*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (17)*Notre-Seigneur lui dit un jour :“Va chez les Franciscains et recommande-leur, de ma part, de se souvenir des âmes du purgatoire, qui sont, en ce moment, en nombre incalculable, parce qu’il n’y a presque personne qui prie pour elles »


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130e et 131e Apparitions

Saint André Avellin était très dévoué aux âmes du purgatoire, et faisait son possible pour les soulager. Quelquefois, en priant pour un défunt, il ne sentait aucune dévotion, tandis que lorsqu’il priait pour d’autres, il avait la piété d’un ange. Il comprit que ce manque de ferveur signifiait que le défunt était damné. De même aussi, quand il voulait dire la messe pour un défunt, si ce défunt était en enfer, il sentait comme une main qui le retenait dans la sacristie.

Le père Solaro, du même ordre religieux que S. André, était à l’agonie. Ceux qui l’assistaient entendirent dans sa chambre, du bruit et de l’agitation comme si plusieurs personnes combattaient l’une contre l’autre.

Ils redoublèrent alors, pour lui, leurs prières, estimant que le mourant avait à supporter une terrible lutte contre les démons ; quelques-uns coururent dire la messe pour obtenir à leur pauvre confrère, le succès dans ce combat, d’où dépendait son salut.

Aussitôt après la mort de Solaro, le bruit cessa ; mais non pas les craintes des religieux. S.André était alors en prière : il en sortit au bout de quelque temps et s’empressa de venir les consoler, en les tirants d’inquiétude.

L’âme du P. Solaro lui était apparue ; elle lui avait dit, qu’en effet, elle avait eu à soutenir une bataille mortelle avec les esprits infernaux, qui la voulaient perdre, à ce moment suprême ; mais que ces horribles démons, ne trouvant point en elle les péchés qu’ils y cherchaient, avaient été obligés de s’enfuir honteusement, laissant le malade achever, dans la paix, son passage de cette vie à l’autre.

L’âme avait dû ensuite rester quelques heures en purgatoire, pour l’expiation de quelques fautes légères ; mais bientôt, les prières de ses confrères l’avaient délivrée et elle était montée glorieuse au ciel. Cette nouvelle fut, pour toute la communauté, une grande consolation.

Peu de temps après, S.André mourut lui-même. Madeleine Barona, religieuse à Naples, Italie, ayant appris cette nouvelle, passait la nuit à prier devant le très Saint-Sacrement, pour ce père, au cas où il pourrait être en purgatoire.

Tout à coup, elle voit venir à elle, d’un air extraordinaire, une abeille, qui se mit à voltiger autour de sa tête, en faisant entendre un très agréable murmure; puis elle se posa sur son livre de prières, d’où elle ne s’envola qu’au moment où il allait être fermé. En même temps, Madeleine se sentit remplie d’une joie si vive, si inexplicable qu’elle comprit que l’abeille, qui avait si extraordinairement paru et disparu, devait être l’âme d’André s’envolant au paradis. Imitons S. André Avellin dans sa grande dévotion envers les âmes du purgatoire, laquelle plaît tant au bon Dieu.


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132e et 133e Apparitions

Moïse, par ses prières, sauva bien des fois les Juifs de l’extermination. Le même miracle de miséricorde s’est accompli bien des fois depuis, soit en faveur des vivants, soit au bénéfice des âmes du purgatoire.

Voici, à ce sujet, un récit raconté par Thomas de Catimpré. Simon Germain, qui avait été d’abord grand seigneur et savant bien connu, puis moine et abbé dans l’ordre des Cisterciens, fut un religieux de vie exemplaire ; mais il avait le défaut d’être trop sévère envers ses religieux. Il était en relation de spiritualité avec la pieuse Ludgarde, qui lui rendit service, surtout après sa mort. Germain mourut et fut condamné par la divine justice à expier son zèle

Trop dur dans les flammes du purgatoire.

