ANNE CATHERINE EMMERICH…La plus grande visionnaire de tous les temps…Nous parle de notre* Maman du Ciel ..MARIE*


FLEURBRUNE

Comment aimer quelqu’un que l’on ne connait pas ? En ce qui me concerne, plus je lis des écrits de la vie de Marie..mère de Jésus et notre Mère à tous..et plus  »JE L’AIME »  Sûrement que vous vivez la même chose que moi…je partage donc avec vous une de mes lectures…!

Anne Catherine Emmerich 5

Anne Catherine Emmerich, stigmatisée et visionnaire, révèle énormément de détails sur la vie de Marie à Ephèse.

Notamment que  » la sainte Vierge ne demeurait pas à Ephèse même; sa maison était située à trois lieues et demie de là, sur une montagne qu’on voyait à gauche en venant de Jérusalem, et qui s’abaissait en pente douce vers la ville […] Le sommet présente une plaine ondulée et fertile d’une demi-lieue de tour : c’est là que s’était établie la sainte Vierge. »

 

 

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Dernier chemin de croix de Marie.

Lorsque l’Église se fut ainsi étendue, Marie se rendit encore une fois d’Éphèse à Jérusalem, un an et demi avant sa mort. Cette fois-là aussi je la vis, enveloppée de son manteau, visiter les lieux saints pendant la nuit avec les apôtres.

Elle était plongée dans une indicible tristesse, et répétait sans cesse en soupirant:  » Mon fils ! Mon fils ! « 

Arrivée à la porte du palais où elle avait rencontré Jésus succombant sous le fardeau de la croix, elle tomba elle-même à terre sans connaissance, et ses compagnons crurent qu’elle allait mourir.

On la porta au cénacle, où elle occupait un bâtiment latéral. Pendant plusieurs jours, elle fut si faible et si souffrante, elle eut de si fréquents évanouissements qu’on s’attendait à chaque instant à la voir expirer, et qu’on pensa même à lui préparer un tombeau.

Elle choisit elle-même une grotte de la montagne des Oliviers, et les apôtres y firent travailler un beau sépulcre par un sculpteur chrétien.

On avait dit plusieurs fois qu’elle était morte, et le bruit de sa mort et de sa sépulture à Jérusalem se répandit en divers lieux; mais avant que le tombeau fût achevé,

elle se trouva rétablie au point qu’elle put retourner à Éphèse, où elle mourut en effet, dix-huit mois après.

Le tombeau préparé pour elle sur la montagne des Oliviers ne laissa pas d’être honoré plus tard; une église y fut bâtie.

Jean Damascène (j’ai entendu ce nom en esprit, mais je ne sais pas quel est ce personnage) écrivit, d’après une tradition assez répandue, qu’elle était morte à Jérusalem, et qu’elle y avait été ensevelie.

Dieu a voulu que les détails de sa mort, de sa sépulture et de son assomption devinssent seulement l’objet d’une tradition incertaine, de peur que l’esprit païen, encore prédominant, ne pénétrât par là au sein du christianisme, et qu’elle ne fût adorée comme une déesse.

Peu avant sa mort, la sainte Vierge fit encore une fois le chemin de la croix avec cinq autres femmes, parmi lesquelles étaient la nièce d’Anne la prophétesse, et la veuve Mara, nièce d’Élisabeth […]

 

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Thomas était le plus éloigné de tous les apôtres, et il n’arriva qu’après la mort de la sainte Vierge. Lorsque l’ange vint l’avertir de se rendre à Éphèse, il était en prière dans une cabane de roseaux, au fond de l’Inde. Je l’ai vu en pleine mer dans un frêle esquif, seul avec un serviteur d’une grande simplicité, un Tartare qu’il avait baptisé.
Jean s’était trouvé à Jéricho peu de temps auparavant; il se rendait souvent dans la Palestine. D’ordinaire il demeurait à Éphèse ou dans les environs; c’est là qu’il reçut sa convocation. Barthélemy était en Asie, à l’orient de la mer Rouge. J’ai oublié où se trouvait Jacques le Mineur. Il était très beau, et ressemblait beaucoup à Jésus; aussi aimait-on à l’appeler le frère du Seigneur.
Paul ne fut point appelé. Les parents et les anciens amis de la sainte famille furent seuls convoqués.

Je vis aussi arriver chez la sainte Vierge sa demi-sœur, Marie d’Héli, née du second mariage de sainte Anne. Marie d’Héli, grand’mère des apôtres Jacques le Mineur, Thaddée et Simon, etc., était alors très âgée; elle avait vingt ans de plus que la sainte Vierge […]

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Simon étant arrivé sur ces entrefaites, il ne manquait plus que Philippe et Thomas. Plusieurs disciples étaient aussi présents, entre autres Jean-Marc, Barnabé ou Barsabas, et le petit-fils du vieux Siméon, qui était chargé de l’inspection des victimes au Temple, et qui immola le dernier agneau pascal pour Jésus. Erémenzéar, qui avait accompagné Jésus dans le voyage qu’il fit après la résurrection de Lazare, était présent aussi. Les disciples étaient bien une dizaine en tout […]

 

Marie avait sur sa couche une croix longue comme la moitié du bras. Le tronc était un peu plus large que les branches; elle était faite de plusieurs espèces de bois; le corps du Seigneur était blanc. Chaque jour un des apôtres célébrait pour elle le service divin.

Elle avait vécu quatorze ans et deux mois depuis l’ascension de Jésus […]

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Dernière bénédiction de la Mère de Dieu aux apôtres

– Sa très sainte mort.

Je vis beaucoup de tristesse et d’inquiétude dans la maison de la sainte Vierge. Sa servante était hors d’elle-même de douleur. Elle se jetait à genoux, tantôt dans un coin de la maison, tantôt au dehors, et priait les bras étendus et les yeux inondés de larmes.

  •  La sainte Vierge reposait paisiblement sur sa couche; la mort approchait visiblement. Le voile qui couvrait sa tête était relevé sur son front; elle rabaissait sur son visage quand elle parlait à des hommes:, ses mains mêmes n’étaient découvertes que lorsqu’elle était seule […]

Vers le soir, la sainte Vierge, sentant sa fin approcher, voulut, conformément à la volonté de Jésus, bénir les apôtres, les saintes femmes et les disciples qui se trouvaient chez elle, et leur faire ses adieux. Sa chambre à coucher était ouverte de tous les côtés. Elle était sur son séant, blanche comme la neige et presque transparente.

  • La sainte Vierge pria; puis elle bénit séparément chacun des apôtres, en croisant les mains et en lui touchant le front. Elle parla ensuite à tous ensemble, et fit tout ce que Jésus lui avait ordonné à Béthanie.

