L’ANNONCIATION DE LA SAINTE VIERGE MARIE & INCARNATION DU VERBE…. SELON MARIA D’AGRÉDA (mystique)…LE 25 MARS


L'Annonciation

La plénitude des temps étant accomplie dans lequel le fils unique devait s’incarner, Dieu le fit connaître à l’archange Gabriel, non par la voie ordinaire en éclairant l’ange inférieur par le supérieur, mais immédiatement, et lui révéla l’ordre et les paroles mêmes de son ambassade.

Gabriel ayant reçu l’ordre de Dieu descendit de l’empyrée en forme visible accompagné de milliers d’anges. Son visage était d’une rare beauté, ses vêtements d’un éclat admirable, il avait sur la poitrine une belle croix qui annonçait le mystère ineffable de l’incarnation. Il se dirigea vers la pauvre maison de Marie qui avait alors quatorze ans, six mois et dix-sept jours.

Sa taille surpassait celle des autres filles de son âge, elle était bien proportionnée et très belle; sa couleur, son air et ses manières étaient admirables et il ne se trouvera jamais aucune créature qui puisse l’égaler. Son habit était pauvre et modeste, mais propre et d’une couleur approchant de la cendre, l’arrangement et la forme de ses vêtements étaient sans recherche et respiraient la modestie et la décence.

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À l’arrivée de l’archange, elle était dans une sublime contemplation des mystères qu’elle avait vus les jours précédents. Elle souhaitait vivement d’être la servante de cette bienheureuse femme qui devait être la mère du Messie.

L’envoyé céleste entra dans la chambre de l’humble Vierge, accompagné d’une multitude innombrable d’esprits bienheureux; non seulement il empêcha que la Vierge le saluât à son ordinaire, mais s’inclinant lui-même il la salua avec un profond respect et lui dit; Ave Maria gratia plena.

 

À ces paroles Marie se troubla à cause de sa profonde humilité, s’estimant la dernière des créatures, et aussi parce qu’elle ne comprenait pas quelle put être fidèle à son voeu de chasteté et néanmoins être mère. L’archange ayant expliqué les difficultés, la Vierge satisfaite inclinant la tête donna son consentement à l’ineffable mystère de l’incarnation du verbe.

 

Toute absorbée dans la pensée que le Seigneur la voulait pour mère, elle se livra à des actes ardents d’amour et de conformité à la Divine Volonté, son chaste coeur naturellement comprimé par l’ardeur de ses mouvements et de ses affections distilla trois gouttes de sang qui tombèrent dans son sein virginal et le saint esprit en forma le petit corps du sauveur. Ainsi le coeur très pur de Marie par la force de l’amour divin fournit seul la matière dont ce corps fut composé.

 

 Le corps divin de Jésus-Christ fut donc réellement formé au moment où inclinant la tête, Marie les mains jointes prononçait ces paroles; ecce ancilla domini, fecit mihi secundum verbum tuum. En ce moment la très sainte âme du sauveur fut créée et infuse dans ce corps, et la divinité s’unit à l’humanité par l’union hypostatique.

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Tout ceci s’accomplit un vendredi, le vingt-cinq du mois de mars, à l’aurore, à la même heure où Adam avait été créé, trois mille neuf cent soixante ans auparavant.

Au moment où le verbe éternel s’incarnait, les cieux et toutes les créatures donnèrent des signes de respect à leur créateur. Ils témoignèrent d’une rénovation intérieure et d’un changement pour la présence vivifiante du rédempteur de l’univers. Les hommes ne connurent pas ce renouvellement merveilleux, parce que Dieu ne voulut le découvrir qu’aux anges.

Le Très-Haut répandit seulement dans le coeur de quelques justes une émotion et une joie extraordinaire dont ils ne comprirent pas la raison, quoique plusieurs conçussent le soupçon que c’était un effet de la venue si désirée du Messie.

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L’archange saint Michel en apporta la nouvelle aux saints pères des limbes qui en éprouvèrent une émotion plus grande et une joie inexprimable.

L’enfer éprouva aussi l’effet de la venue du Sauveur, car les démons ressentirent une peine et une tristesse inaccoutumées et une force impétueuse du pouvoir divin qui semblable aux flots d’une mer irritée les renversa tous au fond des cavernes, mais ils n’en découvrirent pas la raison.

Dès que par l’opération du Saint-Esprit l’incarnation du verbe fut accomplie dans le sein virginal de Marie, elle fut élevée à une vision intuitive de Dieu où elle comprit avec les plus hauts mystères la signification des chiffres qui lui avait été toujours cachée.