En apprenant cette mort, Ludgarde en éprouva une vive peine, et craignit que ses rigueurs ne lui fussent une source de souffrances, avant d’entrer en paradis. C’est pourquoi elle se condamna à des jeûnes, prières et mortifications, afin d’obtenir du Seigneur qu’il ne se montrât pas trop sévère envers son serviteur.

Notre-Seigneur lui apparut et lui dit : Ayez courage, j’aurai égard à votre intercession. Avant peu, Simon sera délivré de ses peines. — Seigneur, répondit-elle, que toutes les consolations que vous me destinez soient reportées sur cette âme souffrante : car je ne cesserai de gémir et de me lamenter jusqu’à ce que je sache qu’elle est introduite dans la gloire.”

Peu après, Notre-Seigneur apparut de nouveau à Ludgarde, conduisant avec lui l’âme de Simon, entièrement délivrée, et lui dit : “ Soyez en paix : voici l’âme pour laquelle vous priez tant.” A ces mots, Ludgarde se jette à genoux aux pieds de son Sauveur, le front contre terre, l’adorant et le bénissant d’un si grand bienfait.

Quant à l’âme, toute ravie d’allégresse, elle exprimait à Ludgarde sa gratitude, l’appelant sa libératrice et lui disant que, sans elle, elle aurait eu encore pour onze ans de supplice à endurer. – Après cette apparition, Ludgarde en eut une autre, plus merveilleuse encore. Le vénérable pape Innocent III venait de mourir.

Son âme se fit voir à cette sainte, tout environnée de flammes, et, comme Ludgarde lui demanda qui elle était : “ Je suis, répondit-elle, l’âme du pape Innoncent III. — Quoi, reprit Ludgarde, un si grand et si pieux pontife, notre père et notre modèle! D’où vient ce cruel châtiment? — J’expie, répondit Innocent, trois fautes, pour lesquelles j’aurais entièrement perdu mon salut, si, au dernier moment, la Mère des miséricordes ne m’avait pas obtenu, de son divin Fils, une contrition parfaite.

Mon purgatoire durera jusqu’à la fin du monde, si vous ne me secourez de vos prières. Marie m’a obtenu encore cette autre faveur, de venir vous voir. Ayez donc pitié de moi, je vous en conjure.” La sainte éprouva, de cette révélation, à laquelle elle était loin de s’attendre, une très vive douleur.

Elle assembla aussitôt ses religieuses, leur fit connaître cette apparition et réclama leurs prières, jeûnes, mortifications, communions et messes pour ce grand pape, que l’Église venait de perdre. Chacune s’y employa avec un zèle merveilleux. Mais le pontife ne parut plus.

Le cardinal Bellarmin parle de cette apparition comme d’une chose certaine, et lui, qui était à la fois un saint et un savant théologien, écrit à ce sujet : “ Cette apparition me remplit de terreur, toutes les fois que j’y songe.

En voyant un pontife si digne d’éloges, qui passa pour un saint aux yeux des hommes, sur le point de perdre son âme et condamné aux horribles tourments du purgatoire jusqu’à la fin du monde, quel sera le prélat qui ne tremblera pas de tous ses membres ? ”

On ne connaît pas le3 trois péchés d’innocent III, pour lesquels il faillit être damné, et eut tant à expier. Tremblons, comme le saint Cardinal Bellarmin, sur le sort qui nous attend après notre mort, et, comme lui, vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps.


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134e APPARITION

Malheur à celui qui ne paie pas ses dettes avant de mourir ! S’il n’a pas fait son possible pour les payer, il pourrait bien demeurer en purgatoire jusqu’à ce qu’elles le soient. Dieu ne doit pas volontiers appliquer de suffrages à ceux qui n’ont causé aux autres que des dommages.

L’histoire rapporte plusieurs apparitions de débiteurs, demandant qu’on acquitte leurs dettes. Le F. Augustin d’Espinosa, s. j. s’imposait mille prières, aumônes, jeûnes, mortifications en faveur des âmes du purgatoire. Dieu permit souvent que des défunts lui apparussent, soit pour le remercier, soit pour se recommander à lui.

