Chronique de Guy Parent*Ma révélation, pourquoi il faut donner le titre à Marie de… »Co-rédemptrice »?


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Marie et l’œuvre Co-Rédemptrice

L’importance attachée à l’Incarnation par les Pères de l’Église a donné lieu parfois à quelques malentendus. Des histoires du dogme un peu trop pressées leur ont attribué une doctrine de l’Incarnation rédemptrice par elle-même, qu’ils ont opposée à la doctrine, paulinienne et médiévale, de la rédemption par la mort du Christ.[1]

 

En réalité, cette opposition est toute factice. Ceux qui croient la découvrir; la créent eux-mêmes sans s’en rendre compte, par le fait qu’ils attribuent aux termes utilisés par les anciens une signification qui est nôtre, mais non pas la leur. Dans le cadre de nos modernes traités théologiques, en effet, nous avons pris l’habitude d’opposer l’Incarnation et la rédemption pour les étudier plus commodément. Mais, pour les anciens, le terme d’Incarnation gardait toujours un réalisme concret qu’il faut se garder d’oublier.

 

Dire, comme saint Athanase, que le Verbe, en se faisant chair, nous a divinisés, ce n’était nullement rendre la Croix superflue ou secondaire. Car, pour le même auteur, le Verbe ne se serait pas vraiment fait chair s’il n’avait assumé dans la chair tout ce qu’il appelle les « passions de la chair »[2], c’est-à-dire la souffrance et la mort. Certes, pour les Pères, l’Incarnation est rédemptrice, mais parce que l’Incarnation comme ils l’entendent inclut la Croix.[3]

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Autrement dit, ce n’est pas l’Incarnation dans l’abstrait qui nous sauve, ou le simple fait de la venue de l’existence d’un être qui est le Fils de Dieu fait homme. C’est toute la réalisation historique de son existence, où due, s’assujettissant au cours de la nôtre, le redresse du dedans et l’épanouit jusqu’aux accomplissements eschatologiques.

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De même, la maternité de Marie a un rôle dans les desseins divins qui ne peut être réduit à la relation où elle établit la Vierge avec le Fils de Dieu, vue dans l’abstrait. Il n’y a pas davantage dans le simple événement de la mise au monde de celui-ci qui peut nous permettre de saisir tout ce qu’implique pour Marie le fait d’être mère de Dieu.

 

Aucune maternité, d’ailleurs, ne se laisse réduire au simple processus physique de la conception et de la naissance. Remarquons-le en premier lieu : la personnalité de l’enfant ne se détache de celles de ses parents, et en particulier de sa mère, que bien longtemps après ce que nous considérons comme la naissance physique. Ce fait a été mis en évidence par la psychologie des profondeurs, notamment par les travaux de l’école de Jung.[4]

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Il faut aller plus loin et dire que si la relation humaine connaît une évolution complexe, elle ne s’éteint jamais, pas même avec la mort de la personne qui en est le support. Ce n’est pas seulement à l’époque où la personnalité de l’enfant ne fait que s’ébaucher qu’il demeure pour la mère comme une partie d’elle-même.

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Lors même qu’il est pleinement homme distinct de sa mère que l’enfant puisse être devenu, il n’en est jamais séparé. Nous connaissons tous les exemples de maternité abusive, où la mère ne se résigne pas à voir son fils acquérir l’autonomie. Mais ce qu’il y a de pathologique dans de tels cas n’est pas la conscience, de la part de la mère, d’un lien impossible à briser entre elle et son fils.

C’est le refus de voir ce lien s’ouvrir et leur relation non pas disparaître, mais se transposer. La crise inévitable, dans le cas normal, n’est qu’un second et définitif enfantement, où la relation maternelle ne meurt qu’en apparence, ou plutôt ne meurt que pour renaître.

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On pourrait, il est vrai, objecter qu’à partir du moment où une mère a fini l’éducation de son fils, tout ce qui subsiste de sa relation maternelle est en quelque sorte une affaire privée. La mère peut bien, à ce moment, toujours vivre plus en son fils qu’en elle-même. Ceci, néanmoins, n’a plus qu’une réalité toute subjective. En fait, le fils, désormais, vit sa propre vie d’une façon autonome.

