*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (17)*Notre-Seigneur lui dit un jour :“Va chez les Franciscains et recommande-leur, de ma part, de se souvenir des âmes du purgatoire, qui sont, en ce moment, en nombre incalculable, parce qu’il n’y a presque personne qui prie pour elles »


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130e et 131e Apparitions

Saint André Avellin était très dévoué aux âmes du purgatoire, et faisait son possible pour les soulager. Quelquefois, en priant pour un défunt, il ne sentait aucune dévotion, tandis que lorsqu’il priait pour d’autres, il avait la piété d’un ange. Il comprit que ce manque de ferveur signifiait que le défunt était damné. De même aussi, quand il voulait dire la messe pour un défunt, si ce défunt était en enfer, il sentait comme une main qui le retenait dans la sacristie.

Le père Solaro, du même ordre religieux que S. André, était à l’agonie. Ceux qui l’assistaient entendirent dans sa chambre, du bruit et de l’agitation comme si plusieurs personnes combattaient l’une contre l’autre.

Ils redoublèrent alors, pour lui, leurs prières, estimant que le mourant avait à supporter une terrible lutte contre les démons ; quelques-uns coururent dire la messe pour obtenir à leur pauvre confrère, le succès dans ce combat, d’où dépendait son salut.

Aussitôt après la mort de Solaro, le bruit cessa ; mais non pas les craintes des religieux. S.André était alors en prière : il en sortit au bout de quelque temps et s’empressa de venir les consoler, en les tirants d’inquiétude.

L’âme du P. Solaro lui était apparue ; elle lui avait dit, qu’en effet, elle avait eu à soutenir une bataille mortelle avec les esprits infernaux, qui la voulaient perdre, à ce moment suprême ; mais que ces horribles démons, ne trouvant point en elle les péchés qu’ils y cherchaient, avaient été obligés de s’enfuir honteusement, laissant le malade achever, dans la paix, son passage de cette vie à l’autre.

L’âme avait dû ensuite rester quelques heures en purgatoire, pour l’expiation de quelques fautes légères ; mais bientôt, les prières de ses confrères l’avaient délivrée et elle était montée glorieuse au ciel. Cette nouvelle fut, pour toute la communauté, une grande consolation.

Peu de temps après, S.André mourut lui-même. Madeleine Barona, religieuse à Naples, Italie, ayant appris cette nouvelle, passait la nuit à prier devant le très Saint-Sacrement, pour ce père, au cas où il pourrait être en purgatoire.

Tout à coup, elle voit venir à elle, d’un air extraordinaire, une abeille, qui se mit à voltiger autour de sa tête, en faisant entendre un très agréable murmure; puis elle se posa sur son livre de prières, d’où elle ne s’envola qu’au moment où il allait être fermé. En même temps, Madeleine se sentit remplie d’une joie si vive, si inexplicable qu’elle comprit que l’abeille, qui avait si extraordinairement paru et disparu, devait être l’âme d’André s’envolant au paradis. Imitons S. André Avellin dans sa grande dévotion envers les âmes du purgatoire, laquelle plaît tant au bon Dieu.


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132e et 133e Apparitions

Moïse, par ses prières, sauva bien des fois les Juifs de l’extermination. Le même miracle de miséricorde s’est accompli bien des fois depuis, soit en faveur des vivants, soit au bénéfice des âmes du purgatoire.

Voici, à ce sujet, un récit raconté par Thomas de Catimpré. Simon Germain, qui avait été d’abord grand seigneur et savant bien connu, puis moine et abbé dans l’ordre des Cisterciens, fut un religieux de vie exemplaire ; mais il avait le défaut d’être trop sévère envers ses religieux. Il était en relation de spiritualité avec la pieuse Ludgarde, qui lui rendit service, surtout après sa mort. Germain mourut et fut condamné par la divine justice à expier son zèle

Trop dur dans les flammes du purgatoire.

En apprenant cette mort, Ludgarde en éprouva une vive peine, et craignit que ses rigueurs ne lui fussent une source de souffrances, avant d’entrer en paradis. C’est pourquoi elle se condamna à des jeûnes, prières et mortifications, afin d’obtenir du Seigneur qu’il ne se montrât pas trop sévère envers son serviteur.

Notre-Seigneur lui apparut et lui dit : Ayez courage, j’aurai égard à votre intercession. Avant peu, Simon sera délivré de ses peines. — Seigneur, répondit-elle, que toutes les consolations que vous me destinez soient reportées sur cette âme souffrante : car je ne cesserai de gémir et de me lamenter jusqu’à ce que je sache qu’elle est introduite dans la gloire.”

Peu après, Notre-Seigneur apparut de nouveau à Ludgarde, conduisant avec lui l’âme de Simon, entièrement délivrée, et lui dit : “ Soyez en paix : voici l’âme pour laquelle vous priez tant.” A ces mots, Ludgarde se jette à genoux aux pieds de son Sauveur, le front contre terre, l’adorant et le bénissant d’un si grand bienfait.

Quant à l’âme, toute ravie d’allégresse, elle exprimait à Ludgarde sa gratitude, l’appelant sa libératrice et lui disant que, sans elle, elle aurait eu encore pour onze ans de supplice à endurer. – Après cette apparition, Ludgarde en eut une autre, plus merveilleuse encore. Le vénérable pape Innocent III venait de mourir.

Son âme se fit voir à cette sainte, tout environnée de flammes, et, comme Ludgarde lui demanda qui elle était : “ Je suis, répondit-elle, l’âme du pape Innoncent III. — Quoi, reprit Ludgarde, un si grand et si pieux pontife, notre père et notre modèle! D’où vient ce cruel châtiment? — J’expie, répondit Innocent, trois fautes, pour lesquelles j’aurais entièrement perdu mon salut, si, au dernier moment, la Mère des miséricordes ne m’avait pas obtenu, de son divin Fils, une contrition parfaite.

Mon purgatoire durera jusqu’à la fin du monde, si vous ne me secourez de vos prières. Marie m’a obtenu encore cette autre faveur, de venir vous voir. Ayez donc pitié de moi, je vous en conjure.” La sainte éprouva, de cette révélation, à laquelle elle était loin de s’attendre, une très vive douleur.

Elle assembla aussitôt ses religieuses, leur fit connaître cette apparition et réclama leurs prières, jeûnes, mortifications, communions et messes pour ce grand pape, que l’Église venait de perdre. Chacune s’y employa avec un zèle merveilleux. Mais le pontife ne parut plus.

Le cardinal Bellarmin parle de cette apparition comme d’une chose certaine, et lui, qui était à la fois un saint et un savant théologien, écrit à ce sujet : “ Cette apparition me remplit de terreur, toutes les fois que j’y songe.

En voyant un pontife si digne d’éloges, qui passa pour un saint aux yeux des hommes, sur le point de perdre son âme et condamné aux horribles tourments du purgatoire jusqu’à la fin du monde, quel sera le prélat qui ne tremblera pas de tous ses membres ? ”

On ne connaît pas le3 trois péchés d’innocent III, pour lesquels il faillit être damné, et eut tant à expier. Tremblons, comme le saint Cardinal Bellarmin, sur le sort qui nous attend après notre mort, et, comme lui, vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps.


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134e APPARITION

Malheur à celui qui ne paie pas ses dettes avant de mourir ! S’il n’a pas fait son possible pour les payer, il pourrait bien demeurer en purgatoire jusqu’à ce qu’elles le soient. Dieu ne doit pas volontiers appliquer de suffrages à ceux qui n’ont causé aux autres que des dommages.

L’histoire rapporte plusieurs apparitions de débiteurs, demandant qu’on acquitte leurs dettes. Le F. Augustin d’Espinosa, s. j. s’imposait mille prières, aumônes, jeûnes, mortifications en faveur des âmes du purgatoire. Dieu permit souvent que des défunts lui apparussent, soit pour le remercier, soit pour se recommander à lui.

Un jour, il vit paraître un homme qu’il avait connu fort riche et qui lui demanda s’il le reconnaissait. — “ Sans doute, répondit le père ; je vous ai confessé peu de jours avant votre mort. — C’est bien cela, en effet, reprit le défunt. Je viens, par permission du Sauveur, vous conjurer d’apaiser sa justice. Je ne puis rien moi-même pour cela, et j’ai espéré que vous ne rejetteriez pas mon humble demande.

Pour vous mieux renseigner sur ce qu’il faudrait faire, daignez m’accompagner quelques instants.” Le défunt prend Augustin par la main et le conduit, sans dire un mot, sur un pont peu éloigné de la ville. Là, il s’efface un moment et revient portant une grande bourse pleine d’argent, puis ils retournent tous les deux, au monastère.

Dès qu’ils y furent entrés, le mort remit l’argent au religieux, avec un billet écrit, en lui disant : “ Ce billet vous indiquera à qui donner les sommes que je dois. Il marque aussi les oeuvres que vous ferez faire pour le soulagement de mon âme. Quant à ce qui restera, vous l’emploierez à des choses saintes et utiles.”

En achevant ces mots, le défunt disparut, et le père s’empressa d’aller tout raconter à son supérieur. On fit venir tous les créanciers, et on les paya, et, de ce qui restait, on fit dire des messes pour le défunt. Huit jours s’étaient à peine écoulés, que le mort se présenta de nouveau au P. Augustin, pendant qu’il priait.

Il le remercia de son empressement et de sa charitable exactitude. Il le bénit surtout des messes qu’il avait fait dire en sa faveur, et qui avait servi plus que tout le reste à lui ouvrir les portes du ciel, où il s’envolait, et où il garderait pour lui une impérissable gratitude.

Donc, les débiteurs devraient payer leurs dettes dès qu’ils peuvent le faire. En se contentant d’ordonner, dans leur testament, de les payer, pour eux, après leur mort, ils jouissent du bien d’autrui, pendant leur vie, et ressemblent à ces hideux serpents, à ces vipères, qui ne valent rien qu’après leur mort, où leur venin sert pour certains remèdes.

C’est dans les brasiers du purgatoire, qu’ils verront combien cette négligence est coupable. Ce qu’on donne durant sa vie vaut de l’or ; ce qu’on donne en mourant vaut de l’argent ; mais ce qu’on laisse à distribuer après sa mort ne vaut plus que du plomb.


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135e et 136e Apparitions

Dieu, qui n’aime pas à punir, emploie des avertissements pressants pour retirer les coupables de leur insensibilité. S’ils n’en tiennent pas compte, alors il prend la verge. Voici deux traits qui apprennent à avoir beaucoup d’égard pour les exhortations des personnes saintes.

Le P. Nicholas Zucehi, s. j. avait réussi à faire entrer au couvent, pour se consacrer à Dieu, trois filles de Rome, qui étaient soeurs. La plus jeune avait été recherchée par un cavalier ; mais ne l’avait pas même regardé, étant décidée à se faire religieuse.

Cet homme, néanmoins, ne perdait pas l’espoir de la faire sortir de son couvent. Il l’accablait de lettres galantes, où il la conjurait d’abandonner les tristesses d’un couvent, pour venir goûter, avec lui, les délices de la vie et de la liberté.

Le P. Zucchi l’ayant appris, il suppliait Dieu d’accorder, à cette jeune fille, le courage et la persévérance. Un jour, qu’il se rendait à ses oeuvres de zèle, il rencontra ce cavalier. “ Monsieur, lui dit-il, ayez assez de charité pour ne plus tourmenter une servante de Dieu, et ne vous faites pas le rival de Notre-Seigneur. Songez au salut de votre âme, plutôt qu’à la perte des autres.

Vous paraîtrez avant peu devant Dieu, et c’est alors que vous verrez le prix de la vertu et ce que valent les amours terrestres.” Le jeune homme s’excusa honnêtement, promit de réfléchir à ces conseils et s’éloigna, après un salut respectueux ; mais il continua comme auparavant.

La prédiction du père se réalisa bientôt : le cavalier mourut quinze jours après. Un soir, les trois soeurs étant à prier, la plus jeune se sentit, par trois fois, tirer en arrière, et une voix lui dit : “ Venez tout de suite au parloir.” Quoiqu’elle ne vît rien et fût un peu effrayée, elle prit un flambeau et alla au parloir.

Elle y vit un homme qui s’y promenait à grands pas. — “ Qui êtes-vous, lui dit-elle ; que venez-vous faire ici, à cette heure, et pourquoi m’avez-vous fait appeler ? ” L’étranger, sans répondre, s’approcha davantage, écarta son manteau et la novice aperçoit son ancien amant attaché comme un criminel, par des chaînes de feu, au cou, aux poignets, aux genoux et aux pieds. Puis il s’écria : “Priez pour moi !” et à l’instant même il disparut. Cette âme gémissait dans les supplices du purgatoire, et réclamait des suffrages. Les trois soeurs, et les autres religieuses multiplièrent leurs suffrages pour lui.

Quel bonheur pour ce cavalier, s’il eût écouté le P. Zucchi. Le Père Carraffa général des Jésuites, fut appelé à préparer à la mort un grand seigneur condamné à avoir la tête tranchée. Comme il ne se croyait pas digne de la peine capitale, il fut très difficile de l’amener à une parfaite résignation à une mort si infamante.

Cependant, le père y réussit si bien, que ce seigneur se déclara heureux de subir ce supplice, en expiation de tous les péchés de sa vie, et il cria cette déclaration du haut de l’échafaud.

Tout le peuple fut édifié de ces sentiments si chrétiens.

Dieu eut pour agréable cette soumission à sa divine volonté.

Aussitôt après l’exécution, le P. Caraffa alla voir la mère du supplicié et lui dit que, au moment où la hache avait coupé la tête de son fils, il avait vu Son âme montée triomphante au ciel, où les anges s’étaient empressés de la couronner. Un prêtre était venu lui demander s’il convenait de prier pour ce défunt et de dire des messes pour lui : “ Cela est inutile, répondit le père ; réjouissons-nous plutôt ; car je vous déclare que cette âme n’a pas même passé par le purgatoire !

” Un autre jour, qu’il était occupé à une oeuvre sainte, il s’arrêta tout à coup, changeant de visage et regardant en haut, puis il s’écria, plusieurs fois : “ O l’heureux sort ! ô l’heureuse fortune ! ” Et comme on lui demandait ce que cela voulait dire : “ C’est l’âme du supplicié, répondit-il, qui m’est apparue dans toute sa gloire.” Soumettons-nous-en tout à la sainte volonté du bon Dieu : c’est un excellent moyen d’expier nos péchés, comme on vient de le voir. C’est souvent dur à faire, mais la récompense n’en est que plus sublime. Soyons courageux.


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137e et 138e Apparitions

Lorsque Charlemagne prit la ville de Tunis, il donna la liberté à vingt mille esclaves chrétiens, qui le comblèrent de mille bénédictions.

Les âmes du purgatoire, qu’on soulage ou délivre, sont encore bien plus reconnaissantes, parce que leur captivité est infiniment, plus dure qu’était celle des chrétiens sous les Maures. Sainte Marguerite de Cortone, qui avait été une grande pécheresse, l’expérimenta, comme on va le voir.

Parmi ses principales vertus, après sa conversion, était son extrême charité pour les défunts. Aussi, à sa mort, vit-elle venir au-devant d’elle quantité de ces âmes qu’elle avait délivrées des flammes du purgatoire. La vue de ce consolant spectacle fut donnée à une servante de Dieu, de la ville de Castello, qui en fut ravie d’admiration.

Comme la piété bien entendue envers les morts a pour premier objet les parents, Marguerite se souvint d’abord de ses père et mère. Elle offrait pour eux prières, mortifications, veilles, souffrances, communions, surtout les messes auxquelles elle avait le bonheur d’assister.

Dieu lui fit connaître qu’elle les avait délivrés du purgatoire et envoyés au paradis. Elle pria aussi beaucoup pour sa domestique, nommée Gillia. Un ange se fit voir à elle et lui apprit que cette servante, en considération de ses prières, ne ferait qu’un mois de purgatoire, et que, de plus, quatre anges lui seraient députés pour l’accompagner au ciel.

Ensuite Marguerite pria pour tous les défunts, en général.

C’est pour cela que les apparitions se multipliaient autour d’elle. Deux marchands traversant un pays infesté de voleurs, tombèrent entre les mains d’une troupe d’assassins, qui les tuèrent. Ils apparurent à Marguerite et lui dirent : “ Nous n’avons pu recevoir l’absolution de nos péchés, ayant été surpris.

Cependant, lorsque nos assassins nous conduisaient au fond de la forêt, nous avons eu le temps et la grâce de faire un acte de contrition parfaite. Arrivés au repaire des bandits, nous avons été massacrés sans pitié et nos cadavres furent jetés parmi bien d’autres.

En recevant le coup de la mort, nous avions un parfait regret de nos fautes et nous avons ainsi échappé à l’enfer ; mais nos tourments dans le purgatoire sont affreux. Nous avions commis, dans notre commerce, des mensonges et bien des injustices. C’est pourquoi, servante de Dieu, nous vous supplions de dire à N. et N., nos parents, de faire dire pour nous des messes, afin que nous soyons délivrés de supplices qui nous torturent, avec une rigueur extrême.

Nous vous conjurons aussi de beaucoup prier pour nous.” Pas n’est besoin de dire que Marguerite ne les oublia pas. Elle ne se bornait pas à secourir elle-même les pauvres âmes, elle suppliait les religieux, religieuses et personnes pieuses du monde, de l’aider dans cette sainte oeuvre.

Notre-Seigneur lui dit un jour : “ Va chez les Franciscains et recommande-leur, de ma part, de se souvenir des âmes du purgatoire, qui sont, en ce moment, en nombre incalculable, parce qu’il n’y a presque personne qui prie pour elles. Tu leur diras encore, en mon nom, de mieux garder leur règle de pauvreté, et de ne pas tant se mêler des affaires du siècle, parce qu’une grande punition les attendrait, pour ce péché, dans l’autre vie.”

La sainte fit la commission, et ces avertissements du Sauveur furent reçus avec respect, et conservés dans les archives, à titre d’avertissements divins. Le zèle de Marguerite étant si grand et si fécond, il ne faut point s’étonner qu’elle ait obtenu la délivrance d’une grande quantité de défunts, qui brûlaient dans les flammes du purgatoire ; ni que ces âmes, rendues au ciel, ne soient venues à sa rencontre et lui aient servi de cortège pour monter elle-même au paradis. Prions, nous aussi, pour les défunts et nous ne perdrons pas notre récompense.


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139e et 140e Apparitions

Le véritable amour ne s’éteint point à la mort de la personne aimée ; mais l’accompagne au-delà du tombeau. En voici un bel exemple. La vénérable Catherine Paluzzi, très pieuse fille, avait contracté une intime amitié avec une autre fille, appelée Bernardine. Elles étaient comme deux charbons ardents de l’amour de Dieu. Elles se promirent que celle qui mourrait la première apparaîtrait à l’autre. Bernardine fut bientôt emportée par une maladie mortelle.

A ses derniers moments, Catherine lui dit : “ Je vous demande surtout deux choses : de me faire savoir d’abord où se trouvera votre âme, après le jugement, afin que je mérite pour elle, si elle a besoin de suffrages ; ensuite, si ma vie est agréable à Dieu, pour qui seul je veux vivre et mourir.” La mourante répondit : “ Je n’oublie point mon engagement ; je demanderai la grâce de le tenir; ” après quoi, elle expira dans les sentiments de la plus parfaite et de la plus douce résignation.

Catherine espérait que l’apparition ne se ferait point attendre, et, néanmoins, elle ne perdit pas un moment, ni une occasion de prier pour son amie ; elle ne cessait d’intercéder pour sa délivrance, au cas où elle gémirait en purgatoire. Les semaines succédaient aux semaines, et les mois aux mois, sans que le moindre signe lui fît entendre que son amie songeait encore à elle.

Elle suppliait sans cesse Notre-Seigneur de ne point refuser à Bernardine la permission de venir la voir. Or, juste deux années après sa mort, comme Catherine priait, il lui sembla qu’elle était transportée en esprit dans l’église des Franciscains.

Là, dans un coin, elle aperçut un puits, d’où sortaient d’abord des torrents de fumée épaisse et enflammée, puis une personne enveloppée de ténèbres, qui s’éclaircit peu à peu, se débarrassa de la fumée, et enfin parut brillante, glorieuse, d’une beauté extraordinaire ; à sa rencontre, va aussitôt une troupe d’anges et de bienheureux.

Ce spectacle étonnait fort la sainte, qui, considérant mieux le visage de la revenante, reconnut son amie Bernardine. Toute joyeuse, elle courut au-devant d’elle et lui demanda : “ Comment avez-vous pu être si longtemps sans venir ? D’où sortez-vous ? Comment avez-vous pu rester si longtemps en purgatoire ? Que signifie tout cela ? ” L’âme lui répondit : “ En effet, je suis en purgatoire depuis ma mort ; mais maintenant, je monte au ciel.—

Vous ne me dites point, demanda Catherine, si je suis agréable au Seigneur, dans la vie que je mène, et si cette vie me conduira en paradis ? — Oui, certainement, vous êtes dans le bon chemin, répondit l’âme. Réjouissez-vous: le Seigneur vous aime, et il vous réserve à de grandes choses pour sa gloire. De longs jours vous restent à passer sur la terre, et votre couronne n’est pas encore prête.” En achevant ces mots, l’âme s’envola au paradis, avec la glorieuse troupe venue à sa rencontre, et laissa Catherine ravie de bonheur. Cette sainte amie de Dieu était dévouée à toutes les âmes, en général ; mais surtout à celle de ses parents.

Lorsque son père mourut, elle passa huit jours entiers et sans interruption, en prières, jeûnes, et toutes sortes d’autres pénitences. Elle conjurait Marie de secourir cette âme, qui lui était si chère.

Elle fit offrir aussi un grand nombre de messes, auxquelles elle assista. Après ces huit jours, Notre-Seigneur, accompagné de sa patronne, sainte Catherine de Sienne, lui apparut et la conduisit, par des chemins inconnus, jusqu’en purgatoire : là, elle entendit la voix lamentable de son père, qui, du milieu d’un feu consumant, la suppliait, en gémissant, de continuer, de la même manière, à le soulager jusqu’à sa parfaite délivrance.

A cette vue, à ces cris de douleur, Catherine fut saisie d’une inexprimable angoisse ; les larmes l’aveuglaient. Alors, se tournant vers Notre-Seigneur, elle le supplia de ne point se souvenir de sa justice ; mais seulement de sa miséricorde ; et, s’adressant à sainte Catherine, elle la supplia d’intercéder pour son malheureux père.

Mais, comme elle savait qu’il fallait que les fautes de son père fussent expiées, elle supplia le Seigneur de les lui faire expier à elle-même. Le Sauveur eut pitié du chagrin de sa servante et, jetant sur les flammes son puissant regard, qui commande au ciel et à la terre, à l’instant, elles s’écartèrent et l’âme fut délivrée.

Jésus, la prenant par la main, l’amena avec lui dans la gloire du paradis. Catherine revint alors à elle, et bénit la bonté divine qui avait si promptement exaucé ses prières. Imitons cette sainte ; prions pour les âmes du purgatoire en général ; mais surtout pour celles de nos proches. Si nous ne les délivrons pas aussi promptement, que Catherine délivra son père, nous les soulagerons au moins, en proportion de ce que nous ferons pour elles, et nous les aurons ensuite pour perpétuelles bienfaitrices.


À SUIVRE…………


 

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*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ?*Ne craignons pas trop les inconvénients, quand il s’agit du service de Dieu ou de secourir les défunts, et nous serons récompensés, comme ces religieux.


Saint Philippe Néri, Apôtre de la Joie

 


*Ces deux Apparitions 62-63 étaient manquantes*

FLEURBRUNE

62e et 63e Apparitions

Saint  Philippe  de  Néri  était  rempli  de  dévotion pour  les  pauvres  âmes  du  purgatoire.  Aussi,  bon nombre  de  défunts  lui  apparurent-ils,  en  maintes circonstances,  soit  pour  le  remercier,  soit  pour  de­mander  ses  prières.  Il  reçut  de  grandes  grâces  par leur intercession. Après sa mort,  un  père  franciscain priait  dans  une  chapelle  où  l’on  avait  déposé  son corps,  lorsque  le  saint  lui  apparut  triomphant,  au milieu d’une troupe de bienheureux.

 

 Frappé de l’air de  bonté  qu’il  voyait  sur  son  visage,  le  franciscain osa lui  demander  quelle était  cette  troupe  brillante qui l’entourait. Le bienheureux lui répondit que c’était des  âmes  qu’il  avait  délivrées  du  purgatoire  ;  elles venaient  au-devant  de  lui  pour  l’introduire  au  pa­radis.

Le  Père  Magnanti,  de  l’Oratoire  de  S.Philippe,  ne cessait pas,  non plus,  d’intercéder pour les  défunts,  et  en  avait  souvent  des  apparitions.  Il y  avait,  dans  la  ville  d’Aquila,  une  fille  appelée Elisabeth,  qui  désirait  entrer  dans  un  couvent.  Le P.  Magnanti lui dit que Notre-Seigneur l’appellerait bientôt à. lui, et de se préparer à quitter ce monde. En effet,  elle  fit  une  courte  maladie  et  mourut  comme une sainte.

Saint Philippe Neri

A peine avait-elle rendu le dernier soupir, que le P.  Magnanti eut l’assurance  surnaturelle que cette  âme  entrerait  bientôt  au  ciel.  Il  consolait  ses parents,  en  les  assurant  qu’ils  auraient  bientôt  une céleste  avocate. 

La  prédiction  fut  bientôt  justifiée : la morte apparut à l’un de ses frères et lui dit : “ Grâce à  l’intercession  du  P.  Magnanti,  l’heure  de  mon entrée  au  ciel  a  sonné.”  Ce  zélé  religieux  recevait beaucoup  d’aumônes  et les  donnait  aux  pauvres,  ou en faisait dire  des messes pour les défunts. 

De plus, pour ces chers défunts, il jeûnait,  se mettait en sang à  coups  de  discipline,  faisait  d’autres  grandes  péni­tences, passait des nuits à prier, renonçait à tous les plaisirs  des  sens  et  du  monde. 

Il  poussa  si  loin  ce zèle, qu’il supplia Dieu  de  lui  imposer,  à  lui-même, une partie des châtiments mérités par certaines âmes, afin  de  les  soulager  d’autant. 

Il  fut  entendu  dans cette  prière  héroïque  : à partir de  ce  moment,  il  fut en  proie à une douleur terrible qui ne lui permettait presque pas de changer de position. Les  âmes n’étaient point ingrates.