Un jour, il vit paraître un homme qu’il avait connu fort riche et qui lui demanda s’il le reconnaissait. — “ Sans doute, répondit le père ; je vous ai confessé peu de jours avant votre mort. — C’est bien cela, en effet, reprit le défunt. Je viens, par permission du Sauveur, vous conjurer d’apaiser sa justice. Je ne puis rien moi-même pour cela, et j’ai espéré que vous ne rejetteriez pas mon humble demande.

Pour vous mieux renseigner sur ce qu’il faudrait faire, daignez m’accompagner quelques instants.” Le défunt prend Augustin par la main et le conduit, sans dire un mot, sur un pont peu éloigné de la ville. Là, il s’efface un moment et revient portant une grande bourse pleine d’argent, puis ils retournent tous les deux, au monastère.

Dès qu’ils y furent entrés, le mort remit l’argent au religieux, avec un billet écrit, en lui disant : “ Ce billet vous indiquera à qui donner les sommes que je dois. Il marque aussi les oeuvres que vous ferez faire pour le soulagement de mon âme. Quant à ce qui restera, vous l’emploierez à des choses saintes et utiles.”

En achevant ces mots, le défunt disparut, et le père s’empressa d’aller tout raconter à son supérieur. On fit venir tous les créanciers, et on les paya, et, de ce qui restait, on fit dire des messes pour le défunt. Huit jours s’étaient à peine écoulés, que le mort se présenta de nouveau au P. Augustin, pendant qu’il priait.

Il le remercia de son empressement et de sa charitable exactitude. Il le bénit surtout des messes qu’il avait fait dire en sa faveur, et qui avait servi plus que tout le reste à lui ouvrir les portes du ciel, où il s’envolait, et où il garderait pour lui une impérissable gratitude.

Donc, les débiteurs devraient payer leurs dettes dès qu’ils peuvent le faire. En se contentant d’ordonner, dans leur testament, de les payer, pour eux, après leur mort, ils jouissent du bien d’autrui, pendant leur vie, et ressemblent à ces hideux serpents, à ces vipères, qui ne valent rien qu’après leur mort, où leur venin sert pour certains remèdes.

C’est dans les brasiers du purgatoire, qu’ils verront combien cette négligence est coupable. Ce qu’on donne durant sa vie vaut de l’or ; ce qu’on donne en mourant vaut de l’argent ; mais ce qu’on laisse à distribuer après sa mort ne vaut plus que du plomb.


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135e et 136e Apparitions

Dieu, qui n’aime pas à punir, emploie des avertissements pressants pour retirer les coupables de leur insensibilité. S’ils n’en tiennent pas compte, alors il prend la verge. Voici deux traits qui apprennent à avoir beaucoup d’égard pour les exhortations des personnes saintes.

Le P. Nicholas Zucehi, s. j. avait réussi à faire entrer au couvent, pour se consacrer à Dieu, trois filles de Rome, qui étaient soeurs. La plus jeune avait été recherchée par un cavalier ; mais ne l’avait pas même regardé, étant décidée à se faire religieuse.

Cet homme, néanmoins, ne perdait pas l’espoir de la faire sortir de son couvent. Il l’accablait de lettres galantes, où il la conjurait d’abandonner les tristesses d’un couvent, pour venir goûter, avec lui, les délices de la vie et de la liberté.

Le P. Zucchi l’ayant appris, il suppliait Dieu d’accorder, à cette jeune fille, le courage et la persévérance. Un jour, qu’il se rendait à ses oeuvres de zèle, il rencontra ce cavalier. “ Monsieur, lui dit-il, ayez assez de charité pour ne plus tourmenter une servante de Dieu, et ne vous faites pas le rival de Notre-Seigneur. Songez au salut de votre âme, plutôt qu’à la perte des autres.

Vous paraîtrez avant peu devant Dieu, et c’est alors que vous verrez le prix de la vertu et ce que valent les amours terrestres.” Le jeune homme s’excusa honnêtement, promit de réfléchir à ces conseils et s’éloigna, après un salut respectueux ; mais il continua comme auparavant.