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Pierre s’approcha d’elle, un rouleau d’écriture à la main. Marie dit à Jean les dispositions à prendre pour son corps, et le chargea de partager ses vêtements entre sa servante et une jeune fille qui venait souvent la servir. Puis elle montra du doigt la petite garde-robe placée vis-à-vis de sa couche; sa servante y alla, l’ouvrit et la referma. Je vis alors tous les vêtements de la sainte Vierge.

  • Après les apôtres, les disciples présents s’approchèrent de la couche de Marie, et reçurent aussi sa bénédiction. Les hommes s’étant retirés dans la partie antérieure de la maison, les femmes vinrent s’agenouiller devant la couche de Marie pour être bénies à leur tour. Je vis la sainte Vierge embrasser une des saintes femmes qui se penchait sur elle.

 

  •  L’autel fut préparé, et les apôtres revêtirent pour l’office divin leurs longues robes blanches et les ceintures à lettres brodées […] Ce service fut exactement semblable à la première messe célébrée par Pierre après l’ascension, dans l’église de la piscine de Béthesda.
  • Pierre, qui célébrait, avait un manteau très long, sans queue. La cérémonie était déjà avancée lorsque Philippe arriva d’Egypte avec un compagnon. Il se rendit aussitôt auprès de la Mère de Dieu, et reçut sa bénédiction les yeux baignés de larmes.

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  •  Pierre avait terminé le saint sacrifice, il avait consacré et reçu le corps du Seigneur, communié les apôtres et les disciples présents. La sainte Vierge ne pouvait voir l’autel; toutefois, pendant l’office elle se tint sur son séant, dans un recueillement profond. Pierre porta alors à la sainte Vierge le saint Sacrement et l’extrême-onction. Tous les apôtres l’accompagnèrent en procession solennelle.

En avant marchait Thaddée avec l’encensoir fumant; Pierre portait l’Eucharistie dans le vase en forme de croix; puis venait Jean ayant à la main un plateau sur lequel était le calice avec le précieux sang et quelques boites. Le calice avait la forme de celui de la sainte Cène […]

  •  Pierre s’approchant, lui administra l’extrême-onction, à peu près comme on le fait encore aujourd’hui. Il l’oignit avec les saintes huiles qu’il prenait dans les boites que tenait Jean, sur le visage, sur les mains, sur les pieds et sur le côté, où son vêtement avait une ouverture; en sorte qu’elle ne fut aucunement découverte. Pendant ce temps, les apôtres récitaient des prières en chœur.

Ensuite Pierre lui donna la sainte communion. Elle se redressa, sans s’appuyer, pour la recevoir, puis elle retomba sur sa couche. Les apôtres récitèrent encore quelques prières; Marie se releva et reçut de la main de Jean le saint calice.

  • Au moment où elle communia, je vis une lumière céleste entrer dans Marie; puis elle retomba en extase et ne parla plus […]

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Peu après, je vis encore les apôtres et les disciples prier debout autour de la couche de la sainte Vierge. Son visage était radieux et serein comme dans sa jeunesse. Ses yeux, pleins d’une sainte joie, étaient tournés vers le ciel. J’eus alors une vision merveilleusement touchante. Le toit de la cellule de Marie avait disparu, et à travers le ciel ouvert mon regard pénétra dans la céleste Jérusalem.

-Il en descendit deux nuées éclatantes où se montraient de nombreuses figures d’anges. Entre ces deux nuées une voie lumineuse s’abaissa sur la sainte Vierge; puis une montagne de lumière parut s’élever de Marie jusqu’à la Jérusalem céleste. Elle étendit ses bras vers le ciel avec un désir infini; son corps fut soulevé et plana au-dessus de sa couche.

  •  Je vis son âme, comme une figure brillante infiniment pure, sortir de son corps, les bras étendus et monter sur la voie lumineuse jusqu’au ciel. Deux chœurs d’anges qui remplissaient les nuées resplendissantes se réunirent au-dessous de son âme et la séparèrent de son saint corps, qui retomba sur la couche, les bras croisés sur la poitrine.
  • Je suivis des yeux sa sainte âme, je la vis entrer dans la Jérusalem céleste et monter vers le trône de l’adorable Trinité.
  • -Un grand nombre d’âmes, parmi lesquelles je reconnus, outre plusieurs patriarches, Joachim, Anne, Joseph, Élisabeth, Zacharie et Jean-Baptiste, allèrent à sa rencontre avec une joie respectueuse.
  • Mais passant au milieu d’eux, elle s’éleva jusqu’au pied du trône de Dieu et de son Fils, qui effaçait encore par la lumière éclatante de ses plaies celle qui entourait l’âme de la Mère de Dieu.

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Jésus la reçut avec un amour tout divin, lui présenta comme un sceptre et lui montra la terre au-dessous d’elle. Comme pour lui conférer sur elle un pouvoir spécial. Tandis que je la voyais ainsi entrer dans la gloire céleste, tout ce qui était autour d’elle sur la terre avait disparu à mes yeux. Pierre, Jean et quelques autres disciples eurent sans doute la même vision, car ils avaient les yeux levés vers le ciel.

  • Les autres étaient pour la plupart prosternés la face contre terre. Tout était inondé de lumière et de splendeur, comme au jour de l’Ascension de Jésus-Christ.

Je vis avec une joie infinie un grand nombre d’âmes délivrées du purgatoire suivre l’âme de Marie montant au ciel.

  • Aujourd’hui aussi, jour anniversaire de sa mort, j’ai vu entrer au ciel beaucoup de pauvres âmes, dont quelques-unes m’étaient connues.
  • Je reçus encore cette consolante communication, que tous les ans, au jour de sa mort, beaucoup d’âmes de ceux qui l’ont particulièrement vénérée participent à la même grâce.

Lorsque je portai de nouveau mes regards sur la terre, je vis le corps de la sainte Vierge reposer tout resplendissant sur son lit funèbre, le visage radieux, les yeux fermés, les bras croisés sur la poitrine.

  • Autour du saint corps priaient à genoux les apôtres, les disciples et les saintes femmes; des chants mélodieux charmaient l’oreille, et la nature entière paraissait émue comme dans la nuit de Noël.

Elle expira à la neuvième heure comme Notre-Seigneur Jésus-Christ.

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Obsèques de Marie célébrées par les apôtres.

Les saintes femmes étendirent une couverture sur le saint corps, et les apôtres se retirèrent dans la partie antérieure de la maison. Le feu du foyer fut éteint, les meubles mis de côté et recouverts.  

