse mort, il apparut a l’infirmier du couvent, nommé Jean, qui lui demanda s’il ne se réjouissait pas d’avoir changé une vie de souffrance pour le paradis. — “ Grâce à la divine bonté, répondit l’âme, mon salut est assuré ; mais, pour une faute de ma vie, j’ai été en grand péril d’aller en enfer.

 

Je suis condamné à me purifier entièrement dans les peines du purgatoire — Comment, reprit l’infirmier, vous, dans le purgatoire, après toute une vie de si terribles pénitences ! Qu’allons-nous donc devenir, nous, si imparfaits ? — Ma faute, dit l’âme, a été un manquement à mon voeu de pauvreté.

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Quand on a fondé le couvent de Saint-Joseph, je me suis caché des provisions meilleures que celles qu’exige notre règle. Je ne croyais pas mal faire ; mais j’aurais dû m’instruire de mes obligations, afin de les remplir. — Mais, dit l’infirmier, votre purgatoire est-il bien dur ? — Je ne souffre à peu près que de la privation de la vue de Dieu ; mais c’est le plus cruel de tous les supplices, répondit le défunt ; il est insupportable ; car, aussitôt qu’on a vu Dieu, tout ce qui nous tient éloigné de lui est un ineffable tourment.

Heureusement que ma peine va être courte et que je vais bientôt être auprès de lui.” Hélas ! S’il faut aller en purgatoire, après une telle vie, à quoi ne devons-nous pas nous attendre ?


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108e et 109e Apparitions

  Les sacrements sont des réservoirs inépuisables de grâces et de sainteté ; des canaux intarissables de tous les biens spirituels les plus précieux. Ceux qui veulent se sauver, en les négligeant, ressemblent à ces malades insensés, qui veulent se guérir sans prendre de remèdes.

 L’indifférence envers les sacrements est punie très sévèrement après la mort. Nous en voyons d’abord un exemple dans une religieuse, puis dans un ecclésiastique. En 1589, au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence, mourut une religieuse très estimée de ses soeurs, qui se fit bientôt voir à sainte Madeleine de Pazzi, pour demander d’être secourue dans le rigoureux purgatoire auquel elle était condamnée.

La sainte était en prière devant l’autel du Saint-Sacrement, lorsqu’elle aperçut la défunte, agenouillée au milieu de l’église, avec un aspect assez étrange : elle avait un manteau de flammes qui la consumaient, à l’exception de la poitrine, que protégeait un voile pendu à son cou.

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Madeleine s’étonnait de voir une de ses soeurs dans ce tourment : elle lui demanda ce que cela signifiait : “ Je souffre ainsi, lui dit-elle, pour n’avoir pas été assez dévote au Saint-Sacrement, pour avoir communié rarement et avec négligence.

 

Pour cela, la divine justice m’a condamnée à venir, chaque jour, dans l’église du monastère, pour rendre mes devoirs à la sainte Eucharistie ; enfin, j’ai une grande reconnaissance à Dieu, qui m’a donné, en récompense de ma pureté, le voile qui me met la poitrine à l’abri du feu, qui me consume le reste du corps.” Ce récit toucha profondément la sainte, qui se mit à prier, à communier, à faire pénitence pour cette âme, jusqu’à ce qu’il lui fût révélé qu’elle était délivrée.

Madeleine racontait souvent ce fait merveilleux, afin d’exciter au zèle pour la sainte communion. Le châtiment imposé à l’ecclésiastique fut plus douloureux.

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 Il avait trop tardé à recevoir l’Extrême-Onction, malgré son confesseur et ses confrères, qui l’avertissaient du danger de mort où il était, et lui conseillaient de mettre ordre au plus tôt à tout ce qui regardait son salut, afin d’avoir les forces nécessaires contre les dernières et terribles embûches du démon. Épouvanté à cette idée de mourir si tôt, il voulut différer l’Extrême-Onction, craignant que ce sacrement ne hâtât sa fin.

Il n’y avait pas, cependant, le moindre mépris pour ce sacrement ; mais une simple superstition, bien déplorable chez un prêtre ; car elle le privait des grâces nécessaires à son état. Il retarda tant qu’il mourut sans ce précieux secours de l’Église.