La prédiction du père se réalisa bientôt : le cavalier mourut quinze jours après. Un soir, les trois soeurs étant à prier, la plus jeune se sentit, par trois fois, tirer en arrière, et une voix lui dit : “ Venez tout de suite au parloir.” Quoiqu’elle ne vît rien et fût un peu effrayée, elle prit un flambeau et alla au parloir.

Elle y vit un homme qui s’y promenait à grands pas. — “ Qui êtes-vous, lui dit-elle ; que venez-vous faire ici, à cette heure, et pourquoi m’avez-vous fait appeler ? ” L’étranger, sans répondre, s’approcha davantage, écarta son manteau et la novice aperçoit son ancien amant attaché comme un criminel, par des chaînes de feu, au cou, aux poignets, aux genoux et aux pieds. Puis il s’écria : “Priez pour moi !” et à l’instant même il disparut. Cette âme gémissait dans les supplices du purgatoire, et réclamait des suffrages. Les trois soeurs, et les autres religieuses multiplièrent leurs suffrages pour lui.

Quel bonheur pour ce cavalier, s’il eût écouté le P. Zucchi. Le Père Carraffa général des Jésuites, fut appelé à préparer à la mort un grand seigneur condamné à avoir la tête tranchée. Comme il ne se croyait pas digne de la peine capitale, il fut très difficile de l’amener à une parfaite résignation à une mort si infamante.

Cependant, le père y réussit si bien, que ce seigneur se déclara heureux de subir ce supplice, en expiation de tous les péchés de sa vie, et il cria cette déclaration du haut de l’échafaud.

Tout le peuple fut édifié de ces sentiments si chrétiens.

Dieu eut pour agréable cette soumission à sa divine volonté.

Aussitôt après l’exécution, le P. Caraffa alla voir la mère du supplicié et lui dit que, au moment où la hache avait coupé la tête de son fils, il avait vu Son âme montée triomphante au ciel, où les anges s’étaient empressés de la couronner. Un prêtre était venu lui demander s’il convenait de prier pour ce défunt et de dire des messes pour lui : “ Cela est inutile, répondit le père ; réjouissons-nous plutôt ; car je vous déclare que cette âme n’a pas même passé par le purgatoire !

” Un autre jour, qu’il était occupé à une oeuvre sainte, il s’arrêta tout à coup, changeant de visage et regardant en haut, puis il s’écria, plusieurs fois : “ O l’heureux sort ! ô l’heureuse fortune ! ” Et comme on lui demandait ce que cela voulait dire : “ C’est l’âme du supplicié, répondit-il, qui m’est apparue dans toute sa gloire.” Soumettons-nous-en tout à la sainte volonté du bon Dieu : c’est un excellent moyen d’expier nos péchés, comme on vient de le voir. C’est souvent dur à faire, mais la récompense n’en est que plus sublime. Soyons courageux.


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137e et 138e Apparitions

Lorsque Charlemagne prit la ville de Tunis, il donna la liberté à vingt mille esclaves chrétiens, qui le comblèrent de mille bénédictions.

Les âmes du purgatoire, qu’on soulage ou délivre, sont encore bien plus reconnaissantes, parce que leur captivité est infiniment, plus dure qu’était celle des chrétiens sous les Maures. Sainte Marguerite de Cortone, qui avait été une grande pécheresse, l’expérimenta, comme on va le voir.

Parmi ses principales vertus, après sa conversion, était son extrême charité pour les défunts. Aussi, à sa mort, vit-elle venir au-devant d’elle quantité de ces âmes qu’elle avait délivrées des flammes du purgatoire. La vue de ce consolant spectacle fut donnée à une servante de Dieu, de la ville de Castello, qui en fut ravie d’admiration.

Comme la piété bien entendue envers les morts a pour premier objet les parents, Marguerite se souvint d’abord de ses père et mère. Elle offrait pour eux prières, mortifications, veilles, souffrances, communions, surtout les messes auxquelles elle avait le bonheur d’assister.