Le divin enfant croissait par la substance de sa mère, comme les autres enfants, mais avec cette différence que la matière dont il était nourri était admirable.

Pour le comprendre il faut remarquer que les actes faits avec ferveur et les affections amoureuses meuvent le sang et les humeurs, et le sang et les humeurs mis en mouvement dans Marie par des actes héroïques et d’une ardente charité envers Dieu, servaient d’aliment au saint enfant.

Ainsi l’humanité du verbe était naturellement nourrie, et la divinité prenait en même temps ses complaisances dans les héroïques vertus que pratiquait la Vierge mère, qui donnait un aliment substantiel par la force du divin amour. Dans la pensée que sa nourriture devait servir d’aliment au divin enfant, elle la prenait avec un si grand amour et des actes si héroïques de vertu que les anges étaient ravis d’admiration de voir la sainte Vierge rendre des actions si communes aussi agréables à Dieu et d’un si grand mérite pour elle.

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Le petit corps du Seigneur au premier instant de sa conception ne fut pas plus grand qu’une abeille, et l’âme auguste et très-sainte qui lui fut unie, exerça aussitôt tous les actes et d’une manière héroïque.

  1. Connaître et voir intuitivement la divinité comme elle est en elle-même et comme elle est unie à la sainte humanité.
  2. Se reconnaître dans son être humain inférieur à Dieu et s’humilier profondément.

III. Aimer Dieu d’un amour béatifique.

  1. S’offrir en sacrifice de salut, acceptant son être passible pour la rédemption du monde.
  2. Prendre possession du lit virginal de Marie et y mettre ses complaisances.
  3. Remercier le Père éternel de l’avoir créée avec de si grands dons et grâces, et de l’avoir exemptée du péché originel.

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VII. Prier pour sa sainte mère et saint Joseph, demandant pour eux le salut éternel. Ces actes avaient un si grand mérite qu’ils auraient été suffisants  pour racheter une infinité de mondes, et l’acte d’obéissance de s’assujettir à la souffrance et celui d’empêcher que la gloire de son âme ne rejaillît sur son corps, avait un mérite surabondant pour notre rédemption. La sainte Vierge pratiqua les mêmes actes que notre Seigneur à mesure qu’il les exerça.

 

Elle s’humilia profondément en présence de la divine majesté, et adora le Seigneur dans son être infini et dans son union avec la nature humaine. Elle rendit gloire à Dieu au nom de tous les hommes, et particulièrement de l’avoir choisie pour mère de son fils; elle s’offrit humblement à le nourrir, le servir et l’accompagner, et à coopérer autant qu’elle le pourrait à l’œuvre de la rédemption; elle demanda la grâce d’exercer avec zèle ses devoirs dans cette oeuvre si grande.

 

À ces actes héroïques intérieurs qu’elle pratiqua aussitôt  après la conception du verbe, elle joignit les extérieurs. Elle se prosterna à terre et l’adora profondément, elle continua ses adorations et ses prosternations pendant toute sa vie; de minuit à minuit elle faisait trois cents génuflexions, et même au-delà lorsqu’elle n’était pas occupée à autre chose ou en voyage. Tous ses actes étaient en hommage du divin enfant.

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Le jour de l’incarnation, les anges qui l’assistaient se rendirent visibles à ses yeux, remplis d’allégresse et adorant dans son sein leur Dieu fait homme. Ils s’offrirent de la servir comme leur reine, de l’aider dans son travail et dans tout ce qu’elle voudrait leur commander, et ils firent ce qu’ils disaient jusqu’à la servir à table lorsqu’elle était seule en l’absence de Joseph son époux.

 

Pendant qu’elle avait dans son sein le divin enfant elle jouissait ordinairement de sa présence de plusieurs manières : mais celle qui lui donnait la plus grande consolation était de voir dans son sein comme au travers d’un pur cristal, l’humanité sainte qui recevait la lumière de la divinité. Elle éprouvait une grande satisfaction en voyant les petits oiseaux qui venaient adorer dans son sein leur créateur et le louer par leurs chants joyeux et leurs doux mouvements.

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Dieu l’ordonna ainsi plusieurs fois pour la consolation de sa chère mère, souvent ils lui apportaient de belles fleurs qu’il laissaient tomber dans ses mains, et ils s’arrêtaient attendant, qu’elle leur commandât de chanter. D’autres fois pour éviter les rigueurs de la saison, les pauvres oiseaux se réfugiaient auprès d’elle et la douce reine non-seulement les recevait mais leur donnait aussi la nourriture, toute joyeuse de leur innocence.

 

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 CHAPITRE VIII.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/agreda/index.htm#_Toc516150195



 

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