  • Enveloppées de leurs manteaux et couvertes de leurs voiles les femmes se réunirent dans la chambre antérieure, et, tantôt à genoux, tantôt assises par terre, elles entonnèrent des chants de deuil. Les hommes célébrèrent un service funèbre, la tête couverte de la bande d’étoffe qu’ils portaient autour du cou. Il en resta toujours deux auprès du saint corps, l’un au chevet, l’autre aux pieds, priant à genoux.

 

Mathias et André se rendirent, en suivant le Chemin de Croix de la sainte Vierge, jusqu’à la dernière station, c’est-à-dire à la grotte qui représentait le tombeau du Sauveur. Ils avaient avec eux les outils nécessaires à l’achèvement du sépulcre, car c’était là que devait reposer le corps de Marie.

La grotte n’était pas aussi spacieuse que celle du saint sépulcre; elle était à peine assez élevée pour qu’un homme pût y tenir debout. Le sol s’abaissait à l’entrée, puis on se trouvait devant la couche funèbre comme en face d’un petit autel; les parois de la grotte formaient une voûte. Après avoir travaillé assez longtemps, les deux apôtres disposèrent une porte, qu’ils mirent devant le tombeau pour le fermer. Il y avait, dans la pierre qui formait la couche sépulcrale, un enfoncement correspondant à la forme d’un corps humain enveloppé; elle était un peu relevée à la place de la tête. Devant la grotte, comme devant le saint sépulcre, il y avait un petit jardin avec une enceinte. Les apôtres n’y avaient pas dressé de croix; ils s’étaient contentés d’en graver une sur la pierre. De là jusqu’à la maison de Marie, il y avait environ une demi-lieue.

 

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J’ai vu quatre fois les apôtres se relayer pour veiller et prier auprès du corps de la sainte Vierge. Plusieurs femmes, entre autres une fille de Véronique et la mère de Jean Marc, vinrent préparer le corps pour la sépulture; elles apportaient du linge et des aromates pour embaumer le corps, suivant la coutume juive. Elles avaient pris aussi de petits vases remplis d’herbes encore fraîches. La porte de la maison était fermée; elles accomplirent ces pieux devoirs à la lumière des. Flambeaux, tandis que les apôtres récitaient en chœur des prières dans la partie antérieure de la maison.

Les femmes enlevèrent de sa couche le saint corps enveloppé de ses vêtements, et le déposèrent sur de grosses couvertures et des nattes qui remplissaient un panier. Ensuite deux femmes lui ôtèrent ses habits, à l’exception de la tunique, sous un grand drap que deux autres femmes tenaient étendu par-dessus.

  •  Elles coupèrent les belles boucles de cheveux de la sainte Vierge, et lavèrent le saint corps. Elles avaient à la main quelque chose qui ressemblait à des éponges; la tunique était fendue sur les côtés.

Elles lavèrent le corps sous le drap avec une crainte respectueuse et sans le regarder; on n’en mit rien à nu. Toutes les parties qu’avait touchées l’éponge étaient aussitôt recouvertes. Une cinquième femme pressait les éponges au-dessus d’un bassin, et les rendait remplies d’eau fraîche.

  •  Le saint corps fut revêtu de nouveau linge, et, au moyen d’un drap passé par-dessous, déposé respectueusement, sur la table où l’on avait déjà disposé le linceul et les bandelettes.

Elles enveloppèrent alors le corps dans le linceul, depuis la cheville des pieds jusqu’à la poitrine, et l’entourèrent de bandelettes, sauf la tête, la poitrine, les mains et les pieds.

 

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Pendant ce temps, les apôtres avaient assisté à la messe célébrée solennellement par Pierre, et reçu avec lui la sainte communion; ensuite Pierre et Jean, encore revêtus de leurs manteaux pontificaux, se rendirent auprès du corps de la sainte Vierge.

Jean portait un vase d’onguent; Pierre y trempa le pouce de la main droite, et oignit, en récitant des prières, le front, le milieu de la poitrine, les mains et les pieds de Marie.

  • Ce n’était pas l’extrême-onction, car elle l’avait reçue de son vivant; je crois que c’était un hommage au saint corps, semblable à celui qu’on avait rendu au Seigneur avant de le mettre au tombeau. Quand les apôtres se furent retirés, les saintes femmes procédèrent à l’embaumement.

 

  • Elles placèrent des bouquets de myrrhe aux aisselles, dans le creux de l’estomac, entre les épaules, autour du cou, sous le menton, sur les joues et autour des pieds, après quoi elles croisèrent les bras sur la poitrine, et enveloppèrent le corps dans le grand suaire, qu’elles serrèrent tout autour comme pour emmailloter un enfant.
  • On apercevait, sous un suaire transparent, la figure pâle et lumineuse de Marie, au milieu des bouquets de myrrhe.

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  • Alors elles déposèrent le saint corps dans la bière, qui était semblable à un lit de repos.
  • C’était une planche avec un rebord peu élevé, et un couvercle bombé et très léger.
  • -Elles mirent sur la poitrine une couronne de fleurs blanches, rouges et bleu de ciel, symbole de la virginité.

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-Cela fait, les apôtres, les disciples et toutes les personnes présentes entrèrent pour contempler une dernière fois les traits chéris de ce saint visage avant qu’il fût voilé. Ils s’agenouillèrent en versant des larmes abondantes mais silencieuses, touchèrent ses mains enveloppées comme pour lui adresser le dernier adieu, et se retirèrent.

-Après lui avoir ainsi fait leurs adieux, les saintes femmes voilèrent la sainte face de Marie, et placèrent le couvercle sur la bière, qu’elles entourèrent de bandes grises aux extrémités et au milieu. Pierre et Jean mirent la bière sur une civière, et la portèrent sur leurs épaules hors de la maison.

-Là elle fut prise et portée par six apôtres: Jacques le Mineur et un autre étaient en avant, Barthélemy et André au milieu, Thaddée et Mathias par derrière. Une partie des apôtres et des disciples ouvraient la marche; les autres suivaient avec les femmes. Le jour tombait déjà, et on tenait autour de la bière quatre flambeaux sur des bâtons. Le cortège se rendit ainsi, par la voie douloureuse, jusqu’à la dernière station, à l’entrée du sépulcre.

-Arrivés là, ils déposèrent le saint corps à terre, et quatre d’entre eux le portèrent dans le caveau, et le placèrent sur la couche sépulcrale. Tous les assistants y entrèrent tour à tour, jetèrent sur lui des fleurs et des aromates, s’agenouillèrent et offrirent leurs prières et leurs larmes.

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Ils étaient nombreux; la douleur et l’amour les firent, demeurer là longtemps. Et il faisait déjà nuit quand les apôtres fermèrent l’entrée du sépulcre. Ils creusèrent un fossé devant l’étroite entrée de la grotte, et y plantèrent une haie formée de plusieurs arbustes, les uns en fleur, les autres chargés de baies.