FLEURBRUNE

Le  P.  Magnanti attribuait à  leur intercession  la  plupart  des  faveurs  qu’il  recevait  du ciel, entre autres, celles de savoir les choses éloignées, de découvrir les fautes cachées, de déjouer les pièges du démon et autres choses semblables. 

 

Comme il revenait d’un pèlerinage à la  sainte maison de Lorette,  arrivé près de  Morcia, où  était une  célèbre église  de la très sainte Vierge, il voulut y dire la messe, pour ses chers défunts,  malgré  l’avis  de  ses  compagnons,  qui  crai­gnaient  de  ne  pouvoir  traverser  un  lieu  dangereux, avant  l’arrivée  des  brigands,  qui  venaient  s’y  em­busquer peu après le soleil levé.  Après son action de grâces, on se met en route.

 

Arrivés à ce lieu, où beau­coup  d’assassinats  s’étaient  commis,  ils  tombèrent aux mains des voleurs, qui les chargèrent de chaînes, les  attachèrent  à  des  arbres,  pour les dépouiller de tout  ce  qu’ils  avaient  et  les  massacrer  ensuite.  A  ce moment,  parurent,  sur  une  montagne  voisine,  deux enfants  inconnus,  qui  se  mirent  à  pousser  des  cris en  faveur  des  prisonniers,  comme  s’ils voulaient rassembler tout le pays pour les délivrer. Les bandits étaient au nombre de douze. 

 

Ils coururent au-devant de  ces  enfants,  déchargeant  sur  eux  leurs  armes, afin de les  tuer  ;  mais eux,  sans  se laisser intimider, avançaient  toujours en criant plus  fort, de sorte  que les brigands,  voyant  qu’ils  n’étaient  pas des  enfants ordinaires,  furent  remplis  de  crainte  et  s’enfuirent*

FLEURBRUNE

Les  deux  enfants  s’approchèrent,  délièrent  les religieux,  puis  ils  s’évanouirent,  sans  qu’on  pût  savoir ce qu’ils étaient devenus, ni d’où ils venaient.  Le P. Magnanti  crut fermement  que  c’était  des  âmes  du purgatoire, à qui Dieu avait permis de prendre cette forme pour les délivrer.  Donc, ne craignons pas  trop les inconvénients,  quand il s’agit du service de Dieu ou de secourir les défunts, et nous serons récompensés, comme ces religieux.


 

 

 

 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (16)*Évitons le péché et faisons pénitence pour ceux que nous avons commis. Il vaut mille fois mieux faire son Purgatoire ici-bas sur la terre. Ne l’oublions pas.!!!


purgatory larmes

121e APPARITION

Il n’est pas, sur terre, un seul homme qui ne doive trembler à la pensée du jugement, dit l’Écriture.

Point d’âme si pure qui n’ait ses taches. Le fait suivant semblerait incroyable, s’il n’avait point le témoignage formel du cardinal Jacques Vitry. Dans un village de Liège, Belgique, vivait, en 1708, une veuve de vertu profonde, et grande amie de la vénérable Marie d’Oignies. Cette veuve tomba dans une maladie grave, qui la réduisit bientôt à l’extrémité.

Dès que la vénérable Marie en fut avertie, elle courut consoler et encourager la mourante. O prodige ! En entrant dans sa chambre, elle vit la Mère de Dieu, assise auprès de sa servante, un éventail à la main, avec lequel elle rafraîchissait son visage brûlant de fièvre. Heureuse veuve, qui méritait, à sa mort, d’être réconfortée par la Consolatrice des affligés !

La vénérable Marie d’Oignies aperçut, en même temps, une troupe de démons qui s’efforçaient d’entrer dans la chambre de la mourante, armés de toutes leurs tentations et de tous leurs pièges ordinaires, contre les agonisants ; mais l’apôtre S. Pierre parut tout à coup, la croix à la main ; à son approche, ils disparurent, comme frappés par la foudre. Les grâces miraculeuses ne se bornèrent point à cela. Lorsque la vertueuse veuve fut morte et qu’on fit ses funérailles, la bienheureuse Marie d’Oignies vit la très sainte Vierge, accompagnée d’une troupe de saints, divisés en deux choeurs, qui assistaient à la cérémonie, rangés autour du corps et chantant des psaumes, pour le repos de son âme.

 

Il sembla même que Notre-Seigneur avait pris la place du prêtre officiant, et présidait l’assemblée des chrétiens réunis au pied de l’autel. Cependant, cette âme si privilégiée n’était pas montée droit au ciel, tant les jugements du Seigneur sont terribles.

Après le service, la vénérable Marie d’Oignies se mit à prier pour la défunte, selon sa coutume, et fut ravie en extase ; elle vit l’âme de la pieuse veuve portée dans le purgatoire et condamnée à de dures souffrances, pour expier plusieurs imperfections humaines.

Cette vue épouvanta la sainte, et elle se hâta d’avertir les deux pieuses filles, qu’elle avait laissées sur terre, afin qu’elles s’unissent à elle, pour satisfaire à la justice divine, par des prières, aumônes, jeûnes, surtout par le divin sacrifice de la messe.

Elles continuèrent ensemble ces pieux exercices, jusqu’à ce que la défunte apparaisse à Marie d’Oignies, environnée de gloire et dans tout l’éclat du triomphe céleste.

Elle tenait à la main le livre des Évangiles, sans doute pour montrer qu’elle avait été une fidèle observatrice des préceptes qui y sont contenus. Combien devons-nous redouter la justice si sévère du souverain Juge!

Qu’allons-nous devenir, à notre mort, nous qui multiplions sans cesse nos péchés et ne faisons presque rien pour les expier ! Réformons donc une conduite qui nous plongera dans les brasiers du purgatoire pour des siècles …peut-être. Ayons une grande dévotion pour la communion, la messe et la très sainte Vierge. Combien nous en serons heureux à la mort.


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122e et 123e Apparitions

 Le P. Diégo Lainez ne cessait de répéter à ses religieux que ce n’était pas aimer véritablement que d’oublier l’ami, dès après sa mort. Il voulait que les intérêts des âmes fussent aussi à coeur par de là la tombe qu’auparavant, et lui-même en donnait l’exemple.

A Munster, en Westplialie, vers le milieu du XVe siècle, éclata un mal contagieux qui faisait, chaque jour, d’innombrables victimes. La crainte empêchait de trouver facilement des personnes qui voulussent s’occuper des malheureux atteints du fléau. Alors, le P. Jean Fabricius, jésuite, se présenta et passa ses journées à soigner les malades, les confesser, les administrer, les ensevelir, et il disait ses messes pour ceux que le fléau avait emportés.

Ses conseils réussirent à engager les Pères de Munster, à consacrer un jour par mois, à de solennelles prières publiques pour ces défunts. Tant d’oeuvres méritoires furent récompensées par plusieurs apparitions. Certaines âmes venaient supplier le P. Jean de hâter leur délivrance, d’autres venaient le remercier. A sa mort, il poussa sa charité pour les défunts au point de prier Dieu de leur appliquer les prières, messes, indulgences, mortifications, etc., qui seraient offertes pour lui. André Simoni avait une charité pour les âmes égale à celle du Père Jean.

 

Quoiqu’il ne fût pas prêtre, il désirait leur appliquer les mérites infinis de la messe, et, pour en faire dire, il quêtait auprès des gens riches : prélats, cardinaux, étrangers, grands seigneurs, etc. Quand il fut à sa dernière heure, les âmes, qu’il avait soulagées, le vinrent consoler visiblement et l’assistèrent jusqu’à son trépas, à la grande édification des assistants.

En vérité, si nous voulions réellement secourir les défunts, nous pourrions certainement trouver les moyens de le faire, comme ce pauvre André Simoni, et nous serions magnifiquement récompensés, comme lui.

Nous trouverions cela très bon, à l’heure de la mort, surtout au milieu des feux du purgatoire. Ne l’oublions pas, dans nos plus chers intérêts.


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124e et 125e Apparitions

  Dans le purgatoire, les bonnes actions sont récompensées, et les mauvaises, punies. Sainte Madeleine de Pazzi vit un jour apparaître, toute brillante d’une céleste lumière, une religieuse qui venait de mourir. Ses mains seules ne brillaient pas, parce qu’elle avait à expier quelques imperfections contre le voeu de pauvreté. Une fille lui apparut aussi, revêtue d’une robe brûlante et d’un manteau de lys. Sa robe de feu était le châtiment de sa vanité, et le manteau de lys, la récompense de sa pureté.

 

 Un prédicateur dominicain apparut à Cologne, à un autre Dominicain, sous des vêtements magnifiques et ayant une couronne d’or sur la tête. Interrogé sur la signification de ces ornements, il répondit qu’ils représentaient les âmes qu’il avait sauvées par ses prédications» et que sa couronne d’or était le prix de sa fidélité à observer les règles de son ordre. Il fit connaître, cependant, qu’il souffrait encore en purgatoire pour quelques paroles inutiles, et que sa langue seule était torturée. ——–

 

Le P. François de Gonzague, qui devint évêque de Mantoue, rapporte que dans les îles Canaries, au couvent de la Conception, le vénérable serviteur de Dieu, frère Jean-de-Via, franciscain, modèle de cette maison, tomba malade. Pour le soigner, on lui donna un novice nommé Ascension, fort avancé dans la vertu. Le malade mourut dans les sentiments les plus édifiants.

Le bon novice, après avoir assisté à ses funérailles, se retira à l’écart, afin de prier pour lui, et continua cette sainte pratique pendant quelques jours. Un soir, durant sa prière, il aperçoit tout à coup un franciscain entouré de lumineux rayons. Puis, tout s’effaça. Ce prodige se renouvela une seconde fois ; mais le novice était si hors de lui, qu’il n’osa pas questionner l’apparition. La troisième fois, cependant, un peu enhardi, il demanda : “ Qui donc êtes-vous ?

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Pourquoi venez-vous ici aussi souvent? Au nom de Dieu, je vous prie de me répondre, afin que je sache la signification de tout cela.” Le fantôme répondit: “ Je suis l’âme du frère Jean-de-Via, qui vous a tant d’obligation pour vos soins et vos prières. Je viens vous apprendre que je suis parmi les prédestinés à la gloire. Cependant, je n’ai pas encore été jugé digne de voir Dieu, pour un manquement qu’il me faut expier.

Durant ma vie terrestre, j’ai oublié, par ma faute, la récitation de certains offices pour les défunts, auxquels j’étais obligé. Je vous conjure donc de les dire pour moi, afin que je puisse entrer au ciel”. Le novice courut aussitôt raconter ses trois visions au père gardien, qui fit dire ces offices par les religieux.

A peine étaient-ils terminés, que l’âme vint de nouveau voir le pieux novice ; mais beaucoup plus brillante encore. Elle le remercia et lui promit de le protéger du haut du ciel ; puis, lui montrant deux pères couronnés de gloire, qui l’accompagnaient, elle lui dit que l’un était S. François d’Assise et l’autre, S. Bernardin de Sienne, venus au-devant d’elle pour l’introduire au ciel. Quels terribles châtiments pour de si petites fautes ! A quoi ne devons-nous pas nous attendre ?

Évitons le péché et faisons pénitence pour ceux que nous avons commis. Il vaut mille fois mieux faire son purgatoire ici-bas sur la terre. Ne l’oublions pas.!!!


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126e APPARITION

 Judas Machabée envoya au temple douze mille drachmes d’argent, pour des prières en faveur de ses soldats morts sur les champs de bataille.

Une humble femme de Naples, Italie, avait la plus grande peine à empêcher ses enfants de mourir de faim. Elle conjurait le ciel de délivrer son mari, qui gémissait sous les verrous, sans autre crime que de n’avoir pu, par pauvreté, payer ses dettes. Or, elle se sentait incapable de le délivrer, en les payant elle-même. Elle exposa sa détresse à un riche, qui ne lui donna qu’environ dix sous. Désolée, découragée, elle entre dans une église pour supplier le Dieu des indigents de la protéger.

 

Elle était plongée dans sa prière et dans ses larmes, lorsque l’idée lui vint de recourir aux âmes du purgatoire, dont elle avait entendu raconter les douleurs et la reconnaissance envers ceux qui les secourent.

Presque consolée à cette pensée, elle offre la petite pièce d’argent qu’elle vient de recevoir du riche, à un prêtre, en le priant de bien vouloir , pour cette si petite somme, dire une messe pour les morts.

Le bon prêtre monte sans retard à l’autel, dit la messe, pendant qu’elle prie prosternée sur le pavé. Pendant qu’elle s’en retournait, à travers les rues de la ville, un bon vieillard l’arrête et lui demande la cause de la tristesse qu’il lit sur son visage. Elle lui conte tout. Le vieillard se montre fort touché de tant de misère, et, en se retirant, il lui remet un billet avec ordre de le porter à une personne qu’il lui désigne.

La pauvre femme s’y rend au plus tôt, et trouvant à l’endroit indiqué, un homme à cheval, elle lui remet le billet. Celui-ci, ouvrant le papier, semble sur le point de se trouver mal : il a reconnu l’écriture de son père, mort depuis quelque temps déjà.

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“ D’où vous vient cette lettre, s’écria-t-il, hors de lui ? Qui a pu vous donner ces lignes si chères à mon coeur ? — Monsieur, répond la femme, étonnée à son tour, c’est un charitable vieillard qui m’a arrêtée sur la rue, et m’a dit, après que je lui eus raconté mes misères, de venir vous voir de sa part, et de vous remettre ce papier. Je ne sais point ce qu’il y a écrit, car il ne m’a rien expliqué. Tenez, Monsieur, voici son portrait, au-dessus de la porte.” De plus en plus étonné, le cavalier reprend le billet et le lit à haute voix : “ Mon fils, votre père vient de quitter le purgatoire, grâce à une messe que cette pauvre femme, qui vous portera ce papier, a fait célébrer ce matin, pour les défunts.

Elle est dans une grande nécessité et je vous la recommande moi-même.Il lit et relit cette écriture, tracée par une main si chère ; les larmes coulent de ses yeux. “ Pauvre femme, lui dit-il, vous avez, avec une faible somme, ouvert le ciel à celui qui m’a donné la vie ; je veux, à mon tour, assurer la vôtre ; je me charge de vous et de votre famille ; il ne vous manquera rien, j’en fais le serment.” Quel encouragement pour nous à secourir les âmes du purgatoire ! Même la plus petite charité envers elles est magnifiquement payée, comme le dit le pieu cardinal Hugues.

Faisons donc tout ce que nous pouvons pour elles : nous en serons si heureux au temps de la récompense, qui ne se perdra certainement pas.


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127e APPARITION

 Zachée, qui reçut Notre-Seigneur chez lui, nous montre qu’on peut changer les biens mal acquis en mérites et satisfactions pour l’autre vie. Combien de mauvais riches, à son exemple, se sont appauvris de leurs fortunes empoisonnées, pour acquérir les trésors de la grâce. Dans une ville de Hongrie, un soldat de moeurs brutales, appelé Clément, avait commis un homicide, pour satisfaire la vengeance d’un citoyen, qui le récompensa d’une grosse somme d’argent, pour cet acte si injuste. Ce ferrailleur fut bientôt tourmenté de remords et du désir d’obtenir miséricorde.

 Il va trouver un confesseur, se jette à ses pieds, avoue ses iniquités avec larmes, et en obtient le pardon. De plus, il fait voeu d’employer les deux cents florins qu’il a reçus pour son crime, à faire sculpter une Vierge des douleurs, —c’est-à-dire, la très sainte Vierge tenant dans ses bras le corps de son divin Fils, détaché de la croix, — et de plus, à faire dire trois messes et brûler douze cierges devant le très Saint-Sacrement. Or, il tarda à s’acquitter de ce voeu et la mort le surprit avant qu’il l’eût accompli.

 

Cette âme, qui avait tant à expier, descendit au purgatoire pour longtemps. Mais le Seigneur lui permit d’apparaître à une sainte fille, appelée Reine, qui vivait dans une parfaite vertu. Elle se présente donc à elle et lui dit : “ Je vous supplie, servante de Dieu, d’aller trouver ma femme, qui vous remettra deux cents florins.

C’est le prix du sang. Avec cet argent, vous accomplirez un voeu que j’ai fait, durant ma vie, de faire sculpter une statue de la Mère des Douleurs, de faire dire trois messes et de faire brûler douze cierges devant le très Saint-Sacrement ; ce qui pourra rester de ces deux cents florins, vous le donnerez aux pauvres. A ce prix, je pourrai être délivré des cruels tourments auxquels je suis condamné.”

La pieuse fille, par un motif incompréhensible, n’osa point s’acquitter de ce message. Le défunt lui apparut de nouveau, et une troisième fois, multipliant ses instances et la conjurant de ne pas lui refuser cette grâce suprême, si elle avait quelque amour pour Dieu.

Cette fille ne voulut pas se charger d’une pareille commission ; elle répondit que cela lui était impossible, qu’on la laissât en repos, qu’elle détestait ces affaires d’argent, etc. “ En bien ! reprit l’âme, je ne vous laisserai pas tranquille, jusqu’à ce que vous m’ayez exaucée; fuyez où vous voudrez, je saurai bien vous trouver : car c’est à vous seule que Dieu permet que je m’adresse.” Ces apparitions ne tardèrent pas à être connues de l’un des premiers de la ville.

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Cet homme, touché de pitié pour la pauvre âme souffrante, se décida à faire accomplir le vœu de Clément, à son propre compte. Il fit venir un sculpteur et lui enjoignit de commencer immédiatement la sculpture de cette statue et de ne faire rien autre chose avant de l’avoir terminée. Celui-ci, n’ayant point, dans sa boutique, de bois convenable pour une telle statue, alla dans la forêt pour en trouver.

 

Pendant qu’il cherchait un arbre convenable, il voit venir au-devant de lui, un vieillard appuyé sur un bâton, les cheveux blancs, le visage pâle, qui ressemblait beaucoup au défunt Clément. — “ Où allez-vous, ainsi, et que cherchez-vous ? dit-il au sculpteur.

— Je cherche, répondit celui-ci, un bois d’excellente qualité pour en faire une statue de la Vierge des Douleurs ; jusqu’à présent, je n’ai guère réussi. Ceux-ci sont trop verts, ceux-là sont trop mous, ou bien la qualité ne convient point pour le ciseau.

 

— Eh bien ! reprit le vieillard, ne cherchez point davantage ; c’est moi qui vous conduirai où il faut : à quelques pas d’ici, au milieu de ce bouquet d’arbres, à main droite, il y a, par terre, un arbre coupé depuis quatre ans, bien sec, bien dur, absolument ce que vous désirez.” L’artiste y va, trouve le bois tant désiré et revient chez lui tout content. Il se met aussitôt à l’ouvrage, se hâte vivement, et en très peu de temps, la statue était achevée.

 

Celui qui l’avait commandée vint la voir, la trouva parfaite et dit au sculpteur d’en venir chercher le prix quand il le voudrait. Cependant, l’âme de Clément se montre de nouveau à Reine, et lui dit qu’il est nécessaire que cette statue soit payée avec une partie des deux cents florins qu’il a reçus pour le meurtre, parce que cet argent d’iniquité devait servir à la réparation du crime, et non point un autre ; que si sa famille a déjà dépensé la somme, il la faut retrouver en vendant les meubles ou autrement; sans quoi, il continuera à être tourmenté dans les flammes du purgatoire, n’ayant point

Expié suffisamment son crime abominable.

Cette fois, Reine lui obéit. On apporta la statue chez elle, on la plaça sur un petit autel, et on déposa les deux cents florins à ses pieds. L’âme apparut encore ; mais tout autre, rayonnante, glorieuse ; elle se répandit en remerciements, commanda de donner une partie des florins au statuaire, de faire dire les trois messes, de faire brûler les douze cierges et de donner le reste aux pauvres, puis elle disparut.

Les prêtres qui bénirent la statue racontèrent qu’ils avaient entendu distinctement, pendant la cérémonie, une voix pleine d’allégresse, qui chantait : “ O mon Dieu et mon Seigneur, vous êtes ma consolation et mon refuge ; vous êtes ma force et mon espérance ; et maintenant, j’entre dans l’éternelle félicité que vous avez réservée à ceux qui vous aiment.” Ce Clément commit son meurtre en un clin d’oeil ; mais que de troubles, que de temps il lui fallut pour le réparer !

Et surtout quelle longue durée d’horribles supplices dans les feux du purgatoire ! Il en est ainsi de nous : le temps que l’on emploie à mal faire paraît toujours court ; mais celui de la réparation de ces fautes nous paraîtra terriblement long.


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128 et 129e APPARITIONS

  Job, dans ses malheurs, était tellement couvert de plaies, qu’il ne pouvait point se secourir lui-même. Telles sont les pauvres âmes du purgatoire ; elles ne peuvent se procurer le moindre soulagement dans leurs affreux supplices. Elles ne peuvent que crier vers nous, nous demander du secours, sans même que nous les entendions.

 

C’est une vieille tradition, dans la ville de Worms, Allemagne, que, pendant plusieurs nuits, on avait aperçu des légions d’hommes armés, qui se répandaient dans la campagne, les uns à pied, les autres à cheval, comme si une grande bataille allait se livrer. C’était ordinairement après l’heure de minuit que commençaient ces apparitions, et, au point du jour, elles s’évanouissaient, comme si les guerriers se fussent retirés dans des cavités de montagnes, pour en sortir de nouveau à la nuit suivante.

 

Non loin de là, était le monastère de Limberg, dont le repos des nuits était troublé par ces bruits étranges. C’est pourquoi un saint religieux fit consentir quelques-uns de ses frères à aller avec lui, une nuit, au-devant de ces guerriers inconnus, et savoir d’eux qui ils étaient et ce qu’ils voulaient. Après s’être fortifiés par la prière et avoir imploré la protection de Dieu sur leur entreprise, ils quittent le couvent, un soir, et se rendent à l’entrée de la caverne ; et là, au moment où ces gens armés se précipitaient pour sortir, le religieux le plus courageux, faisant un signe de croix, les adjure, au nom de la très Sainte-Trinité, de dire qui ils sont et quel est leur but, leur dessein, leur intention.

A quoi l’un d’eux répondit : “ Nous ne sommes pas des soldats vivants, qui se font la guerre ; mais les âmes d’une quantité de morts, tués en ce lieu, en combattant sous les étendards de nos deux souverains. Nos corps ont été enterrés ici, et nos âmes y font leur purgatoire. Ce bruit d’armes et de chevaux, qui fut alors l’occasion de nos fautes, et que Dieu permet que vous entendiez, pour notre soulagement, est l’instrument de la peine à laquelle nous sommes condamnés.

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Vos yeux ne voient point les flammes qui nous enveloppent et nous brûlent ; mais elles sont bien cruelles. Le religieux, effrayé à cette révélation, reprit pourtant courage et demanda :

“ Nous serait-il possible de vous secourir dans vos malheurs, qui nous affligent, et comment pourrions-nous le faire ?Ah  certainement, répondit l’âme ; certainement, vous le pouvez, et c’est afin que vous le fassiez que le Seigneur nous permet de nous montrer à vous. Vos jeûnes, vos prières, vos mortifications, surtout vos communions et vos messes peuvent nous délivrer du feu qui nous consume.

 

Nous vous supplions de redoubler de ferveur, dans tous ces saints exercices, et de les offrir à Dieu pour nous. Nous ne pouvons pas nous soulager nous-mêmes, pauvres infortunés que nous sommes ; nous n’avons qu’à souffrir, souffrir toujours, jusqu’à la fin de notre purgatoire.” Et à l’instant, comme une seule voix très lamentable, toute cette multitude s’écria : “ Priez pour nous, ô pères ! priez pour nous ! ” Puis tout disparut, mais en même temps, la montagne parut tout en feu, comme un immense incendie, dont les reflets étaient effrayants.

Les religieux, sous cette sinistre clarté, rentrèrent chez eux en toute hâte, racontèrent tout à leurs confrères, et tous commencèrent les prières et saintes oeuvres promises à cette innombrable troupe de défunts. A partir de ce moment, ces visions et bruits disparurent. Voici un autre événement aussi étonnant et aussi instructif. Un bon religieux ne manquait jamais, lorsqu’il passait près d’un cimetière, de faire une prière pour les défunts qui y reposaient.

 

Un jour cependant, étant distrait par autre chose, il marchait près d’un cimetière sans s’acquitter de sa charitable pratique, lorsqu’il y fut miraculeusement rappelé par plusieurs cadavres, qui lui parurent sortir de leurs tombes, et qui lui criaient d’avoir pitié d’eux, puis ils disparurent. Le religieux fit vite sa prière, et ne l’oublia plus jamais. — Quant aux guerriers, ils devaient souffrir depuis bien longtemps ; car, aucun des religieux du couvent n’avait eu connaissance du combat où ils avaient été tués.

On s’imagine bien trop promptement que nos morts sont rendus en paradis, et on les abandonne à leurs affreux supplices, sans une seule petite prière.

Prions donc durant toute notre vie pour nos défunts et pour toutes les âmes du purgatoire en général : nous n’y perdrons rien, puisque tous ceux que nous aurons soulagés nous rendront cent pour un.


À Suivre……………………


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (15)*Ne laissons point aux autres la charge de PRIER POUR NOUS, après notre mort ; car, cet imprudence nous exposerait trop à être brûlés durant bien des années dans les flammes terribles du purgatoire…À CAUSE DE L’OUBLIE*


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114e APPARITION

 Souvent les justes, ornés des plus belles vertus, ont besoin d’aller au purgatoire, avant de monter au ciel. Voici encore un trait de plus, qui le prouve. Cornélie Lampoguana, dame de Milan, s’était liée d’une étroite amitié avec une religieuse dominicaine.

Elles se promirent que, si Dieu le voulait, la première qui mourrait apparaîtrait à l’autre. Cinq ans après, Cornélie mourut. Au bout de quelque temps, la sœur étant à genoux devant un crucifix, elle s’entendit appeler. Reconnaissant aussitôt la voix, elle éprouva une grande joie et s’écria : “ C’est vous, Madame Cornélie ? Oh ! Que je suis heureuse de vous voir !

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Dites-moi vite si vous avez le bonheur d’être au ciel. Pas encore, répondit la dame.” Et elle ajouta : “ Oh ! combien les jugements de Dieu sont différents de ceux des hommes ! Je suis retenue dans le purgatoire, et j’y dois rester encore quelque temps, afin d’expier les fautes de ma vie. Cependant, mon supplice sera bientôt terminé. Venez avec moi, vous verrez des choses merveilleuses.” A peine eurent elle fait quelques pas, qu’elles se trouvèrent dans un grand jardin, où l’on ne voyait que des vignes en fleurs, et sur leurs feuilles, des lettres imprimées.