 

S’il n’en pas moins vrai que cette vie continue à dépendre de la vie de sa mère, la dépendance n’est plus à l’égard de la vie actuelle de la mère, mais de ce qu’elle a été jadis. C’est même là qu’intervient le grand renoncement exigé de toutes les mères. Pour toutes, un moment vient où le fils, sans pouvoir cesser d’être mû par ce que sa mère a déposé en lui une fois pour toutes, ne peut pourtant plus, ne doit plus dépendre actuellement de sa mère.

 

Mais c’est là aussi qu’apparaît un des traits qui distinguent la maternité de Marie de toutes les autres, en lui conférant une plénitude rigoureusement unique.

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Vivre la fraternité humaine


[1] Cf. Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, t. II (4e éd., Tubingue, 1909-1910), pp. 160-161.
[2] http://www.assomption.org/fr/spiritualite/saint-augustin/revue-itineraires-augustiniens/le-miracle/iii-augustin-dans-l-histoire/les-miracles-du-christ-chez-saint-athanase-d-alexandrie-par-fr-lucian-dinca
[3] Cf. ce que nous avons développé à ce sujet dans L’Incarnation et l’Église corps du Christ dans la théologie de saint Athanase, pp.124 ss.
[4] Spécialement suggestives sont les recherches de Frances Wickers, The Inner Word of Childhood, 1927, et ses Trois exemples de la puissance de l’image projetée, dans le Festschrift pour les 80 ans de Jung, vol. 1, Zur Theories and Praxis, 

 

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Guy Parent

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Chronique de Guy Parent *Rayonnement d’une Maternité Divine*


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Tous les privilèges, toutes les grandeurs de Marie trouvent leur centre de convergence et de rayonnement dans cette maternité divine qui engage à fond toute sa personne et qui entraîne son mystère à l’intérieur de l’ordre hypostatique jusqu’aux confins de la divinité.

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Avec Dieu le Père, Marie possède un même Fils; et tandis que le Père prend en Lui d’infinies complaisances…

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Elle peut approcher de ce même Fils éternel avec la tendresse et le cœur d’une mère.

L’un et l’autre trouvent en Lui la raison suprême de leur existence et de leur vie. Le Fils est tout pour son Père comme pour sa mère.

Sa présence divine les comble tous deux d’une béatitude infinie.

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Dès le premier moment de cette maternité divine, Marie a senti jaillir dans son âme des relations toutes nouvelles avec chacune des trois personnes de la Trinité. Parvenue à la suprême grandeur accessible à une simple créature, la mère de Dieu se mouvait avec aisance dans l’atmosphère même des trois personnes divines : fille du Père, mère du Fils, épouse de l’Esprit Saint, associée à tout le plan de la rédemption du monde, et, par grâce, à cause de son action sur tout le corps mystique et sur toutes les œuvres de Dieu : « complément de la Trinité. »[1]

Mère du Verbe, Marie a vu sa maternité divine s’épanouir en une maternité spirituelle sur tous les hommes. Son Fils n’est-il pas essentiellement “Sauveur” et “premier-né d’une multitude de frères?” Dès le “fiat” de l’Incarnation, Marie entra sans réserve dans ce plan de salut, tel que Dieu l’avait conçu et décrété éternellement selon ses conditions concrètes de réalisation.

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À l’Incarnation rédemptrice du Fils correspond la maternité co-rédemptrice de Marie. Cette maternité, à la fois divine et spirituelle, resplendit des mêmes clartés que la prédestination du Christ. C’est à la lumière d’un même décret de miséricorde que se révèle à nos regards le mystère de la mère et du Fils.

La mère de ce Dieu Sauveur est devenue la première confidente de son cœur de Christ, la compagne fidèle, réalisatrice de la même entreprise de salut. Voilà pourquoi, comme dans la pensée éternelle de Dieu, tout le long de la Bible et de l’histoire humaine, la mère et le Fils avancent vers un même destin.