Dieu lui fit connaître qu’elle les avait délivrés du purgatoire et envoyés au paradis. Elle pria aussi beaucoup pour sa domestique, nommée Gillia. Un ange se fit voir à elle et lui apprit que cette servante, en considération de ses prières, ne ferait qu’un mois de purgatoire, et que, de plus, quatre anges lui seraient députés pour l’accompagner au ciel.

Ensuite Marguerite pria pour tous les défunts, en général.

C’est pour cela que les apparitions se multipliaient autour d’elle. Deux marchands traversant un pays infesté de voleurs, tombèrent entre les mains d’une troupe d’assassins, qui les tuèrent. Ils apparurent à Marguerite et lui dirent : “ Nous n’avons pu recevoir l’absolution de nos péchés, ayant été surpris.

Cependant, lorsque nos assassins nous conduisaient au fond de la forêt, nous avons eu le temps et la grâce de faire un acte de contrition parfaite. Arrivés au repaire des bandits, nous avons été massacrés sans pitié et nos cadavres furent jetés parmi bien d’autres.

En recevant le coup de la mort, nous avions un parfait regret de nos fautes et nous avons ainsi échappé à l’enfer ; mais nos tourments dans le purgatoire sont affreux. Nous avions commis, dans notre commerce, des mensonges et bien des injustices. C’est pourquoi, servante de Dieu, nous vous supplions de dire à N. et N., nos parents, de faire dire pour nous des messes, afin que nous soyons délivrés de supplices qui nous torturent, avec une rigueur extrême.

Nous vous conjurons aussi de beaucoup prier pour nous.” Pas n’est besoin de dire que Marguerite ne les oublia pas. Elle ne se bornait pas à secourir elle-même les pauvres âmes, elle suppliait les religieux, religieuses et personnes pieuses du monde, de l’aider dans cette sainte oeuvre.

Notre-Seigneur lui dit un jour : “ Va chez les Franciscains et recommande-leur, de ma part, de se souvenir des âmes du purgatoire, qui sont, en ce moment, en nombre incalculable, parce qu’il n’y a presque personne qui prie pour elles. Tu leur diras encore, en mon nom, de mieux garder leur règle de pauvreté, et de ne pas tant se mêler des affaires du siècle, parce qu’une grande punition les attendrait, pour ce péché, dans l’autre vie.”

La sainte fit la commission, et ces avertissements du Sauveur furent reçus avec respect, et conservés dans les archives, à titre d’avertissements divins. Le zèle de Marguerite étant si grand et si fécond, il ne faut point s’étonner qu’elle ait obtenu la délivrance d’une grande quantité de défunts, qui brûlaient dans les flammes du purgatoire ; ni que ces âmes, rendues au ciel, ne soient venues à sa rencontre et lui aient servi de cortège pour monter elle-même au paradis. Prions, nous aussi, pour les défunts et nous ne perdrons pas notre récompense.


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139e et 140e Apparitions

Le véritable amour ne s’éteint point à la mort de la personne aimée ; mais l’accompagne au-delà du tombeau. En voici un bel exemple. La vénérable Catherine Paluzzi, très pieuse fille, avait contracté une intime amitié avec une autre fille, appelée Bernardine. Elles étaient comme deux charbons ardents de l’amour de Dieu. Elles se promirent que celle qui mourrait la première apparaîtrait à l’autre. Bernardine fut bientôt emportée par une maladie mortelle.

A ses derniers moments, Catherine lui dit : “ Je vous demande surtout deux choses : de me faire savoir d’abord où se trouvera votre âme, après le jugement, afin que je mérite pour elle, si elle a besoin de suffrages ; ensuite, si ma vie est agréable à Dieu, pour qui seul je veux vivre et mourir.” La mourante répondit : “ Je n’oublie point mon engagement ; je demanderai la grâce de le tenir; ” après quoi, elle expira dans les sentiments de la plus parfaite et de la plus douce résignation.