-On n’apercevait plus aucune trace de l’entrée, d’autant plus qu’ils firent passer au pied de la haie l’eau d’une source voisine; il fallait traverser la haie pour pénétrer dans la grotte. Ils s’en retournèrent séparément, s’arrêtant çà et là sur le chemin pour prier; quelques-uns veillèrent en priant auprès du sépulcre.

-Ceux qui s’en retournèrent virent de loin une lumière merveilleuse au-dessus du tombeau de la très sainte Vierge, et ils en furent très émus, sans toutefois savoir ce que c’était.

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Résurrection de Marie. – Arrivée de Thomas.-

Visite au tombeau qui est trouvé vide.

Pendant toute cette nuit, plusieurs apôtres et plusieurs saintes femmes prièrent et chantèrent des cantiques dans le jardin placé devant la grotte.

  • Tout à coup une large voie lumineuse s’abaissa du ciel vers le tombeau, et je vis une gloire formée de trois cercles d’anges et d’âmes qui entouraient une apparition:

Jésus-Christ, avec ses plaies toutes rayonnantes, planait devant l’âme de Marie. Je vis dans le cercle intérieur des figures de petits enfants; celles du second ressemblaient à des enfants de six ans, et celles du cercle extérieur à des adolescents.

  • Je ne vis distinctement que les visages; le reste n’était qu’une forme lumineuse, étincelante. Lorsque l’apparition, qui devenait de plus en plus distincte, toucha le rocher, j’aperçus, une voie de lumière qui montait de là jusqu’à la Jérusalem céleste.
  •  Je vis alors l’âme resplendissante de la sainte Vierge, qui suivait l’apparition du Seigneur, passer à côté d’elle et descendre à travers le rocher, dans le tombeau; bientôt après, unie à son corps transfiguré, elle en sortit plus distincte et plus radieuse, et remonta dans la Jérusalem céleste avec le Seigneur et toute la gloire angélique. La splendeur disparut ensuite, et l’on ne vit plus au-dessus de la terre que la voûte du ciel étoilé.

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Je ne saurais dire si les apôtres et les femmes qui priaient devant le tombeau eurent la même vision, mais je les vis porter leurs regards au ciel comme pour adorer, ou bien se prosterner la face contre terre, saisis de frayeur. Je vis aussi ceux qui rapportaient la civière, chanter des cantiques en s’arrêtant aux diverses stations pour prier. Ils se retournaient avec beaucoup d’émotion et de recueillement vers la splendeur que l’on voyait au-dessus du tombeau.

A leur retour, les apôtres prirent un peu de nourriture et allèrent se reposer. Ils dormaient dans des hangars placés près de la maison. Le lendemain, les apôtres priaient et pleuraient encore dans la partie antérieure de la maison, lorsque, vers le soir, Thomas, en habits de voyage, arriva avec deux compagnons devant la porte et frappa pour se faire ouvrir. Il amenait avec lui un disciple du nom de Jonathan, parent de la sainte famille. Son autre compagnon était du pays où régnait le plus éloigné des rois mages; c’était un homme très simple, qui servait saint Thomas avec une obéissance enfantine. Un disciple vint ouvrir; Thomas dit à son serviteur de s’asseoir sur le seuil de la porte, et il entra avec Jonathan dans la salle où se tenaient les apôtres. Le serviteur, qui faisait toujours ce qu’on lui ordonnait, s’assit tranquillement […]

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Cependant Thomas et Jonathan ayant témoigné le désir d’aller visiter le tombeau de la sainte Vierge, les apôtres allumèrent des flambeaux, qu’ils suspendirent à des bâtons, et se rendirent avec eux au sépulcre, en suivant le Chemin de la Croix. Sur la route ils ne parlaient guère, et ne s’arrêtaient que quelques instants aux diverses stations pour méditer sur la voie douloureuse du Seigneur et sur l’amour compatissant de sa Mère, qui avait élevé ces pierres commémoratives, si souvent arrosées de ses larmes.

  • Arrivés à la haie qui entourait le sépulcre, ils se mirent à genoux; Thomas et Jonathan prirent les devants, et Jean les suivit à l’entrée de la grotte. Deux disciples écartèrent les branches d’arbrisseaux qui la cachaient; ils entrèrent, et s’agenouillèrent avec une crainte respectueuse devant la couche sépulcrale de la sainte Vierge.
  • Puis Jean s’approcha de la bière, délia les bandes qui l’entouraient et enleva le couvercle. Approchant alors du cercueil un flambeau, ils virent avec un grand saisissement les linceuls vides, gardant encore la forme du saint corps. Le suaire qui avait enveloppé le visage et la poitrine était entr’ouvert, et les bandelettes des bras déliées: Le corps glorifié de Marie n’était plus sur la terre.

 

  • Stupéfaits, ils levèrent aussitôt les yeux et les mains vers le ciel, comme s’ils eussent vu le saint corps enlevé à ce moment même, et Jean cria de l’entrée de la grotte:  » Venez et voyez! Elle n’est plus ici.  » Alors ils entrèrent deux à deux, et virent avec étonnement les linceuls vides étendus sous leurs yeux. Sortis de la grotte, ils s’agenouillèrent, prièrent et pleurèrent, les yeux et les mains levés vers le ciel, louant le Seigneur et glorifiant sa Mère, leur chère et tendre mère, comme des enfants pieux, avec les douces paroles d’amour que le Saint-Esprit mettait sur leurs lèvres.

 

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Alors ils se souvinrent de cette nuée lumineuse qu’au retour des funérailles ils avaient vu s’abaisser vers le sépulcre et remonter ensuite au ciel. Jean retira respectueusement de la bière les linceuls de la sainte Vierge, les plia et les roula pour les emporter; puis il remit le couvercle, qu’il assujettit de nouveau avec les bandes.

  • Enfin ils quittèrent la grotte, après en avoir masqué l’entrée au moyen des arbustes. Ils retournèrent à la maison par la voie douloureuse, en priant et en chantant des cantiques. Ils entrèrent tous dans la chambre de Marie, et Jean déposa respectueusement les linceuls sur la table, devant l’oratoire de la sainte Vierge. Ils prièrent à l’endroit où elle avait rendu le dernier soupir.
  • Pierre se retira à part, comme pour méditer; peut-être faisait-il une préparation; car je vis peu après les apôtres dresser l’autel devant l’oratoire de Marie, et Pierre célébrer un office solennel. Les autres, rangés derrière lui, priaient et chantaient tour à tour […]


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Dévotion filiale des apôtres envers Marie.