Au fond, sous deux aspects complémentaires, c’est le même mystère de salut.

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Leur action commune domine l’espace et le temps. Ensemble, ils ont porté en chacun de leurs actes le sort du monde : Jésus comme Verbe Incarné, unique Sauveur, Prêtre et Roi; Marie, mère de Jésus, par son action maternelle sur chacun de nous. Ne cherchons pas à mesurer leur grandeur divine avec notre raison humaine. Seule la lumière de Dieu, qui contribue en nous par la foi, nous fait découvrir les vraies perspectives de la marche concrète des hommes à travers l’histoire sous l’action conjuguée de ces deux êtres sauveurs. Le Christ y apparaît centre du monde, mais Dieu a déposé aussi entre les mains de Marie le sceptre de l’univers.

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[1]  Il faut entendre cette formule traditionnelle, non pas en une sens essentielle et ad intra, mais d’une manière accidentelle et complémentaire, ad extra, à titre d’instrument de la Trinité dans les âmes.


À Suivre…

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Guy Parent

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Chronique de Guy Parent *Marie la Co-rédemptrice…Celle par qui Dieu vient..*


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Marie, chef-d’œuvre de Dieu !!

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La foi nous découvre en Marie un être immaculé, une femme revêtue d’une maternité divine. Reine des anges et Mère des hommes, celle dont la mission sublime, tout orientée vers notre salut et associée à celle du Verbe Incarné, lui assigne une place unique parmi les œuvres de Dieu ; au sommet de la création, tout près de son Fils. Après Jésus, Marie est le chef-d’œuvre de Dieu.

 

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Primauté du Christ !!

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 Jamais la considération des grandeurs de Marie ne doit nous faire oublier la primauté du Christ. Le Verbe Incarné est le suprême chef-d’œuvre de la Trinité, l’alpha et l’oméga de tout. Égal à son Père par sa divinité, homme comme nous, Il est la synthèse du monde rassemblant en Lui, dans sa double nature, toutes les richesses de Dieu et de la création.

Dès son apparition au milieu de nous, le Verbe Incarné est devenu aussitôt le couronnement de toutes les œuvres de Dieu, l’ordre hypostatique attirant irrésistiblement vers lui tout l’ordre de la nature, de la grâce et de la gloire.

Quiconque a réfléchi, ne fut-ce qu’une seconde, à ce prodige inouï d’un Dieu présent en personne parmi nous, ne peut concevoir que du moindre atome au plus élevé des purs esprits, un seul être puisse échapper à cette ordination foncière de toute créature à la gloire du Verbe Incarné. À nos yeux émerveillés éclate avec évidence cette souveraine primauté du Christ.

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Dans l’ordre actuel de la providence, tout demeure soumis à l’universelle causalité du Christ, cause expiatrice, satisfactoire, méritoire, impétratoire, efficiente, exemplaire et finale de notre salut, de par la volonté du Père, source primordiale de tout bien. Tout le salut de l’humanité pécheresse, tout le mouvement de l’univers, toutes adorations et les louanges des anges, des archanges et des purs esprits passent par l’âme sacerdotale du Verbe Incarné, ainsi resplendit, sur tout les plans, l’unique médiation du Christ. « Un seul Médiateur entre Dieu et les hommes : Le Christ-Jésus. » « Par Lui, avec Lui, et en Lui tout honneur et toute gloire montent de partout vers l’adorable Trinité. » « Per ipsum et cum Ipso et in Ipso monis honor et gloria ».[1]

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Notre prédestination en Marie !!

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Vingt siècles de christianisme nous ont habitués à cette absolue primauté du Christ, unique Sauveur du monde, Prêtre et Roi de l’univers.

L’Église d’aujourd’hui commence à mieux prendre conscience d’une vérité complémentaire, jusque-là providentiellement demeurée dans l’ombre et qui, sans rien ôter à la souveraine domination du Verbe Incarné sur toutes les œuvres de Dieu, nous découvre de plus en plus la place exceptionnelle d’une créature privilégiée dont l’action se déploie d’ailleurs en totale dépendance de celle du Christ et pour sa gloire : une femme Co-Rédemptrice du monde.