“ Lisez ces feuilles, dit l’apparition. La soeur se penche, assemble les lettres, et trouve écrits tous ses défauts, dans lesquels elle tombait chaque jour, par fragilité. Étonnée de cette merveille, elle se demandait pourquoi cette accusation écrite sur des feuilles. “ Il n’y a point à vous étonner ainsi, ma soeur, dit la défunte. Avez-vous oublié que le Sauveur a dit qu’il était la vigne et que, nous, nous en étions les branches?

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Les feuilles sont nos actions, dans lesquelles reste le bien ou le mal qui les ont accompagnées ou inspirées. Pour entrer au ciel, il faut que les feuilles du mal soient purifiées. Regardez de près, ma soeur, vous verrez qu’il ne vous reste que peu à effacer. Vos manquements sont encore nombreux ; mais ils ne le sont pas autant que les miens.

 

Vous allez en voir une image tout de suite. Elles firent encore quelques pas en avant, et arrivèrent à un autre jardin, rempli également de vignes, dont les branches s’étendaient de tous côtés et couvraient le sol. La religieuse s’approcha avec empressement pour lire les feuilles ; mais l’âme la retint :

Arrêtez, lui dit-elle, car le Seigneur ne veut pas que vous découvriez tout de suite mes fautes envers lui ; il m’épargne cette humiliation.

Lisez seulement ce qui est tout près de vous.” Elle le fit, et trouva les manquements qu’elle avait faits à l’église : irrévérences, paroles inutiles, etc.

“ O bon Jésus, s’écria la soeur, d’où vient tant de fautes ?

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Pourquoi, après tant de communions, de confessions, d’indulgences, etc., restent-elles encore pour vous accuser ? De ces indulgences, répondit la défunte, je n’en ai gagné que trois ou quatre, à cause de mon manque de ferveur.

Mais j’ai confiance dans mon doux Sauveur, qui me console souvent par la vue de mon ange gardien. Ce fidèle ami m’obtiendra de précieux secours, et, bientôt, je serai réunie à Jésus et à Marie.”

 

La vision disparut après ces paroles, en ajoutant : “ Priez pour moi, et que la paix soit avec vous ! Comme la religieuse ne savait que croire de ce qu’elle avait vu, le lendemain, Cornélie vint encore la trouver et lui dit :Ce que vous avez vu et entendu hier est véritable. Je suis vraiment Cornélie, et c’est pour accomplir la promesse que nous nous sommes faite à l’église, que je suis venue vous trouver.

 

Je vous conjure de dire trois Salve Regina, et de les faire dire aux religieuses de votre couvent, en l’honneur de la pureté, de l’obéissance et de l’humilité de la divine Marie. Elle daigne venir me visiter chaque jour, et m’encourage dans mes peines, qui vont prendre fin.”

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Le jour de l’Assomption, elle se fit voir de nouveau toute triomphante, dépouillée de ses anciens vêtements de deuil, comme baignée dans une ineffable lumière. Elle était enfin admise en paradis, et son âme débordait de bonheur.

Combien nous devons redouter ce jugement incorruptible de Dieu, qui scrute jusqu’aux dernières légèretés, dans les coeurs mêmes qui lui sont le plus unis par la sainteté. Préparons-nous-y donc par une vie vraiment chrétienne. Prions, faisons dire des messes pour les pauvres défunts, qui nous rendront cent pour un.


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115e et 116e Apparitions

Si nous aimons Dieu, nous devons faire notre possible pour délivrer les âmes du purgatoire, qui sont ses enfants bien-aimés- La charité nous fait surtout une obligation de prier pour nos parents. Le P. J.-B. Manni raconte beaucoup de traits à ce sujet surtout ceux-ci, de deux reines, dont l’une délivre sa mère, et l’autre, sa fille. Sainte Élisabeth, fille d’André, roi de Hongrie, avait une très vive dévotion pour les défunts. Elle préparait elle-même des suaires pour ensevelir les pauvres, payait leurs funérailles, les accompagnait au cimetière, priait surtout pour eux.

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Lorsque mourut Gertrude, sa mère, elle ne cessa d’offrir pour elle mortifications, prières, aumônes. Elle faisait surtout dire des messes. Une nuit, après tous ses pieux exercices, cette sainte s’était couchée, et elle allait s’endormir, lorsqu’elle vit paraître devant elle sa pauvre mère, vêtue de deuil, le visage triste, désolé, suppliant. La défunte se mit à genoux et lui dit : “ Ma fille, vous avez à vos pieds votre mère accablée de douleur, qui vient vous conjurer de multiplier vos suffrages, afin d’être délivrée des tourments épouvantables qu’elle souffre. Oh ! Au nom des veilles et fatigues que m’a coûtées votre éducation, je vous supplie de tout faire pour me tirer des supplices où je suis plongée.”

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Élisabeth, émue autant qu’épouvantée, se lève promptement pour prier, pleurer, se frapper de durs coups de discipline, en présence de Notre-Seigneur. Le sommeil la surprit dans ces actes de charité, qu’elle ne voulait pas interrompre.

Or, sa mère revint alors ; mais toute différente: elle était vêtue de blanc, joyeuse, rayonnante de joie. Elle lui rendit grâces, avec effusion, de lui avoir si promptement ouvert les portes du ciel, où elle s’envolait, puis elle disparut. Une autre sainte Élisabeth, reine de Portugal, ne fit pas moins pour sa fille, la reine Constance.

 

Cette jeune princesse était reine de Castille. Or, une mort inopinée l’enleva à l’affection de sa famille et de ses sujets. Élisabeth venait d’apprendre ce malheur, et elle se rendait dans la ville de Santarem, lorsque, passant près d’un bois, un ermite en sortit et se mit à courir derrière le cortège royal, en criant qu’il voulait dire un mot à la reine.

Les gardes le repoussaient ; mais, la sainte l’ayant entendu, donna ordre qu’on le lui amenât. Dès qu’il fut en sa présence, il lui raconta que plus d’une fois, pendant qu’il priait dans son ermitage, la reine Constance lui était apparue et l’avait conjuré de faire savoir à sa mère qu’elle gémissait au fond du purgatoire, et qu’il fallait faire dire la messe pour elle, tous les jours, pendant un an.

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Sa commission faite, l’ermite se retira et ne parut plus. Les courtisans, qui avaient entendu l’ermite, s’en moquaient tout haut et le traitaient de visionnaire, d’intrigant ou de fou. Élisabeth, se tournant vers le roi, lui demanda ce qu’il en pensait. “ Je crois, dit-il, qu’il est plus sage de faire ce qui vous est marqué par cet homme extraordinaire ; après tout, faire dire des messes pour notre chère fille défunte est très paternel et très chrétien.” Un saint prêtre, Ferdinand Mendez, fut chargé de les dire.

 

Au bout de l’année, Constance se fit voir à sa sainte mère. Elle était vêtue de blanc, éclatante de lumière, et lui dit : “ Maintenant, ô ma mère, je suis délivrée des tourments du purgatoire, et je m’envole vers la béatitude éternelle.” Cette vue et cette assurance remplirent Élisabeth de bonheur.

Or, elle avait oublié les trois cent soixante-cinq messes qu’elle avait fait dire pour sa défunte fille. Elle se rendit à l’église pour remercier le Seigneur de la délivrance de sa fille, et y trouva le prêtre Mendez, qui lui apprit qu’il avait fini la veille,  de dire ses trois cent soixante-cinq messes.

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C’était juste le jour où Constance était apparue, montant au ciel. Élisabeth se rappela alors la rencontre de l’ermite et ce qu’il lui avait révélé. En action de grâces, elle fit chanter un grand nombre de grand’- messes et distribua beaucoup d’aumônes aux pauvres, en faveur des âmes du purgatoire.

Souvenons-nous toujours que les messes sont le plus efficace moyen de soulager et délivrer les âmes du purgatoire. Faisons en dire et faisons aussi beaucoup d’autres bonnes oeuvres pour les pauvres défunts.


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117e APPARITION

Dans l’événement suivant, il n’est pas facile de décider ce qu’il y a de plus admirable, ou le soin que les âmes du purgatoire prennent d’un pieux prêtre, ou la conversion de deux voleurs, qui voulaient le dépouiller. Le P. Louis Monaci, de l’ordre des Clers-Mineurs, très dévot aux âmes du purgatoire, voyageait seul. La nuit vint comme il entrait dans une campagne déserte, qu’il se hâtait de traverser pour arriver à une habitation, où il pût s’arrêter jusqu’au matin.

Il récitait son chapelet en faveur des défunts, afin qu’ils le gardassent des périls toujours semés sous les pas du voyageur. Dieu permit qu’il fût récompensé sur l’heure même. Non loin de la maison où le P. Monaci voulait se retirer, se tenaient deux voleurs. Ils virent venir le religieux de loin et formèrent le dessein de l’arrêter. Les voilà donc en embuscade, attendant leur victime, prêts à la tuer, si elle leur résiste. Un instant après, ils entendent une trompette guerrière ; ils se lèvent à la hâte et regardent.

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Le père s’avançait à grands pas ; mais, devant lui, marchait un soldat sonnant de cette trompette, et autour du religieux, une troupe de soldats armés jusqu’aux dents, qui le gardaient. Quant au P. Monaci, il semblait ne se douter de rien, récitant paisiblement son chapelet, comme s’il eut été seul.

 

Les voleurs crurent qu’ils s’étaient trompés, qu’ils avaient cru voir un religieux ; mais que ce devait être une troupe à la recherche des brigands, et ils s’enfuirent le plus rapidement possible. Le père arrive à l’hôtellerie et s’y installe pour la nuit. Les voleurs s’approchent aussi des maisons, s’informent où sont allés les soldats.

On s’étonne de leur demande ; on leur répond que pas un soldat n’est venu ; que le seul étranger qu’on a vu est un religieux qui n’a rien du soldat dans sa tournure. De plus en plus étonnés, et sûrs qu’ils ne se sont point trompés, ils entrent dans l’hôtellerie où était le religieux, et lui demandent ce que sont devenus les soldats qui lui servaient d’escorte.

Monaci, surpris de cette question, répond: “ Je suis venu seul, et je ne sais de quoi vous voulez parler. — Eh bien ! Mon Père, Dieu aura fait pour vous quelque miracle : car, nous vous jurons que vous aviez autour de vous une forte et brillante troupe de soldats, qui, nous l’avouons avec honte, vous ont sauvé de nos mains.

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Vous leur devez la vie ; car nous n’étions pas gens à reculer devant un meurtre.” Effrayé de cet aveu, le bon religieux comprit que les âmes, pour lesquelles il priait, l’avaient défendu au moment du péril. Il fit connaître cela aux brigands, qui en furent si frappés, qu’ils résolurent de pratiquer aussi cette salutaire dévotion. Le Père les exhorta à se convertir tout à fait : ce qu’ils firent à l’instant même.

Ils se confessèrent, l’un et l’autre, avec de grands sentiments de contrition. Ils menèrent ensuite une conduite vraiment chrétienne. Le grand S. Grégoire nous dit, au sujet de ce miracle : “ Quand même, en priant pour les morts, nous n’obtiendrions pas de ces sur*prenantes faveurs, nous ne devons pas oublier que le démon est un terrible voleur, qui nous guette sur la route de la vie, pour nous dépouiller des trésors de la grâce, et que la protection des âmes délivrées par nos prières, nous rendent vainqueurs de ses combats et embûches.”

Prions donc toujours pour les âmes du purgatoire, qui nous rendent toujours cent pour un. D’un côté, nous gagnerons de grands mérites pour le ciel et, de l’autre, nous nous ferons de nombreux amis au paradis, qui ne nous oublieront jamais.


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118e, 119e et 120e Apparitions

 Celui qui expie ses fautes ici-bas paie, avec un sou, pour mille ducats, qu’il aurait à souffrir en purgatoire, disait souvent sainte Catherine de Gênes. Il ne faut pas mettre notre confiance dans les autres, pour l’expiation de nos fautes, après la mort ; car nous risquerions de gémir longtemps dans les terribles feux du purgatoire.

Expions nos fautes nous-mêmes, le plus possible, par toutes sortes de bonnes oeuvres, surtout par des messes, communions, indulgences, aumônes, etc. Denys-le-Chartreux assista à la mort d’un novice, dans la chartreuse de Ruremonde.

 

Ce jeune homme, averti de sa mort prochaine, montra une grande terreur du purgatoire, parce qu’il n’avait pas accompli sa promesse de… lire, deux fois, les cent cinquante psaumes de David. Afin de l’encourager dans son agonie, Denys lui promit de les réciter lui-même, en son nom. Mais il oublia bientôt sa promesse.

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L’âme du défunt le vint trouver, toute triste, et lui dit ces simples mots : “ Pitié ! pitié ! ” Denys, étonné, confus, essaya de prouver qu’il n’avait pas fait cet oubli par manque de coeur ; mais l’âme lui cria, d’un ton suppliant : “ Ah ! si vous enduriez la millième partie de mes tourments, vous n’admettriez pas l’excuse, en apparence la plus légitime ; mais vous ne différeriez pas d’une seconde.Denys tomba dans un autre oubli, lorsqu’il apprit la mort de son père, il en ressentit une grande affliction.

 

Mais, oubliant de prier pour le soulagement de son âme, il ne priait que pour savoir en quel état elle était en l’autre vie. Un soir, qu’il s’était retiré dans la chapelle, suppliant le ciel de ne pas lui refuser cette consolation, il entendit une voix qui lui disait :Pourquoi donc cette vaine curiosité ? Combien il vaudrait mieux prier pour délivrer ton père des flammes du purgatoire.

 

Cela lui serait bien plus utile, et à toi aussi.” Ces paroles lui furent un avertissement salutaire; il s’appliqua désormais à demander avec ardeur la délivrance de la chère âme. La nuit suivante, il vit, en songe, l’âme de son père, que deux démons plongeaient dans une fournaise ardente, et qui, se tournant vers lui, criait de toutes ses forces : “ Pitié ! pitié ! ô mon fils ; ayez compassion de mon pauvre état, et que vos bonnes prières me viennent en aide !

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Accomplissez pour moi des oeuvres pieuses ; hâtez-vous, ne perdez pas un seul instant.” Denys redoubla de ferveur jusqu’à ce qu’il apprît, par révélation, que son père s’était envolé au ciel. Ces apparitions augmentèrent la dévotion du religieux pour les âmes du purgatoire, et il chercha toujours à l’inspirer à tous ses religieux. A la mort du célèbre Jean de Louvain, dont la sainte vie faisait espérer qu’il fût monté droit au ciel, les Chartreux, à qui il avait fait de grandes aumônes, prièrent beaucoup pour son âme.

Cet homme si vertueux n’échappa pas au purgatoire. Deux fois, il fut montré à ses amis qu’il avait besoin de secours. La première, pendant l’office même de ses funérailles, où une nuée épaisse et enflammée enveloppa le catafalque. Denys, à cette vue, resta tout interdit, ne sachant pas si ce feu était celui de l’enfer ou celui du purgatoire.

 

Le démon ne manqua pas de lui dire que c’était celui de la damnation éternelle, afin de lui faire cesser ses prières, et que le défunt ne fût point secouru. Néanmoins, Denys continua de prier toute l’année, avec la même ferveur, pour l’âme du bienfaiteur de son monastère.

La seconde eut lieu un an après, pendant son service anniversaire. Durant cette messe encore, une nuée en feu parut, mais moins épaisse, ce qui porta Denys à croire que Jean souffrait moins ; mais n’était pas encore au ciel. Les prières, jeûnes, pénitences, messes, etc., furent continuées avec plus de ferveur.

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Au second service anniversaire, une belle lumière brilla sur le catafalque et remplit toute l’église de ses rayons.♥♥♥♥♥†††† Le prélat était donc admis dans la troupe des élus. Songeons donc qu’il faut préparer nous-mêmes notre jugement, et diminuer notre purgatoire avant de mourir.

 

Ne laissons point aux autres la charge de le faire, après notre mort ; car, ce calcul imprudent nous exposerait trop à être brûlés durant bien des années dans les flammes terribles du purgatoire.

Ne l’oublions pas, dans notre plus cher intérêt.

JÉSUS ANGE SANG


À Suivre……………………………….

 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (14)*En jetant de l’eau bénite sur le livre que je lisais qui déplaisait aux démons…j’ai réussis à les faire fuir*


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107e APPARITION

 Les annales des Pères Capucins contiennent beaucoup de traits admirables. En voici un : Le frère Antoine Corso fut fort célèbre par ses austérités. Il ne se contentait pas d’observer la règle, si dure, de S. François d’Assise ; mais y ajoutait d’autres mortifications si terribles, qu’on ne croirait pas le corps humain capable de les supporter sans miracle.

Durant de longues années, il porta un cilice de crin, avec les pointes tournées en dedans et qui le piquaient partout à la fois, nuit et jour. Durant toute sa vie, il ne mangea que du pain et cinq onces de figues par jour, ne but que de l’eau.

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Dans sa vieillesse, il mit les figues de côté. Chaque nuit, il ensanglantait son corps à coups de fouet. Le démon, jaloux de ses mérites, essaya en vain, plusieurs fois, de le modérer. Comme S. Pierre d’Alcantara, par de perpétuelles veilles, jeûnes, flagellations et autres austérités, il ne donnait pas de repos à son corps et était souvent enlevé de terre dans d’admirables extases. Après une telle vie, ses confrères croyaient que son âme avait été portée en paradis par les anges !

 

 Cependant, elle eut son moment de purgatoire. Dès après son heureuse mort, il apparut a l’infirmier du couvent, nommé Jean, qui lui demanda s’il ne se réjouissait pas d’avoir changé une vie de souffrance pour le paradis. — “ Grâce à la divine bonté, répondit l’âme, mon salut est assuré ; mais, pour une faute de ma vie, j’ai été en grand péril d’aller en enfer.

 

Je suis condamné à me purifier entièrement dans les peines du purgatoire — Comment, reprit l’infirmier, vous, dans le purgatoire, après toute une vie de si terribles pénitences ! Qu’allons-nous donc devenir, nous, si imparfaits ? — Ma faute, dit l’âme, a été un manquement à mon voeu de pauvreté.

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Quand on a fondé le couvent de Saint-Joseph, je me suis caché des provisions meilleures que celles qu’exige notre règle. Je ne croyais pas mal faire ; mais j’aurais dû m’instruire de mes obligations, afin de les remplir. — Mais, dit l’infirmier, votre purgatoire est-il bien dur ? — Je ne souffre à peu près que de la privation de la vue de Dieu ; mais c’est le plus cruel de tous les supplices, répondit le défunt ; il est insupportable ; car, aussitôt qu’on a vu Dieu, tout ce qui nous tient éloigné de lui est un ineffable tourment.

Heureusement que ma peine va être courte et que je vais bientôt être auprès de lui.” Hélas ! S’il faut aller en purgatoire, après une telle vie, à quoi ne devons-nous pas nous attendre ?


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108e et 109e Apparitions

  Les sacrements sont des réservoirs inépuisables de grâces et de sainteté ; des canaux intarissables de tous les biens spirituels les plus précieux. Ceux qui veulent se sauver, en les négligeant, ressemblent à ces malades insensés, qui veulent se guérir sans prendre de remèdes.

 L’indifférence envers les sacrements est punie très sévèrement après la mort. Nous en voyons d’abord un exemple dans une religieuse, puis dans un ecclésiastique. En 1589, au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence, mourut une religieuse très estimée de ses soeurs, qui se fit bientôt voir à sainte Madeleine de Pazzi, pour demander d’être secourue dans le rigoureux purgatoire auquel elle était condamnée.

La sainte était en prière devant l’autel du Saint-Sacrement, lorsqu’elle aperçut la défunte, agenouillée au milieu de l’église, avec un aspect assez étrange : elle avait un manteau de flammes qui la consumaient, à l’exception de la poitrine, que protégeait un voile pendu à son cou.

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Madeleine s’étonnait de voir une de ses soeurs dans ce tourment : elle lui demanda ce que cela signifiait : “ Je souffre ainsi, lui dit-elle, pour n’avoir pas été assez dévote au Saint-Sacrement, pour avoir communié rarement et avec négligence.

 

Pour cela, la divine justice m’a condamnée à venir, chaque jour, dans l’église du monastère, pour rendre mes devoirs à la sainte Eucharistie ; enfin, j’ai une grande reconnaissance à Dieu, qui m’a donné, en récompense de ma pureté, le voile qui me met la poitrine à l’abri du feu, qui me consume le reste du corps.” Ce récit toucha profondément la sainte, qui se mit à prier, à communier, à faire pénitence pour cette âme, jusqu’à ce qu’il lui fût révélé qu’elle était délivrée.

Madeleine racontait souvent ce fait merveilleux, afin d’exciter au zèle pour la sainte communion. Le châtiment imposé à l’ecclésiastique fut plus douloureux.

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 Il avait trop tardé à recevoir l’Extrême-Onction, malgré son confesseur et ses confrères, qui l’avertissaient du danger de mort où il était, et lui conseillaient de mettre ordre au plus tôt à tout ce qui regardait son salut, afin d’avoir les forces nécessaires contre les dernières et terribles embûches du démon. Épouvanté à cette idée de mourir si tôt, il voulut différer l’Extrême-Onction, craignant que ce sacrement ne hâtât sa fin.

Il n’y avait pas, cependant, le moindre mépris pour ce sacrement ; mais une simple superstition, bien déplorable chez un prêtre ; car elle le privait des grâces nécessaires à son état. Il retarda tant qu’il mourut sans ce précieux secours de l’Église.

Or, pendant qu’on préparait ses funérailles, les fidèles étant réunis autour de son corps, ses yeux s’ouvrirent, et il parla ainsi :

Pour me punir de mes retards et des grâces de purification, dont je me suis volontairement privé, le Seigneur m’a condamné à cent années de purgatoire, à moins que les prières et les bonnes oeuvres des fidèles ne me viennent en aide.

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L’Extrême-Onction rend souvent la santé ; si je l’avais reçue, je ne serais pas mort et j’aurais eu le temps de faire pénitence.” Après ces mots, il referma les yeux pour ne plus les rouvrir. N’imitons pas la religieuse, dans son manque de piété envers le Saint-Sacrement et la sainte communion.

 Au contraire, recevons-la le plus souvent possible, nous souvenant que Notre-Seigneur l’appelle lui-même notre pain de tous les jours. Ne négligeons pas, non plus, les derniers sacrements, dans nos dangers de mort.


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110e APPARITION

 Sainte Catherine fut très puissante devant Dieu.

Elle en eut beaucoup de grâces pour les vivants et les morts. Elle eut aussi beaucoup de révélations sur les âmes du purgatoire. Un jour, étant à prier dans la basilique de Saint-Pierre, à Rome, elle vit venir à elle une femme étrangère, vêtue d’une robe blanche, un voile blanc sur la tête et un manteau noir.

Cette femme s’approcha de la sainte, la salua et l’exhorta à prier pour une âme, sa compatriote. Catherine demanda le nom de cette défunte. “ C’est, répondit la femme, une Suédoise, comme vous. Son nom est Gida, femme de votre frère, qui demande que vous intercédiez pour elle.” Catherine pria l’étrangère de l’accompagner chez sa mère sainte Brigitte, pour lui annoncer elle-même la mort de sa bru.

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Il ne m’est pas permis, dit-elle, de faire cette visite ; je n’ai été envoyée qu’à vous. Vous n’avez point à douter de ce que je vous annonce : un envoyé de Suède, qui vous apporte la couronne d’or que la défunte vous a léguée par testament, afin que vous intercédiez pour elle auprès de Dieu vous confirmera cette nouvelle.”

Puis cette dame disparut. Catherine, surprise de cette disparition subite, demanda aux autres personnes, qui se trouvaient dans l’église, si elles avaient vu où elle était allée. Toutes répondirent qu’elles avaient entendu parler, mais n’avaient rien vu.

 

Catherine se rendit en toute hâte vers sa mère, à qui elle fit part de cette nouvelle et des circonstances extraordinaires dans lesquelles elle lui était parvenue.

Brigitte, souriant avec douceur, répondit que la nouvelle était certaine, que le Sauveur avait daigné la lui faire connaître, à elle-même, pendant sa prière ; que cette mort avait été chrétienne et consolante ; et que l’étrangère, qui lui avait parlé dans la basilique, était la défunte elle-même, à qui Dieu avait permis de venir solliciter leurs prières.

Elle ajoute qu’en reconnaissance de la couronne d’or, souvenir envoyé de si loin, elles devaient, l’une et l’autre, faire tout ce qu’elles pourraient pour cette chère défunte. Le courrier envoyé ne tarda pas à arriver à Rome.

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C’était Ingewald, officier du prince Charles, fils de sainte Brigitte. La couronne était fort belle et fort riche ; la défunte avait coutume de la porter à la cour du roi de Suède. Ce riche don arrivait à propos, car les deux saintes se trouvaient alors sans ressources.

 

Brigitte et Catherine continuèrent à prier, à communier tous les jours, à jeûner, à faire des aumônes, à pratiquer toutes sortes d’austérités, et obtinrent promptement la délivrance de cette âme. La vie de ces deux saintes est remplie de miracles de ce genre, assure leur historien, dont les témoignages ont été scrupuleusement contrôlés. Comme saintes Brigitte et Catherine, prions beaucoup pour les pauvres âmes du purgatoire, et nous serons secourus, à notre tour, comme la défunte Gida. Mais c’est surtout après la mort que nous le serons davantage.


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111e, 112e et 113e Apparitions

 Les prières du prophète Élie étaient, au dire de S.Augustin, comme la clef du ciel. Ces mêmes paroles sont à bon droit appliquées à ces chrétiens pleins de charité envers les âmes du purgatoire.

Parmi eux, sainte Thérèse doit être placée au premier rang ; car ses prières en faveur des défunts, avaient une merveilleuse efficacité. Elle raconte elle-même les efforts du démon pour la détourner d’un si charitable exercice. “ Un jour, dit-elle, je me retirai dans la chapelle pour y réciter l’office des Morts.

 

A ce moment, parut un monstre horrible, qui se plaça tout à coup sur mon livre, en sorte que je ne pouvais plus lire, ni continuer mes prières. Je me défendis par des signes de croix, et l’esprit maudit se retira par trois fois ; mais il revenait me causer le même trouble, dès que je continuais à lire l’office.