Or, pendant qu’on préparait ses funérailles, les fidèles étant réunis autour de son corps, ses yeux s’ouvrirent, et il parla ainsi :

Pour me punir de mes retards et des grâces de purification, dont je me suis volontairement privé, le Seigneur m’a condamné à cent années de purgatoire, à moins que les prières et les bonnes oeuvres des fidèles ne me viennent en aide.

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L’Extrême-Onction rend souvent la santé ; si je l’avais reçue, je ne serais pas mort et j’aurais eu le temps de faire pénitence.” Après ces mots, il referma les yeux pour ne plus les rouvrir. N’imitons pas la religieuse, dans son manque de piété envers le Saint-Sacrement et la sainte communion.

 Au contraire, recevons-la le plus souvent possible, nous souvenant que Notre-Seigneur l’appelle lui-même notre pain de tous les jours. Ne négligeons pas, non plus, les derniers sacrements, dans nos dangers de mort.


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110e APPARITION

 Sainte Catherine fut très puissante devant Dieu.

Elle en eut beaucoup de grâces pour les vivants et les morts. Elle eut aussi beaucoup de révélations sur les âmes du purgatoire. Un jour, étant à prier dans la basilique de Saint-Pierre, à Rome, elle vit venir à elle une femme étrangère, vêtue d’une robe blanche, un voile blanc sur la tête et un manteau noir.

Cette femme s’approcha de la sainte, la salua et l’exhorta à prier pour une âme, sa compatriote. Catherine demanda le nom de cette défunte. “ C’est, répondit la femme, une Suédoise, comme vous. Son nom est Gida, femme de votre frère, qui demande que vous intercédiez pour elle.” Catherine pria l’étrangère de l’accompagner chez sa mère sainte Brigitte, pour lui annoncer elle-même la mort de sa bru.

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Il ne m’est pas permis, dit-elle, de faire cette visite ; je n’ai été envoyée qu’à vous. Vous n’avez point à douter de ce que je vous annonce : un envoyé de Suède, qui vous apporte la couronne d’or que la défunte vous a léguée par testament, afin que vous intercédiez pour elle auprès de Dieu vous confirmera cette nouvelle.”

Puis cette dame disparut. Catherine, surprise de cette disparition subite, demanda aux autres personnes, qui se trouvaient dans l’église, si elles avaient vu où elle était allée. Toutes répondirent qu’elles avaient entendu parler, mais n’avaient rien vu.

 

Catherine se rendit en toute hâte vers sa mère, à qui elle fit part de cette nouvelle et des circonstances extraordinaires dans lesquelles elle lui était parvenue.

Brigitte, souriant avec douceur, répondit que la nouvelle était certaine, que le Sauveur avait daigné la lui faire connaître, à elle-même, pendant sa prière ; que cette mort avait été chrétienne et consolante ; et que l’étrangère, qui lui avait parlé dans la basilique, était la défunte elle-même, à qui Dieu avait permis de venir solliciter leurs prières.

Elle ajoute qu’en reconnaissance de la couronne d’or, souvenir envoyé de si loin, elles devaient, l’une et l’autre, faire tout ce qu’elles pourraient pour cette chère défunte. Le courrier envoyé ne tarda pas à arriver à Rome.

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C’était Ingewald, officier du prince Charles, fils de sainte Brigitte. La couronne était fort belle et fort riche ; la défunte avait coutume de la porter à la cour du roi de Suède. Ce riche don arrivait à propos, car les deux saintes se trouvaient alors sans ressources.

 

Brigitte et Catherine continuèrent à prier, à communier tous les jours, à jeûner, à faire des aumônes, à pratiquer toutes sortes d’austérités, et obtinrent promptement la délivrance de cette âme. La vie de ces deux saintes est remplie de miracles de ce genre, assure leur historien, dont les témoignages ont été scrupuleusement contrôlés. Comme saintes Brigitte et Catherine, prions beaucoup pour les pauvres âmes du purgatoire, et nous serons secourus, à notre tour, comme la défunte Gida. Mais c’est surtout après la mort que nous le serons davantage.


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111e, 112e et 113e Apparitions

 Les prières du prophète Élie étaient, au dire de S.Augustin, comme la clef du ciel. Ces mêmes paroles sont à bon droit appliquées à ces chrétiens pleins de charité envers les âmes du purgatoire.