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Mère d’un Dieu Sauveur et, à ce titre, sont associée comme Mère de tout son corps mystique, médiatrice universelle auprès de l’unique médiateur, par Lui, avec Lui, en Lui et pour Lui, Marie est cause expiatrice, satisfactoire, méritoire, impétratoire – efficiente peut-être – exemplaire et finale de notre salut. Nous pouvons affirmer avec hardiesse et vérité que nous avons été prédestinés en Marie, en même temps qu’en Jésus-Christ. En dépendance du Verbe Incarné et Rédempteur, mais d’une manière non moins universelle sur le plan de notre salut, la Mère du Christ et notre mère, se situe à l’origine et au terme de notre propre prédestination.

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Nous devons tout au Christ mais aussi à sa Mère. Dieu a voulu nous pardonner nos fautes et nous libérer de la peine éternelle ou temporelle due à nos péchés qu’en tenant compte de l’expiation Co-Rédemptrice et des souffrances de Marie. Il a décrété de donner la grâce à l’humanité rachetée en vue de son immense mérite maternel.

Il nous accorde son secours qu’à son intercession. Il nous a prédestinés à devenir conformes à la fois à l’image de la Mère et du Fils. De toute éternité, la toute-puissante et miséricordieuse Trinité a librement décidé de faire descendre la grâce dans les âmes que par les mains de Marie.

Enfin, à l’heure de l’achèvement du corps mystique du Christ, tout doit éclater à la gloire de Marie, tandis qu’Elle-même fera remonter toute louange vers le Christ et le Christ jusqu’à Dieu. « Mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. » (I Co 3,23)

 

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[1] Ordinaire de la messe, fin du canon. http://www.dici.org/dl/fichiers/fascicule_Messe.pdf

À suivre…

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Guy Parent

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Chronique de Guy Parent *La suite de Comment la Sainte Vierge le mérite-t-elle ? «Comment cela se peut-il, puisqu’il faut que Marie, à cette fin, connaisse tous nos besoins, tous nos intérêts et tous nos désirs »?


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C’est qu’en effet rien ne lui échappe

de ce qui intéresse notre salut.

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Au ciel, les bienheureux conservent le souvenir de leurs amis d’ici-bas, ils continuent de les aimer et d’une façon plus efficace, ils s’en occupent avec soin même dans les détails. Un fondateur d’un ordre veille sur sa communauté. Les parents voient aux nécessités de leur famille.

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Or, Marie est notre mère à tous, notre mère toute bonne, notre mère très puissante. Mère, elle connaît toutes nos détresses ; bonne, elle se penche sur nous ; puissante, elle nous protège. Elle agit auprès de Dieu par la prière et auprès de nous par sa sollicitude maternelle. Elle agit continuellement. Réunissant dans son cœur les tendresses multipliées que le Créateur allume et allumera au cours des âges dans l’âme des mères, la très Sainte Vierge non seulement donne la vie à ses enfants que nous sommes, mais aussi elle la conserve, elle la défend, elle la fortifie, elle la développe, elle la surveille sans cesse.

Car, à l’encontre de l’ordre naturel où les soins de la mère ne sont pas toujours requis et peuvent compter avec le jeu normal des énergies corporelles, dans le domaine surnaturel, où la vie divine ne peut croitre sans l’influence immédiate et constante des grâces qui engendrent les actes et accumulent les mérites, Marie nous communique chaque mouvement qui est un pas de plus vers le ciel, chaque grâce qui déclenche ce mouvement, chaque impulsion qui nous décide à bien faire.