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Il m’était impossible de l’éloigner, si ce n’est en jetant de l’eau bénite sur le livre et sur lui. Dès que j’en eus jeté, il prit la fuite avec précipitation et me laissa achever mes prières.

Je les avais à peine finies, que je vis sortir un certain nombre d’âmes du purgatoire : il ne leur manquait que cet office, et c’est pour cela que le démon jaloux voulait m’empêcher de le dire. De tant d’âmes dont le sort me fut révélé, je n’en vis que trois monter au ciel sans aller au purgatoire.”——– Une religieuse de son couvent venait de mourir.

Thérèse, empressée de prier pour elle, vit l’âme sortir de l’église et monter droit au paradis. Une autre fois, elle entendait la messe pour un P. jésuite. Tout à coup, elle vit Notre-Seigneur lui-même prendre l’âme de ce père et l’amener avec lui au ciel. Voyant donc ses prières si bien exaucées, Thérèse s’enflammait d’une ardeur nouvelle pour intercéder en faveur des pauvres âmes.

De plus, elle mettait tous ses soins à répandre cette dévotion dans les monastères de son ordre. ——– Don Bernardin de Mendoza avait donné une maison et un beau jardin, situés à Valladolid, pour y fonder un monastère en l’honneur de la Mère de Dieu. J’ai prié sainte Thérèse de venir le bâtir au plus tôt, comme s’il eut eu le pressentiment de sa mort prochaine.

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Or, cette aumône devait être bien profitable à son âme. Bernardin fut bientôt surpris par une fièvre maligne, qui l’emporta avant même d’avoir pu recevoir les sacrements et d’avoir vu Thérèse. Celle-ci était alors à Alcala. En apprenant cette mort, si rapide, elle se mit à prier pour son bienfaiteur. Notre-Seigneur lui fit connaître que Bernardin était mort en bonnes dispositions, et qu’il serait délivré du purgatoire à la première messe qui serait dite dans le monastère qui devait être bâti sur le terrain qu’il avait donné.

Sainte Thérèse partit tout de suite pour Valladolid, afin de commencer la construction de ce monastère; mais elle fut obligée de s’arrêter à Avila et d’y rester plusieurs jours. Comme elle s’y tenait, un matin, en prière, Notre-Seigneur la pressa lui-même d’aller bâtir le monastère de Valladolid, afin que la pauvre âme fût délivrée au plus tôt.

Elle s’y rendit sans retard et fit commencer la construction.

Mais, voyant que cela prendrait du temps, elle obtint de l’évêque l’autorisation de construire une petite chapelle temporaire â l’usage de quelques soeurs, qui l’avaient accompagnée.

Au bout de quelques jours, le P. Julien y dit la messe. Au moment de donner la sainte communion à Thérèse, il la vit en extase, comme cela arrivait souvent, à ce moment-là.

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C’était l’âme du défunt, qui lui était apparue inondée de joie divine, brillante comme le soleil, et prenant son vol vers le ciel. Elle ne cessa de bénir le Seigneur pour cette grâce, qui lui était aussi précieuse que si elle eût été faite à elle-même.

Voilà comment fut récompensé Bernardin, pour son aumône. S’il nous est possible, faisons-en nous aussi, et nous nous en réjouirons, au moins à notre mort. De plus, prions beaucoup afin d’expier nos péchés ici-bas, au lieu d’attendre d’aller s’en faire purifier dans les terribles feux du purgatoire.


À SUIVRE…..


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (13)*N’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel…


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101e APPARITION

La Sainte* Écriture nous raconte que plusieurs fois, des légions d’anges volèrent à la défense des Israélites, contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie. De même, dans les annales de l’Église, nous lisons plus d’un miracle de ce genre, de la part des âmes du purgatoire, en faveur des princes qui les soulageaient. Eusèbe, duc de Sardaigne, fut un de ces protégés.
Ce prince était si dévoué aux âmes du purgatoire, que, à part les aumônes considérables qu’il faisait à leur intention, il leur avait consacré tous les revenus d’une ville entière, où la piété était en honneur. On l’appelait pour cela : Ville de Dieu ”. Tout l’argent qui en provenait, taxes, etc., servait à l’entretien d’un certain nombre de prêtres, chargés de célébrer tous les jours des messes en faveur des défunts.
Le démon ne put souffrir une si sainte chose, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de vains prétextes. Ostorge assiégea la Ville de Dieu et s’en empara. Dès que le duc apprit cette nouvelle, il en éprouva un aussi grand chagrin que s’il eût perdu la moitié de ses états. Aussitôt, il se résout à tout entreprendre pour chasser l’ennemi de cette place.

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Son armée était beaucoup moins nombreuse que celle des Siciliens ; mais il se mit cependant en marche. Tout à coup, les sentinelles avancées aperçoivent, au loin, de nombreuses légions de cavalerie et d’infanterie, vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit. D’une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens ; de l’autre, il lui semblait comprendre que Dieu lui envoyait du secours. Il se décide à envoyer quatre hérauts d’armes pour voir ce que c’était.

Dès qu’ils furent à peu près à égale distance entre les deux armées, quatre hérauts des nouveaux venus vinrent à leur rencontre et les saluèrent en disant: N’ayez pas de crainte : nous sommes l’armée du Roi du ciel, et nous accourons au secours de votre prince : qu’il s’avance avec confiance.”
Le duc s’avança et joignit ses soldats à ceux que le ciel lui envoyait miraculeusement. Dès qu’Ostorge aperçut ces troupes inconnues et si extraordinaires, il fut saisi de terreur. Ses éclaireurs lui rapportèrent que ces nouveaux soldats ne pouvaient venir que par miracle, personne dans le pays ne pouvant dire qui ils étaient, d’où ils venaient, ni comment ils étaient venus. En même temps, des hérauts du duc vinrent le sommer de rendre la Ville de Dieu.
Il s’empressa d’en sortir, de réparer les dommages et de se retirer en toute hâte. Eusèbe rendit ses actions de grâces au bon Dieu et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : “ Sachez, prince, que ces soldats, que vous voyez, sont les âmes que vous avez tirées du purgatoire, par vos prières et vos bonnes oeuvres.
Le Seigneur leur a confié le soin de vous protéger dans ce besoin.

Continuez donc cette charitable dévotion et n’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel.” Puis tout disparut. Le duc se jeta à genoux et bénit Dieu, qui n’abandonne jamais ses serviteurs.
Faisons donc beaucoup, nous aussi, pour les défunts, puisque nous en serons si heureux surtout à la mort, où ils nous protégeront certainement.


PROCHE DE L ENFER
102e APPARITION

Le démon poursuit les âmes avec une cruelle instance, jusqu’au tribunal de Dieu. S’il ne peut les entraîner en enfer, il essaie, au moins, de les faire condamner au purgatoire. On va voir son acharnement, d’après ce récit de saint Anselme, au sujet d’un de ses religieux, appelé Osbera. Ce saint avait réussi à ramener ce moine au bien, après une vie peu édifiante.

A la grande joie d’Anselme, le converti vécut plusieurs années dans de meilleures dispositions. Au bout de ce temps, il eut une maladie qui le conduisit rapidement au tombeau. Anselme l’avait soigné comme un père ; puis, le voyant près d’expirer, il lui avait demandé de lui faire savoir l’état où il serait après la mort. Le mourant l’avait promis. Or, pendant que les religieux priaient autour de son corps, Anselme s’était retiré dans un coin, afin de prier avec plus de recueillement.

Il implorait le soulagement de cette âme avec toute la ferveur dont il était capable. Le sommeil le surprit tout à coup, et il eut une vision : il voyait entrer dans la chambre du défunt, plusieurs vénérables personnages vêtus de blanc, qui s’asseyaient pour prononcer une sentence ; mais n’entendant rien, il se demandait tout inquiet quelle serait cette sentence, lorsque le religieux défunt lui apparut, le visage bouleversé, comme quelqu’un qui sort d’un combat ou d’un danger. — “ Qu’y a-t-il, mon fils, lui demanda Anselme ? quelle sentence a été prononcée ?”

Le défunt répondit :Le démon s’est trois fois levé contre moi ; trois fois, il a voulu m’abattre ; mais les ouvriers de Dieu m’ont délivré de ses griffes.”
Le saint s’éveilla et ne vit plus rien. Anselme comprit qu’Osbem avait été trois fois attaqué par le diable, devant le Juge suprême : la première, pour les péchés commis avant son entrée dans le couvent ; la seconde, pour ceux qu’il avait commis depuis son entrée jusqu’à ses voeux ; la troisième, depuis ses vœux jusqu’à sa mort.

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Mais le démon ne gagna rien, parce que ces péchés avaient été effacés par son entrée en religion, ses voeux de religieux et par les sacrements souvent et pieusement reçus. Par ces ouvriers du Seigneur, qui avaient délivré le défunt, Anselme entendit par-là, les bons anges, qui ont mission de lier la gueule de la bête infernale, et de l’empêcher de déchirer le troupeau de Jésus-Christ. Saint Anselme dit la messe pendant un an, en faveur d’Osbem, afin de le soulager en purgatoire, dans lequel il devait être, pour les tiédeurs et infidélités de sa vie religieuse.

Apprenons par cet exemple, à prier pour les âmes souffrantes que nous sommes toujours trop disposés à oublier. Nous serons si heureux d’être soulagés à notre tour !


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103e APPARITION

La Très Sainte Vierge s’est plusieurs fois servie des âmes du purgatoire pour convertir les pécheurs, et pour délivrer ses serviteurs de mortels périls. Dans une ville du royaume d’Aragon, Espagne, un seigneur avait épousé une femme très belle et très pieuse. Un autre seigneur se mit à lui faire la cour.
Cette femme le repoussait ; mais lui, la guettait partout, jusque devant les fenêtres de sa maison. Le mari vint à l’apprendre, et son coeur s’emplit aussitôt de jalousie. Il surveilla son épouse jour et nuit. Bien qu’il ne découvrit rien de mal en elle, il lui sembla qu’il n’aurait de repos qu’en tuant ce rival. Le matin donc, avec sa femme et un seul domestique, il s’en va à sa maison de campagne.

Le soir arrivé, il appelle celle-ci dans une chambre retirée, ferme la porte à clef, pose un papier sur la table, sort un pistolet et somme son épouse d’écrire ce qu’il va lui dicter : “ Si tu refuses, lui dit-il, je te tue à l’instant.” Troublée, terrifiée, elle se dispose à écrire. C’était une invitation à l’autre seigneur, de venir la trouver dans ce lieu, en l’absence de son mari ; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre le mur du jardin, qui le conduirait jusqu’à une fenêtre par où il entrerait en sûreté.
La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre secrètement aux mains du destinataire, comme venant de sa maîtresse.

L’imprudent seigneur en fut rempli de joie. Il lut et relut cette lettre, la baisant avec des transports de joie, comme un vrai insensé. L’heure venue, il monte sur un bon cheval et se met en route. Il allait au grand galop du cheval, lorsqu’il aperçut des condamnés suspendus à la potence, selon la coutume d’Aragon, de laisser les corps ainsi exposés, afin d’effrayer les bandits. Cette vue, lui rappelant qu’il n’avait point, ce jour-là, récité son chapelet, selon l’habitude qu’il avait de le faire, malgré ses crimes perpétuels, il commença à le dire» en faveur des âmes de ces suppliciés, pour lesquelles, sans doute, personne ne priait. La récompense ne se fit point attendre.

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Une voix forte lui cria : “ Arrêtez, n’allez pas plus loin ! ” Il regarda partout ; mais ne vit rien autre chose que les cadavres. Il fait partir son cheval. La même voix crie de nouveau : “ Arrêtez, vous dis-je, n’allez pas plus en avant ! ” Comme il n’était pas peureux, il descend de cheval et examine ces cadavres, à moitié mangé par les corbeaux, afin de voir s’il n’en trouverait pas un de vivant. En effet, d’une des potences, il entend cette supplication : “ Seigneur, je vous prie, par pitié, de couper cette corde, qui m’étrangle.”

Le seigneur, plus surpris que touché de compassion, donne un coup d’épée à cette corde et le corps tombe à terre, d’où il se relève aussitôt. Le ressuscité voulut le suivre ; mais naturellement, le seigneur voulut aller seul. “ Mais, reprit l’autre, ignorez-vous qu’un danger extrême vous attend, au bout de votre course, que la mort vous y guette ? Je veux vous délivrer.
Laissez-moi vous témoigner ma reconnaissance.”

Se voyant ainsi découvert, le seigneur ne fit plus d’objection. Il remonta à cheval, et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison. L’échelle était placée. Le seigneur voulut y monter tout de suite. — ” Non pas, dit son compagnon, il y a là un piège, laissez-moi monter le premier, afin que vous n’y soyez pas pris.
Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau.” Quand il les eut, il s’élança vers l’échelle, et pénétra dans la maison, par la fenêtre ouverte. Au même instant, on entendit un cliquetis d’armes, des menaces, des cris de colère, des coups, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d’épée, tombait au pied du mur.

Il se releva cependant, et dit au seigneur tout hors de lui : “ Vite ! vite à cheval, et sauvons-nous ! ” Lorsqu’ils furent à quelque distance, le ressuscité dit : ** Avez-vous vu maintenant ? Avez-vous compris la belle réception qu’on voulait vous faire ?
Le mari vous attendait pour vous tuer, à coups d’épée. Dites-moi, s’il avait réussi, où serait allée votre âme? Remerciez donc la Mère des miséricordes, qui vous a délivré, à cause de votre fidélité à dire le chapelet tous les jours. Vous devez aussi remercier les âmes du purgatoire, qui vous rendent aujourd’hui ce que vous avez fait pour elles. Changez de vie et apprenez à craindre Dieu.” Comme il finissait ces paroles, l’inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, déclare qu’il a été miraculeusement envoyé de l’autre vie pour l’empêcher d’être tué et précipité en enfer. Une minute après, ce n’était plus qu’un cadavre.

Quant au seigneur, il est facile de deviner dans quels sentiments il rentra chez lui. Le cœur tout bouleversé, il fit le sacrifice de sa vie à Dieu ; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence. Aux oeuvres de piété et devînt un modèle de sainteté.
Voilà une bien belle récompense pour ces deux faibles dévotions à la très sainte Vierge et envers les âmes du purgatoire ! Que ce trait nous encourage fortement à les pratiquer de mieux en mieux, durant toute notre vie.

Si les âmes du purgatoire ne nous sauvent pas ainsi de la mort et de l’enfer, elles nous rendront bien d’autres services, qui vaudront mille et mille fois plus que tout ce que nous aurons fait pour elles.


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104e APPARITION

Au jugement, nous rendrons compte de toutes nos pensées, paroles, actions, omissions, etc. Qui ne tremblerait à l’idée de ce terrible jugement, que nul ne pourra éviter? Faisons-nous de zélés intercesseurs, en priant et en communiant pour les défunts.

Faisons dire des messes pour eux. An Amérique, au commencement de 1860, le bruit courut qu’une âme du purgatoire était apparue à un religieux, afin de réclamer ses prières. Aussitôt, les mauvais journaux publièrent, à ce sujet, des plaisanteries et des impiétés.

Le vénérable Wimmer» affligé de ces scandales, publia, le 26 février 1860, la déclaration suivante : “ Voici la vérité : dans notre couvent de Saint Vincent, près de Latrombe, le 18 septembre 1859, un novice a vu apparaître un père bénédictin. Cette apparition s’est renouvelée chaque jour, depuis le 18 septembre jusqu’au 19 novembre, soit de onze heures à midi, soit de minuit à deux heures du matin.

Le 19 novembre seulement, le novice a interrogé l’Esprit. En présence d’un autre père, sur ce qu’il demandait. L’esprit a répondu qu’il souffrait depuis Soixante-dix-sept ans, pour n’avoir pas dit sept messes d’obligation ; qu’il était déjà apparu à diverses époques, à sept autres bénédictins ; qu’il n’avait pas été écouté ; qu’il serait obligé d’apparaître encore dans onze ans, si lui, le novice, ne venait pas à son secours.

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L’esprit demandait que ces sept messes fussent dites pour lui. De plus, le novice devait, pendant sept jours, demeurer en retraite et garder un profond silence ; en outre, pendant trente-trois jours, il devait réciter, trois fois par jour, le psaume Miserere met, Deus..., les pieds nus et les bras élevés au ciel. Toutes ces conditions ont été remplies, à partir du 21 novembre jusqu’au 25 décembre.

L’esprit s’était montré encore plusieurs fois, exhortant le novice, dans les termes les plus touchants, à prier pour les âmes du purgatoire, disant qu’elles souffrent affreusement et qu’elles sont profondément reconnaissantes envers ceux qui les secourent. L’esprit a ajouté, chose bien triste, que des cinq pères qui sont déjà morts dans notre couvent, aucun n’est encore au ciel ; que tous souffrent en purgatoire»

Tout ceci est exact. » Préparons-nous donc, avec tremblement, à ce sévère jugement de toute notre vie ; et si nous voulons être secourus en purgatoire, secourons nous-mêmes ceux qui souffrent et qui espèrent en notre charité.

Mais le mieux, c’est de si bien vivre, que nous puissions aller au ciel en mourant. Nous le pouvons, si nous le voulons. Nous n’avons qu’à éviter le mal, ou à le réparer convenablement.


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105e APPARITION
Le pape Benoit VIII était rempli de bienveillance pour saint Odilon et son monastère de Cluny. Il aimait surtout en lui sa dévotion aux âmes du purgatoire. Ce saint, en effet, ne se contentait pas de prier et de faire pénitence pour elles, ils les recommandaient à tout le monde. On croit que c’est à lui qu’est due la fête des morts, du 2 novembre. Benoit VIII accordait toutes sortes de précieuses faveurs à saint Odilon, et payait ses dépenses, quand il allait à Home. Il en fut bien récompensé après sa mort.

Quelques jours après qu’il eût été enseveli, il apparut à Jean, évêque de Porto, et lui ait qu’il était condamné à un terrible purgatoire ; mais qu’il espérait être soulagé par Odilon, si on lui faisait connaître ses tourments.

“ Je vous supplie donc de lui apprendre ce que je viens de vous dire. » A peine saint Odilon l’eut-il appris, que non content de ses propres prières, il commanda à tous les religieux de son monastère, de faire de grandes mortifications et beaucoup de prières pour le pape Benoit. Il fit faire la même chose dans les autres monastères, et tous se mirent à prier et à dire des messes.

fleur-jaune

Edelbert, économe du couvent, répandit aussitôt de grandes aumônes, en faveur de l’âme du pape défunt. Après quelques jours, ce même Edelbert eut une vision : il lui sembla qu’il voyait entrer dans le monastère un personnage de belle et vénérable apparence, couvert d’un brillant manteau, couronné des plus belles pierres précieuses et de diamants magnifiques ; il était accompagné de beaucoup d’hommes vêtus de blanc.
Ce personnage se dirigea tout droit au siège de saint Odilon, comme pour lui rendre grâce, à lui et à sa communauté. Edelbert était très étonné de ce spectacle, et désirant savoir quel était ce vénérable personnage, il entendit une voix lui dire : “ Celui-ci est le pape Benoit, délivré du purgatoire par les prières de votre monastère et par celles d’Odilon.

Avant de monter au ciel, il a voulu venir vous témoigner sa reconnaissance, et vous assurer qu’à son tour, il ne vous oubliera pas devant Dieu. ” Puis tout disparut.
On ne peut donc pas douter qu’on sera très bien récompensé de tout ce qu’on aura fait pour le soulagement des âmes du purgatoire.

Que cela nous encourage à faire tout notre possible pour leur venir en aide : nous serons si heureux de l’avoir fait, quand, à notre tour, nous aurons besoin de soulagement.


TOBIT ANGE BIBLE

106 APPARITION

L’ange Raphaël, envoyé au jeune Tobie, lui recommanda l’aumône et le soin des morts. On lit, à ce sujet, un fait très intéressant, dans les annales des pères Augustins-Déchaussés. Lors de la fondation du couvent de Sainte-Marie, à Anersa, le père Hilarion-de-Saint-Antoine, religieux de grande vertu, qui présidait aux travaux, s’était retiré dans un hospice, près de l’église de Saint-François, où il célébrait la messe tous les matins.

Un jour, un bon laïc, du nom de Jean-Baptiste, employé lui-même à la construction, voulut le servir à l’autel ; il y communia pour les âmes du purgatoire. Hilarion l’invita à son modeste repas, et Jean-Baptiste accepta. Comme il entrait à l’hospice, il trouva, dans la cour intérieure, un jeune homme d’agréable aspect, richement vêtu, qui demanda à parler au P. Hilarion, sur un sujet important.

Celui-ci descendit vers lui et le jeune homme lui demanda, pour l’amour de Dieu, de lui donner à manger des aliments de sa table. Cette demande étonna le religieux, parce que celui qui la faisait paraissait plus en état de faire l’aumône qu’il mettait son pain.
Le premier pain qu’il en tira était le meilleur. Il eut la pensée d’en prendre un moins bon, mais il se dit : “ Pourquoi ne pas donner celui-ci ? Celui qui donne aux pauvres prête à Dieu.

Qui sait si ce beau jeune homme, qui est entré là, toute porte étant fermée, n’est pas un ange de Dieu ? ” Il prit donc le plus beau pain, y ajouta la meilleure partie de son repas, et lui envoya le tout, en le faisant prier de l’excuser de ce peu de chose, qui était cependant ce qu’il avait de mieux.

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Dès que Jean-Baptiste eût porté ces provisions, le père et lui se mirent à dîner ; mais sans manger beaucoup. Ils étaient inquiets, ne comprenant pas comment cet étranger, d’un air si distingué, avait pu entrer dans cette cour parfaitement fermée. “ Il est si beau disait le religieux, que ce pourrait être un ange envoyé du ciel. —

Et pourquoi, ajoutait Jean-Baptiste, ne serait-ce pas aussi bien une âme du purgatoire ? ” Quand on jugea que le jeune homme devait avoir fini de dîner,
Jean-Baptiste descendit pour le saluer et s’informer de lui. L’étranger se leva à son approche et lui dit : “ Eh bien ! mon frère, rendons grâce à Dieu : récitons (prions) un Pater et un Ave en faveur des âmes souffrantes.”

Et aussitôt, se mettant à genoux, il joignit les mains, leva les yeux au ciel, et récita ces deux prières avec une admirable piété.

Puis il se dirigea vers la il ajouta : “ Allez dire au père Hilarion que je suis son père. Qu’il cesse de prier pour moi : je n’ai plus besoin de rien ; je monte au ciel à l’instant même.” Et il s’évanouit, comme un brouillard dissipé par le soleil. Jean-Baptiste restait cloué à sa place, par l’étonnement et l’émotion. Il essaya d’appeler le P. Hilarion ; mais il ne pouvait plus parler.

Le religieux, étant descendu voir ce qui pouvait tant le retarder, il le trouva étendu sans connaissance. Il eut bien de la peine à le faire revenir, et ce ne fut pas sans une extrême émotion, qu’il entendit le récit de cette apparition.
Avec Jean-Baptiste, il bénit le Dieu de miséricorde, qui avait daigné faire un si consolant miracle, où l’âme de son père s’était fait voir avec quelque chose de la beauté des élus. Quelle fut la joie du P. Hilarion d’avoir été si généreux pour son bien-aimé père !
Il conserva précieusement les assiettes dont le défunt s’était servi. Les mêmes chroniques rapportent que la personne qui payait la construction de ce couvent, ayant un fils mourant, on lui fit prendre un léger aliment sur l’une de ces assiettes, et qu’il fut instantanément guéri.
Ne succombons pas à la tentation de donner en aumône ce que nous avons de moindre, ou en trop petite quantité. Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu. Imitons le P. Hilarion; donnons ce que nous avons de mieux ou en quantité suffisante, selon nos moyens, et tôt ou tard, nous nous réjouirons, comme lui, de l’avoir fait.

FLEUR


À SUIVRE…..


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (12)*Les peines de cette vie, légères ou graves, ne devraient pas nous abattre, parce qu’elles ne durent pas assez longtemps. Mais on ne peut en dire autant de celles du purgatoire//


 91e APPARITION

Gratien Ponzoni avait un zèle infatigable pour le salut des vivants et le soulagement des défunts. Devenu archiprêtre d’Arona, il se livrait tout entier au soulagement des âmes du purgatoire, par toute sorte de prières, pénitences, aumônes, etc. Il ensevelissait de ses propres mains les pauvres, les abandonnés, tous ceux que le monde méprise jusque dans le tombeau. Une maladie contagieuse se déclara à Arona, fit surtout mourir un grand nombre de soldats napolitains, en garnison en cette ville.

 Le fossoyeur s’éloigna avec terreur, redoutant la contagion. Le bon archiprêtre le fit venir, l’encouragea, et réussit à l’amener avec lui, durant la nuit, enterrer ces cadavres.

∫ Ce saint prêtre avait assisté un grand nombre de ces malheureux, à l’heure de la mort. Un jour, comme il passait près du cimetière, accompagné de Don Alphonse Sanchez, alors gouverneur d’Arona, il s’arrêta tout à coup, les yeux fixés du côté des tombes, comme absorbé par un spectacle étrange.

 

 Le gouverneur regardait de la même façon et également terrifié. L’archiprêtre lui demanda : “ Voyez-vous cette procession de morts s’avançant vers l’église, bien qu’elle soit fermée ? — Oui, répondit le gouverneur ; comme vous, je vois tout cela, et je n’en puis croire mes yeux Le bon prêtre comprit que ces âmes avaient besoin de prières, et aussitôt, il fit sonner les cloches pour faire réunir les fidèles à l’église. Il leur annonça, pour le lendemain, un office solennel en faveur des morts, et leur recommanda de faire beaucoup de prières et de bonnes oeuvres pour eux.

 

 Leur ayant raconté la vision qu’il avait eue, il leur dit que ces âmes devaient être celles des soldats défunts. Ce saint prêtre ne se contentait pas d’être lui-même plein de dévotion pour les défunts, il s’efforçait de la répandre partout, recueillait de l’argent pour faire dire des messes pour eux, exhortait aux prières, bonnes oeuvres, pénitences, aumônes, etc., en leur faveur.

Pourquoi ne suivons-nous pas l’exemple de ce prêtre ? Pourquoi tant de chrétiens sont-ils toujours si insensibles aux maux de leurs parents et amis défunts ? Si nous ne secourons pas les morts, nous languirons à notre tour dans les feux du purgatoire. Ne l’oublions pas, dans notre intérêt.