Catherine espérait que l’apparition ne se ferait point attendre, et, néanmoins, elle ne perdit pas un moment, ni une occasion de prier pour son amie ; elle ne cessait d’intercéder pour sa délivrance, au cas où elle gémirait en purgatoire. Les semaines succédaient aux semaines, et les mois aux mois, sans que le moindre signe lui fît entendre que son amie songeait encore à elle.

Elle suppliait sans cesse Notre-Seigneur de ne point refuser à Bernardine la permission de venir la voir. Or, juste deux années après sa mort, comme Catherine priait, il lui sembla qu’elle était transportée en esprit dans l’église des Franciscains.

Là, dans un coin, elle aperçut un puits, d’où sortaient d’abord des torrents de fumée épaisse et enflammée, puis une personne enveloppée de ténèbres, qui s’éclaircit peu à peu, se débarrassa de la fumée, et enfin parut brillante, glorieuse, d’une beauté extraordinaire ; à sa rencontre, va aussitôt une troupe d’anges et de bienheureux.

Ce spectacle étonnait fort la sainte, qui, considérant mieux le visage de la revenante, reconnut son amie Bernardine. Toute joyeuse, elle courut au-devant d’elle et lui demanda : “ Comment avez-vous pu être si longtemps sans venir ? D’où sortez-vous ? Comment avez-vous pu rester si longtemps en purgatoire ? Que signifie tout cela ? ” L’âme lui répondit : “ En effet, je suis en purgatoire depuis ma mort ; mais maintenant, je monte au ciel.—

Vous ne me dites point, demanda Catherine, si je suis agréable au Seigneur, dans la vie que je mène, et si cette vie me conduira en paradis ? — Oui, certainement, vous êtes dans le bon chemin, répondit l’âme. Réjouissez-vous: le Seigneur vous aime, et il vous réserve à de grandes choses pour sa gloire. De longs jours vous restent à passer sur la terre, et votre couronne n’est pas encore prête.” En achevant ces mots, l’âme s’envola au paradis, avec la glorieuse troupe venue à sa rencontre, et laissa Catherine ravie de bonheur. Cette sainte amie de Dieu était dévouée à toutes les âmes, en général ; mais surtout à celle de ses parents.

Lorsque son père mourut, elle passa huit jours entiers et sans interruption, en prières, jeûnes, et toutes sortes d’autres pénitences. Elle conjurait Marie de secourir cette âme, qui lui était si chère.

Elle fit offrir aussi un grand nombre de messes, auxquelles elle assista. Après ces huit jours, Notre-Seigneur, accompagné de sa patronne, sainte Catherine de Sienne, lui apparut et la conduisit, par des chemins inconnus, jusqu’en purgatoire : là, elle entendit la voix lamentable de son père, qui, du milieu d’un feu consumant, la suppliait, en gémissant, de continuer, de la même manière, à le soulager jusqu’à sa parfaite délivrance.

A cette vue, à ces cris de douleur, Catherine fut saisie d’une inexprimable angoisse ; les larmes l’aveuglaient. Alors, se tournant vers Notre-Seigneur, elle le supplia de ne point se souvenir de sa justice ; mais seulement de sa miséricorde ; et, s’adressant à sainte Catherine, elle la supplia d’intercéder pour son malheureux père.

Mais, comme elle savait qu’il fallait que les fautes de son père fussent expiées, elle supplia le Seigneur de les lui faire expier à elle-même. Le Sauveur eut pitié du chagrin de sa servante et, jetant sur les flammes son puissant regard, qui commande au ciel et à la terre, à l’instant, elles s’écartèrent et l’âme fut délivrée.

Jésus, la prenant par la main, l’amena avec lui dans la gloire du paradis. Catherine revint alors à elle, et bénit la bonté divine qui avait si promptement exaucé ses prières. Imitons cette sainte ; prions pour les âmes du purgatoire en général ; mais surtout pour celles de nos proches. Si nous ne les délivrons pas aussi promptement, que Catherine délivra son père, nous les soulagerons au moins, en proportion de ce que nous ferons pour elles, et nous les aurons ensuite pour perpétuelles bienfaitrices.


À SUIVRE…………


 

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