– Leur séparation dernière

  •  Ils fermèrent complètement l’entrée du sépulcre de Marie, en élargissant le fossé, en tassant la terre, et en plantant des arbustes alentour. Ils nettoyèrent et embellirent le jardin qui se trouvait devant le tombeau, tracèrent un chemin nouveau autour du sommet de la colline, jusqu’à la paroi postérieure de la grotte, et pratiquèrent dans le rocher une ouverture, par laquelle on pouvait voir la couche sépulcrale où avait reposé le corps de la très sainte Mère, donnée par le Rédempteur mourant à eux tous et à l’Église en la personne de Jean.

 

  • Oh ! C’étaient des fils pieux, fidèles au quatrième commandement; ils vivront longtemps sur la terre eux et leur amour. Ils érigèrent aussi une chapelle au-dessus de la grotte du sépulcre; ils y dressèrent avec des tapis une tente, qu’ils entourèrent de cloisons en clayonnage. Ils y élevèrent un petit autel formé de trois pierres: l’une servait de base, la seconde s’élevait perpendiculairement sur la première, et la troisième, large et plate, était la table d’autel.

Derrière l’autel ils suspendirent un tapis sur lequel était brodée ou tissée une image de Marie; d’un travail fort simple; elle représentait la Mère de Dieu dans son habit de fête de couleur brune, bleue et rouge.

  • Quand tout cela fut achevé, il y eut là un service divin, où tous prièrent à genoux, les mains levées vers le ciel. La maison de Marie fut transformée en église; sa servante continua cependant à l’habiter avec quelques autres femmes; et deux disciples, dont l’un avait été berger au-delà du Jourdain, furent chargés des consolations spirituelles à distribuer aux fidèles qui demeuraient aux environs. « 

(Visions NSJC 3 p512-535)



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Ces visions, par la richesse des détails, nous plongent au cœur de l’événement. Anne Catherine rapporte bien des aspects conservés par la tradition au fil des siècles (indiqués au début de cette page). Elle n’hésite pas non plus à s’écarter de cette tradition et donne même une explication de l’épisode du tombeau de la Vierge Marie vénéré à Jérusalem.

« On avait dit plusieurs fois qu’elle était morte, et le bruit de sa mort et de sa sépulture à Jérusalem se répandit en divers lieux; mais avant que le tombeau fût achevé, elle se trouva rétablie au point qu’elle put retourner à Éphèse, où elle mourut en effet, dix-huit mois après.

Le tombeau préparé pour elle sur la montagne des Oliviers ne laissa pas d’être honoré plus tard; une église y fut bâtie. Jean Damascène écrivit, d’après une tradition assez répandue, qu’elle était morte à Jérusalem, et qu’elle y avait été ensevelie. »

 

scapulaire brun

source: http://www.ac-emmerich.fr/ASSOMPTION.htm


(Jour-6) *Extrait LE MANUSCRIT DU PURGATOIRE…*L’Eucharistie, en un mot, doit faire le mobile de votre vie tout entière…




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FÉVRIER. – Oui, c’est vrai qu’au Ciel le bon Dieu reçoit des adorations infinies ; mais comme c’est sur terre qu’il est outragé, il veut aussi que ce soit sur terre qu’il en reçoive la réparation, et c’est vous qu’il veut qui fassiez cette réparation, en l’aimant, en le dédommageant par vos tendresses de l’abandon qu’il éprouve partout. Vous savez ce que je vous ai dit là-dessus.

 

(Annonciation.) – Quand le bon Dieu veut une âme toute à lui, il commence par la broyer, à peu près comme les pommes sous les meules d’un pressoir pour en exprimer le jus, dans ses passions, dans la recherche d’elle-même, en un mot, dans tous ses défauts ; puis, quand cette âme a été ainsi broyée, il la façonne à son gré et, si elle est fidèle, elle ne tarde pas à être toute transformée, et alors seulement le bon Jésus la comble de ses grâces de choix et l’inonde de son amour.



16 JUILLET. – L’Eucharistie doit être pour vous un aimant qui vous attire toujours de plus en plus. L’Eucharistie, en un mot, doit faire le mobile de votre vie tout entière.

28 AOÛT. – N’ayez aucun désir, sinon d’aimer toujours le bon Dieu davantage et de vous unir à lui toujours de plus en plus. Vous devez tâcher de devenir chaque jour plus intérieur et plus unie à votre Jésus. Votre vie doit être une vie intérieure et d’union à Jésus par les souffrances de corps et d’esprit et surtout par l’amour.

Si vous voulez répondre aux desseins de Dieu par cette vie qu’il vous demande particulièrement, je ne saurais dire jusqu’à quel degré il vous veut sainte et unie à lui, quelles grâces il a à vous accorder !… Ces grâces, je vous en ai déjà dit quelques-unes, mais les autres… je ne les connais pas. Oh ! Veillez beaucoup sur vous ! Il faut que votre seule vue, votre seule présence inspire la piété !



30 AOUT. – Retraite. – La Retraite sera faite pour tout le monde, c’est vrai, mais le bon Dieu permettra que tous les sermons soient en quelque sorte pour vous. Faites bien attention. Il faut que la Retraite vous fasse sainte !

C’est pour lui seul que le bon Dieu a fait votre cœur Abandonnez-vous à Notre-Seigneur sans jamais regarder en avant et en arrière. Jetez-vous dans ses bras divins, contre son Cœur et puis, là, ne craignez rien.

Faites, chaque matin, à Notre-Seigneur une petite prière pour l’adorer dans toutes les églises où on le délaisse. Transportez-vous-y par la pensée et dites-lui alors combien vous l’aimez et voudriez le dédommager de l’abandon où on le laisse. Renouvelez cette intention plusieurs fois dans la journée. Vous ferez plaisir au bon Jésus.

Le bon Dieu désire que vous pensiez toujours à lui, que vous fassiez tout sous ses yeux divins, vos prières, votre travail ; en un mot, que vous ne le perdiez pas de vue, autant que possible. Mais tout cela doit être tranquille, sans affectation, qu’on ne le devine même pas : que votre Jésus seul sache ce qui se passe entre vous et lui.

  • Ayez toujours les yeux baissés quand vous n’avez pas charge de veiller et alors faites-le quand même le plus modestement possible.
  • N’ayez point de respect humain.
  • Soyez toujours bien humble.
  • Faites aimer le bon Dieu le plus que vous pourrez.
  • Laissez passer ce qui passe, et passez vous-même dans la grande foule
  • sans bruit ou, si vous êtes obligée de paraître, faites-le simplement et rapportez tout à Dieu, sans vous inquiéter si, après avoir tout fait pour lui faire plaisir, vos affaires réussissent ou ne réussissent pas !