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Depuis toujours les chrétiens croient

à ce rôle de Marie médiatrice

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Ils vont à Marie comme à la trésorière universelle qui tient en ses mains toutes les richesses spirituelles et les distribue aux âmes. Ils regardent Marie comme la voix qui touche le cœur de Dieu ; l’astre qui éclaire le monde ; l’étoile de ce vaste océan où naviguent les hommes. [1]Le cou mystique qui transmet au reste du corps, dont nous sommes les membres, les dons célestes qui font partis de la tête, Jésus, en est la source ; l’aqueduc, le canal mystérieux par où descendent doucement et abondamment jusqu’à nous les trésors rachetés de son sang. Bref, de tout temps, les chrétiens voient en Marie la dispensatrice de tout ce que Dieu possède. [2]

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Le moyen par lequel ils expriment leur foi, c’est le chapelet. « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous » ; cet appel suppliant indique un rôle. Marie à la confiance humaine parce que : à la fois veilleusement de médiatrice entre le Créateur et ses créatures.

 

Les peuples répètent cette invocation depuis des centaines d’années. Ils l’utilisent avec plus d’instances aux époques sombres ou les sociétés sont chancelantes sur leurs bases fragiles. Grâce à elle, ils ont remporté des victoires sur l’hérésie et sur le fanatisme, sur la persécution et le vice. Ils démontrent ainsi que la grâce nous vient de Dieu par Notre-Seigneur, et de Notre-Seigneur par la très Sainte Vierge.

 

Pareillement, innombrables les individus qui ont brillé par leur dévotion envers Marie médiatrice, qui sont allés à leur mère du ciel comme à celle de qui on attend et reçoit tout.

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Bonne oraison, la suite à la prochaine chronique.

Vivre la fraternité Humaine.

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Guy Parent


[1] E. Hugon, O.P., La mère de grâce, Paris1904, p. 242

[2] Id., ibid., p.249


 

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Chronique de Guy Parent *La suite de »Le chemin menant à Marie Co-Rédemptrice »…*Comment la Sainte Vierge le mérite-t-elle ?


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Elle a voulu notre bonheur, comme si Ève la première femme avait voulu notre malheur. Dans cette volonté entrait sa décision d’affronter tout avec encore plus d’audace que notre première mère n’avait accueilli l’offre du serpent.

Ainsi que la première désobéissance de la femme, la race humaine s’était engagée dans le péché, ainsi c’est au nom du genre humain tout entier que Marie consent à la venue du Messie, à la réparation du crime d’Ève, au relèvement de notre nature, et aux grandes douleurs que son acquiescement comporte.[1]

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Mais, est-ce qu’entre sa tâche et notre délivrance il y a une égalité telle que cela signifie mérite, salaire, rétribution, justice ? Oui et non. Oui, si l’on songe que Dieu récompense ainsi les œuvres de sa Mère ; non, si l’on se rappelle que Dieu agit de la sorte par pure bonté et qu’en attachant une efficacité rédemptrice au rôle de sa Mère, ce sont ses dons à lui qu’il couronne.

Jésus seul, parce que Dieu, pouvant payer tout le prix de notre rachat, Jésus seul, selon une mesure absolument égale et même surabondante, nous mérite en stricte justice toutes les grâces du Salut.

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 Seules ses actions atteignent le degré auquel le péché s’élève et seules elles peuvent en effacer les tâches et en expier les peines, remplacer cette laideur et cette mort par la beauté de la vie divine. Ce sont les actions de Jésus qui ont épargné à Marie les suites de la chute et qui ont enrichi de grâces notre médiatrice. C’est pourquoi celle-ci ne peut jouir d’un droit rigoureux aux dons qu’elle nous acquiert.

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Son mérite s’appuie sur un droit d’amitié, sur une convenance de l’amitié qu’on nomme la liberté. Dieu aime sa Mère généreuse : à cause de cela, il lui donne de compter pour quelque chose dans l’acquisition de la vie surnaturelle sortie de l’éternité. Même, il la respecte. C’est pour cela qu’il la comble pour nous. Il contemple en elle une dignité proche de la sienne, un portrait éclatant de son Fils bien aimé en qui il met ses complaisances, une ravissante image de la pure beauté de l’âme.

C’est donc par un mérite de convenance et d’affection et non par un mérite réel aussi étendu que celui de Jésus, que Marie nous conquiert le bonheur éternel.