92e, 93e et 94e Apparitions

 Dieu a souvent permis que les cris et supplications des âmes du purgatoire soient entendus des saints de la terre. Le P. Jacques Rem, religieux d’une grande vertu, se faisait remarquer pour sa grande dévotion pour les pauvres âmes. Il demeurait au collège d’Ingolstadt, et il se livrait constamment à la prière, au jeûne et à toute sorte d’autres pénitences pour elles.

 Bien des fois, il reçut la visite des défunts, qui le conjuraient d’intercéder pour eux. Les âmes souffrantes s’approchaient de son lit durant la nuit, et l’appelant à haute voix, l’engageaient à se mettre en prière : ce qu’il faisait avec l’empressement le plus dévoué, et sans un regret pour son sommeil interrompu.

 De plus, beaucoup de personnes de la ville ont affirmé, sous serment, avoir entendu, de temps à autre, dans le cimetière voisin du collège, des cris sortant du fond des tombes : “ Père Jacques, ayez compassion de nous! Nos souffrances sont horribles! Obtenez-en la fin ! Procurez-nous ce soulagement au nom de la charité ! ” On peut conclure de là en quel crédit étaient ses prières auprès de Dieu. Il avait principalement recours à l’auguste Marie, qui montra par plus d’une merveille, combien ce bon serviteur lui était agréable. Parmi les nombreuses apparitions qu’il eût, on cite celle du P. François d’Asti, qui vint le visiter. Le P. Jacques lui demanda dans quel état il se trouvait. Il répondit : “ Dans une joie ineffable. ” Ce qui causa une telle consolation au bon Père Jacques, qu’il n’en parlait jamais sans se sentir transporté.

 

 La dévotion et les mérites du P. Joseph Anquiéta, surnommé l’apôtre du Brésil, ne furent pas moins édifiants. Pour les âmes du purgatoire, il priait et faisait sans cesse pénitence. Comme il était au collège de Babia, il fut appelé en toute hâte pour administrer un malade. Il s’empressa d’y courir.

 Mais, au retour, la nuit le surprit en route, et, arrivé près d’un lac, il entendit un concert de gémissements qui semblaient en sortir. Son compagnon en fut tellement épouvanté, qu’il tremblait de tous ses membres ; mais lui, habitué à ces manifestations, dit simplement: “ Mettons-nous à genoux, et prions pour les défunts qui font ici leur purgatoire. ” Leur prière achevée, on n’entendit plus rien. Les messes dites par le P. Anquiéta soulageaient extraordinairement les défunts.

 Ayant appris la mort de l’un de ses amis par révélation divine, dès le matin, il dit la messe pour lui, et le vit monter au ciel à la fin de cette messe. Prions pour les défunts ; faisons dire des messes pour eux : nous en délivrerons beaucoup et serons bien récompensés. Mieux vaut faire dire des messes que de dépenser son argent à des riens.


95e et 96e Apparitions

 ∫ On lit, dans l’Ancien-Testament, que le coupable paiera oeil pour oeil et dent pour dent. Ainsi, celui qui oublie les défunts, sera oublié à son tour, en purgatoire. On en voit un exemple intéressant dans les chroniques des Carmélites-Déchaussées, de Los-Angelos, dans la Nouvelle-Espagne. Dans cette ville, un religieux du monastère de Notre-Dame-du-Remède passa dans son éternité. Si pieux qu’il eût été, il avait besoin cependant de prières ; et comme on n’en offrit pas pour lui, il dut souffrir plusieurs années en purgatoire.

Au bout de ce temps, il apparut à un frère, nommé Pierre-de-Sainte-Marie, grand serviteur de Dieu. Après lui avoir fait connaître les horribles tourments qu’il endurait, il le supplia d’aller prier le supérieur de faire dire des messes pour lui. Le supérieur, frère Dominique-de-la-Mère-de-Dieu, pensant que le frère Pierre s’était fait illusion, ne fit pas dire de messes, bien que dans le doute, il eût dû être assez charitable pour les faire célébrer.

 Quelques jours après, l’âme reparaît ; elle dépeint ses tortures avec plus de tristesse au bon frère Pierre, le pressant d’aller de nouveau implorer la piété du supérieur. Celui-ci crut, cette fois, à l’apparition. Plusieurs religieux, par son ordre, célébrèrent la messe pour le défunt.

 Une nuit, que le frère se tenait à genoux, pendant l’office, et que son supérieur était à sa place, dans la chapelle, on vit briller tout à coup une grande lumière, et au milieu, l’âme resplendissante du défunt, qui s’élevait doucement vers le ciel. Avant de disparaître, elle se retourna joyeuse, d’abord vers le frère, puis du côté du supérieur et des religieux, qui avaient dit des messes pour elle, et leur fit un signe de profonde gratitude.

 Toutefois, le Père Dominique, pour ne pas avoir voulu écouter la première demande, paya oeil pour oeil et dent pour dent, et voici comment.

Il fut envoyé dans un autre couvent où il mourut après plusieurs années. Sa vie avait toujours été celle d’un bon religieux; mais, en cette vie, les imperfections salissent nos coeurs, comme la poussière, nos habits. Il fut donc, lui aussi, condamné au purgatoire.

 Après avoir souffert quelque temps, Dieu lui permit de venir réclamer les secours d’ici-bas. Il se fit voir à un frère convers, appelé Joseph-de-SaintAntoine, au moment où il coupait du bois dans la forêt. Il demanda à ce pieux frère d’avertir le supérieur que l’âme du P. Dominique souffrait depuis longtemps, en purgatoire, le terrible supplice du feu, et qu’elle avait besoin d’un certain nombre de messes, qu’elle marqua : “ Ce sont, ajouta-t-elle, des messes que j’ai négligé de dire, et que la mort m’a ensuite empêché d’acquitter.” Frère Joseph fit la commission.

 Le supérieur, à son tour, crut à une imagination trop  excitée de la part d’un pauvre frère fort ignorant, et négligea son avertissement.

Ainsi la faute du P.Dominique était punie d’un juste retour. L’apparition se renouvela, et le frère Joseph revint à son supérieur. “ L’âme du P. Dominique, lui dit-il, supplie qu’on ait compassion de son lamentable état, et qu’on lui accorde les messes demandées ; elle en appelle au coeur de tous ses frères et à leur religion. Le supérieur se rendit alors et chargea plusieurs pères de dire ces messes. A partir de ce moment, le frère Joseph ne vit plus rien : ce qui fit penser que le P. Dominique était rendu en Paradis.

 ∫ Ne négligeons pas d’acquitter nos promesses envers Dieu ou les défunts ; car nous pourrions les oublier et le payer cher après la mort. De plus, si nous abandonnons les âmes du purgatoire à leurs tourments, nous serons à notre tour, abandonnés aux nôtres : oeil pour oeil, dent pour dent.


97e APPARITION

 ∫ Les peines de cette vie, légères ou graves, ne devraient pas nous abattre, parce qu’elles ne durent pas assez longtemps. Mais on ne peut en dire autant de celles du purgatoire, qui unissent la durée à l’intensité; là, les heures paraissent des années. “ Oui, dit Thomas à Kempis, une seule heure en purgatoire paraîtra plus longue que cent ans des pires pénitences d’ici-bas.” Nous lisons, dans les annales des pères Capucins, une histoire terrible sur ce sujet. Le P.Hippolyte de Scalvo, grand serviteur de Dieu, était animé d’un zèle très ardent pour la délivrance des âmes du purgatoire.

 Il priait et se mortifiait pour elles, et souvent, il prêchait en leur faveur, afin d’exciter les fidèles à faire comme lui. Il se levait de grand matin, afin de réciter l’office des Morts à leur intention. Toutes ses actions de la journée étaient aussi faites pour leur soulagement. Cependant, il était loin de se figurer les tourments de l’autre vie aussi terribles qu’ils le sont. Ce qui lui arriva bientôt, lui donna à cet égard, une effrayante lumière. Il fut envoyé en Flandre pour établir quelques maisons de Capucins.

 Parmi les religieux de ces maisons, il y en avait un qui avançait à grands pas dans le chemin de la vertu, lorsqu’il fut pris d’une maladie subite qui le conduisit rapidement au tombeau. La nuit suivante, le P. Hippolite resta à prier dans l’église, après l’office des Matines. Tout à coup, il voit paraître devant lui le défunt, sous la forme d’un fantôme environné de feu et de flammes horribles, qui étaient à la fois ténèbres et lumière ordinaire au feu.

 Le spectre s’accusa à son supérieur, avec mille gémissements, d’une faute légère qu’il avait commise. ** Donnez-moi, dit-il, la pénitence que vous voudrez, avec votre bénédiction, afin de me délivrer de ce manquement, pour lequel je souffre tant dans le purgatoire.”

 Le supérieur resta comme pétrifié. Telle fut sa terreur, en face de cette apparition, que, pour y échapper plus vite, il répondit précipitamment :’*

 Autant que je le puis, je vous absous et vous bénis. Quant à la pénitence, puisque vous m’assurez que j’ai aussi le pouvoir de vous la donner, vous resterez en purgatoire, jusqu’à l’office de Prime, à huit heures, ce matin.” En se limitant à ces quelques heures, le saint homme s’imaginait faire acte de grande indulgence. Ce ne fut pas l’avis du mort ; car, à cette réponse, il témoigna une sorte de désespoir, comme si la foudre l’eût frappé : il courait dans l’église en criant : “ O coeur sans pitié !

 ∫ Ô Père qui n’avez point de pitié pour un coeur si affligé ! Quoi ! Punir si terriblement une faute que, durant ma vie, vous auriez jugée digne d’une très légère pénitence ! Vous ignorez donc l’atrocité des supplices du purgatoire ! Le cœur sans compassion ! ” Et la vision disparut. Le supérieur, sentant ses cheveux se dresser sur sa tête était rempli de regret et de crainte. Il cherchait un moyen de revenir sur sa sentence, et ne savait à quoi se résoudre, lorsque Dieu lui inspira une pensée, celle de sonner la cloche et d’appeler les religieux à l’église.

 Quand ils furent rassemblés, il leur raconta vite ce qui lui était arrivé et on commença aussitôt l’office de Prime, en sorte que le défunt fut aussitôt délivré. Pendant les vingt ans que vécut encore ce supérieur, ce souvenir ne s’effaça pas de sa mémoire, et il répétait, dans ses sermons, cette parole de saint Anselme : “ Après la mort, la moindre peine qui nous attend au purgatoire, est beaucoup plus grande que tout ce qu’on peut concevoir ici-bas.” Et dire qu’on ne songe pas à ce si terrible purgatoire, et qu’on vit comme s’il n’y en avait pas. Que de supplices on se prépare ! Quelle cruauté nous avons pour nous-mêmes* Combien nous le regretterons, à la mort !


98e APPARITION

  Gerson nous dit qu’à chaque fête de l’Assomption, la très sainte Vierge descend au purgatoire et remonte au ciel suivie d’une multitude d’âmes qu’elle en délivre.

Saint Pierre-Damien fut confirmé dans cette croyance par une vision miraculeuse. Il la raconte ainsi : “ A la fête de l’Assomption de la divine Marie, le peuple romain a coutume, pendant la nuit qui la précède, de visiter pieusement les églises, un cierge à la main. Parmi la foule, une année, une femme très pieuse se rendit avec la procession à la basilique de l’Ara-Coeli, au Capitole. Elle y aperçut à quelque distance d’elle, une dame qu’elle avait bien connue et qui était morte depuis un peu moins d’une année.

 Sa surprise fut extrême. Elle aurait voulu lui parler; mais il était fort difficile de fendre la foule pour arriver jusqu’à elle ; c’est pourquoi elle se plaça dans un coin, pendant la sortie, et dès qu’elle pût s’approcher, lui prenant la main, elle lui dit : “ N’êtes-vous pas ma marraine Marozie ? — Oui, répondit l’apparition, c’est moi-même. — Comment êtes-vous donc aujourd’hui parmi les vivants, lorsque je sais que vous êtes morte l’année dernière?

 Qu’êtes-vous devenue, de l’autre côté du tombeau ?La défunte répondit : “ Jusqu’à ce jour, je suis restée plongée dans un feu épouvantable, pour les fautes de ma jeunesse, alors que je me plaisais aux toilettes immodestes, tenant avec mes compagnes des discours inconvenants et m’abandonnant à de coupables affections. Je m’étais confessée de toutes ces iniquités ; mais je n’en fis pas assez pénitence, et le purgatoire m’attendait avec de cruelles tortures.

 Dans cette grande solennité, la Reine du ciel a prié pour nous le souverain Juge, et a obtenu pour moi et beaucoup d’autres, la faveur d’être reçues en paradis, le jour de l’Assomption. A cause de cela, moi et les autres, nous visitons les églises dédiées à la très sainte Vierge, afin de lui rendre grâce de sa grande miséricorde envers nous.”

 A ce récit, la femme restait stupéfaite, ne sachant si elle devait ajouter foi à ce qu’elle entendait. Ce que voyant, sa marraine Marozie ajouta : “ Afin que vous ne doutiez pas de ce que je vous dis, sachez que vous-même, dans un an, et à cette même fête de l’Assomption, vous mourrez. Si cela n’arrive pas, vous pourrez considérer tout ce que je viens de vous dire comme pure illusion.” Puis elle disparut.

 Cette dame, remerciant Dieu d’un si salutaire avertissement, renonça à toutes les vanités mondaines, s’habilla modestement, porta le cilice, vécut dans l’isolement du monde, dans toutes les rigueurs de la plus austère pénitence, s’approchant souvent de la sainte table, afin de diminuer son purgatoire. L’année suivante, avant-veille de l’Assomption, elle tomba malade, et fut rapidement conduite à toute extrémité.

 Le jour même de l’Assomption, elle expira et alla éprouver les effets de la maternelle bonté de Marie. Comme nous ne serons probablement pas avertis du jour de notre mort, préparons-nous sans cesse ; car il peut venir plus tôt qu’on ne pense ; et malheur à nous, s’il arrive sans que nous soyons prêts à paraître devant Dieu : nous aurons le temps de regretter nos terribles négligences.

 ∫ Pensons-y, puisque c’en vaut la peine !


99e et 100e Apparitions

 Le Père Jean-Eusèbe Nieremberg, s. j. avait une grande dévotion pour les défunts. Il priait et se mortifiait beaucoup pour leur soulagement. Il avait à la cour de Madrid, parmi ses pénitentes, une dame de qualité d’une haute perfection. Cette dame tomba dangereusement malade, d’une fièvre maligne, à laquelle les médecins ne pouvaient trouver de remède.

 Avertie du péril de mort où elle se trouvait, elle en fut accablée de chagrin, surtout par la crainte du purgatoire. Le père Eusèbe fit tout son possible pour lui donner du courage, de la soumission à la volonté de Dieu. Mais elle, toute troublée et terrifiée, différait de jour en jour à recevoir les sacrements, jusqu’à ce qu’elle tomba en léthargie, privée de toute connaissance, et prête à expirer.

Le père, alarmé, se retira dans une chapelle voisine, et dit sa messe avec grande ferveur, priant Notre-Seigneur de rendre la connaissance à la malade, afin qu’elle pût recevoir les sacrements, avec de meilleures dispositions, avant de paraître devant lui.

 Il s’offrit à souffrir lui-même, durant cette vie, les tourments qui étaient réservés à la mourante au purgatoire. Dieu exauça sa prière si charitable. La messe était à peine achevée, que la dame revint à elle et si changée de dispositions, qu’elle demanda les sacrements et les reçut avec ferveur.

 Quand le père Eusèbe lui eût assuré qu’elle ne devrait plus craindre le purgatoire, elle se soumit à la mort et expira dans la plus parfaite tranquillité. A partir de cet instant, et pendant seize ans que vécut ce bon religieux, sa vie ne fut plus qu’un long martyr ; aucun remède ne pouvait soulager ses horribles douleurs.

 Ses prières continuelles n’étaient pas moins profitables aux âmes du purgatoire. Il avait un chapelet très riche en indulgences. Il eut le chagrin de le perdre. Le soir, il se mit à genoux, avec un grand désir de gagner, pour ses chères âmes, les indulgences de son chapelet tant regretté. Il priait avec ferveur, lorsqu’il entendit tout à coup, au plafond de sa chambre, un bruit singulier : il lève les yeux et voit tomber son chapelet. Il ne douta pas que ce ne fussent les âmes qu’il soulageait, qui le lui eussent rendu. Avec quelle ferveur il continua de le dire, surtout après une telle merveille. On a conservé de lui un autre trait admirable.

 Une nuit, il priait dans la chapelle du collège de Madrid, quand il vit apparaître l’âme d’un père, mort quelques jours auparavant. Le défunt réclamait une partie de ses prières et bonnes oeuvres, parce qu’il avait été condamné à de terribles tourments en purgatoire. Il avoua même qu’il souffrait surtout pour avoir dit souvent aux supérieurs, avec exagération et sans assez de charité, les défauts de ses confrères ; à cause de cela, sa langue était brûlée d’un feu très cuisant.

 Cependant, l’intercession de Marie lui avait obtenu de venir solliciter des prières et de servir d’exemple aux autres. “ J’espère donc que vous, qui avez été mon ami et qui êtes si dévoué aux âmes du purgatoire, vous aurez compassion de moi.” Le P. Eusèbe fut touché de ce discours. Le jour suivant, dès l’aube, il célébra la messe pour cette âme et continua de prier et de faire pénitence pour elle. Bientôt, elle lui apparut toute rayonnante, remplie de joie, et lui apprit que, grâce à ses suffrages, elle s’envolait au paradis.

  ∫ Soyons charitables envers le prochain. Évitons surtout les médisances et les calomnies, qui seront chèrement payées en cette vie ou en l’autre.


∫♥ À SUIVRE…………


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (11)*Combien de nos parents et amis, nous estimons au ciel, et qui sont horriblement tourmentés au purgatoire !??


83e APPARITION

L’empereur Maurice entendit Notre-Seigneur lui demander s’il préférait souffrir ici-bas ou aller en purgatoire. Il répondit : “ Ici-bas, Seigneur! j’aime mieux souffrir ici-bas ! ” Un Père. Franciscain ne fut pas aussi avisé. Un ange lui dit de choisir entre une longue maladie ou un très court purgatoire. “ O mon Dieu, dit-il, par pitié, appelez-moi hors de ce monde ; secourez votre malheureux serviteur.

Je ne trouve de repos ni le jour, ni la nuit, tant sont cruelles les douleurs qui me tourmentent ; elles augmentent sans cesse ; je n’ai plus la force de les supporter.

Alors l’ange, descendu du ciel pour le fortifier, lui dit : Vos prières ont été entendues : Dieu vous permet de décider vous-même votre sort. Si vous acceptez de continuer à souffrir en ce monde, vous avez encore une année de maladie, après laquelle vous monterez au ciel ; si vous préférez mourir, vous serez trois jours au purgatoire, pour achever d’expier vos fautes : choisissez librement ”.

Le pauvre religieux, fatigué de ses souffrances présentes, qui lui paraissaient insupportables, et ne songeant point assez à ce qui l’attendait au purgatoire, répondit : “ J’aime mieux mourir, au risque d’être tourmenté dans le purgatoire non pas seulement trois jours, mais autant qu’il plaira à Dieu ; car ma vie présente est une mort de chaque minute, et je ne pense pas qu’il y ait rien d’aussi dur en purgatoire.

Eh bien ! répondit l’ange, il sera fait comme vous le souhaitez. Vous mourrez aujourd’hui ; recevez donc les sacrements au plus tôt Le malade raconta sa vision, reçut les sacrements, expira, et son âme fut portée au purgatoire. A peu près au bout d’une journée, l’ange alla le visiter et lui demanda s’il se trouvait plus mal que sur la terre.

«  Oh ! Combien j’ai été aveugle, répondit l’âme ; mais combien aussi, vous avez été cruel, vous qui m’aviez parlé de trois jours et qui me laissez ici pendant des centaines d’années ! —-

 

Eh quoi ! répondit l’ange, est-ce donc ainsi qu’une âme infortunée peut tomber dans l’erreur ? Il n’y a pas vingt-quatre heures que vous êtes dans le purgatoire et vous vous lamentez de la sorte, et vous m’accusez de vous avoir trompé !

C’est la rigueur des tourments qui vous trompe ainsi. Un instant vous paraît un siècle. Il n’y a pas encore un jour que vous souffrez ; votre corps n’est pas encore en terre. Toutefois, si vous voulez retourner sur la terre, souffrir votre année de maladie, Dieu y consent. Oh oui ! s’écria l’âme, avec joie, je vous le demande en grâce.

Plutôt deux, trois, quatre années des plus terribles maladies, qu’une seule heure de purgatoire ! ” L’ange, alors, reporta l’âme dans son corps, qui ressuscita, à la vue de la communauté, saisie d’étonnement. Dès que le ressuscité pût parler, il raconta tout ce qui lui était arrivé, et exhorta ses frères à faire une plus rigoureuse pénitence, afin d’échapper aux terribles tourments des moindres péchés. Il supporta avec joie les diverses souffrances de son ancienne maladie. Au bout d’un an, il mourut, et monta sans doute tout droit au ciel.

  1. Augustin a donc raison de dire qu’un seul jour de purgatoire est pire que mille ans de supplices ici-bas, et que le feu y est plus insupportable que tout ce qu’on peut souffrir sur terre. Comment pouvons-nous donc multiplier sans cesse nos péchés et ne pas songer à les expier? Si l’on se donnait la peine de les expier, on n’en ferait pas autant : ceci est certain.

 84e APPARITION

Plutôt que de s’exposer à offenser Dieu, en continuant à vivre, il vaudrait mieux mourir, même avec la certitude de beaucoup souffrir en purgatoire. Voici, comme preuve de cette vérité, un miracle opéré dans la ville de Cracovie, vers l’an 1070. S. Stanislas, évêque de cette ville, avait acheté d’un paysan, nommé Pierre, un terrain pour son église, et l’avait payé sans exiger de reçu en forme.

Depuis trois ans le vendeur était mort, et ses héritiers, voyant que le roi Boleslas, prince injuste et cruel, était fort irrité contre le saint, à cause des remontrances qu’il lui faisait sur sa conduite scandaleuse, accusèrent l’évêque d’avoir volé ce terrain.

Le roi en fut heureux, et condamna l’évêque à payer de nouveau ce qui lui appartenait. S. Stanislas, inspiré de Dieu, déclara que s’il ne pouvait avoir justice des vivants, il l’aurait par le témoignage des morts. Il demanda donc au roi trois jours de délai, afin d’avoir le témoignage du vendeur, Pierre.

Le roi accorda ce délai, en se moquant de l’évêque, sachant bien que ce Pierre était mort depuis plusieurs années. Stanislas retourna dans sa maison, et invita ses prêtres à prier et à jeûner, durant ces trois jours, afin d’obtenir que Dieu prenne cette cause en main.

Le troisième jour, après avoir célébré une messe solennelle, gardant ses ornements pontificaux, il se mit en marche vers le cimetière, suivi des prêtres et du peuple.

Arrivé près de la tombe, il ordonne de creuser et d’ouvrir le cercueil. Il ne contenait plus que des ossements sans forme. Alors, l’évêque s’agenouille et conjure le Seigneur de faire un miracle devant la foule, pour la glorification de son saint Nom, et le triomphe de la vérité ; puis, touchant de sa crosse, ces restes inanimés, il leur dit : “Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur Dieu ! Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, animez-vous et venez rendre témoignage à la vérité.

 

Aussitôt, ces os s’agitent, leur poussière se change en chair ; le mort se dresse sur ses pieds, et sortant du tombeau, s’avance vers le pontife, qui le conduit à l’église d’abord, au milieu du peuple, pour remercier Dieu, puis au tribunal. Le roi, les princes, les magistrats s’y trouvaient. On annonce que Stanislas arrive avec le clergé, le peuple et Pierre ressuscité.

Le roi n’en veut rien croire ; mais il fallut bien se rendre à l’évidence, lorsque le prélat entra dans la salle, s’arrêta en face du trône et parla ainsi “ Je vous amène, sire, l’homme qui m’a vendu cette terre. Interrogez-le, il parlera lui-même; il vous dira si j’ai acheté son terrain et si je l’ai payé.

 

Dieu l’envoie confondre l’imposture de ses neveux.” Pierre, élevant la voix, attesta qu’il avait vendu cette terre au prélat, et qu’elle lui avait été payée. Il dit ensuite à ses trois neveux, Pierre, Jacques et Stanislas, qui étaient présents, qu’ils n’avaient aucun droit sur ce terrain, et il les menaça d’une mort malheureuse avant peu, s’ils ne cessaient de vouloir obtenir ce qui ne leur appartenait pas.

La stupéfaction de l’assistance ne se peut rendre ; tous restaient cloués où ils étaient, par la terreur. L’évêque, alors, demanda au ressuscité s’il désirait vivre encore quelques années.

Mais il répondit qu’il préférait mourir tout de suite, plutôt que de rester dans une vie si misérable, et si dangereuse pour offenser Dieu. Il déclara que son âme était encore dans le purgatoire et que, malgré les horribles supplices auxquels il allait être rendu, il les préférait au danger de déplaire à Dieu ici-bas. Il pria le saint et la foule d’intercéder pour lui, puis tous l’accompagnèrent au cimetière où on pria pour lui, pendant qu’il descendait dans la fosse et s’y couchait.

 

Ses ossements se séparèrent de nouveau, la chair tomba en poussière, et l’on ne vit plus que les restes informes qu’on avait trouvés quelques heures auparavant.

Combien ne sommes-nous pas insensés de tant nous attacher à cette vie, à ses faux plaisirs. On y est sans cesse exposé au péché, et à la perte de son salut. De plus, que nous sert notre attachement aux biens d’ici-bas, qui nous portent à tant d’injustices ? Que ce prodige nous soit une double et profitable leçon.


85e APPARITION

Un célèbre prodige eut lieu dans le couvent Saint-Vincent, des soeurs dominicaines, à Mantoue. Une religieuse, nommée Paule, après une vie sanctifiée par les plus excellentes vertus, et une mort précieuse, aux yeux des hommes, montra que, devant le Seigneur, il n’y a guère de perfection humaine sans tache.

Le corps avait été portées à l’église, et toutes les sœurs l’entouraient et chantaient pieusement l’office des morts. Elles avaient spécialement, exhorté la bienheureuse Étiennette Quinzana à intercéder avec toute la ferveur dont elle était capable pour la défunte, qui avait toujours été son amie intime.