N’ayez aucun désir, sinon d’aimer toujours

…..le bon Dieu davantage.

jésus amour enfant

A la fin de votre Retraite, prenez pour résolution de penser souvent à ce que je vais vous dire :

  • Dieu seul ! Mon Dieu et mon tout !…
  • Tout passe et passe vite !…
  • Le tabernacle, c’est mon repos ;
  • l’Eucharistie, c’est ma vie ;
  • la croix, c’est mon partage ;
  • Marie, c’est ma Mère ; le Ciel, c’est mon espoir.

 

Oui, cela fera plaisir au bon Dieu que vous ne preniez pas

de beurre le matin avec votre pain.



20 NOVEMBRE. – Il ne faut jamais juger, examiner ce que font vos Sœurs. Vous ne répondrez pas d’elles et vous ne devez pas vous modeler non plus sur elles. Le bon Dieu ne demande pas à toutes la même perfection. Mortifiez-vous et n’examinez pas si les autres ne font pas ce que vous faites, car le bon Dieu ne l’exige pas.

 

Vous ne voulez jamais croire ce que je vous dis. Vous avez vu ce matin ce que le bon Dieu veut de vous, puisqu’il vous a accordé ce que vous lui aviez demandé pour signe… Eh ! bien, oui, le bon Jésus veut que vous agissiez avec lui comme avec un ami le plus dévoué, le plus sincère, sans avoir peur aucunement.

  •  Il est vrai que sa majesté effraie et que vous êtes bien misérable, pour oser communiquer avec votre Jésus aussi intimement, mais n’est-il pas le Maître d’enrichir celui qui est pauvre ! Demandez donc à ce bon Jésus qu’il vous rende riche en vertus comme il veut vous voir, mais en attendant continuez d’agir comme vous êtes inspirée. Dilatez votre cœur, car ce que Jésus veut y voir, c’est surtout l’amour. Que de grâces vous obtiendrez, si vous êtes fidèle !… Des grâces auxquelles vous n’avez jamais pensé !

NOËL 1876. – Il ne faut pas, quand vous avez quelque souffrance, vous plaindre à tout le monde ! Cela ne vous soulage point. Vous devriez le dire à Jésus le premier et, au contraire, c’est à lui souvent que vous le dites le dernier.

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Oui, je suis beaucoup soulagée et je crois que le terme de mon exil n’est pas éloigné. Hélas ! Si vous saviez ce que j’ai envie de voir le bon Dieu !… Mais il ne faut pas que personne le sache, excepté… et il faut que, parmi toutes ces choses surnaturelles, vous soyez si naturelle, si simple, que personne ne s’en aperçoive et ne puisse deviner de quoi il s’agit…

  •  De même pour le reste. Vous comprenez : effacez-vous le plus possible sans, pour cela, laisser ce que vous devez faire ; que tout soit simple ! Le bon Dieu veut tout seul savoir ce qui se passe dans votre intérieur.


JANVIER 1877. – Appuyez-vous tranquillement sur le Cœur adorable de votre Jésus. Dites-lui toutes vos peines comme à un ami. II vous comprendra, mais ce que je vous ai dit pour le petit coin de son divin Cœur, il ne vous sera dévoilé que quand vous serez plus intérieure que vous ne l’êtes.

Ne vous faites pas de peine de toutes les tracasseries de votre classe. Je prie pour vous chaque jour, afin que vous ne perdiez pas la patience.



À Suivre…

La Fausse et la Vraie Vertu*Extrait d’un Sermon du Saint Curé d’Ars*


Le Coeur s’ouvre à la lecture de ce sermon

ImageProxy.mvcVous les connaîtrez à leurs fruits.
(S.Matth., VII,16.)

Jésus-Christ pouvait-il, M.F., nous donner des preuves plus claires et plus certaines pour nous faire connaître et distinguer les bons chrétiens d’avec les mauvais qu’en nous disant que nous les connaîtrons, non à leurs paroles, mais à leurs œuvres.

« Un bon arbre, nous dit-il, ne peut porter de mauvais fruits, comme un mauvais arbre n’en peut porter de bons. »

 

Oui, M.F., un chrétien qui n’a qu’une fausse dévotion, une vertu affectée et qui n’est qu’extérieure, malgré toutes les précautions que prendra pour se contrefaire, ne tardera pas de laisser paraître de temps en temps les dérèglements de cœur, soit dans ses paroles, soit dans ses actions.

Non, M.F., rien de si commun que ces vertus en apparences c’est-à-dire cette hypocrisie. Ce qui est d’autant plus déplorable, c’est que presque personne ne veut le reconnaître. Faudra-t-il, M.F., les laisser dans un état malheureux qui les conduit sûrement en enfer ? Non, M.F., non, essayons du moins de leur en faire apercevoir quelque chose.

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Mais, mon Dieu ! qui sont ceux qui vont se reconnaître coupables ? Hélas ! presque personne ! Cette instruction va donc être encore pour les aveugler davantage ? Cependant, malgré cela, M.F., je vais vous parler comme si vous deviez tous en profiter.

Pour bien vous faire connaître l’état malheureux de ces pauvres chrétiens, qui peut-être se damnent en faisant le bien, ne connaissant pas bien la manière de le faire,

  • je vais vous montrer
  • 1° quelles sont les conditions pour avoir une véritable vertu ;
  • quels sont les défauts de celle qui n’a que l’apparence.

 

Écoutez bien cette instruction, qui peut grandement vous servir dans tout ce que vous ferez par rapport à Dieu.

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Si vous me demandez, M.F., pourquoi est-ce qu’il y a si peu de chrétiens qui agissent uniquement dans la vue de plaire à Dieu ? En voici la raison toute pure. C’est que la plus grande partie des chrétiens sont ensevelis dans l’ignorance la plus épouvantable, qu’ils font humainement tout ce qu’ils font.

De sorte que si vous compariez leurs intentions avec celles des païens, vous ne trouveriez aucune différence.

Eh ! mon Dieu ! que de bonnes œuvres perdues pour le Ciel !

 

D’autres, qui ont quelques lumières de plus, ne cherchent que l’estime des hommes, et tâchent de se contrefaire autant qu’ils peuvent : leur extérieur semble être bon, tandis que « leur intérieur est rempli d’ordures et de duplicité (MATTH. XXIII, 27-28.) »

 

Oui, M.F., nous verrons au jugement que la plus grande partie des chrétiens n’ont eu qu’une religion de caprice ou d’humeur, c’est-à-dire, de penchants, et que très peu n’ont cherché que Dieu seul dans ce qu’ils ont fait.

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Nous disons d’abord qu’un chrétien qui veut travailler sincèrement à son salut, ne doit pas se contenter de faire de bonnes œuvres ; mais il lui faut encore savoir pour qui il les fait et comment il doit les faire.

En second lieu, nous disons qu’il n’est pas assez de paraître vertueux aux yeux du monde, mais qu’il faut encore l’être dans le cœur.

