L’Anti-Église est là, pourquoi les fidèles catholiques ne doivent pas avoir peur – par le Père Linus Clovis*Extrait–Article du Blog Pierre et les Loups..


Les premiers mots du Pape saint Jean-Paul II, apparaissant sur le balcon de la basilique Saint-Pierre, le jour de son élection le 16 octobre 1978, furent « n’ayez pas peur.  » Aujourd’hui, trente-neuf ans plus tard, à la lumière des événements qui ont pris le contrôle du catholicisme contemporain, ses premiers mots semblent être non seulement prophétiques, mais bien plus : un appel du clairon en préparation de la bataille. [1 Co 14:8]


Chaque fois que le pendule de l’histoire humaine et du salut passe à travers une période de ténèbres et de turbulences envahissantes, Dieu inspire souvent des prophètes pour parler, afin que la lumière puisse resplendir pour dissiper les ténèbres, et que la tourmente puisse être atténuée par l’espérance.

Ces prophètes en ont appelé à plus de confiance en la sollicitude active et affectueuse de Dieu pour son peuple [Jn 3:16]. Ainsi, par exemple, avec des supplications pour avoir confiance en la providence aimante de Dieu, Isaïe [Is 7:10-14] a supplié le roi Achaz de demander à Dieu un signe avant d’agir, et Jérémie [Jr 38-40] a prévenu que Dieu sauverait Jérusalem de la destruction totale seulement si la ville se rendait aux Babyloniens. L’Église elle-même n’a pas été privée des bénédictions de la grâce prophétique, comme le prouve grandement Dieu en suscitant des saints tels que Bernard de Clairvaux, François d’Assise, Catherine de Sienne, Marguerite-Marie Alacoque et, plus récemment, en envoyant Sa Sainte Mère à Lourdes, à La Salette et à Fatima.

Il y a un siècle, Dieu a envoyé la Reine des Prophètes à la Cova da Iria à Fatima, au Portugal, avec un double message pour notre monde contemporain. Tout d’abord, elle a prévenu que le monde était déjà confronté à un péril beaucoup plus destructeur que celui auquel Jérusalem avait dû faire face et, deuxièmement, elle a présenté une solution céleste, plus sage et plus prudente que celle offerte à Achaz, qui avait refusé de demander à Dieu un signe « aussi profond que le Shéol ou aussi élevé que le ciel » [Is 7:11].

Cependant la Vierge, par sollicitude maternelle, a établi la gravité et la véracité de son double message avec une vision et un signe. Le 13 juillet 1917, « aussi profond que le Shéol » a été illustré par une vision perturbante de l’Enfer. Quatre mois plus tard, le 13 octobre, « aussi élevé que le ciel » a été confirmé avec un signe, le miracle étonnant de la « danse du soleil » qui a été observé par plus de soixante-dix mille personnes.

FATIMA

Le 13 octobre 1884, exactement 33 ans avant l’apparition de Notre-Dame à Fatima, le Pape Léon XIII a eu une extraordinaire expérience spirituelle. Il a entendu une conversation entre Dieu et Satan dans laquelle Satan a défié Dieu, en se vantant que si Dieu lui concédait plus de pouvoir sur les prêtres [Jb 1:6 à 2:10], il pourrait détruire l’Église en l’espace de 100 ans. Dieu lui a accordé ce temps pour tester l’Église – en fin de compte pour Son honneur et Sa gloire [1], et aussi pour confirmer que Son Église était en effet construite sur le roc et capable de soutenir les attaques de l’Enfer [Mt 16:18] avec autant de courage que le patriarche Job.

En préparation de cette épreuve, le Pape Léon a immédiatement composé les prières Léonines, avec une invocation particulière à saint Michel Archange, pour la défense et la protection du clergé, et il a ordonné qu’elles soient récitées après chaque Messe.

Consciente que les temps modernes pourraient sombrer dans le désespoir, durant le paroxysme de cette bataille, la Vierge a proposé une stratégie qui, si elle était adoptée, assurerait le salut d’un grand nombre d’âmes. La stratégie exigeait que, pour « apaiser Dieu, qui était déjà profondément offensé », trois conditions majeures devraient être satisfaites, à savoir une réforme de la morale grâce à un plein respect des lois naturelles et divines, la dévotion des Cinq premiers samedis du mois, et la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie.