Étiennette était donc tout près de la tombe et priait avec toute la ferveur de son âme. Tout à coup, la morte laisse tomber un petit crucifix qu’elle tenait, étend la main, saisit celle de son amie, et la serre de telle façon, qu’aucun effort ne la lui peut arracher.

Toutes les soeurs, qui étaient présentes, demeurèrent stupéfaites. Pendant plus d’une heure, on fit de vains efforts pour séparer ces deux mains.

Alors, la supérieure commanda à la défunte, au nom de l’obéissance, de laisser la main de la bienheureuse Quinzana. Instantanément, la défunte obéit. Que signifiait ce serrement de main ? La défunte l’apprit à la bienheureuse : C’était une ardente supplique d’être secourue au milieu des horribles supplices qui la torturaient.

Oh ! si vous saviez, dit la défunte, la rage des démons, et leurs suprêmes efforts pour nous perdre, à l’heure de la mort ! si vous saviez combien sévère est le souverain juge! quel examen des moindres fautes ! puis quel purgatoire avant la récompense, et combien il faut être pur pour entrer au ciel !

Priez donc pour moi ; placez-vous entre moi et le Seigneur ! Priez, priez, faites pénitence pour moi ! ” Étiennette se mit à prier, à faire pénitence jusqu’au moment où la défunte lui eut appris que la porte du ciel lui était enfin ouverte. Si même les religieuses les plus vertueuses sont ainsi traitées, après leur mort, que va-t-il donc en être de nous ? Hélas ! Notre vie n’est qu’un tissu d’offenses perpétuelles et de toutes sortes, et nous ne faisons pas pénitence !

« Quel purgatoire doit nous attendre ! Songeons-y donc, et changeons donc de vie !


 86e APPARITION

 

Le soleil nous paraît bien pur, et cependant, il a des taches. Les saints ont aussi leurs imperfections, qui sont purifiées dans les flammes du purgatoire. Avant leur entrée au ciel.

 

Dans le couvent des Franciscains, à Paris, mourut un religieux que sa piété avait fait surnommer “ l’Angélique.

Il était un ange de sainteté.

C’était une obligation, dans ce couvent, de célébrer trois messes en faveur de chaque religieux qui mourait. Or, l’un des confrères du défunt crut qu’il lui était inutile de célébrer trois messes pour un tel saint, qui avait dû passer tout droit de la terre au ciel. Au bout de quelques jours, il voit subitement le défunt se présenter devant lui et il l’entend lui dire, d’un ton lamentable : “ Ayez pitié de moi, je vous en conjure ! ” Surpris de cette apparition et de cette demande, il répond : “ Eh quoi ! âme sainte, qu’avez-vous besoin de mon secours ? —

Je suis retenu dans le feu du purgatoire, répond le défunt, où j’attends les trois messes que vous deviez célébrer pour moi.

Si vous vous acquittiez de cette obligation, je monterais tout de suite au ciel. Ah ! répond le religieux, je l’aurais fait avec bonheur, si j’avais pu penser que vous en aviez besoin. En songeant à la vie si sainte que vous avez menée, je m’imaginais que la couronne du ciel vous avait été donnée à votre sortie du monde.

 

N’étiez-vous pas le plus pieux dans tous nos saints exercices ? Chacun vous admirait et essayait de vous imiter. En plus de vos obligations, ne faisiez-vous pas des prières et des pénitences permanentes, qui faisaient de votre vie un acte de vertu continuel ? Non, je n’aurais jamais cru qu’il pouvait y avoir encore du purgatoire pour vous.

Hélas ! hélas ! dit le défunt, personne ne croit, personne ne comprend avec quelle sévérité Dieu juge et punit. Son infinie sainteté découvre, dans nos meilleures actions, des côtés par où elles pèchent et lui déplaisent. Les cieux même ne sont pas purs devant lui : comment voulez-vous que les hommes le soient?”

Hélas! Combien ne devons-nous pas trembler pour nous-mêmes ! Évitons donc le péché ! Multiplions donc nos bonnes oeuvres ! Si nous n’agissons pas ainsi, quel terrible sort nous est réservé à la mort! Pensons-y donc toujours et très sérieusement.


87e APPARITION

Christophe Sandoval, archevêque de Séville, fut merveilleusement secouru par les âmes du purgatoire.

N’étant encore qu’un enfant, il distribuait aux pauvres une partie de l’argent qu’on lui donnait pour ses menus plaisirs. Devenu grand, sa piété envers les morts augmenta avec les années ; il donnait, pour eux, beaucoup de choses qui lui étaient utiles et nécessaires.

Étant à l’université de Louvain, il arriva que l’argent, qu’il attendait de ses parents, tarda à venir, et qu’il se trouva sans le sou, pas même pour manger. Il eut la tristesse de ne pouvoir faire l’aumône à un pauvre, qui la lui demandait pour l’amour des âmes du purgatoire.

 

Il en eut un si grand chagrin, qu’il entra dans une église, pour prier au moins pour ces chères âmes. Il n’avait pas fini sa prière, qu’il vit venir à lui un beau jeune homme, en habit de voyage, qui lui donna des nouvelles du marquis de Dania, son père, de ses autres parents et amis, absolument comme s’il arrivait d’Espagne.

Il finit par le prier d’aller dîner à l’hôtel avec lui. Sandoval ne refusa pas cette offre, parce qu’il n’avait pas mangé de la journée.

Ils se mettent à table, et continuent de s’entretenir pendant le repas, après lequel l’étranger lui remit une somme d’argent, lui disant d’en faire ce qu’il voudrait, puis se retira.

Or, quelles que fussent plus tard, les démarches du pieux Sandoval, il ne put jamais découvrir son protecteur inconnu ; jamais l’argent ne fut réclamé, et il se trouva que c’était exactement la somme dont il avait besoin, pour attendre ses lettres en retard. Il se persuada que le ciel avait fait un miracle, en lui envoyant une des âmes du purgatoire, que ses prières et ses aumônes avaient soulagées.

 

<Ce fut aussi la croyance du pape Clément VIII, auquel il raconta ce fait. Ce pontife lui fit un devoir de publier ce prodige, afin que les fidèles fussent excités, par-là, à prier et à faire l’aumône pour les défunts. Sandoval, devenu archevêque, fit son possible, durant toute sa vie, pour répandre la dévotion en faveur des âmes du purgatoire. Combien d’argent on dépense inutilement, pour des plaisirs d’un moment !

 

†† Si on l’employait surtout à faire dire des messes pour les défunts, il nous serait tôt ou tard infiniment plus profitable, après avoir tant soulagé les pauvres âmes du purgatoire.

Faisons-en donc dire, si nous le pouvons.††


88e et 89e Apparitions

Un des meilleurs moyens d’éviter le vice impur est certainement la pensée des rigueurs qui le puniront en cette vie ou en l’autre. Les saints, tourmentés par les démons, au sujet de ce vice, répondaient à ces esprits du mal : “ Non, pas de plaisirs si courts pour une éternité de supplices.

Ce furent les paroles d’un défunt au vénérable Stanislas Chozcosk, dominicain polonais. Un soir, que ce saint religieux se promenait au jardin, il entendit, près de lui, des soupirs et des plaintes, comme de quelqu’un à qui serait arrivé un grand accident. Il se tourne de tout côté, regarde partout, et ne découvrant rien….

Il dit à haute voix :

Qui se lamente ainsi, et puis-je lui être de quelque secours ? ” Point de réponse ; mais de nouvelles plaintes, de nouveaux soupirs. Stanislas suspecta quelque ruse du démon, pour le distraire de sa prière.

††En faisant le signe de la croix,†† il s’écria : “ Je t’ordonne, au nom de Jésus-Christ, de me dire qui tu es, et de me dire ce que tu veux !Alors, il entendit ces mots :††Je suis une âme du purgatoire, condamnée par la justice de Dieu à faire pénitence ici, et je souffre d’une manière horrible. Que ne puis-je te faire comprendre ce qui attend le péché après la mort !

Si les chrétiens en savaient une partie seulement, ils auraient horreur des plaisirs mondains qui les environnent, les séduisent, les trompent misérablement. Dieu m’ordonne de te dire de répéter partout ce que je te révèle en ce moment : la moindre transgression se paie bien cher dans l’autre vie, et ces satisfactions sont terriblement expiées.

  Une autre fois, ce même père Stanislas vit une âme tout environnée de flammes, qui la consumaient. Il lui demanda si ce feu était plus brûlant que celui de la terre. L’âme lui répondit que le feu de la terre, comparé à celui du purgatoire, était comme un vent rafraîchissant et doux. Et comme le bon religieux avait de la peine à le croire, il lui dit qu’il voudrait en sentir l’ardeur, si possible. Ah ! répondit l’âme, un homme encore vivant n’est pas capable d’en sentir même une petite partie.

Cependant, pour vous convaincre, étendez la main vers moi, et vous en aurez une idée.” Stanislas, sans s’effrayer, étendit la main, sur laquelle le défunt laissa tomber une petite goutte de sueur.

La douleur fut si vive, que le religieux poussa un cri perçant, et tomba sans connaissance, comme s’il allait mourir. A ce cri, les pères accourent, et lui donnent tous les soins. Quand il fut revenu à lui, ils s’informèrent de la cause de ce mal subit.

Au récit de l’événement effrayant, ils furent tous remplis de terreur et prirent la résolution de multiplier leurs pénitences et de fuir les plaisirs du monde, et de raconter ce prodige partout, afin d’empêcher les fidèles d’aller en purgatoire brûler de ce terrible feu.

 

Stanislas vécut encore un an, toujours en proie aux plus vives douleurs de sa plaie, qui ne se ferma pas. Sur le point de mourir, il recommanda à ses frères de faire pénitence, s’ils voulaient être sauvés. Déplorable erreur, que celle qui nous fait multiplier nos péchés, sans songer à les expier, par de grandes et longues pénitences. Cette erreur folle sera chèrement expiée en purgatoire. Une seule petite goutte de sueur fit sentir toutes les ardeurs du feu, jusqu’à la mort! Quelles seront donc nos tortures dans l’océan des feux du purgatoire ? †† Pensons-y !


90e APPARITION

Quand les rayons du soleil couchant pénètrent dans nos maisons, on y voit tourbillonner des millions d’atomes qu’on ne voit pas ailleurs. Ainsi, des milliers de fautes sont invisibles à l’oeil de notre conscience ; mais le Seigneur les voit très bien. Combien de nos parents et amis, nous estimons au ciel, et qui sont horriblement tourmentés au purgatoire !

Le pape saint Grégoire le Grand rapporte que plusieurs des plus pieux religieux de saint Benoit endurèrent, après leur mort, de longs et cruels supplices au purgatoire. Il parle entre autre du cardinal Paschase. Il avait vécu dans une grande réputation de sainteté. Quand il mourut, dans les sentiments de la plus vive piété, personne ne douta qu’il ne fût allé droit au ciel. Il opéra même plusieurs miracles après sa mort.

 

Au jour des funérailles, un possédé du démon, touchant les ornements du défunt, tout le monde vit le démon en sortir à l’heure même. Mais les jugements de Dieu sont bien différents de ceux des hommes. Il y avait peu de temps que Paschase était mort, lorsque saint Germain, évêque de Capoue, le vit paraître devant ses yeux, sous la forme d’un domestique, réduit à la plus dure condition. Il supplia l’évêque d’avoir compassion de sa misère et de prier pour lui, ajoutant qu’il en aurait une éternelle reconnaissance.

Germain s’empressa de prier et d’offrir le saint sacrifice de la messe pour le défunt. Au bout de quelques jours, il lui fut révélé qu’il était délivré et monté au ciel. S’il faut être si pur pour entrer en paradis, quand y entrerons-nous ? Évitons le mal et faisons le bien.


À suivre….


Note Myriamir: Je viens de voir qu’il y a deux fois la Partie 10 avec exactement le même article, mais je ne peut pas le retirer car si d’autres sites ont diffusés un ou l’autre, il perdront leur diffusions.Alors c’est du 2 pour 1.


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (10)* Il se sent arrêté par une force invincible, qui l’empêche de faire un pas de plus.


purgatoire

76e, 77e et 78e Apparitions

La vraie charité est pleine de zèle pour le soulagement des âmes du purgatoire. Marie Villani, dominicaine, (stigmatisés du 17 ème siècle) s’appliquait à inventer de nouvelles œuvres en faveur de ces pauvres âmes. Une veille d’Épiphanie, elle avait longtemps prié et médité la passion du Sauveur. La nuit suivante, le ciel lui montra combien cette sainte pratique lui était agréable.

Pendant sa prière, elle fut ravie en extase. Il lui sembla voir une longue procession de personnes vêtues de blanc, avec des manteaux éclatants, chacune portant un instrument de la passion de Notre-Seigneur :

Celle-ci, les cordes; cette autre, les fouets, une troisième, la colonne de la flagellation, d’autres, les épines, la croix, les clous, la lance, etc.

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Arrivées à un magnifique hôtel, l’une après l’autre y venait offrir son instrument, en échange duquel elle recevait, d’une glorieuse Dame, une riche couronne d’or. Le sens de cette vision lui fut révélé. Ces personnes brillantes étaient les âmes du purgatoire, dont les insignes de la passion marquaient la délivrance, par les mérites du sang de Jésus-Christ, que les prières de Villani leur avaient appliqués.

Elle voulut consacrer, plus tard, tout le jour de la fête des Morts à la prière et à la pénitence, pour le soulagement des âmes du purgatoire, au lieu d’écrire un livre de piété, comme on le lui demandait. Notre-Seigneur lui apparut et lui ordonna d’écrire, lui promettant que chaque ligne qu’elle tracerait délivrerait une âme du purgatoire, pour ce jour-là seulement.

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Aussitôt, la sainte religieuse se mit à l’ouvrage et s’efforça d’écrire beaucoup. Le démon essaya de la distraire, de l’embarrasser, de la déranger de toute façon. Malgré ces troubles, Villani s’appliqua si bien, qu’à la fin du jour, elle avait terminé son traité.

Les quatre jours suivants, elle ressentit une telle fatigue, qu’elle ne pouvait pas même remuer ses doigts. Elle offrait ses nouvelles souffrances pour ses chères âmes. Sa grande charité envers les défunts ne se bornait pas aux prières, aux jeûnes et autres pénitences ; elle désira même souffrir une partie du feu qui les consumait.

Comme elle priait un jour à cette intention, elle fut ravie en extase et conduite en purgatoire, où elle vit, parmi tant d’infortunés, un malheureux plus tourmenté que les autres, par des flammes horribles, qui l’enveloppaient de la tête aux pieds.

Touchée de compassion, elle s’approcha de lui et demanda pourquoi il était tourmenté si cruellement et s’il était quelquefois soulagé: “ Je suis ici, répondit-il, depuis bien longtemps, effroyablement puni pour mes vanités et mon luxe scandaleux.

Je n’ai jamais obtenu le moindre soulagement, parce que le Seigneur a permis que je fusse oublié de mes enfants, de tous mes parents et amis ; Ils ne font pour moi aucune prière.

Quand j’étais sur la terre, je ne songeais qu’aux toilettes, au luxe, aux fêtes et aux plaisirs ; je ne m’occupais ni de Dieu, ni de mes devoirs. Mes seules occupations sérieuses étaient d’augmenter les honneurs et les richesses des miens.

J’en suis bien puni, puisqu’ils ne m’accordent pas même la moindre prière.” La religieuse, touchée d’une douloureuse compassion, pria ce défunt de lui faire sentir quelque chose de ce qu’il endurait. A l’instant même, il lui sembla qu’on la touchait au front avec un doigt de feu, et la douleur qu’elle en éprouva fut si vive, qu’elle la fit revenir de son extase.

Or, cette marque lui resta au front, profondément gravée, et lui causa sans cesse d’insupportables douleurs. Villani offrait ces cruelles souffrances et ses  prières incessantes pour l’âme de ce pauvre défunt.

Deux mois après, il lui apparut et lui dit qu’il était délivré, par son intercession, et qu’il montait au ciel. A l’instant même, la brûlure du front s’effaça pour toujours. Puisque le luxe et la vanité sont si cruellement punis, mieux vaut ne pas se laisser aller à ces défauts. Évitons-les donc avec soin et nous ne le regretterons jamais.

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79e APPARITION

Saint Thomas d’Aquin et beaucoup d’autres Pères de l’Église ont regardé comme une figure de la sainte Eucharistie, l’arbre de vie planté au milieu du ciel et dont parle S. Jean, dans l’Apocalypse.

Cet arbre donnait des fruits à tous les mois ; ses feuilles même étaient utiles au salut des nations. “ De même que la corruption et la mort nous sont venues de l’arbre de la science du bien et du mal, dit S. Thomas, de même aussi la justification et la vie doivent commencer en nous par une nourriture sainte, celle de l’arbre de vie, qui est le corps du Seigneur, dans l’Eucharistie.

Le Pape Adrien VI nous dit que quiconque prie pour les âmes du purgatoire, à plus forte raison communie pour elles, les oblige à lui rendre des services égaux. Les communions pour les morts sont très agréables à Dieu, comme l’enseignent les saints et diverses apparitions miraculeuses. L’Archange S. Michel s’est plusieurs fois montré assistant aux communions pour les défunts.

st michel

En 1615, comme une communion générale se faisait pour les morts, dans l’église de Sainte-Marie au-delà du Tibre, à Rome, une foule de peuple y accourut. Il s’y trouvait un étranger qui visitait les monuments de la ville. Cet homme se promenant en face de l’église, en vit sortir un pauvre qui lui demanda l’aumône, pour l’amour de Dieu. Il la lui refusa. Mais le pauvre fit cette demande jusqu’à trois fois. Il reçut enfin une pièce de monnaie.

Alors, ce pauvre mendiant, changeant ses prières en des paroles de maître, lui dit : “ Gardez votre argent. Je n’en ai pas besoin, tandis que vous avez grand besoin, vous, de la divine miséricorde pour vous convertir et changer de vie ; car vous êtes un pécheur bien coupable. Sachez que je suis venu du mont Gargan, pour assister à la communion pour les morts, qui se fait dans cette église, avec le dessein de vous avertir de changer de vie.

Voici vingt ans que vous menez une existence déplorable, excitant contre vous la divine justice, sans qu’une seule confession vous ait lavé de toutes vos souillures. Hâtez-vous de faire pénitence. L’épée du souverain juge est déjà suspendue sur votre tête, et elle tirera vengeance de tant de crimes.

” Le pécheur, à ce discours, demeura tout interdit. Son étonnement fut bien plus grand encore, quand il vit ce pauvre disparaître comme une nuée qui se dissipe.

La grâce agissant en lui, il alla se confesser ; car il ne doutait pas que ce ne fut une des âmes délivrées par les communions qui se faisaient alors, qui était venue le convertir. Le mont Gargan est célèbre par une apparition de l’archange S. Michel, auquel on y a élevé une magnifique église.

jésus couronné épine

Quelques-uns ont pensé que ce mendiant, qui disait venir du mont Gargan, n’était autre que l’archange lui-même.

Quoi qu’il en soit, la conversion de ce pécheur, par un tel miracle, au même moment où l’on priait et communiait pour les âmes du purgatoire, montre que cette dévotion est sainte et qu’elle profite aux vivants comme aux morts. Communions donc très souvent pour les défunts.

Nous en retirerons un double profit : les mérites, les grâces de cette sainte action, et la protection des pauvres âmes que nous aurons secourues.

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80e APPARITION

Pardonner une offense reçue pour l’amour des âmes du purgatoire est très efficace pour les soulager.

A Bologne, Italie, une veuve noble avait un fils unique, qu’elle aimait tendrement. Cet enfant avait coutume de jouer sur la place publique avec ceux de son âge. Un jour, un étranger, qui passait par là, troubla ses jeux avec un mauvais vouloir évident.

L’enfant lui cria de rester tranquille.

L’inconnu tire aussitôt son épée et la lui passe à travers le corps. Il n’eut pas plutôt accompli ce crime, qu’il fut saisi de crainte, et, son épée sanglante à la main, se mit à courir jusqu’à ce que, voyant une porte ouverte, il se précipita dans cette maison pour s’y cacher. C’était la maison de l’enfant assassiné.

Il monte rapidement l’escalier, et arrive dans l’appartement de la noble veuve, qu’il ne connaissait pas. A la vue de cet homme, de cette épée couverte de sang, elle demeure interdite. Entendant l’étranger lui demander, au nom de Dieu, asile contre ceux qui le poursuivaient, elle l’enferma dans une cachette en promettant de ne le point livrer.

Cependant, les officiers de la justice l’ayant vu entrer dans cette maison, ils y pénétrèrent bientôt, le cherchèrent dans tous les coins, sans le trouver. Comme ils allaient sortir, ils demandèrent à la dame si elle savait que c’était son fils qui avait été tué par cet assassin ? A ces paroles, la mère tombe évanouie.

Quand elle revint à elle, on crut qu’il serait impossible de la sauver, tant ce coup l’avait frappée au vif. Mais bientôt une grande énergie s’empara d’elle, et, s’en remettant à la Providence, elle pardonna ce si cruelle injure. Bien plus, elle résolut de faire le bien pour le mal et d’agir envers le meurtrier de son fils comme elle aurait agi pour son fils lui-même.

Sans tarder, elle va le trouver, dans sa cachette, ne lui fait pas un reproche, lui remet une bourse, avec un cheval  qu’elle avait fait seller et l’engage à se soustraire, par la fuite, aux recherches de la police. Ensuite, cette pauvre mère, toute à sa douleur, se retira dans sa chambre, devant une image de Notre-Seigneur, et y pria pour son cher défunt.

A l’instant, celui-ci se fit voir à elle, brillant comme un soleil, le visage heureux, et lui dit : “ Bonne nouvelle, chère mère ! Séchez vos larmes ; il ne faut point me plaindre, mais envier mon sort. La générosité chrétienne dont vous avez fait preuve envers mon assassin m’a tiré immédiatement du purgatoire.

La Justice Divine m’avait condamné à de longues années de souffrances pour mes fautes ; mais votre pardon a terminé, en un instant, mon expiation, et je suis auprès de mon Dieu, où je resterai pendant l’éternité.”

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Puis il disparut, laissant sa mère heureuse d’une si bonne nouvelle, pour elle. Sachons donc, nous aussi, pardonner les torts qui nous sont faits, puisque cela est si méritoire et plaît tant au bon Dieu. Les mérites ne valent-ils pas mieux que les vengeances ?


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81e APPARITION

On ne saurait jamais trop proclamer la valeur de la messe pour le soulagement des âmes du purgatoire.

Dans le monastère de Clairvaux, gouverné par S. Bernard, vivait un religieux peu observateur de la règle et qui voulait retourner dans le monde. Ce religieux mourut.

On chantait son service, lorsqu’un vieux religieux, d’une grande sainteté, vit une troupe de démons qui disaient que, jusque-là, ils n’avaient pu entraîner en enfer un seul religieux de ce monastère; mais qu’ils auraient l’âme de celui dont on faisait la sépulture. La nuit suivante, le saint vieillard vit le défunt en songe. Il lui apparut le visage abattu, poussant de tristes soupirs.

“ Vous avez eu connaissance, hier, lui dit-il, de mon supplice et de la joie des démons : voyez maintenant les tortures auxquelles je suis soumis, par la justice divine, pour les péchés que je n’ai pas expiés sur la terre.” Il le conduisit en esprit à un puits large et profond :

“ Voici, ajouta-t-il, où les démons, pleins de rage, me précipitent continuellement ; ils m’en retirent pour m’y jeter de nouveau, sans me laisser un instant de repos.”

Le bon religieux fut saisi de tristesse. De grand matin, il alla tout raconter à S. Bernard, qui avait eu une apparition semblable.

Le saint abbé assembla ses religieux et leur apprit ce qu’il avait vu et leur recommanda de se tenir en garde contre les pièges du démon.

Il leur demanda, pour cette âme infortunée, des prières, des jeûnes, surtout le saint sacrifice de la messe. On s’y mit le jour même, et plusieurs messes furent dites. Peu de jours après, le vieillard vit de nouveau le défunt, mais tout différent, cette fois.

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Il était joyeux et tout resplendissant de lumière. Il dit qu’il était très heureux, grâce à la bonté de Dieu et à la charité de ses confrères. Interrogé sur l’œuvre  d’expiation qui l’avait le plus soulagé, il prit le vieux moine par la main et le conduisit à l’église, où se célébrait une messe.

“ Voici, dit-il, le plus grand prix de ma rançon, ce qui a le mieux opéré ma délivrance; c’est cette hostie salutaire qui efface les péchés du monde. Rien autre chose que le coeur endurci de l’homme ne résiste à la vertu de ce divin sacrifice.

” Cette dernière vision fut annoncée à tous les religieux, auxquels elle donna une dévotion encore plus grande envers le saint sacrifice de la messe. Comprenons nous-mêmes la valeur infinie de ce divin sacrifice ; assistons-y le plus souvent possible, toujours avec la plus grande piété, et nous en serons très heureux à la mort.


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82e APPARITION

Personne, sur terre, ne peut être aussi reconnaissant pour les bienfaits reçus que les âmes du purgatoire. En Bretagne, France, un homme menait une vie fort pieuse. Il se faisait remarquer par une grande charité envers les défunts, pour lesquels il priait, faisait des aumônes et des pénitences.

Il ne passait jamais près d’un cimetière sans s’arrêter à prier pour les morts qui y reposaient. Dieu fit connaître combien ce zèle lui était agréable, par une grande merveille.

Ce bon chrétien tomba gravement malade; et aussitôt, il fit prier le prêtre de lui apporter le Saint-Viatique, afin d’accroître encore plus ses mérites et de mieux résister aux derniers et terribles assauts du démon. La cérémonie se termina par les prières des agonisants, parce que le mal empirait ; puis le prêtre se retira.

Mais, en arrivant au cimetière, il se sent arrêté par une force invincible, qui l’empêche de faire un pas de plus. Étonné, effrayé, il regarde autour de lui et aperçoit la porte de l’église ouverte, bien qu’il fût certain de l’avoir fermée à double tour, en partant; car c’était durant la nuit. Pendant qu’il se demandait ce que cela signifiait, il entendit sortir du sanctuaire une voix qui criait : “

Ossements des morts, écoutez la parole du Seigneur ; Ô morts, levez-vous, venez tous, vous qui êtes admis dans les splendeurs du ciel, prier ensemble pour votre bienfaiteur, qui vient de mourir.