Si, maintenant, M.F., vous me demandez comment nous pourrons connaître qu’une vertu est véritable et qu’elle nous conduira au Ciel, M.F., la voici :

  • écoutez-le bien,
  • gravez-le bien dans votre cœur ;
  • afin que chaque action que vous ferez,
  • vous puissiez connaître si elle sera récompensée pour le Ciel.

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Je dis que pour qu’une action plaise à Dieu, il faut qu’elle ait trois conditions : la première, qu’elle soit intérieure et parfaite ; la deuxième, qu’elle soit humble et sans retour sur soi-même ; la troisième, qu’elle soit constante et persévérante : si dans tout ce que vous faites, vous trouvez ces conditions, vous êtes sûrs de travailler pour le Ciel.

 

I. Nous avons dit qu’il faut qu’elle soit intérieure: il ne suffit donc pas qu’elle paraisse au dehors. Non, sans doute, M.F., il faut qu’elle prenne naissance dans le cœur, et que la charité [ l’amour de Dieu ] seule en soit l’âme et le principe, puisque saint Grégoire nous dit que tout ce que Dieu demande de nous doit être fondé sur l’amour que nous lui devons ; notre extérieur ne doit donc être que comme un instrument pour manifester ce qui se passe au-dedans de nous.

 

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Aussi, M.F., toutes les fois que nos paroles et nos actions ne sont pas produites par le mouvement de notre cœur, nous ne sommes que des hypocrites aux yeux de Dieu.

Ensuite, nous disons que notre vertu doit encore être parfaite : c’est-à-dire, que ce n’est pas assez de nous attacher à la pratique de quelques vertus, parce que notre penchant nous y porte ; mais nous devons les embrasser toutes, c’est-à-dire, toutes celles qui sont compatibles avec notre état.

Saint Paul nous dit, que nous devons faire d’abondantes provisions de toutes sortes de bonnes œuvres pour notre sanctification. Allons plus loin, M.F., et nous verrons combien de personnes se trompent en faisant le bien et marchent du côté de l’enfer.

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Il y en a qui se rassurent dans quelques vertus qu’ils pratiquent, parce que leur penchant les y porte, comme par exemple :

Une mère se refiera sur ce qu’elle fait quelques aumônes, qu’elle est assidue à faire ses prières, fréquenter les sacrements, à faire même des lectures de piété ; mais elle voit, sans chagrin, ses enfants s’éloigner des sacrements.

Ses enfants ne font point de pâques ; mais cette mère leur donne de temps en temps la permission pour aller dans les plaisirs, les danses, les mariages et quelquefois les veillées ; elle aime à faire paraître ses filles, elle croit que si elles ne fréquentent pas ces lieux de débauches, elles seront inconnues, qu’elles ne trouveront pas à s’établir.

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Oui, sans doute, qu’elles seront inconnues, mais aux libertins ; (…) Après quelques prières et quelques bonnes œuvres qu’elle fera, elle se croit dans le chemin du Ciel.

Allez, ma mère, vous n’êtes qu’une aveugle et une hypocrite, vous n’avez qu’une apparence de vertu. Vous vous rassurez de ce que vous faites quelques visites au Saint-Sacrement sans doute, cela est bon ; mais votre fille est à la danse ; mais elle est au cabaret avec des libertins, et il n’y a sorte de saletés qu’ils ne vomissent ; mais votre fille, la nuit, est dans des lieux où elle ne devrait pas être.

Allez, mère aveugle et réprouvée, sortez et quittez votre prière ; ne voyez-vous pas que vous faites comme les Juifs, qui ployaient les genoux devant Jésus-Christ pour faire semblant de l’adorer ?

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Eh ! quoi, vous venez adorer le bon Dieu, tandis que vos enfants sont après le crucifier ! Pauvre aveugle, vous ne savez pas ce que vous dites ni ce que vous faites ; votre prière n’est qu’une injure que vous faites à Dieu.

Commencez à aller chercher votre fille qui perd son âme ; ensuite, vous reviendrez demander à Dieu votre conversion.

Un père croit que c’est assez que de maintenir le bon ordre dans sa maison, il ne veut pas que l’on jure ni que l’on prononce des paroles sales : cela est très bien ; mais il ne se fait pas scrupule de laisser ses garçons dans les jeux, les foires et les plaisirs.

 

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Mais ce même père laisse travailler ses ouvriers le dimanche, sous le moindre prétexte, ou même pour ne pas contrarier ses moissonneurs ou ses batteurs.

Cependant, vous le voyez à l’église adorer le bon Dieu, même bien prosterné ; il tâche de renvoyer les moindres distractions. Dites-moi, mon ami, de quel œil pensez-vous que le bon Dieu puisse regarder ces personnes ?

 

Allez, mon ami, vous êtes un aveugle ; allez vous instruire de vos devoirs, et ensuite vous viendrez présenter vos prières à Dieu. Ne voyez-vous pas que vous faites les fonctions de Pilate, qui reconnaît Jésus-Christ et qui le condamne.

Vous verrez ce voisin qui est charitable, qui fait des aumônes, qui est touché de la misère de son prochain : cela est assez bien ; mais il laisse vivre ses enfants dans la plus grande ignorance ; peut-être ne savent-ils pas même ce qu’il faut faire pour être sauvé.

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Allez, mon ami, vous êtes un aveugle ; vos aumônes et votre sensibilité vous conduisent à grands pas en enfer. (…)

Celui-là se croit assez sage parce qu’il n’est pas un blasphémateur, un voleur, ni même un impudique ; mais il ne se met pas en peine de se corriger de ces pensées de haine, de vengeance, d’envie et de jalousie qui le travaillent presque chaque jour.

Mon ami, votre religion ne peut que vous perdre. (…)

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Un père est sans doute louable de corriger ses enfants lorsqu’ils offensent le bon Dieu ; mais peut-on le louer de ce qu’il ne se corrige pas lui-même des vices qu’il reprend dans ses enfants ?

Non, sans doute : ce père n’a qu’une religion fausse qui le jette dans l’aveuglement ! L’on ne peut que louer un maître qui reprend ses domestiques de leurs vices ; mais peut-on le louer lorsqu’on l’entend jurer et blasphémer lui-même dans quelque chose fâcheuse qui lui arrive ?

Non, M.F., non, c’est un homme qui n’a jamais connu sa religion ni ses devoirs. (…)

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Nous verrons bien encore ce jeune homme fréquenter les offices et même, peut-être, les sacrements ; mais nous le voyons aussi fréquenter les cabarets et les jeux.

Cette jeune fille paraîtra bien aussi, de temps en temps, à la sainte Table ; mais elle paraîtra aussi dans les danses, les assemblées où les bons chrétiens ne se trouvent jamais.