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De la même manière, elle satisfait pour nos péchés, elle les expie tous, elle calme la colère divine sur nos méchancetés. Marie, en union avec son Fils, a enduré une passion, a mené une vie où les souffrances étaient d’une cruauté incomparable, suffisante pour que fussent réparés tous les crimes du monde au cours des siècles.

 

Son pouvoir de satisfaction fit d’elle la réparatrice du genre humain.

 

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En plus du mérite et de la satisfaction qui en découle, la collaboration de Marie à l’œuvre de notre rédemption renferme la prière.

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Après tout ce qu’elle a fait, après tout l’héritage qu’elle a concouru à nous gagner, il convient que Marie intercède pour que les trésors acquis nous soient distribués.

Ses œuvres justifient son intercession.

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De plus, ayant jusqu’ici coopéré avec son Fils dans l’accumulation des grâces, elle coopère maintenant dans la communication de ces mêmes grâces. Et comme Jésus – à part les sacrements, où son humanité s’agite – remplit cette fonction au moyen de la prière où son humanité supplie, ainsi la Sainte Vierge prie Dieu d’accorder ses dons à nos âmes et de nous disposer à recevoir les sacrements.

Cela, c’est l’ordre établi : la grâce descend par trois degrés : de Dieu à Jésus. De Jésus à Marie et de Marie à nous.

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 On sait comment Dieu envoya au précurseur la grâce de la vocation, comment il affermit les Apôtres dans la foi à Cana, comment, en la personne du disciple de Jean, il les confirma, et nous avec eux, dans la grâce de l’adoption, comment il symbolisa lors du mystère de la Pentecôte le plan de ses divines opérations pour toute la suite des siècles.

C’est à la prière de la Sainte Vierge qu’il agit par son Fils, ou l’envoyé de son Fils, le Paraclet.

Mais, est-ce que tous les biens que Dieu destine à l’humanité doivent passer par la prière et les mains de Marie ? Oui. Et ceux qu’on lui demande directement, et ceux qu’on sollicite auprès d’un autre saint, lequel s’adresse naturellement à sa Reine, et ceux qui sont conférés sans aucune prière comme tant de prévenances imprévues : tous les biens, toutes les faveurs tombent sous l’influence de la médiation de Marie.

 

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[1] E. Hugon, O.P., La Mère de grâce, Paris 1904, p.218; saint Thomas, Somme théol., III, q. 30, a.l.


Comment cela se peut-il, puisqu’il faut que Marie, à cette fin, connaisse tous nos besoins, tous nos intérêts et tous nos désirs ?

À suivre dans la prochaine chronique…


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Guy Parent

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Nouveauté-Les Chroniques de Guy Parent *Le chemin menant à Marie Co-Rédemptrice*


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Marie tient une place surprenante dans l’Église. Comment ne pas comprendre l’attachement filial de milliers et même de millions de croyants à une figure féminine, perçue comme plus proche, plus douce et plus consolatrice que celle de Dieu, qui est tendre et attentionnée ? Marie est celle qui nous aime, nous protège, nous guide, etc.

Très rapidement, les chrétiens ont médité sur la vie de Marie en s’interrogeant sur cette question : comment une femme humaine sans péché n’a-t-elle pu être marquée comme tout être humain par le péché, le combat intérieur, les faiblesses, les manquements ; pouvait-elle concevoir et mettre au monde un enfant comme Jésus, porteur de la réalité divine ?

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Il faudrait que l’Église prenne empiriquement conscience au cours du temps, que la mission Co rédemptrice de chaque chrétien, comme celle de sa propre mission (Église), soit inséparable, pour que l’Église, puisse saisir, à partir de là, toute l’excellence et toute l’ampleur de la mission Co rédemptrice de Marie.

 

L’ouverture de la doctrine sur la Vierge répond à l’amélioration de la connaissance concrète que l’Église est amenée à prendre sur son propre mystère au cours des siècles.