Parmi eux, sainte Thérèse doit être placée au premier rang ; car ses prières en faveur des défunts, avaient une merveilleuse efficacité. Elle raconte elle-même les efforts du démon pour la détourner d’un si charitable exercice. “ Un jour, dit-elle, je me retirai dans la chapelle pour y réciter l’office des Morts.

 

A ce moment, parut un monstre horrible, qui se plaça tout à coup sur mon livre, en sorte que je ne pouvais plus lire, ni continuer mes prières. Je me défendis par des signes de croix, et l’esprit maudit se retira par trois fois ; mais il revenait me causer le même trouble, dès que je continuais à lire l’office.

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Il m’était impossible de l’éloigner, si ce n’est en jetant de l’eau bénite sur le livre et sur lui. Dès que j’en eus jeté, il prit la fuite avec précipitation et me laissa achever mes prières.

Je les avais à peine finies, que je vis sortir un certain nombre d’âmes du purgatoire : il ne leur manquait que cet office, et c’est pour cela que le démon jaloux voulait m’empêcher de le dire. De tant d’âmes dont le sort me fut révélé, je n’en vis que trois monter au ciel sans aller au purgatoire.”——– Une religieuse de son couvent venait de mourir.

Thérèse, empressée de prier pour elle, vit l’âme sortir de l’église et monter droit au paradis. Une autre fois, elle entendait la messe pour un P. jésuite. Tout à coup, elle vit Notre-Seigneur lui-même prendre l’âme de ce père et l’amener avec lui au ciel. Voyant donc ses prières si bien exaucées, Thérèse s’enflammait d’une ardeur nouvelle pour intercéder en faveur des pauvres âmes.

De plus, elle mettait tous ses soins à répandre cette dévotion dans les monastères de son ordre. ——– Don Bernardin de Mendoza avait donné une maison et un beau jardin, situés à Valladolid, pour y fonder un monastère en l’honneur de la Mère de Dieu. J’ai prié sainte Thérèse de venir le bâtir au plus tôt, comme s’il eut eu le pressentiment de sa mort prochaine.

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Or, cette aumône devait être bien profitable à son âme. Bernardin fut bientôt surpris par une fièvre maligne, qui l’emporta avant même d’avoir pu recevoir les sacrements et d’avoir vu Thérèse. Celle-ci était alors à Alcala. En apprenant cette mort, si rapide, elle se mit à prier pour son bienfaiteur. Notre-Seigneur lui fit connaître que Bernardin était mort en bonnes dispositions, et qu’il serait délivré du purgatoire à la première messe qui serait dite dans le monastère qui devait être bâti sur le terrain qu’il avait donné.

Sainte Thérèse partit tout de suite pour Valladolid, afin de commencer la construction de ce monastère; mais elle fut obligée de s’arrêter à Avila et d’y rester plusieurs jours. Comme elle s’y tenait, un matin, en prière, Notre-Seigneur la pressa lui-même d’aller bâtir le monastère de Valladolid, afin que la pauvre âme fût délivrée au plus tôt.

Elle s’y rendit sans retard et fit commencer la construction.

Mais, voyant que cela prendrait du temps, elle obtint de l’évêque l’autorisation de construire une petite chapelle temporaire â l’usage de quelques soeurs, qui l’avaient accompagnée.

Au bout de quelques jours, le P. Julien y dit la messe. Au moment de donner la sainte communion à Thérèse, il la vit en extase, comme cela arrivait souvent, à ce moment-là.

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C’était l’âme du défunt, qui lui était apparue inondée de joie divine, brillante comme le soleil, et prenant son vol vers le ciel. Elle ne cessa de bénir le Seigneur pour cette grâce, qui lui était aussi précieuse que si elle eût été faite à elle-même.

Voilà comment fut récompensé Bernardin, pour son aumône. S’il nous est possible, faisons-en nous aussi, et nous nous en réjouirons, au moins à notre mort. De plus, prions beaucoup afin d’expier nos péchés ici-bas, au lieu d’attendre d’aller s’en faire purifier dans les terribles feux du purgatoire.


À SUIVRE…..


 

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