Allez, pauvre hypocrite, allez, fantôme de chrétienne, un jour viendra où vous verrez que vous n’aurez travaillé qu’à vous perdre.

 

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Un chrétien, M.F., qui veut se sauver ne se contente pas d’observer un commandement, de remplir une ou deux de ses obligations ; mais il observe tous les commandements de Dieu, et ensuite il remplit toutes les obligations de son état.

II. – En deuxième lieu, nous avons dit qu’il fallait que notre vertu fût humble, sans retour sur soi-même.

Jésus-Christ nous dit de « ne jamais faire nos actions avec l’intention d’être loué des hommes (MATTH. IV, 1.) :

Cependant je vous dirai, M.F., que ce n’est pas la grandeur des actions qui leur donne le mérite, mais la pureté d’intention avec laquelle nous les faisons.

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L’Évangile nous en donne un bel exemple. Saint Marc rapporte (MARC. XII, 41-44.) que Jésus-Christ étant entré dans le temple, s’assit vis-à-vis du tronc où l’on jetait les aumônes pour les pauvres (3).

Il observa de quelle manière le peuple y jetait cet argent ; il vit que plusieurs riches y jetaient beaucoup ; il vit en même temps une pauvre femme veuve qui s’approcha humblement du tronc et y mit seulement deux pièces de monnaie.

Alors Jésus-Christ appela ses apôtres, et leur dit : « Voilà beaucoup de monde qui ont mis des aumônes considérables dans ce tronc, et voilà qu’une pauvre veuve n’y a mis que deux oboles ; que pensez-vous de cette différence ?

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À en juger selon les apparences, vous croirez peut-être que ces riches ont plus mérité ; et moi je vous dis que cette veuve a plus donné qu’eux, parce que ces riches n’ont donné que de leur abondance et de leur superflu, au lieu que cette veuve a donné même de son nécessaire ; la plupart des riches n’ont cherché que l’estime des hommes pour se faire croire meilleurs qu’ils ne sont, au lieu que cette veuve n’a donné qu’en vue de plaire à Dieu seul. »

Bel exemple, M.F., qui nous apprend avec quelle pureté d’intention et avec quelle humilité nous devons faire toutes nos actions, si nous voulons en recevoir la récompense. Il est vrai que le bon Dieu ne nous défend pas de faire nos actions devant les hommes ; mais il veut que le monde n’y soit pour rien et que Dieu seul en soit le motif.

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III. Nous avons dit que la troisième condition nécessaire à la véritable vertu est la persévérance dans le bien.(…)

Mais, me direz-vous, comment peut-on connaître que nous avons la religion dans le cœur, cette religion qui ne se dément jamais ? – (…)

Une personne qui a une véritable vertu, rien n’est capable de la faire changer, elle est comme un rocher au milieu de la mer et battu par la tempête.

 

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Qu’on vous méprise, que l’on vous calomnie, que l’on se moque de vous, que l’on vous traite d’hypocrite, de faux dévot : tout cela ne vous ôte nullement la paix de l’âme ;

Vous les aimez autant que vous les aimiez quand ils disaient du bien de vous ; (…) vous faites vos prières, vos confessions, vos communions, vous allez à la sainte Messe, tout comme à votre ordinaire. (…)

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Nous disons encore que notre vertu, pour être véritable, doit être constante : c’est-à-dire, qu’il faut que nous soyons aussi attachés à Dieu et aussi fervents dans les croix et le mépris que dans le temps où rien ne nous chagrine.

C’est ce qu’ont fait tous les saints ; voyez toutes ces foules de martyrs qui ont enduré tout ce que la rage des tyrans a pu inventer, et qui, bien loin de se relâcher, au contraire, s’unissaient toujours de plus en plus à Dieu. Ni les tourments, ni le mépris qu’on faisait d’eux ne pouvaient les faire changer.

Mais, je crois que le plus beau modèle que je puisse vous donner, est le saint homme Job dans les épreuves que le bon Dieu lui envoya. Le Seigneur dit un jour à Satan : « D’où viens-tu ? » – « Je viens, lui répond le démon, de faire le tour du monde. »

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– « N’as-tu pas vu mon bon homme Job, qui est sans égal sur la terre par sa simplicité et la droiture de son cœur ? » Le démon lui répondit : « Ce n’est pas difficile qu’il vous serve et vous aime bien : vous le comblez de toutes sortes de bénédictions ; mais éprouvez-le un peu, et vous verrez s’il vous sera toujours fidèle. »

 

Le Seigneur lui dit : « Je te donne tout pouvoir sur lui, sinon de lui ôter la vie. » Le démon plein de joie, dans l’espérance de le porter à murmurer contre Dieu, commence à lui faire périr tous ses biens qui étaient immenses. (…)

Dans l’espérance de lui arracher quelques blasphèmes ou du moins quelques plaintes, il lui suscita, coup sur coup, toutes sortes d’ennuis, de disgrâces et de malheurs, afin qu’il n’eût pas le temps de respirer. (…)

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Dans un seul jour, de prince et par conséquent du plus heureux des hommes, il devient le plus malheureux, accablé d’infortunes, privé de tout ce qu’il avait de plus cher au monde.

Fondant en larmes, il se prosterne la face contre terre ; mais que fait-il ? se plaint-il ? murmure-t-il ? Non, M.F., non. L’Écriture sainte nous dit qu’il adore et respecte la main qui le frappe ; il fait au Seigneur le sacrifice de ses richesses, de sa famille ; il le fait avec la résignation la plus généreuse, la plus parfaite et la plus entière en disant :

« Le Seigneur est le maître de tous mes biens comme il en est l’auteur ; tout cela n’est arrivé que de la manière qu’il a voulu ; que son saint nom soit béni en toutes choses ! (JOB, I.)»

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Que pensez-vous, M.F., de cet exemple ? Est-ce là une vertu solide, constante et persévérante ?

Croyons-nous, M.F., avoir quelque vertu, lorsqu’à la première épreuve nous murmurons et souvent nous abandonnons le service de Dieu ?(…)

Hélas ! M.F., qu’il y aurait peu de chrétiens qui ne se laisseraient pas aller à la tristesse, au murmure et peut-être au désespoir, maudiraient leur sort, conserveraient, de la haine contre Dieu en pensant :

« Qu’avons-nous fait pour être traités de cette manière ! » Hélas ! M.F., que de vertus qui n’ont que l’apparence, qui sont tout extérieures, et qui, à la moindre épreuve, se démentent !

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texte: EXTRAIT Curé D’Ars Tome II 7e dim. pentecôte
JésusMarie.com
licence CC BY- SA- CN http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sermentizon_vianney.jpg

Trouvé sur Gloria TV



 

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