Ensuite, pour bien montrer jusqu’à quel point l’avenir proche serait dangereux, la Vierge, avec une préoccupation maternelle, a bien averti les gens quelles seraient les conséquences si son message était ignoré : des guerres, la diffusion des erreurs de la Russie, la persécution de l’Église et du Saint-Père. Elle a néanmoins conclu son message avec une lueur d’espoir: « À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera et une période de paix sera accordée au monde ».

Le 13 août 1917, les enfants ont été kidnappés et, sans faute de leur part, ont été incapables de garder leur rencontre avec la Dame. Apparaissant six jours plus tard, la Dame leur a demandé de retourner à la Cova da Iria le 13 septembre, confirmant qu’elle obtiendrait le miracle promis, bien qu’il ne soit pas « aussi grand ».

Cet incident souligne l’importance d’observer toutes les instructions du Ciel exactement [1S 15:22] car la conformité partielle diminue les bénédictions offertes. En 1929, Notre-Dame a spécifiquement promis une période de paix mondiale si le Pape, en union avec les évêques du monde, consacrait la Russie à son Coeur Immaculé. Cette consécration spécifique n’a pas encore été faite et, je crois, cela a contribué à la crise actuelle.

Alors que les bénédictions peuvent suivre une conformité partielle aux demandes du Ciel, ces bénédictions, sans aucun doute, sont là pour nous encourager à nous conformer pleinement. Ainsi, l’Espagne et le Portugal ont été épargnés par la Seconde Guerre mondiale, après que leurs évêques aient consacré ces pays au Coeur Immaculé de Marie. De même, la Seconde Guerre mondiale a été raccourcie, après que le pape Pie XII, même sans la participation des évêques, ait consacré le monde au Coeur Immaculé et, le communisme s’est effondré peu après que le pape Jean-Paul II, avec la participation des évêques mais sans mention explicite de la Russie, ait consacré le monde au Coeur Immaculé.

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Les incertitudes sociales et politiques des années postérieures à la Première Guerre mondiale ont donné lieu à la croissance des deux spectres du nazisme et du communisme jusqu’à la nuit du 25 au 26 janvier 1938, cette fatale « nuit de la lumière inconnue ».

Cette « lumière inconnue » signifiait l’éclatement imminent d’une guerre encore pire qui, selon Notre-Dame de Fatima en juillet 1917, se produirait pendant le pontificat de Pie XI. Cette Seconde Guerre mondiale s’est terminée en 1945 avec la défaite du nazisme, mais la paix n’était pas assurée. En effet, le spectre du communisme maintenant affamé, après avoir englouti la moitié de l’Europe, menaçait grandement d’accroître son expansion territoriale.


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L’Église

L’élection d’un cardinal de la Pologne communiste au deuxième Conclave de 1978 a été une menace suffisante au statu quo, pour qu’une tentative de l’éliminer soit faite le 13 mai 1981. Deux ans avant son élection en tant que Pape Jean-Paul II, Karol Wojtyla, l’archevêque de Cracovie, prononça un message prophétique à Philadelphie, à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance américaine:

Nous sommes maintenant devant la plus grande confrontation historique que l’humanité ait connue. Je ne pense pas qu’une grande partie de la société américaine ou qu’une grande partie de la communauté chrétienne s’en rend vraiment compte. Nous faisons maintenant face à la confrontation finale entre l’Église et l’anti-Église, entre l’Évangile et l’anti-Évangile.

Nous devons être prêts à endurer de grandes tribulations dans un avenir rapproché; des épreuves qui exigeront que nous soyons prêts à abandonner même nos vies, et de faire un don total de soi au Christ et pour le Christ. Grâce à vos prières et aux miennes, il est possible d’atténuer cette tribulation, mais il n’est plus possible de l’éviter… Combien de fois le renouvellement de l’Église a-t-il été provoqué dans le sang! Cela ne sera pas différent cette fois-ci.

Aujourd’hui, quarante ans plus tard, ce discours est d’autant plus sinistrement prémonitoire que, dans le climat mondial actuel, il est difficile de ne pas se rappeler les propres mots de Notre-Seigneur: les hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. [Lc 21:26] À l’heure actuelle, nous sommes dans la crainte et nous éprouvons des souffrances et des incertitudes récurrentes, et tout ceci peut être attribué à la négligence délibérée de l’avertissement de la Vierge.