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 « Sainte Marie, mère de Dieu priez pour nous ! »

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Plus que la fortune, plus que le plaisir, plus que la santé et la vie, nous devons aimer ce qui commence sur terre : le bonheur du ciel, la grâce du Bon Dieu. Et plus qu’à tous ceux qui nous procurent les joies d’ici-bas, nous devons nous attacher à notre divin Sauveur qui nous obtient et nous réserve les jouissances très délicieuses de là-haut, par cette grâce.

 

Or, si, en union avec le rédempteur de nos âmes, la très Sainte Vierge a coopéré à nous obtenir les grâces divines, nous ouvrant ainsi les portes de l’éternité bienheureuse. En nous conquérant et nous distribuant cette grâce divine, il s’ensuit que dans notre cœur, après celui de Jésus, le premier trône doit être réservé à Marie.

C’est à cause de ce rôle de médiatrice qui fait de la mère de Dieu notre mère à tous, que notre piété mariale désire être généreuse et constante. Aussi convient-il que nous ne perdions jamais de vue ce rôle maternel de Marie à notre égard. Car il demeure que cette mère nous a mérité et nous distribue toute grâce.

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Dieu sauve nos âmes par son Fils. Mais ce Fils ne s’offre pas tout seul à nous. Pour mieux nous attirer à Lui, il s’accompagne de sa mère. Il veut recevoir d’elle un corps naturel, de même aussi, il veut recevoir d’elle tous les chrétiens qui forment son corps mystique. Tous deux ont entrepris notre Salut. De sorte que partout où celui-ci s’opère, partout, Jésus et Marie agissent ensemble. Les deux ne se séparent pas. Le Fils passe avant sa mère. Il passe toujours avec elle. Toujours, il exige le fiat de l’Annonciation. Ce qu’il a inauguré avec Marie en ce fameux instant, il le continue tant qu’il y a des âmes à introduire dans le royaume des cieux. Sa mère vient après lui, elle ne se trouve jamais sans lui. Il est la première cause de notre rachat, elle en est la seconde. Ces causes sont intimement homogènes. Voilà pourquoi, dans toutes nos églises, le Saint Sacrement et la Sainte Vierge prennent place avec les plus grands honneurs.

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Ainsi, dans notre piété, Jésus et Marie doivent infailliblement paraître côte à côte. Que les distractions ne nous fassent donc jamais perdre de vue celle qui a consenti à nous donner un Sauveur, qui pour nous a accepté le glaive du cœur, qui a préparé le Calvaire en entrant dans les dispositions du crucifié et en présentant Jésus à son Père pour notre rédemption ! Constatant des oublis, le bien heureux Grignion de Montfort en gémissait dit :  « Je me tourne un moment vers vous, ô, mon Jésus, s’écriait-il, pour me plaindre amoureusement à Votre Majesté de ce que la plupart des chrétiens, même les plus savants, ne savent pas la liaison nécessaire qui existe entre vous et votre sainte Mère »[1].

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Depuis ce temps, les sanctuaires dits : « marial » exemple : Lourdes et Notre-Dame du Cap, et comme tant d’autres dans le monde, ont contribué à dissiper cette pénible ignorance. Mais combien de chrétiens, encore aujourd’hui, n’accordent pas à la très Sainte Vierge tout l’amour qui lui est dû par suite de sa coopération à nous gagner la vie éternelle !

On la voit bien près du Christ dans tous les mystères rédempteurs. On ne pense pas assez que pareille collaboration renferme des valeurs comme : la prière, le don et l’allégresse. Cette allégresse de Marie nous donne droit à la grâce. Par la prière à Marie, cela répare nos outrages faits à Dieu et nous le rend favorable.

 

Par là, Marie, liée à Jésus-Christ, s’unit également à nous. Du coup, elle se pose en médiatrice dans l’acquisition des bienfaits. Avec son Fils, elle jette un pont entre Dieu et nous. Par elle, Dieu descend jusqu’à nous ; par elle, nous montons jusqu’à Dieu.

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Comment la Sainte Vierge le mérite-t-elle ?

À suivre dans la prochaine chronique…

Vivre la Fraternité humaine.

Guy Parent


[1] Traité de la vraie dévotion, édition de 1891, p.42


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