La reconnaissance le demande et nous ne pourrions lui en témoigner assez pour tout le bien que sa piété généreuse nous a fait, à nous surtout, qui attendons dans ce cimetière la résurrection générale.

Aussitôt, un fracas épouvantable eut lieu autour du prêtre étonné ; il lui semblait que les ossements sortaient des tombeaux, se réunissaient formaient d’innombrables corps ressuscités.

En même temps, l’église paraissait illuminée. Les morts s’y assemblèrent et commencèrent, d’une voix céleste, à chanter l’office des défunts, qu’ils achevèrent avec solennité.

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Quand il fut fini, la même voix qui avait appelé les morts, leur ordonna de retourner dans leur demeure funèbre; ce qui se fit, pendant que toutes les lumières de l’église s’éteignirent seules et d’un même coup. Le prêtre, qui était demeuré comme cloué à sa place, osant à peine respirer, put alors rentrer librement dans l’église et mettre le ciboire dans le tabernacle ; puis il courut raconter sa vision au curé de la paroisse, aussi émerveillé que lui, mais qui doutait de la réalité d’un tel prodige.

Au moment où il disait qu’il faudrait savoir si le malade était mort, ce qui était peu probable, on frappa à la porte et un messager vint apporter la nouvelle du décès, qui avait eu    lieu à l’heure même de la vision.

 L’impression du prêtre fut si forte, qu’il alla se consacrer à Dieu dans le monastère de Saint-Martin, à Tours, où tout le reste de sa vie fut employé à prier pour les morts, assuré qu’à leur tour, ils ne l’abandonneraient pas, au jour du jugement. Prions beaucoup, nous aussi, pour les âmes du purgatoire, et nous serons très heureux de recevoir leur protection, quand nous gémirons dans les feux de l’expiation.

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Lire la Partie 9 : ICI

À Suivre…..


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (9)*Les âmes du purgatoire sont protégées par les saints, auxquels elles ont eu de la dévotion, pendant leur vie.*


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67e, 68e et 69e Apparitions

 Comprenons la grande valeur des indulgences, par le trait que rapporte le bienheureux Berthold, franciscain.

Par un privilège du pape, ce bienheureux accordait dix jours d’indulgences à tous ceux qui assistaient à ses sermons. Comme il finissait un jour de prêcher, une pauvre femme vint lui demander l’aumône. “ Je n’ai rien, dit le saint, mais je vous renouvelle l’assurance que vous venez de gagner dix jours d’indulgences.

Allez chez tel banquier, qui ne s’est guère occupé des indulgences, et offrez-lui celles que vous venez de gagner, en retour de son aumône, afin que les souffrances qui l’attendent dans l’autre vie soient diminuées» Et le P. Berthold pria afin que le banquier ait pitié de cette pauvre femme.

Elle s’y rendit simplement et avec foi. Dieu permit que cet homme l’accueillit avec bonté. “ Combien désirez-vous avoir, en échange de ces dix jours d’indulgences, lui demanda-t-il ? Autant, répondit-elle, qu’ils pèseront dans votre balance.

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Eh bien ! répondit le banquier, voici une balance : écrivez vos dix jours sur un papier et mettez-le sur l’un des plateaux: je pose un réal sur l’autre, (environ six sous). O prodige ! Le petit papier entraîne l’argent.

Le banquier, étonné, ajoute un autre réal, puis cinq, dix, trente, mais rien ne change ; enfin, après qu’il en eût mis autant qu’en avait besoin la suppliante, les plateaux s’équilibrèrent. Ce fut une leçon salutaire pour le banquier : il comprit enfin la valeur des intérêts célestes.

Mais les pauvres âmes du purgatoire la comprennent mieux encore : pour la plus légère indulgence, elles donneraient tout l’or du monde.

C’est pourquoi elles désirent tant que nous leur en appliquions, nous qui pouvons en tant gagner. ——– La bienheureuse Marie de Quito fut ravie un jour en extase, et elle vit une grande table chargée d’or, d’argent, de perles et de diamants ; en même temps, elle entendit une voix qui disait : “ Ces richesses sont publiques : chacun peut s’approcher et en prendre autant qu’il lui convient.

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” Dieu fit connaître que c’était là une image des indulgences. Combien donc ne sommes-nous pas coupables de ne pas nous emparer de ces richesses, pour nous-mêmes et pour tant de pauvres âmes tourmentées dans les flammes du purgatoire !

 

Pas n’est besoin de jeûnes, de disciplines, pour cela ; une prière, un chapelet, une aumône, une communion, la visite d’une église, etc., suffisent pour l’acquisition de tant de trésors, qui soulageraient si efficacement les malheureux qui gémissent dans les flammes. Sainte Madeleine de Pazzi avait, dans son couvent de Florence, une religieuse de grande vertu. Elle l’assista dans sa dernière maladie et pria beaucoup pour elle.

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Elle aperçut l’âme de cette religieuse s’élever au ciel plus brillante que le soleil.  “ Adrienne, ma soeur, s’écria Madeleine, de quelle admirable gloire vous êtes revêtue ! Comme vous êtes belle ! Adieu, âme bienheureuse!

Vous vous en allez en paradis et me laissez dans cette vallée de larmes !

Oh ! Que grande est votre gloire ! Et comme les supplices du purgatoire ont été courts pour vous ! Votre corps n’est pas même inhumé et déjà vous entrez dans l’éternelle patrie !

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Vous voyez maintenant la vérité de ce que je vous disais : que les misères de cette vie ne sont rien en comparaison avec le bonheur du ciel.” Notre-Seigneur révéla à sainte Madeleine que l’âme de cette religieuse n’était restée que quinze heures en purgatoire, et que c’étaient les indulgences, qui lui avaient été appliquées, qui l’en avaient retirée si promptement. Gagnons donc le plus d’indulgences possible pour les défunts et soyons certains que ces saintes âmes feront cent et mille fois plus pour nous que nous aurons fait pour elles.

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70e, 71e et 72e Apparitions

 

Le P. Mancinelli était très dévot envers les âmes du purgatoire, lesquelles le visitaient très souvent.

César Costa, son oncle, le voyant mal vêtu, et jugeant qu’il devait souffrir du froid, lui donna un manteau plus chaud. Un jour, après la mort de César, ce père voit venir le défunt, environné de flammes, qui le supplie de lui prêter un moment ce manteau. Le père, tout étonné, le lui donne ; et le prélat s’en entoure comme s’il voulait s’y cacher, comme s’il y trouvait un rafraîchissement délicieux.

Mancinelli comprit que cette âme souffrait dans le purgatoire, et qu’elle voulait montrer qu’elle était soulagée par l’acte de charité qu’elle avait autrefois accompli envers lui. C’est pourquoi il lui promit de prier pour elle avec toute la piété qu’il pourrait.

Un autre jour, c’est le baron de Montfort qui, ayant été lié d’amitié avec ce père, lui apparut quelque temps après sa mort, et se recommanda à lui avec une confiance tout amicale. Il revint plusieurs fois pour le même motif, jusqu’à ce que, après une messe qu’il lui avait demandée, il s’envola glorieux au paradis.

Mancinelli avait eu pour maître Antoine Ugolino, qui lui apparut après sa mort, avec un visage pâle et défait, tout entouré de flammes, accablé de chaînes de feu, etc. Il le pria d’intercéder et de dire des messes pour lui dans l’extrémité où il se trouvait. Le pieu Jésuite s’empressa de le faire.

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De grand matin, le jour suivant, il dit la messe pour lui. A peine avait-il achevé, que cette âme lui apparut dans la plus belle gloire, respirant une félicité ineffable, et lui témoigna, pour sa charité, une reconnaissance très vive. Bien des âmes lui apparaissaient souvent pour lui demander la grâce même d’une seule messe.

 On assure qu’on a souvent vu de nombreuses âmes assister à ses messes dans la posture de la plus ardente confiance. Un autre de ses oncles, Camille Costa, parut, deux ans après sa mort, sortir de son tombeau et venir assister à la messe de son neveu, avec une très grande piété, à la vue de tous les assistants. Faisons dire des messes pour les défunts, puisque c’est le meilleur moyen de les soulager, et de nous attirer leur protection.

 


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73e APPARITION

Les âmes du purgatoire sont protégées par les saints, auxquels elles ont eu de la dévotion, pendant leur vie. Une vision de la bienheureuse Jeanne-de-la-Croix nous en est une preuve.

Un évêque avait eu du respect et de l’estime pour elle, mais il ne voulut plus la voir, après qu’elle lui eût fait, par inspiration d’en haut, de charitables remontrances. Cet évêque négligeait parfois ses devoirs et était trop orgueilleux. Il mourut bientôt.

A peine Jeanne Peut-elle appris que, voulant rendre le bien pour le mal, elle fit son possible pour soulager cette âme. Une nuit, qu’elle priait encore avec plus de ferveur pour ce défunt, il lui apparut avec un visage abattu et dans un état lamentable.

Il avait des chaînes de feu à la bouche ; ses vêtements n’étaient que de misérables haillons ; il était humilié au-delà de toute expression, et comme il ne pouvait parler, ses soupirs manifestaient ses tourments. On voyait sur son front et sur sa tête des taches, indices des péchés qu’il avait commis. Derrière lui suivaient des âmes qu’il avait portées au péché par ses exemples de relâchement.

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Les démons l’environnaient et le tourmentaient aussi, de mille façons douloureuses et humiliantes. La bienheureuse Jeanne en fut consternée à l’excès, d’autant plus qu’elle ignorait si ce prélat était damné ou seulement en purgatoire.

Elle s’adressa à son ange gardien, qu’elle voyait toujours, mais il répondit que Dieu le lui ferait savoir en temps utile. Elle continua donc à prier de plus en plus pour cette âme infortunée. “ Seigneur, disait-elle, vous savez avec quelle dévotion ce défunt priait son patron, qu’il avait fait peindre son image, qu’il implorait ses suffrages.

Ayez égard, je vous en conjure, à ses bonnes pratiques et délivrez-le des supplices où vous me l’avez fait voir ”.

Pendant plusieurs jours, elle redit cette prière. Tout à coup, la porte de sa chambre s’ouvre, l’image du saint patron apparaît et l’âme du prélat est derrière elle.

Après avoir salué Jeanne, elle lui dit, “ Je suis l’âme de celui pour lequel vous avez tant prié. Grâce à vos prières et à celles de mon saint patron, Dieu a usé de miséricorde envers moi. Cette image m’a défendu des assauts du démon. Le Seigneur allège mes tourments; mon épreuve touche à sa fin et j’espère que vous travaillerez encore à l’abréger ! —Qu’il en soit ainsi, s’écria Jeanne, et béni soit Dieu qui vous a préservé de l’enfer ! ” Jeanne continua à prier pour lui jusqu’au moment où Dieu lui révéla qu’il était sorti du purgatoire.

C’est Jeanne elle-même qui fit le récit de ces choses à ses religieuses, afin de leur inspirer la crainte des jugements de Dieu, la dévotion aux saints, et le zèle pour le soulagement des âmes du purgatoire. Ayons, nous aussi, la crainte des jugements de Dieu, la dévotion aux saints et un grand dévouement pour les défunts.

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74e APPARITION

 Combien de prières, de mérites et de grâces, s’assure à lui-même, celui qui offre ses bonnes œuvres pour le soulagement des âmes du purgatoire. Il se prépare des avocates dévouées, qui lui obtiendront ce qui lui est nécessaire ici-bas, et le salut dans l’autre vie.

 Les anges gardiens de ces âmes lui rendront au centuple ce qu’il aura fait pour leurs protégées. Les saints du ciel feront aussi la même chose pour lui.

Quelle récompense ne donnera pas Notre-Seigneur lui-même, à celui qui lui aide à faire entrer plus tôt au ciel, ces âmes qu’il a rachetées et qu’il aime tant.

Denis-le-Chartreux raconte que sainte Gertrude offrait toutes ses journées à Dieu, multipliait ses prières, bonnes oeuvres, aumônes, mortifications, etc., pour le soulagement des âmes du purgatoire.

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Jésus-Christ lui fit plusieurs fois connaître les âmes qui en avaient le plus besoin. Alors, elle redoublait, pour elles, de prières et de pénitences. Souvent ces âmes lui apparaissaient, en quittant le purgatoire, et la comblaient de bénédictions.

Elle arriva ainsi à la vieillesse. Couchée sur son lit de mort, le démon chercha à lui faire croire qu’elle n’avait pas délivré tant d’âmes du purgatoire, que pour aller prendre leurs place, puisqu’elle leur avait donné tous ses mériter satisfactoires et n’avait rien gardé pour elle. Elle commença à se lamenter : “ Oh ! que je suis malheureuse, se disait-elle !

Dieu peu d’instants, je vais mourir, je vais rendre de toute ma vie le compte le plus rigoureux. Comment pourrais-je être délivrée du purgatoire, puisque je n’ai rien gardé de tous mes mérites ?

Mon Dieu, permettrez-vous que j’aie un long et terrible purgatoire, parce que j’aurai été trop généreuse envers les défunts ? ” Au même moment, elle voit Notre-Seigneur qui lui demande : “ Pourquoi donc es-tu si triste ?

— Seigneur, répond-elle, je crains de mourir et d’aller longtemps au lieu de l’expiation, parce que j’ai donné tous mes mérites satisfactoires aux âmes du purgatoire, comme vous le savez bien. — Ma fille, lui dit Notre-Seigneur, en souriant, afin que tu saches combien ta charité envers ces âmes m’a été agréable, je t’annonce que tu ne passeras pas par le purgatoire.

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De plus, comme j’ai promis cent pour un à tous ceux qui me servent, j’augmenterai d’autant ta gloire au ciel que tu as secouru les défunts. Toutes les âmes que tu as soulagées viendront à ta rencontre et t’introduiront dans le paradis, au milieu de leurs cantiques de joie.”

La sainte ne pouvait se contenir de joie à cette divine assurance. Elle eut à peine le temps de faire connaître cette heureuse nouvelle à ses soeurs, qu’elle expira le sourire sur les lèvres, les yeux animés d’une clarté merveilleuse, comme une prédestinée qui ne doute point de son salut.

Si donc nous voulons mourir en prédestinés et être grandement soulagés en purgatoire, prions pour les pauvres défunts. C’est si facile de le faire: nous n’avons qu’à le vouloir.


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75e APPARITION

De tout ce qu’on peut faire pour les âmes du purgatoire, il n’y a rien de plus efficace que la messe.

C’est la doctrine expresse de l’Église, que bien des faits miraculeux authentiques confirment. Il y avait, à Cologne, deux dominicains dont l’un était le bienheureux Suzo. Leur même goût pour la piété leur avait fait contracter une amitié intime, et ils se faisaient part des faveurs qu’ils recevaient du ciel.

C’est ainsi que le bienheureux Suzo dévoila à son ami un fait qu’il tenait caché. Un jour, il lui fit voir le nom de Jésus, qu’il avait gravé sur son coeur, avec une pointe de fer rougie au feu.

Quand ils se séparèrent, ils se promirent que le premier qui mourrait serait secouru par l’autre, une année entière, de deux messes par semaine.

Pendant plusieurs années, ils continuèrent, chacun de son côté, à servir Dieu avec la plus édifiante ferveur. Enfin, le bienheureux Suzo apprit que son ami était mort. Il avait oublié sa promesse au sujet des messes ; mais il priait beaucoup, s’imposait de grandes pénitences, sans toutefois dire ces messes promises.

Un matin, qu’il priait à la chapelle, il vit tout à coup paraître son cher ami qui, le regardant tendrement, lui reprocha son infidélité.

Le bienheureux, surpris, chercha à s’excuser de son oubli sur les nombreuses prières et bonnes œuvres qu’il avait faites pour lui. “ Oh ! non, non, mon frère, reprit le défunt; non, cela n’est rien comparé à la messe, pour éteindre les flammes qui me consument.

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Je vous conjure de tenir votre promesse.

Suzo lui promit d’en dire plus qu’il n’en avait promis afin de réparer son oubli. Dès le lendemain, Suzo et plusieurs prêtres dirent la messe pour l’ami défunt et continuèrent plusieurs jours cet acte de charité. Le défunt revint, après ce temps.

La joie brillait sur son visage, une vive lumière l’environnait et il paraissait parfaitement heureux. “ Je vous remercie, mon fidèle ami, lui dit-il, de la délivrance que je vous dois. Grâce aux messes qui ont été dites pour moi, me voici sorti du purgatoire et je monte au ciel, où je verrai face à face le Dieu que nous avons adoré si souvent ensemble.

” Suzo se prosterna pour remercier Dieu de lui avoir fait comprendre l’inestimable valeur du saint sacrifice de la messe. Ayons donc une grande dévotion pour la messe, et faisons-en dire le plus souvent possible pour les pauvres âmes du purgatoire.

Nous en serons si bien récompensés.


Lire la Partie 8 : ICI

À SUIVRE….


 

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (8)*Sachez que je suis Malachie*


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61e APPARITION

Il  y a une vérité dont les chrétiens ne devraient pas douter, à savoir que l’expiation de l’autre vie est conforme aux péchés commis en celle-ci. On le voit bien par ce qui fut révélé à S. Corprée, évêque en Irlande. Ce prélat, s’étant arrêté à prier dans l’église, après l’office de vêpres, vit subitement se dresser devant lui un spectre pâle, ténébreux, horrible, couvert de vêtements étranges. Il portait au cou un collier de flammes, sur les épaules, un sale morceau de manteau, qui ne couvrait que l’un des deux bras.

Cette apparition n’épouvanta pas le saint, qui savait que Dieu veille sur ses serviteurs. Regardant en face le fantôme, il lui demanda qui il était. “ Je suis, répondit-il, une âme passée à l’autre vie. — Et d’où vient ta difformité affreuse? — Ce sont mes fautes, dit le défunt, qui m’ont attiré cette punition.

Bien que vous me voyiez dans un si misérable état, sachez que je suis Malachie, autrefois roi d’Irlande : je pouvais faire beaucoup de bien, dans ma haute position, et je n’ai pas su le faire.” Corprée, étonné, lui demanda encore : “ Je croyais que vous aviez fait une entière pénitence de toutes les fautes de votre vie ? — Hélas !

Répond le spectre, je n’ai pas voulu obéir à mon confesseur : j’ai prétendu le plier à mes caprices et je n’ai pas eu honte de lui offrir, dans cette intention, un anneau d’or. Et maintenant, je porte, à cause de cela, un cercle de feu à mon cou ; il me brûle cruellement et me tient captif comme un prisonnier. Ce confesseur infidèle ne saurait me secourir ; car il porte un collier encore plus douloureux et plus brûlant. ” Le saint évêque admirait la justice de Dieu, qui punit l’homme par où il a péché.

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Il désira savoir, de plus, ce que signifiait son manteau c’était un châtiment d’une charité mal faite. “ Un mendiant presque nu étant venu me demander l’aumône, je le renvoyai à la reine, qui, étant peu compatissante, ne lui donna que cette espèce de sac, dont je suis couvert, pour ma confusion.” Le saint lui demanda pourquoi il lui apparaissait et ce qu’il attendait de lui. “ J’étais tourmenté par les démons, dit-il; ils me faisaient endurer mille supplices, lorsque le chant des vêpres, dont ils ont horreur, les a mis en fuite ; ils m’ont abandonné un instant dans ce lieu, et Dieu permet que je me montre à vous, pour réclamer vos prières.”

Et aussitôt, il ajouta, avec de grands cris: “ Hélas ! hélas ! voici que les démons reviennent ! Mais, avant de vous quitter, je veux vous indiquer où j’ai caché cent onces d’or et mille d’argent ; vous en ferez ce que vous voudrez. — Non, non, répondit le saint, je ne veux pas d’autres richesses que celles du ciel.

Cela ne m’empêchera pas de faire pour vous tout ce que je pourrai.” Le fantôme s’évanouit, en disant d’une voix forte : “ Malheur ! malheur ! à celui qui ne fait pas le bien lorsque le temps lui en est donné !

 ” L’évêque, rassemblant ses prêtres, leur rapporta cette vision, et leur demanda ce qu’il convenait de faire, pour le roi et son confesseur. Il fut décidé que l’évêque intercéderait pour le prince, et que les prêtres le feraient pour le confesseur, et ils marquèrent les messes jeûnes et prières qui seraient offerts à Dieu pour apaiser sa colère.

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Depuis six mois, ils y étaient fidèles, lorsque le roi se fit voir de nouveau à l’évêque, à moitié soulagé ; il souffrait des supplices moins rigoureux ; mais encore au-dessus de tout ce qu’on peut comprendre ici-bas. On continua donc à prier, à dire des messes et à faire pénitence, jusqu’à une troisième apparition, cette fois fort consolante, puisque Malachie était tout glorieux, tout joyeux.

Il dit à son bienfaiteur qu’il montait au paradis et qu’il n’oublierait jamais ce qu’il avait fait pour lui. Il ajouta que son ancien confesseur le suivrait le lendemain, grâce aux prières et sacrifices des prêtres de la cathédrale. Le saint lui demanda pourquoi il n’y montait pas avec lui.

Il lui répondit que l’intercession du seul évêque avait été plus agréable à Dieu que celle des prêtres réunis. Donc, Dieu a des tendresses particulières envers ceux qui le servent mieux. Servons-le donc très bien, de notre mieux, puisque nous avons tant intérêt à le faire.



Saint Philippe de Néri était rempli de dévotion pour les pauvres âmes du purgatoire. Aussi, bon nombre de défunts lui apparurent-ils, en maintes circonstances, soit pour le remercier, soit pour demander ses prières. Il reçut de grandes grâces par leur intercession.

Après sa mort, un père franciscain priait dans une chapelle où l’on avait déposé son corps, lorsque le saint lui apparut triomphant, au milieu d’une troupe de bienheureux.

Frappé de l’air de bonté qu’il voyait sur son visage, le franciscain osa lui demander quelle était cette troupe brillante qui l’entourait. Le bienheureux lui répondit que c’était des âmes qu’il avait délivrées du purgatoire ; elles venaient au-devant de lui pour l’introduire au paradis.

Le Père Magnanti, de l’Oratoire de S.Philippe, ne cessait pas, non plus, d’intercéder pour les défunts, et en avait souvent des apparitions. Il y avait, dans la ville d’Aquila, une fille appelée Élisabeth, qui désirait entrer dans un couvent. Le P. Magnanti lui dit que Notre-Seigneur l’appellerait bientôt à lui, et de se préparer à quitter ce monde.

En effet, elle fit une courte maladie et mourut comme une sainte. A peine avait-elle rendu le dernier soupir, que le P. Magnanti eut l’assurance surnaturelle que cette âme entrerait bientôt au ciel. Il consolait ses parents, en les assurant qu’ils auraient bientôt une céleste avocate.

La prédiction fut bientôt justifiée : la morte apparut à l’un de ses frères et lui dit : “ Grâce à l’intercession du P. Magnanti, l’heure de mon entrée au ciel a sonné.” Ce zélé religieux recevait beaucoup d’aumônes et les donnait aux pauvres, ou en faisait dire des messes pour les défunts.

De plus, pour ces chers défunts, il jeûnait, se mettait en sang à coups de discipline, faisait d’autres grandes pénitences, passait des nuits à prier, renonçait à tous les plaisirs des sens et du monde. Il poussa si loin ce zèle, qu’il supplia Dieu de lui imposer, à lui-même, une partie des châtiments mérités par certaines âmes, afin de les soulager d’autant. Il fut entendu dans cette prière héroïque : à partir de ce moment, il fut en proie à une douleur terrible qui ne lui permettait presque pas de changer de position.

Les âmes n’étaient point ingrates. Le P. Magnanti attribuait à leur intercession la plupart des faveurs qu’il recevait du ciel, entre autres, celles de savoir les choses éloignées, de découvrir les fautes cachées, de déjouer les pièges du démon et autres choses semblables.

Comme il revenait d’un pèlerinage à la sainte maison de Lorette, arrivé près de Morcia, où était une célèbre église de la très Sainte Vierge, il voulut y dire la messe, pour ses chers défunts, malgré l’avis de ses compagnons, qui craignaient de ne pouvoir traverser un lieu dangereux, avant l’arrivée des brigands, qui venaient s’y embusquer peu après le soleil levé.

Après son action de grâces, on se met en route. Arrivés à ce lieu, où beaucoup d’assassinats s’étaient commis, ils tombèrent aux mains des voleurs, qui les chargèrent de chaînes, les attachèrent à des arbres, pour les dépouiller de tout ce qu’ils avaient et les massacrer ensuite.

A ce moment, parurent, sur une montagne voisine, deux enfants inconnus, qui se mirent à pousser des cris en faveur des prisonniers, comme s’ils voulaient rassembler tout le pays pour les délivrer.

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Les bandits étaient au nombre de douze. Ils coururent au-devant de ces enfants, déchargeant sur eux leurs armes, afin de les tuer ; mais eux, sans se laisser intimider, avançaient toujours en criant plus fort, de sorte que les brigands, voyant qu’ils n’étaient pas des enfants ordinaires, furent remplis de crainte et s’enfuirent*

Les deux enfants s’approchèrent, délièrent les religieux, puis ils s’évanouirent, sans qu’on pût savoir ce qu’ils étaient devenus, ni d’où ils venaient. Le P. Magnanti crut fermement que c’était des âmes du purgatoire, à qui Dieu avait permis de prendre cette forme pour les délivrer. Donc, ne craignons pas trop les inconvénients, quand il s’agit du service de Dieu ou de secourir les défunts, et nous serons récompensés, comme ces religieux.

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 64e APPARITION

 A qui les prières et bonnes oeuvres sont-elles plus utiles ? Est-ce aux morts eux-mêmes ou à ceux qui travaillent à leur délivrance ? En effet, les âmes du purgatoire sont puissamment soulagées par nos suffrages ; mais aussi elles nous obtiennent des grâces bien précieuses.

La vie de la vénérable Françoise du Saint-Sacrement fournit d’utiles renseignements sur ce sujet. Elle avait grandi dans une grande dévotion envers les défunts. Elle était tout dévouement pour eux ; sans cesse, elle priait, jeûnait au pain et à l’eau, se donnait des disciplines jusqu’au sang, portait le cilice, et faisait bien d’autres mortifications encore.