Il y a un sentiment croissant, même parmi les moins sophistiqués, les spirituellement indifférents et les historiquement naïfs, que quelque chose ne va pas, que quelque chose va casser ou, comme W. B. Yates l’a exprimé avec une élégance poétique:

Les choses s’effondrent; Le centre ne peut pas tenir;
La seule anarchie est relâchée sur le monde,
La marée sanglante est relâchée, et partout
La cérémonie de l’innocence est noyée;
Les meilleurs manquent de conviction, alors que les pires
Sont pleins d’intensité passionnée.
[Yates, W. B., The Second Coming]

Certes, en ce qui concerne l’Église, il semble que le centre ne peut plus tenir. L’autorité pétrinienne a été furtivement si diminuée qu’elle semble ne plus posséder la suprématie du pouvoir judiciaire, mais plutôt seule celle du primus inter pares. On n’a qu’à se rappeler l’interdiction de Paul VI de la Communion dans la main et la désobéissance totale, sinon l’attitude de défi, de plusieurs hiérarchies qui ont forcé sa capitulation, ou encore le tumulte et la dénonciation qui ont suivi sa publication de Humanae Vitae. De même, la déclaration [Inaestimabile donum, N° 18] de Jean-Paul II contre les servantes de Messe a aussitôt été « dé-déclarée » par une interprétation nouvelle et authentique du Canon 230§2 dans le Code de droit canonique. Le Motu proprio de Benoît XVI, Summorum Pontificum, tel un canard boiteux, ne s’est guère mieux débrouillé.

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Peut-être encore plus grave est le sentiment que « les choses ecclésiastiques et catholiques » s’effondrent et qu’une anarchie pastorale a été relâchée sur l’Église. Les manipulations des médias actuels présentent l’office pétrinien comme à peine plus que l’opinion, même la plus insouciante, du titulaire.

Pourtant, même au milieu de cet imbroglio, il semble y avoir un exercice caché du pouvoir, qu’on peut percevoir par ses nombreux effets: réformer le processus d’annulation du mariage sans la consultation habituelle des dicastères romains appropriés; réprimander de manière large et fulminante la Curie romaine dans une allocution de Noël; purger complètement les membres d’un dicastère, ce qui a pour effet d’annuler l’influence de son préfet, qui lui-même s’était fermement opposé aux innovations nuisibles à la fois aux enseignements sur le mariage et aux principes de la liturgie; saper les frères Franciscains de l’Immaculée; et fermer le campus de Melbourne de l’Institut Jean-Paul II. On peut difficilement être blâmé de juger comme Isaac, mutatis mutandis, que « bien que la voix soit de Jacob, les mains sont celles d’Esaü » [Gn 27:22].

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Avec de tels enseignements et soutenu par un pouvoir non-détecté [Lc 4:36], il n’est pas surprenant que les meilleurs manquent de conviction, alors que les pires sont pleins d’intensité passionnée. En effet, le sensus catholicus est troublé, et les voix qui devraient s’élever à sa défense sont silencieuses, tandis que l’esprit des temps n’est pas à court de langues qui proclament des toits [Lc 12:3], ce qui pourrait bien être l’anti-Évangile dont, il y a quatre décennies, le cardinal Wojtyla avait parlé.

 

Cet anti-Évangile est d’autant plus menaçant que le cardinal avait bien dit que nous devrions « être prêts à endurer de grandes tribulations dans un avenir rapproché; des épreuves qui exigeront que nous soyons prêts à abandonner même nos vies, et de faire un don total de soi au Christ et pour le Christ ».

 

L’inquiétude du cardinal Wojtyla nous donne des motifs supplémentaires pour prendre au sérieux le message de Fatima. En août 1931, Notre Seigneur Lui-même est apparu à Soeur Lucie et, Se référant à Son commandement pour la consécration collégiale de la Russie, Lui a ordonné de « faire connaître à Mes ministres que puisqu’ils ont suivi l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de Ma demande, ils le suivront dans le malheur ». [2] Cet avertissement, de même que la déclaration du Cardinal selon laquelle cette épreuve ne peut être évitée, est peut-être ce qui effraie tant de gens. Comme toute émotion, la peur, pour être moralement bonne, doit être réglée par la raison.

(…)

Jean-Paul-II-et-soeur-Lucie

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L’Église et l’anti-Église


 

 

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