Elle demandait des messes aux prêtres et toutes sortes de bonnes oeuvres aux fidèles. Le démon essayait de lui persuader qu’elle souffrirait longtemps au purgatoire, parce qu’elle s’oubliait elle-même pour ne penser qu’aux défunts ; mais ceux-ci lui apparaissaient et l’assuraient qu’ils lui rendraient tout, au centuple.

Les âmes lui apparaissaient souvent. Des témoins ont assuré qu’ils les voyaient eux-mêmes, venir lui demander des suffrages, même se ranger autour de son lit, jusqu’à ce qu’elle s’éveillât.

Elles lui disaient que leurs tourments étaient adoucis rien que par sa présence. “ Ne croyez pas que dans vos apparitions, vous soyez le jouet de quelque rêve ou de l’illusion du démon,” disaient-elles.

Si ces âmes la trouvaient à réciter le chapelet, elles le prenaient et le baisaient comme un instrument de délivrance. Elles la défendaient des artifices du démon, des pièges qu’il lui tendait et de ses tentations.

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Pour la toucher davantage, elles lui apparaissaient souvent, accompagnées des instruments de leurs péchés, devenus ceux de leurs châtiments. Tantôt c’étaient des évêques vêtus des insignes de feu de leur dignité :

“ Nous souffrons, disaient-ils, pour avoir trop recherché les dignités.” D’autres fois, c’étaient des prêtres avec leurs ornements en flammes et couverts de plaies, qui s’accusaient d’avoir traité sans assez de respect le corps du Seigneur. Un religieux se fit voir entouré d’objets précieux, rougis au feu, parce qu’ils les avaient rassemblés dans sa chambre, contrairement aux règles du monastère.

Elle vit aussi un notaire de Soria, avec tous les insignes de sa profession : papiers, plumes, encriers, tout brûlants, parce qu’il avait fait des actes injustes. Il avait aussi des cartes en feu à la main, en punition de son amour des jeux à l’argent. De plus, une bourse de feu collée à ses mains, lui faisait expier ses vols.

“ A ma mort, dit-il, j’aurais été damné, si le bon Dieu ne m’avait pas donné la contrition parfaite ; mais je suis condamné à un très long et très douloureux purgatoire. Je vous en conjure, en grâce, de me soulager de vos prières et sacrifices.” Christophe de Ribéra, évêque de Pampelune, ayant appris que Françoise avait eu la révélation que les trois évêques, qui l’avaient précédé à Pampelune, étaient encore en purgatoire, il pria pour eux, et fit surtout prier Françoise.

Une nuit, ces trois évêques apparurent à cette grande servante de Dieu pour la remercier, puis s’envolèrent au ciel. Si des évêques, prêtres et religieux sont si sévèrement punis pour de légères fautes, qu’en sera-t-il pour la plupart des chrétiens ordinaires ?

Craignons pour nous-mêmes, et vivons saintement.

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65e et 66e Apparitions

Le P. Ferdinand de Castille rapporte deux prodiges opérés par le Seigneur dans le couvent de Saint  Dominique, à Zamora, ville du royaume de Léon, en Espagne. Il arrivait que la cloche du couvent sonnait d’elle- même, et l’expérience fit connaître que c’était l’avertissement de la mort prochaine de quelqu’un des religieux.

Aussi, quand on entendait ce son lugubre, chacun se préparait au redoutable passage, par la réception des sacrements, par des prières et des pénitences.

L’inquiétude générale ne cessait que lorsqu’un des religieux était frappé et quittait la terre. Cette cloche était comme la voix dont il est parlé dans Isaïe : “ Mets ordre à tes affaires, car tu vas mourir”.

Voici le second trait : Il y avait, dans ce couvent, un religieux très vertueux, uni d’amitié avec un P. Franciscain, non moins saint. Un jour, s’entretenant de cette cloche merveilleuse, ils s’engagèrent à se visiter après la mort; c’est-à-dire, que celui qui quitterait ce monde le premier apparaîtrait au survivant, afin que s’il gémissait dans le purgatoire, il pût être soulagé par les prières de son ami.

Ce fut le P. Franciscain qui mourut le premier. Peu après sa mort il apparut au Dominicain. Après l’avoir salué affectueusement, il lui apprit qu’il lui restait beaucoup à souffrir, pour des choses légères, qu’il n’avait pas expiées. Pour exciter son ami à travailler à sa délivrance, il lui fit voir les flammes cruelles dont il était dévoré.

 “ Rien sur la terre, lui dit-il, ne peut vous donner une idée de l’ardeur de ce feu. En voulez-vous une preuve?” Il posa sa main sur une table et elle s’y enfonça profondément. Cette table se conserve encore à Zamora, comme un perpétuel monument de ce miracle.

Quel ne fut pas l’étonnement du Dominicain, et avec quelle ardeur ne s’efforça-t-il pas de délivrer son ami ! Ces deux merveilles excitèrent beaucoup les Dominicains à se préparer à la mort et à soulager les âmes du purgatoire.

Encore une fois, si les saints sont si cruellement traités, après la mort, que n’ont point à craindre les chrétiens ordinaires, qui multiplient les péchés les plus graves et ne les expient presque pas ! Et comme nous n’avons pas de cloche merveilleuse pour nous avertir du moment de notre mort, soyons toujours prêts à mourir.

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À Suivre….

*De Merveilleuses Apparitions*Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (7)


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52e et 53e Apparitions

 C’est une opinion assez commune aux saints, que Dieu envoie de temps en temps les anges au purgatoire pour visiter et consoler les âmes souffrantes. Les révélations de sainte Brigitte sont remplies de traits de ce genre, et on en trouve aussi ailleurs.

La vénérable Soeur Paule-de-Sainte-Thérèse, du monastère de Sainte-Catherine, à Naples, était très dévote aux âmes du purgatoire et elle en fut récompensée par des visions merveilleuses. Un jour qu’elle priait pour ces saintes âmes, elle fut conduite en esprit au purgatoire et elle en vit une foule, plongées dans un feu dévorant. Tout auprès se trouvait le Sauveur, escorté de ses anges, qui en désignait quelques-unes pour le ciel, où elles montaient aussitôt avec une joie inexprimable.

A cette vue, la servante de Dieu s’adressant à Notre-Seigneur lui dit : “ O Jésus, pourquoi faites-vous ce choix parmi cette grande multitude de malheureuses ?J’ai délivré celles qui, pendant leur vie, ont produit de grands actes de charité et de miséricorde ; car, c’est moi qui ai dit que les miséricordieux obtiendraient miséricorde.

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” La soeur Paule avait coutume, le samedi, jour consacré à la très sainte Vierge, de prier cette tendre Mère pour les défunts, si dignes de notre compassion. Un de ces jours, elle fut encore ravie en extase et transportée au milieu du purgatoire. Mais quel fut son étonnement de le trouver transformé comme en un paradis de délices, avec une grande lumière, au lieu de ses ténèbres habituelles.

 Comme elle se demandait la raison de cet heureux changement, elle aperçut Marie entourée d’une infinité d’anges, auxquels elle ordonnait d’amener au ciel les âmes qui lui avaient été dévotes. Cette vue lui causa une joie très grande, mêlée toutefois de compassion pour celles qui n’étaient pas choisies et qui continuaient de souffrir, chacune ce qu’elle avait mérité pour ses péchés.

Celui qui a péché par orgueil et par l’ambition des honneurs est puni par l’humiliation et l’opprobre ; celui qui a satisfait ses passions impures se voit consumé par le feu le plus terrible. Etc. Paule voyait souvent les anges descendre en purgatoire et y consoler les âmes.

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De plus, elle les entendait supplier le Seigneur en leur faveur. ——— C’était, dans le monastère de Sainte-Catherine, une pieuse coutume de réciter les vêpres des morts avant de se coucher.

Les religieuses voulaient ainsi procurer du repos aux pauvres âmes avant de prendre le leur. Un soir, que des occupations urgentes avaient empêché la récitation de ces vêpres, le Seigneur envoya une troupe d’anges dans leur chapelle, pour les réciter à leur place.

La Soeur Paule, étant en prière dans sa chambre, entendit cet admirable chant : étonnée, elle ouvre sa porte et aperçoit la troupe angélique, en nombre égal à celui des religieuses, pour montrer qu’elle était là pour les remplacer.

Par ce prodige, Paule comprit encore mieux le prix de la dévotion aux âmes du purgatoire, et redoubla de zèle pour la pratiquer.

Imitons-la et nous serons admirablement récompensés ici-bas et surtout au ciel.

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 54e APPARITION

Plus le service qu’on rend est grand, plus on mérite de gratitude. Donc, les pauvres âmes, qu’on aura soulagées, au purgatoire comme au ciel, nous serons très reconnaissantes et nous assisteront même dans les choses d’ici-bas. A Paris, en 1827, une pauvre servante avait la sainte pratique de faire dire une messe par mois, pour les âmes du purgatoire, et d’y assister.

Dieu l’éprouva bientôt par une longue maladie, qui la fit cruellement souffrir, lui fit perdre sa place et lui fit dépenser à peu près tout ce qu’elle avait gagné.

Le jour où elle put enfin sortir, il ne lui restait que juste le prix d’une messe. En se cherchant de l’emploi, elle passa devant l’église de Saint-Eustache. Elle y entra, y pria beaucoup et avec ferveur. Voyant un prêtre à l’autel, elle se rappela, qu’à ce mois, elle n’avait pas fait dire sa messe ordinaire, pour les défunts. Mais que faire ? Elle n’avait plus que vingt sous pour payer son dîner.

Ce fut en elle un combat entre sa dévotion et la faim. La dévotion l’emporta. “ Après tout, se dit-elle, le bon Dieu voit que c’est pour lui et il ne m’abandonnera pas.” Elle va payer sa messe et y assiste avec sa piété accoutumée. Ensuite, elle continua son chemin, pleine d’inquiétude.

Elle était dans ce trouble, lorsqu’un jeune homme pâle, d’un maintien distingué, s’approche d’elle et lui dit : “ Vous cherchez une place ?Oui, monsieur, répondit-elle. — Eh! bien, allez à telle rue, tel numéro; je crois que vous trouverez là de l’emploi et que vous y serez bien.”

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Et il disparut sans entendre les remerciements que la pauvre fille lui adressait. En arrivant à la maison indiquée, elle vit une servante qui en sortait, en murmurant des paroles de plaintes et de colère. La nouvelle venue lui demanda si la maîtresse de la maison y était. “ Peut-être que oui, peut-être que non, répond l’autre. Que m’importe ? Je n’ai plus à m’en mêler. Adieu ”, et elle s’en va.

La pauvre fille sonne en tremblant et une voix douce lui dit d’entrer. Elle se trouve en face d’une dame âgée, d’un aspect vénérable, qui l’encourage à exposer sa demande.

 “ Madame, j’ai appris, ce matin, que vous aviez besoin d’une servante, et je viens m’offrir à vous ; on m’a assuré que vous m’accueilleriez avec bonté. —

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Mais, ma chère enfant, dit la dame, ce que vous me dites-là est fort extraordinaire ; car ce matin je n’avais pas besoin de personne ; depuis une demi-heure seulement, j’ai chassé une insolente domestique, et il n’est pas une âme au monde, hors elle et moi, qui le sache encore. Qui donc vous envoie ? —C’est, répondit-elle, un monsieur, un jeune monsieur, que j’ai rencontré dans la rue.”

La vieille dame ne pouvait comprendre quel pouvait être ce jeune homme, lorsque la servante, levant les yeux sur le mur, aperçut un portrait. “ Tenez, madame, dit-elle, ne cherchez pas plus longtemps : voilà exactement la figure du jeune homme qui m’a parlé ; c’est de sa part que je viens vous voir.” A ces mots, la dame pousse un grand cri et semble prête à perdre connaissance.

Elle se fait redire toute cette histoire ; celle de la dévotion aux âmes du purgatoire, de la messe du matin, de la rencontre du jeune homme ; puis, se jetant au cou de la pauvre fille, elle l’embrassa avec tendresse et lui dit : “ Vous ne serez pas ma servante ; vous êtes, dès ce moment, ma fille ; c’est mon fils, mon fils unique que vous avez vu ; mon fils, mort depuis deux ans, que vous avez délivré du purgatoire, je n’en puis douter.

Soyez donc bénie et prions ensemble pour tous ceux qui souffrent avant d’entrer dans la bienheureuse éternité.” Imitons-les, et prions sans cesse pour les pauvres âmes du purgatoire, nous en serons récompensés comme cette pauvre fille.

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 55e APPARITION

Saint Bernard loue hautement saint Malachie. Archevêque d’Armagh, de sa grande dévotion envers les âmes du purgatoire ; mais il blâme au même degré la soeur de ce saint, animée de tout autre sentiment.

Étant encore diacre, S. Malachie assistait aux funérailles des pauvres, afin de prier pour eux ; souvent il les ensevelissait de ses propres mains. Pour lui comme pour le saint homme Tobie, le démon se servit d’une femme pour le détourner de ces saintes oeuvres.

En effet, cette soeur, toute aux idées du monde, trouvait déshonorant qu’un membre de sa propre famille se livrât à des oeuvres si basses, et elle lui disait avec colère : ** Beau métier tu fais-là, fou et grossier personnage ! Est-ce là l’occupation d’un homme de ton rang ? Laisse donc les morts ensevelir leurs morts, selon la parole de Notre-Seigneur.” Et elle abusait de ces paroles sacrées pour torturer son saint frère. Mais Malachie continuait toujours ses saintes fonctions, si agréables à Dieu et si méritoires.

Cependant, le ciel ne laissa pas longtemps impunie l’imprudente témérité de cette femme. Elle mourut assez jeune. Malachie, qui avait eu à se plaindre d’elle, oublia ses torts, et pria pour elle avec toute la ferveur dont il était capable Longtemps après la mort de cette fille, saint Malachie la vit, une nuit, en songe, durant son sommeil, dans la cour de l’église.

Elle était triste, vêtue de deuil, implorant sa pitié, parce qu’il y avait trente jours qu’elle n’éprouvait plus de soulagement. Le saint homme se réveilla en sursaut, tout plein de ce rêve, et il se rappela, en effet, que depuis un mois, il n’avait pas dit la messe pour elle.

On peut croire que le bon Dieu avait permis cet oubli en punition de la dureté de cette femme, envers les morts. Le pieux frère passa à prier le reste de la nuit et, dès le matin, il offrit le saint sacrifice de la messe pour elle.

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Peu après, la morte se fit voir à lui, dans une autre vision : Elle se tenait à la porte de l’église, comme s’il ne lui était pas encore permis d’y entrer, et elle pleurait, puis elle disparut. Notre saint continua donc à beaucoup prier et à dire la messe tous les jours pour elle. Il la vit encore, assez longtemps après. Elle entrait dans l’église; mais elle ne pouvait pas avancer jusqu’à l’autel, malgré tous ses efforts.

Bref, le saint ne cessa de prier pour elle et de célébrer la messe, jusqu’à ce qu’il l’eût revue admise près de l’autel, magnifiquement parée, brillante, heureuse, parmi une foule d’âmes éclatantes comme elle, qui paraissaient aussi sortir du purgatoire.

Ce qui démontre, une fois de plus, comme le dit saint Bernard, la puissance de la sainte messe pour nous purifier de nos fautes et nous rendre agréables à Dieu. Donc, ayons une grande dévotion pour le saint sacrifice de la messe ; assistons-y le plus souvent possible et toujours avec une grande piété. Quelle magnifique récompense nous en aurons au ciel!

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56e et 57e Apparitions

 Beaucoup d’impies se plaisent à dire que personne n’est revenu de l’autre vie, pour nous dire ce qui s’y passe. Voici deux apparitions, appuyées sur l’indiscutable autorité de saint Thomas d’Aquin, la gloire de l’Église et de l’esprit humain.

Cet illustre docteur de l’Église fut toujours pénétré d’un grand zèle pour les pauvres âmes, et il pensait toujours à elles dans ses messes, ses prières et ses mortifications. Étant à Paris, il vit apparaître devant lui l’âme de sa soeur, qui le conjura d’avoir pitié d’elle, parce qu’elle souffrait cruellement dans les flammes de l’autre vie, et avait grand besoin d’être secourue.

Le saint s’empressa de prier, de jeûner, et de faire faire les mêmes choses par ses amis. Ayant été envoyé à Rome, sa soeur se montra à lui de nouveau ; mais dans tout l’éclat du triomphe et de la joie. Elle lui dit qu’elle s’envolait au ciel. Saint Thomas lui demanda ce qu’étaient devenus deux de ses frères, morts aussi depuis quelque temps. L’âme répondit que celui qui s’appelait Armand, jouissait dans le ciel d’un haut degré de gloire, pour avoir défendu le Pape, contre l’empereur Frédéric, d’Allemagne, et avoir souffert persécution à cause de cela ; mais que LaDdolphe était encore en purgatoire, où il attendait qu’on priât pour lui.

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Elle ajouta : “ Pour vous, mon frère, hâtez-vous de finir vos admirables écrits ; car vous viendrez bientôt nous rejoindre en paradis, où une magnifique récompense vous attend, pour tout ce que vous avez fait pour l’Église.” Une autre fois, S. Thomas priait dans l’église Saint Dominique, de Naples.

Il aperçut, tout-à-coup, le père Romain, qu’il avait laissé à Paris. Pensant qu’il vivait encore et qu’il venait le voir, il s’informa de son voyage et de sa santé. Le bon religieux lui dit que sa vie terrestre était finie, qu’il était au ciel et que Dieu l’envoyait pour lui donner un nouveau courage dans ses travaux, pour la gloire divine et celle de l’Église.

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  1. Thomas lui demande : Suis-je en état de grâce ?Oui, répond Romain, en souriant.— Et vous, demanda Thomas, comment êtes-vous? — Je suis dans la gloire céleste, après avoir été quinze jours dans le purgatoire. ” Et la vision disparut, laissant S. Thomas dans un très grand désir de monter au ciel, lui aussi, pour jouir de la présence de Dieu.

 

On voit ici que la mort n’est rien et n’inspire aucune crainte aux vrais serviteurs de Dieu. Le plaisir de mourir sans peine vaut plus que la peine de vivre sans plaisir.

Ne l’oublions pas.

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58e et 59e Apparitions

C’est avec grande raison que Thomas à Kempis nous avertit de ne pas trop compter sur les parents et amis, pour nous délivrer du purgatoire, mais plutôt, de prendre nous-mêmes les plus grands soins pour n’y pas aller. Denis-le-Tyran avait fait creuser une prison sous terre, de laquelle un soupir même pouvait être entendu.

Ah ! Si l’on pouvait aussi bien entendre les gémissements du purgatoire, combien plus on prierait pour les malheureux qui y sont tourmentés ! Combien de pères, de mères, d’époux, d’épouses, de frères, de soeurs, etc., y poussent, du milieu des flammes, de douloureux gémissements, qui ne sont pas entendus !

Gerson, chancelier de l’université de Paris, rapporte le discours qu’une mère, oubliée de son enfant, lui fit entendre, par permission de Dieu : Mon fils, lui dit-elle, pensez un peu à votre mère ! Écoutez mes gémissements et prêtez attention à mes prières ! Considérez mes tourments ! Hâtez-vous de me secourir dans ce feu dont aucun esprit ne peut comprendre la chaleur !

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Priez, faites des aumônes, faites dire des messes ! Pourquoi retardez-vous tant à venir à mon aide ? A mon lit de mort, vous pleuriez, promettiez de prier pour moi ! Si une seule étincelle du feu qui me dévore tombait sur vous, elle vous causerait la mort ! Si vous ne voulez pas me secourir, qui donc invoquerai-je ?

Thomas de Catimpré raconte que son aïeule, ayant perdu l’enfant sur lequel elle comptait pour la soutenir dans sa vieillesse, elle restait inconsolable, pleurait tellement jour et nuit qu’elle était menacée de perdre la vue. Cependant, tout ce chagrin ne lui faisait pas penser à prier, ni à faire dire des messes pour lui. Aussi, la pauvre âme brûlait dans le purgatoire et maudissait ces stériles chagrins, qui ne la soulageaient en rien. Elle priait le Seigneur d’éclairer cette mère aveugle.

Dieu daigna l’exaucer, en envoyant à cette femme une miraculeuse vision. Un jour, au plus fort de sa douleur, elle fut ravie en esprit : il lui sembla voir, au milieu d’une route, une troupe de jeunes gens magnifiquement parés. Comme elle cherchait avidement, si, par hasard, elle n’y découvrirait pas son fils, elle l’aperçut, en effet, mais en arrière des autres, marchant avec une fatigue visible sous le poids de ses vêtements tout trempés d’eau.

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Excitée, hors d’elle-même, elle lui crie :Pourquoi donc, cher enfant, restes-tu ainsi loin de cette troupe brillante ? O ma mère, répondit-il, je suis retardé dans ma marche par vos larmes stériles, qui ont mouillé mes vêtements et les ont rendus très pesants.

Cessez donc de tant pleurer, sans aucun profit pour moi ! Si vous voulez faire cesser mes souffrances, dans cette route du ciel, appliquez-moi les mérites de beaucoup de prières, d’aumônes et de messes, dites pour moi.

C’est par là que vous me délivrerez du lieu de supplices, où je gémis, et m’introduirez dans la vie bienheureuse,” puis la vision disparut. Dès ce moment, la mère affligée comprit mieux son devoir et fit tout ce que son fils lui avait demandé.

Combien de parents, aussi aveugles que cette mère, pleurent leurs défunts ; mais ne font rien pour les soulager dans l’autre vie. Soulageons nos morts par beaucoup de prières, d’aumônes, surtout de messes. Ces saintes oeuvres ne sont jamais perdues, ni pour eux, ni pour nous.

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60e Apparition

 De célèbres docteurs de l’Église croient que certaines âmes du purgatoire n’ont d’autre châtiment que la privation de la vue de Dieu.

Sainte Brigitte dit, en effet, qu’il y a un purgatoire dans lequel languissent les âmes de ceux qui n’ont pas assez aimé Dieu. C’est certainement le pire. Là, elles se sentent invinciblement portées vers ce bien suprême ; mais elles demeurent enchaînées loin de lui. Plusieurs âmes ont fait connaître, dans des apparitions merveilleuses, combien ce supplice est terrible, bien plus terrible que celui du feu.

Voici l’un de ces prodiges, arrivé dans le duché de Luxembourg, examiné et déclaré authentique par le vicaire général de l’archevêque de Trêves. Le jour de la Toussaint, une fille pieuse vit tout à coup paraître devant elle l’âme d’une dame morte peu auparavant, qui lui déclara que son plus grand purgatoire était d’être privé de la vue de Dieu.

 Elle était vêtue de blanc, le rosaire à la main, en signe de la grande dévotion qu’elle avait toujours eue envers la Reine du ciel. Elle se fit voir ainsi plusieurs autres fois, particulièrement dans l’église, où elle se mettait à genoux près de la jeune fille, priait avec elle, l’accompagnait à la sainte table.

Elle assistait à la messe et, au moment de l’élévation, son visage brillait tant, que cette fille n’avait jamais rien vu de si beau. Elle paraissait surtout à l’église parce que, ne pouvant voir Dieu face à face, là, au moins, elle pouvait contempler la divine Eucharistie, et, de plus, mieux solliciter* les prières de la jeune chrétienne.

Celle-ci, en effet, ne cessait de prier pour elle. Souvent, elle faisait, aussi pour elle, célébrer des messes, à l’autel de la très sainte Vierge. Un jour que cette fille était dans l’église de Notre-Dame, elle baisa les pieds de la statue, en faveur de l’âme qui lui apparaissait.

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En se retournant, elle vit cette âme venir à elle, pour la remercier. Elle lui dit alors que, de son vivant, elle avait fait voeu de faire dire trois messes à l’autel de la Mère de Dieu, et qu’elle ne l’avait pas accompli. Elle la supplia de faire acquitter, en son nom, cette dette sacrée, qui ajoutait à ses tourments.

La jeune fille les fit célébrer sans retard. A la fin de la troisième messe, elle vit cette pauvre âme accourir à elle toute joyeuse, toute glorieuse, parce que son expiation venait d’être fort abrégée. A cette vue, la jeune fille se jeta à genoux, et, les bras en croix, se mit à réciter cinq Pater et Ave, en faveur de la défunte, qui lui soutenait les bras.

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Cette âme témoignait sa reconnaissance à sa bienfaitrice, surtout en lui donnant de bons conseils. Elle lui recommanda d’accomplir fidèlement les voeux qu’elle pourrait faire, parce que Dieu exige l’accomplissement fidèle de toutes les promesses qui lui sont faites.

Elle lui dit de se bien garder de tout mensonge, si léger fût-il, parce que le Juge éternel ne le pouvait souffrir. Elle l’exhorta aussi â une grande dévotion envers la Mère de Dieu.

 

 ** Ayez soin, lui dit-elle, toutes les fois que vous voyez son image, de répéter ces trois invocations : Mère admirable, Consolatrice des affligés, Reine de tous les saints ! Plus vous aimerez et servirez cette auguste Mère, plus vous la trouverez dévouée au terrible jugement, qui fixe notre sort éternel.

” Elle lui conseillait encore d’employer toutes ses bonnes œuvres au soulagement des âmes du purgatoire, afin d’adoucir leurs terribles maux. Or, pendant qu’un matin, cette âme s’adressait ainsi à la jeune fille, on entendit sonner la clochette de l’élévation à un autel voisin ; aussitôt elle y accourut et s’agenouilla dans la plus fervente adoration.

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Une véritable amitié s’était établie entre l’âme et la jeune fille, à la suite de ces apparitions si fréquentes. La jeune fille l’invita à venir avec elle, à la messe, le 3 décembre. L’âme n’y manqua pas, et elle se tint à ses côtés, surtout pour la communion, que son amie fit pour elle.

Après l’avoir remerciée, elle lui annonça que cinq jours après, en la fête de l’immaculée Conception, elle viendrait la voir, avant de monter au ciel. Ce jour-là, elle apparut si brillante que la jeune fille ne pouvait la regarder. Elle assista à la messe avec sa jeune amie, et lui recommanda encore une grande dévotion à la très sainte Vierge.

Enfin, le 10 décembre, elle vint encore à la messe, plus brillante que jamais, salua la jeune fille et fut emportée dans les airs, où un ange vint à sa rencontre, Cette histoire, aussi touchante qu’elle est véridique, justifie bien cette parole de S. Chrysostome :

Ne vivons donc pas sans amour pour Dieu, afin de n’être pas condamnés, après la mort, à être encore longtemps séparés de lui, comme il arriva à cette femme. ”

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À Suivre….

Partie-6-ICI


 

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